vendredi 23 août 2013

Il était une fois l’oligarchie (Le grand soir)


Il était une fois l’oligarchie

 
L’oligarchie est un régime politique dans lequel le pouvoir est concentré par un petit groupe d’individus qui forment ainsi une classe dominante.
Des complicités douteuses
A en croire les médias de masse, l’oligarchie est à la Russie ce que la dissidence est à la Chine ou les droits de l’homme à la France. Lors des élections présidentielles de 2007, la "soirée du Fouquets" a pourtant mis en lumière des liens étroits entre le monde de la politique et celui des grandes entreprises, de la finance et des médias. Sarkozy a par la suite suffisamment été qualifié de "Bling Bling" ou encore de "président pour les riches" à l’opposé du "président normal" Hollande, pour que l’on puisse penser que son cas est exceptionnel et justement pourfendu par les contre-pouvoirs démocratiques. Mais en critiquant à tout va "le style présidentiel", les commentateurs de presse ont pris soin d’éviter le problème de fond, celui de l’atteinte à l’intérêt général.
La question principale n’est pas de savoir si le président aime les Mannequins, les Rolex ou les Yatchs, mais plutôt d’estimer les possibles conflits d’intérêts lorsque quatre de ses amis proches (Lagardère, Dassault, Bouygues et Bolloré) détiennent à eux seuls l’écrasante majorité des médias. Quand on sait de plus que Dassault est aussi un groupe d’armement, Bouygues de BTP et que Bolloré dispose du premier réseau de logistique en Afrique, on peut alors imaginer du copinage dans la commande publique, la politique néocoloniale ou les marchés obtenus à l’étranger grâce à l’aide publique au développement. Dans tous les cas, de l’argent prélevé de la poche du contribuable pour finir dans celle des grandes entreprises ...
Le financement des élections
Dans l’autre sens, les politiques lorgnent sur l’argent du privé pour financer leur parti politique (surtout en période électorale). Depuis 1988, la législation a évolué au rythme de nombreux scandales politico-financiers qui ont éclaboussé la droite comme la gauche : marchés publics truqués (Urba, marchés publics d’Ile de France), rétrocommissions (frégates de Taïwan, Karachi), emplois fictifs (mairie de Paris), valises de billets des dictateurs Africains ... Et qu’il s’agisse d’argent liquide ou de versement sur des comptes offshore, la dépense ne se limite pas toujours aux stricts besoins du parti politique (billets d’avion de Chirac payés en liquide ...). Actuellement, la mode est aux micro-partis : "Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy", "France.9" (François Fillon), "Association nationale des amis de Nicolas Sarkozy", "Nouvel oxygène" (Laurent Wauquiez), "Besoin d’optimisme" (Manuel Valls), "Association de soutien à l’action d’Eric Woerth" (évoquée dans l’affaire Woerth Bettencourt) ... Au nombre de 28 en 1990, ils sont presque 300 aujourd’hui. Alors que les dons de personnes physiques sont maintenant limités à 7.500 euros par an et par parti, ces micro-partis offrent un contournement "légal" de l’esprit de cette loi. Les généreux donateurs peuvent ainsi verser ces 7500 Euros non seulement au parti principal mais aussi à l’ensemble des micro-partis affiliés qui font ensuite remonter l’argent au besoin.
Le consulting et le lobbying
"Je fais ça [président] pendant cinq ans, et ensuite, je pars faire du fric comme Clinton, 150.000 euros la conférence." Sarkozy (cité par Le Point) a tenu sa promesse : 100.000 Euros pour sa participation à une conférence pour la banque Goldman Sachs, 250.000 euros les 45 minutes de conférence pour la banque Morgan Stanley. Puis la Russie, la Chine, le Brésil, la Libye, le Qatar, le Canada, la Grande-Bretagne, Israël, etc ... La presse évoque le "tour du monde des conférences". D’une manière générale, le recyclage du politique en consultant semble lucratif, au point que certains créent leur propre cabinet. Citons par exemple les députés et anciens ministres : François Fillon qui a créé sa société "2F Conseil", Rachida Dati qui a créé "La Bourdonnais Consultants" et Christian Jacob qui possède "CJCSE". D’après un rapport de la commission des lois, 60 députés disposaient de leur propre cabinet de Consulting en 2011. Le conflit d’intérêt n’est pas très loin. Citons Kouchner et ses missions de conseils auprès des dictatures Gabonaises et Congolaises alors qu’il présidait le réseau public de solidarité internationale ESTHER, Longuet et ses missions de conseils auprès de GDF-SUEZ alors qu’il défendait au Sénat des positions favorables à ce groupe ... C’est d’ailleurs ce même groupe qui avait invité des parlementaires UMP et PS à la finale de la coupe du monde à Berlin dans un voyage en avion. Si le lobbying ne va pas forcément jusqu’à la corruption, il reste quand même une dérive oligarchique. Où est l’intérêt général quand le privé (qui a ses entrées à l’assemblée nationale) peut influencer les commissions ou les votes parlementaires ? A Paris comme à Bruxelles, certains excès remontent parfois à la surface : complicités politiques de Servier dans l’affaire du médiator, retour des farines animales ...
