jeudi 6 novembre 2014

La gauche est une salle d’attente pour le fascisme (Cercle des volontaires)

La gauche est une salle d’attente pour le fascisme

valls-hollande-fabius-300« La gauche est une salle d’attente pour le fascisme ». Avant que des citoyens de gauche ne lancent une fatwa à mon encontre, je précise que ce titre ne vient pas de moi. Il s’agit de paroles prononcées par un chanteur bien connu, et que j’ai découvertes très récemment ; je vous renvoie à la fin de cette tribune pour découvrir de qui il s’agit. Oui, bien sûr, les plus impatients peuvent « scroller* »… Ce titre donc convenait parfaitement à ces lignes que j’étais en train d’écrire. La Providence (en l’occurrence, un Volontaire bien intentionné, qui se reconnaîtra) m’a donc donné un petit coup de pouce pour finaliser ce billet.
Bref, revenons à nos moutons. Un parfum de glissement vers la dictature flotte dans l’air. D’ailleurs, à quoi reconnaît-on qu’un pays commence à s’enfoncer dans le fascisme ? Il me semble que, dans l’Histoire, les pouvoirs fascisants ont toujours brandi la morale comme moteur de leur action, et s’en sont toujours pris en premier à la liberté d’expression, à l’art, à la culture : la liberté d’expression car la brider c’est limiter la possibilité de s’opposer sur le court terme. l’art et la culture car les brider c’est limiter la conscience populaire collective, et rogner sa résilience face aux injustices.
Voici quatre exemples éclairants sur cette nouvelle morale « de gauche » très inquiétante, et qui s’exprime malheureusement de plus en plus par la bouche de nos gouvernants actuels.
1) On a entendu le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius déclarer que « Bachar Al-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre » (voir la vidéo), ce qui, vous en conviendrez, n’est pas très diplomatique. En langage pas du tout diplomatique, c’est l’équivalent de « Bachar Al-Assad mérite de mourir ». Ça, c’est la morale Fabius.
2) On a entendu le ministre de l’intérieur Manuel Valls expliquer en substance que Dieudonné n’était pas un humoriste, n’était pas un artiste (il avait notamment déclaré que les spectacles de Dieudonné, qu’il qualifiait de « réunions publiques », « n’appartenaient plus à la dimension créative mais contribuent à accroître les risques de troubles à l’ordre public ». Il avait également déclaré « Je sais faire la différence entre les génies de l’humour et les petits entrepreneurs de la haine », sans qu’on sache très bien s’il ne faisait pas allusion à lui-même quand il évoque les ‘petits entrepreneurs de la haine’ -c’est vrai qu’il n’est pas grand…-). Ça, c’est la morale Valls.
Remarquons au passage que Manuel Valls a très certainement changé d’opinion sur les spectacles de Dieudonné, qui ne risquent apparemment plus de troubler l’ordre public puisque l’artiste se produit chaque semaine à Paris sans que son grand copain Manu n’y trouve rien à redire.
3) On a entendu récemment le président François Hollande défendre avec force une statue exposée (et explosée) à Paris, un statue représentant un « plug anal géant » dont la vue était imposée aux riverains et aux passants qui n’en demandaient peut-être pas tant… Je vous recommande sur ce sujet d’aller jeter un coup d’œil à « l’œuvre » de l’artiste en question… Donc ça, c’est la morale Hollande.
4) On entend maintenant le premier ministre Manuel Valls jeter l’anathème sur certains (« Ceux qui vont jusqu’à défendre des thèses racistes ou négationnistes, ceux qui construisent leur notoriété sur la peur, la résignation, la réaction »), groupe dans lequel il inclue visiblement Eric Zemmour. Il suggère aux organisateurs de débat de ne plus l’inviter, et aux citoyens de ne pas le lire : « ceux-là ne méritent pas la place qu’on leur accorde dans le débat public. Ils ne méritent pas qu’on les lise ».
Bon, vu l’effet contraire que les déclaration de Valls ont eu sur les ventes de billet de spectacle de Dieudo, c’est sans doute une bonne nouvelle pour l’éditeur de Zemmour. Mais ça, on s’en fout… Au passage, je précise bien que je ne cherche pas à défendre la pensée et le travail de Zemmour (je n’ai pas encore lu son dernier livre sur Pétain ; je n’ai lu d’ailleurs aucun de ses livres jusqu’à présent…) ; comme beaucoup, j’ai réprouvé certains de ses propos. Je souhaite tout simplement pointer du doigt une dérive très inquiétante vers l’autoritarisme et la tyrannie de la part du gouvernement «socialiste » français.
Ce qui m’inquiète, c’est cette dérive moraliste outrancière, dans laquelle le politique outrepasse complètement son mandat, pour intervenir sur des sphères normalement en dehors de son influence (l’humour, l’art, la littérature, l’histoire). Que nos gouvernants n’interfèrent pas sur ces domaines, c’est le minimum syndical qu’on puisse attendre d’un régime qui se présente comme « démocratique » ; mais on voit aujourd’hui le politique décréter qui est digne d’être lu, vu, entendu, et qui ne l’est pas (qui doit être excommunié des médias, voire de la république). Il se permet même de décréter qui est digne de vivre, et qui ne l’est pas !
Je le répète, c’est par la censure de ces domaines culturels (l’humour, l’art, la littérature, l’histoire) que se sont toujours signalées les dictatures naissantes, notamment au cours de l’Histoire moderne.
En conclusion, je vous laisse donc avec Léo Ferré qui, dans l’extrait qui suit (de 1971 mais curieusement d’actualité) parle de la gauche, des politiques, des artistes. Il fustige les politiciens qui se disent « de gauche » (mais ne le sont pas) et qui se posent en docteurs de la morale -morale qu’ils incarnent pourtant si mal-.
JahRaph
PS : les mêmes élites qui fustigent exagérément les « horribles dictatures exotiques » dès qu’il y a un mort suite à des répressions de manifestations, sont les mêmes qui sont hypocritement silencieux quand cela se produit en France…