Le pantouflage
D’autres politiciens (ou hauts fonctionnaires) obtiennent un poste dans la grande entreprise, c’est ce qu’on appelle le "pantouflage". Le carnet d’adresse semble souvent un atout essentiel. Bernadette Chirac (épouse d’un ancien Président de la république), Hubert Védrine (ancien ministre et membre du parti Socialiste) ou Renaud Dutreil (ancien ministre et membre de l’UMP) sont par exemple tous les trois administrateurs à LVMH, le groupe d’Arnaud Lagardère (première fortune de France). Et lorsqu’il s’agit de postes de direction (Christine Albanel chez France Télécom, Michel Pebereau à la BNP), c’est généralement que l’état a pris part au capital de l’entreprise ; Chef de l’état ou ministres peuvent alors fortement influer sur les nominations (Stéphane Richard, PDG d’Orange récemment ...). Il n’est donc pas étonnant de compter des PDG de banques aussi bien de gauche que de droite. L’esprit de corps des grandes écoles est par contre toujours manifeste (ENA, Polytechnique ...). Et Lorsque hommes politiques, grands entrepreneurs et banquiers appartiennent à la même caste, on peut se poser beaucoup de questions, à commencer par la faramineuse dette de l’état (presque 1900 milliard d’euros).
La convergence des politiques de droite et de gauche
Si on ne vit pas en dictature, c’est à priori que nous sommes en démocratie. En pratique, il s’agit plutôt d’une "démocratie accompagnée". Depuis des décennies, chaque élection nous ressert les mêmes partis avec ses mêmes représentants. In fine, cela revient souvent à choisir entre un candidat du géant de gauche (PS) et un autre du géant de droite (RPR puis UMP). Cette binarité pourrait être acceptable si elle conduisait à une véritable alternance politique. Malheureusement, il ne s’agit que d’une façade. Les valeurs traditionnelles de la gauche et de la droite deviennent complètement galvaudées quand on constate la convergence de leur politique réelle. Qu’en est-il de la gauche quand ses gouvernements successifs privatisent à tour de bras (le gouvernement Jospin est un de ceux qui a compté le plus de privatisations) ou quand un Président Socialiste a maintenu en Afrique la politique néocoloniale de ses prédécesseurs (Mitterand a une responsabilité directe dans le génocide au Rwanda) ? Qu’en est-il de la droite quand elle renfloue par milliards des entreprises qui auraient dû disparaître dans une logique de libéralisme économique ou quand elle favorise l’immigration pour maintenir une pression basse sur les salaires alors que ses leitmotivs restent l’identité nationale et les problèmes d’immigration ? Jusque dans les idées, gauche et droite sont devenues les deux faces d’une même pièce. Que l’état relance l’économie par la création d’emplois stables donc favorisant la consommation, ou bien par une diminution des charges aux entreprises donc favorisant l’embauche, le modèle économique reste toujours celui d’une croissance illimitée (produire plus, consommer plus) dans un monde où les ressources naturelles sont pourtant limitées.
L’illusion démocratique
Essentielle au bon fonctionnement de la démocratie, la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) ne semble plus très nette aujourd’hui. Qu’en est-il de la représentation nationale quand deux partis seulement se partagent les deux premiers pouvoirs. Qu’en est-il de l’indépendance de la justice quand le parquet, soumis au politique, passe son temps a étouffer les scandales (le Procureur Courroye a par exemple été mis en cause pour son attitude dans les affaires Chirac ou Woerth-Sarkozy-Bettencourt) ? Avec la mondialisation et au sein d’une Union européenne dictant ses règles en matière de concurrence économique sous la pression des lobbies, l’état-nation s’en trouve encore plus affaibli. Mis à l’écart de cette collusion économico-politique, le peuple reste pourtant maintenu dans l’illusion démocratique grâce à la complicité des médias de masse. Les responsables politiques y sont régulièrement invités pour déverser leurs effets d’annonce (une gauche qui va diminuer les avantages des patrons et aider les gens en difficulté, une droite qui va récompenser le travail et augmenter la sécurité ...), mettre la pression sur le "vote utile" ou évoquer le danger des extrêmes devant des journalistes qui évitent les questions gênantes ou les sujets trop profonds. En 2005, lorsque le traité de Lisbonne est venu contredire des référendums souverrains, ce "hold-up démocratique" fût pratiquement ignoré par les médias.
Le dictat de l’économie et de la finance
La souveraineté populaire est devenu un mythe à une époque où la France est endettée à hauteur de 1900 milliards d’Euros, soit à peu près l’équivalent de son PIB. Des créanciers tels que le FMI et le FESF conditionnent d’ailleurs leurs prêts à des politiques publiques (la Grèce, pays le plus endetté de l’UE, a dû augmenter la TVA, geler les salaires ou augmenter des cotisations retraites etc ... ). Quand des agences de notation (Standard & Poor’s, Moody’s ...) estiment la capacité des états à rembourser leur dette, celle-ci devient alors un objet de spéculation (entre fin 2009 et fin 2011, le taux des obligations Grecques a été muliplié par dix) et les conseils Européens ou sommets mondiaux (G8, ...) ont ensuite la vocation de "rassurer les marchés". Le célèbre "There Is No Alternative" de Thatcher semble désormais planer autours de chaque nouvelle fuite en avant (le "Grand emprunt de 2010" en est un exemple récent). Plus besoin d’évoquer une quelconque théorie du complot, la gouvernance politico-économico-financière affiche même sa complicité avec les médias. Symbole de l’oligarchie Française, le Think Tank "le Siècle", compte ainsi des politiciens de gauche comme de droite, des dirigeants d’entreprises et d’établissements financiers, des éditeurs, des journalistes, des syndicalistes (CGT, Medef)... Et ce n’est qu’une composante de la gouvernance mondiale dont le groupe Bildeberg, la Commission trilatérale et le Sommet de Davos constituent le sommet de l’iceberg...
Des masses malléables
"Nous sommes les 99%", scandaient les activistes du mouvement Occupy Wall Street. Puisqu’une minorité de personnes compose l’oligarchie, pourquoi la majorité se laisse t-elle faire ? La question n’est pas récente. Dans son "discours de la servitude volontaire" Etienne de La Boétie, soulevait en 1549 la question suivante : comment un peuple peut-il accepter la domination d’un tyran, lequel n’a de puissance que celle qu’on lui concède ? Il avance alors plusieurs explications. La première est l’habitude : "les hommes servent volontairement parce qu’ils naissent serfs et sont élevés dans la servitude" ... "on ne regrette jamais ce que l’on n’a jamais eu". Vient ensuite l’engourdissement du peuple par des drogueries : "Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie." Mais ces passe-temps ludiques ne peuvent pas endormir les hommes bien nés et cultivés : "il faut alors par la cupidité et le désir d’honneurs rendre ces gens complices du tyran, les asservir en leur donnant l’occasion de dominer d’autres à leur tour". Ainsi se dessine la pyramide sociale qui permet au tyran d’"asservir ses sujets, les uns par le moyen des autres". Ce discours étonne encore aujourd’hui par sa pertinence, même il faut l’adapter au monde moderne.
Le pouvoir des médias
Ainsi, la notion d’"habitude" évoquée par La Boétie pourrait correspondre aujourd’hui au phénomène de "reproduction sociale" (bien décrit par Pierre Bourdieu). Quant à l’"engourdissement du peuple", ce sont les médias qui jouent aujourd’hui un rôle prépondérant. Quand l’immense majorité des chaînes de télé et des journaux appartiennent à quelques grands groupes industriels, peut-on encore imaginer une information impartiale ? Dans le documentaire "la fabrique du consentement", Noam Chomsky décrit ainsi comment les médias de masses sont devenus des outils de propagandes : en écartant l’opinion publique de certaines informations importantes (les massacres de l’Indonésie pro-américaine au Timor oriental ont par exemple été considérablement moins évoqués que ceux des Khmers rouges au Cambodge communiste) ou au contraire en la mobilisant par des informations orientées (l’absence de débats sur les solutions de paix est manifeste à l’approche des guerres), en encadrant les sujets traités (l’impérialisme des puissances occidentales n’est par exemple jamais remis en cause), en imposant la concision des explications (les opinions se fabriquent et s’entretiennent ainsi avec des raccourcis) et enfin en canalisant les esprits sur des sujets sans importances (les jeux, les fêtes, le sport, les faits divers).
Ne pensez plus, consommez
La dépendance accrue des médias (chaînes télé ou presse écrite) sur les revenus publicitaires favorise cet abrutissement. Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1 expliquait ainsi : "à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. (...) Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible". En gros, il s’agit de remplacer l’instruction par la consommation. On consomme pour se faire accepter, on consomme pour se démarquer, on consomme pour s’affirmer socialement. La mode du moment ? Ma coupe de cheveu et mes fringues. Mon statut social ? Cette voiture. Ma personnalité ? Les applications de mon Iphone. Mon passé ? Mes tatouages. Quand la mode change chaque année, que le yaourt se réinvente tous les trois mois et que les magasins de café ressemblent à des bijouteries il faut comprendre que la consommation est devenue un grand projet société. C’est bon pour l’économie. Quant à la démocratie, il vaut mieux éteindre sa télé et commencer à s’instruire ...
Jérôme Henriques

URL de cet article 21954

Claire Rodier : Le Juteux marché des migrants (le grand soir)


Claire Rodier : Le Juteux marché des migrants

llustration : J. F. Arrigoni-Neri
 
450 milliards d’euros : c’est le chiffre d’affaires de la sécurité globale dans le monde. Claire Rodier, juriste, membre du Gisti, le groupe d’information et de soutien aux immigrés, et cofondatrice du réseau Migreurop, a consacré un ouvrage à la privatisation de la politique de migration [1].
Vous parlez de 450 milliards d’euros pour la sécurité globale. Comment expliquez-vous une telle somme ?
Dans beaucoup de pays, les budgets de l’armée ont diminué et, du coup, de nombreux militaires ont été mis au chômage, comme aux États-Unis mais aussi dans pas mal de pays industrialisés. Ces gens-là ont été récupérés par le privé dans une espèce de « mercenarisation » de la sécurité. Ça s’est beaucoup vu au moment de la guerre en Irak, où on comptait moins de militaires que de mercenaires privés, qui étaient souvent d’anciens militaires recrutés par des sociétés privées. Ces multinationales au fonctionnement très opaque opèrent dans le monde entier et leur chiffre d’affaires augmente de 10 à 12 % chaque année.
Parmi elles, la G4S, qui emploie 650 000 salariés, est le deuxième plus gros employeur privé au monde. Comme d’autres, elle a depuis une dizaine d’années investi le marché de la surveillance des frontières, de la détention des migrants et des expulsions.
Le contrôle des migrants est un métier d’avenir ?
Absolument. C’est un marché florissant qui remplit les poches des professionnels de la sécurité : les gestionnaires des centres de détention des migrants, les gardes ou escortes de ceux qu’on expulse, la surveillance des frontières politiques mais aussi les remparts anti-immigration qui prolifèrent depuis la chute du mur de Berlin.
Selon vous, il y a 18 000 km de murs dans le monde, où sont-ils ?
Un peu partout. Le dernier est en train de se monter tout le long de la frontière entre Israël et l’Égypte. Il a pour but d’empêcher les Africains d’arriver en Israël. Juste derrière lui, en plein désert, un camp est également en train de se bâtir. Avec ses 11 000 places de rétention, il sera le plus grand du monde.
Y a-t-il d’autres murs en construction ?
Aux murs existants – entre le Mexique et les États-Unis, entre le Bangladesh et l’Inde, entre le Zimbabwe et le Mozambique –, la Grèce veut ajouter le sien. Depuis 2011, elle le construit sans l’appui de l’Europe qui le jugeait inutile. Il se trouve à la frontière turque, au passage du fleuve Evros, s’étend sur une douzaine de kilomètres. Le premier mur européen a été construit à Melilla – enclave espagnole au Maroc – en 1995 et s’est renforcé au fil des années jusqu’en 2007. Le mur grec a d’ailleurs repris le même modèle. Ce sont des rangées successives de grillages très denses, très hautes, dotées de murs basculants pour piéger les migrants. S’il n’est pas totalement infranchissable, ce mur a quand même énormément réduit les passages par le détroit de Gibraltar.
Combien d’immigrants tentent leur chance chaque année ?
En 2010, la Commission européenne estimait à 800 000 le nombre d’entrées irrégulières dans l’Union européenne. Le nombre de migrants a triplé depuis les années soixante et correspond à 3 % de la population mondiale.
Et le nombre de morts ?
De 1993 à 2010, on a dénombré entre 16 000 et 20 000 morts aux frontières de l’Europe. Et encore s’agit il des seules données enregistrées. Il y en a évidemment plus. Au moins les deux tiers se noient en Méditerranée. Sur ses rives, on retrouve régulièrement des cadavres. Mais beaucoup meurent dans les déserts, en Algérie, en Libye. Ceux-là ne sont pas recensés.
Les frontières sont devenues artificielles et mouvantes en quelque sorte. On constate, en effet, une délocalisation des frontières. Aujourd’hui, la frontière sud de l’Europe, ce n’est plus l’Espagne et l’Italie, mais le sud du Maroc ou du Sénégal. Le contrôle se fait en amont des frontières physiques. L’Europe commence donc à Bamako.
À Bamako, et dans toutes les capitales qui ont un aéroport international. Des officiers de liaison, c’est-à-dire des policiers européens, agissent aux côtés des policiers locaux. Les contrôles se dématérialisent grâce à la technologie. Elle permet d’en bloquer certains, mais aussi de reconnaître ceux qui ne posent aucun problème, des Occidentaux en général, et de leur faciliter le passage des frontières. À Roissy, des bornes prennent les empreintes digitales. Il suffit de vous faire reconnaître et grâce à cette banque de données de « personnes fiables », on vous laisse passer sans avoir à faire la queue. Le monde est divisé entre gens qui circulent et gens qui ne circulent pas. En gros, ceux qui viennent des pays riches, pour qui le passage est facilité, et ceux qui viennent des pays pauvres, pour qui le passage est bloqué. Ces deux processus sont simultanés.
Donc tout ça est un énorme business.
C’est « aussi » un énorme business. Mon propos n’est pas de dire que la seule raison pour laquelle il y a des contrôles migratoires, c’est de faire des affaires. Mais je pense que depuis dix ou douze ans, ce volet-là est en train de prendre une place de plus en plus importante. Alors qu’on sait qu’il est vain de penser qu’on peut fermer hermétiquement les frontières, sauf à concevoir le monde comme un vaste apartheid. Les responsables politiques qui décident de mettre en place des contrôles migratoires et qui proclament « l’immigration zéro » n’y croient pas eux-mêmes. Il y a d’autres intérêts et les intérêts financiers font partie d’un ensemble.
Et Frontex ?
C’est autre chose que la G4S. Frontex est une agence créée en 2004 par l’Union européenne (UE), financée par des budgets publics votés par le Parlement, et qui a pour mission la coordination des opérations de surveillance des frontières par les États membres. Frontex signifie « frontière extérieure » de l’UE, c’est-à-dire les frontières terrestres, par exemple la Pologne, maritimes, par exemple la Grèce, mais aussi tous les aéroports. L’agence fonctionne avec une flotte et des équipements humains fournis par les États membres de l’UE. En 2010, elle disposait de 26 hélicoptères, 22 avions légers, 113 navires. Elle aura des drones bientôt. Officiellement, son rôle est de coordonner les contrôles frontaliers et de les rendre plus efficaces. Mais petit à petit, elle a pris de nombreuses de prérogatives et organise elle-même des opérations. Sorte de petite armée pour cette guerre que mène l’Europe contre les migrants, Frontex fait l’objet de nombreuses critiques formulées par les ONG, et aussi par le Parlement européen qui a souligné l’opacité de son fonctionnement. On ne sait pas exactement jusqu’où va sa mission, ce qu’elle a le droit de faire, et qui est responsable en cas d’incident – et il s’en est produit. Jusqu’à présent, il n’ y a eu aucune condamnation, même aucune possibilité de déposer des plaintes, parce qu’on ne sait pas devant quel tribunal ça serait possible. Quel est son budget ?
Son budget officiel s’élevait à 6,3 millions d’euros en 2005, il a été multiplié par quinze en sept ans. Au vu de ses activités, ce n’est d’ailleurs pas si énorme. Mais des sources annexes de financement s’y ajoutent. Combien ? Difficile à savoir, et on dirait que c’est fait pour. Une grande partie des activités du directeur de Frontex, qui est le même depuis la création de l’agence, consiste à faire l’interface entre les décideurs politiques et des entreprises privées, notamment des avionneurs et des boîtes spécialisées dans la technologie de pointe – radars, caméras sous-marines capables de repérer à distance les embarcations de migrants même très légères, même de nuit, même à 25 km… Parce que la sécurité est un « bien commun qui doit être partagé entre public et privé », aux dires d’un commissaire européen.
En 2004, a été créé un groupe de travail qui réunissait des responsables politiques européens, des entreprises privées (comme EADS, Sagem, Siemens, etc.) et des agences comme Frontex, pour décider des orientations à donner aux politiques migratoires en fonction d’une analyse des risques liés notamment au développement du terrorisme international post-11 Septembre. Ce groupe, dit Groupe de personnalités, a défini un programme de recherche financé par l’UE pour la sécurisation des frontières. Une fois le programme de recherche défini et adopté par le Parlement européen, les mêmes entreprises ont demandé à être financées pour développer des matériels adaptés à ces nouveaux besoins – qu’elles avaient contribué à définir. Ensuite, elles ont vendu les matériels mis au point grâce aux fonds européens alloués à cette recherche. Frontex joue un rôle important de go-between dans ce scénario.
Comment sont effectuées ces analyses de risques ?
Des agents se rendent dans les endroits dits « sensibles » et définissent l’évolution des routes migratoires. Ils disent par exemple « avant, les Afghans prenaient telle route, maintenant, ils se déplacent à tel lieu, c’est ici qu’il faut faire une opération de sécurisation de la frontière ».
C’est de l’espionnage, en fait ?
C’est de l’espionnage civil, une mission d’intelligence, qui sert ensuite à orienter les politiques, à envoyer des avions, des hélicoptères, bientôt des drones au-dessus des îles grecques, le nouveau point de passage important de migrants, à commander du matériel, justement à EADS, Thalès, Dassault, etc. Les sociétés européennes sont assez bien placées sur le marché mais il y a une concurrence étrangère, notamment américaine et israélienne, très performante en matière de surveillance des frontières.
On a l’impression que ça ne pourra jamais s’arrêter.
Comme je suis à peu près sûre qu’il n’y a pas de réelle volonté d’empêcher les gens de passer les frontières, effectivement, il n’y a pas de raison que ce système s’arrête. Et puis à ce jeu où le chat tire d’énormes profits, il n’a pas intérêt à éliminer la souris.
La question de l’utilisation de la frontière comme mode de domination est clairement explicitée dans votre travail.
Depuis le début des années 2000, l’UE pratique, dans sa politique de voisinage, la sujétion de pays qui sont à sa frontière extérieure pour qu’ils collaborent à la surveillance de ses frontières. D’un côté, les pays européens perpétuent un rapport de domination avec les voisins de l’Europe. De l’autre, pour ces pays voisins, l‘immigration devient un levier de négociation, voire une source de revenus. Ce nouveau lien de subordination se décline aussi de façon bilatérale, Espagne-Sénégal, Italie-Libye… l’UE en use par exemple avec les pays des Balkans.
En ce moment, on est en train de renvoyer des Kosovars en Serbie, des gens qui étaient venus en Europe dans les années 1990 au moment de la guerre, qui avaient obtenu l’asile en Allemagne et dans les pays du Nord notamment. En échange de la perspective de l’adhésion à l’Union, la Serbie accepte de récupérer ces gens qu’elle traite mal et qui se retrouvent ghettoïsés dans des camps – on appelle ça la « réadmission ». Ce négoce fonctionne avec à peu près tous les pays de la frontière.
Jusqu’ici le Maroc, qui est devenu un pays d’immigration alors qu’avant, c’était juste un pays par lequel transitaient les Africains vers l’Espagne et le reste de l’Europe, a résisté à ce chantage à la réadmission, il a su faire monter les enchères. Comme l’UE a besoin de sa collaboration, il a ainsi pu accéder à un statut qu’on appelle « statut avancé » qui lui permet d’émarger à des budgets européens, notamment en matière commerciale. En échange, le Maroc a accepté de mettre ses flics à disposition de l’Europe pour empêcher les migrants de franchir ses frontières …
Quand vous déclarez qu’il n’y a pas de vraie volonté d’empêcher les gens de franchir les frontières, que voulez-vous dire exactement ?
Je dis que les migrants irréguliers sont très utiles dans toutes les sociétés industrialisées et que celles-ci ne veulent pas se priver de ce volant de main-d’œuvre dont elles ont besoin. Emmanuel Terray appelle cela la « délocalisation sur place » : on utilise de la main-d’œuvre sans papiers, peu exigeante, qui ne se syndique pas, qu’on peut payer 3 € de l’heure et qui est sur place.
Parce que l’immigration légale, non seulement elle ne coûte pas d’argent mais en plus elle en rapporte, alors quel est l’intérêt à part le fric ? Faire plaisir à Madame Le Pen ?
Oui, l’aspect idéologique est très important. La peur de l’immigration, de l’étranger, c’est en tout cas un outil très facile à manier à des fins politiques, mais de très courte vue. Par exemple les Roms : ça ne sert à rien de les expulser – ils ont le droit, en tant qu’Européens, de revenir en France – mais c’est toujours assez bien de faire un petit coup d’expulsion pour donner l’impression qu’on est un ministre de l’Intérieur fort. De la même façon, le mur Mexique/États-Unis a coûté une fortune et les bilans de la Cour des comptes américaine disent qu’il n’est pas efficace. Qu’importe, on continue …
Et ça a continué sous Obama ?
Ça s’est renforcé. Sous son premier mandat, il n’y a jamais eu autant d’expulsions et il a mis plus d’argent que Bush dans le mur. Mais ça bouge : maintenant que les conservateurs semblent changer de position sur l’immigration, Obama annonce une opération de régularisation de sans-papiers de très grande ampleur.
On n’entend pas beaucoup de gens proposer des solutions.
Dans nos milieux, au Gisti, on se fait traiter d’idéalistes et de droits-de-l’hommistes. Ça ne me dérange pas de l’être, sauf que le raisonnement ne s’arrête pas là. Notre propos n’est pas seulement de dire : ce n’est pas bien de maltraiter les migrants. Même si c’est vrai, le problème n’est pas là. Et, personnellement, je n’ai pas d’empathie particulière, pas plus que d’antipathie d’ailleurs, pour les migrants. Le problème est dans notre rapport au monde qui est caricaturé par cette question de la frontière. Il est dans le fait qu’un petit nombre de gouvernants décide qui a l’autorisation de bouger et qui doit rester chez soi, et que cela paraît complètement normal. Et dans le fait qu’on considère cette ségrégation à l’échelle de la planète comme relevant de l’ordre des choses. On nous dit qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde : au nom de quoi nos sociétés auraient-elles légitimité à protéger leur position de nantis en renvoyant le reste du monde à sa misère ?
Y a-t-il des changements depuis Sarkozy ?
On note un petit assouplissement pour les étudiants, pour l’acquisition de la nationalité, mais aucune perspective de régularisation de sans-papiers comme on aurait pu l’attendre. Les dossiers individuels ne sont pas plus débloqués qu’avant. On enferme toujours des enfants dans des centres de rétention alors que Hollande avait promis qu’il ne le ferait plus. On atteint les 37 000 expulsions par an, c’est le « meilleur » chiffre qui a été réalisé depuis des années. Au début de l’année, Manuel Valls a même promis que ce chiffre ne diminuerait pas. Il voulait qu’on entende ce message : on fait aussi bien que la droite. On l’a compris.
Propos recueillis par la rédaction www.sinemensuel.com 


[1] Xénophobie Business de Claire Rodier, éd. La Découverte.


* http://www.sinemensuel.com/grandes-interviews/claire-rodier-le-juteux-...

URL de cet article 21896

lundi 22 juillet 2013

Le site de Carla Bruni-Sarkozy a coûté 410.000€ à la France (Le journal du siècle)

Le site de Carla Bruni-Sarkozy a coûté 410.000€ à la France

Le site de Carla Bruni-Sarkozy a coûté 410.000€ à la France

Selon la Cour des comptes, le coût du site web de la fondation de Carla Bruni était assumé par l’État, pour une facture totale de 410 000 euros pour les années 2011-2012.
Dans son rapport de juillet 2013, la Cour des comptes dévoile qu’entre le 1er janvier au 15 mai 2012, l’Élysée a dépensé 373 809 euros pour sa cellule internet.
La Cour des comptes indique donc que le site de la fondation de Carla Bruni, mis en ligne dès 2009 et toujours disponible à l’adresse Carlabrunisarkozy.org, a été pris en charge par l’État pour un montant total de 410 000 euros.
Début mai, Matignon publiait le coût mensuel pour l’Etat des collaborateurs de la Première dame, Valérie Trierweiler. En réponse à une question du député UMP de l’Yonne, Guillaume Larrivé, l’Etat avait indiqué que "le total des rémunérations mensuelles nettes des cinq personnes [affectées au service de la compagne du chef de l'Etat] est de 19.742 euros".
Les services du Premier ministre avaient complété cette réponse d’une comparaison avec le dispositif dont bénéficiait Carla Bruni-Sarkozy, qui n’était pas nommément citée : "huit collaborateurs étaient affectés au service de la Première dame en janvier 2012 pour une rémunération mensuelle nette globale de 36.448 euros".
"A celle-ci s’ajoutaient tous les mois les facturations de deux prestataires externes assurant pour la Première dame la gestion d’un site internet pour un montant de 25.714 euros, soit une dépense mensuelle totale de plus de 60.000 euros", avait conclu Matignon.

« Et pourtant elles tournent » : l’incroyable révélation d’un Pulitzer du New York Times (Le grand soir)

20 juillet 2013
« Et pourtant elles tournent » : l’incroyable révélation d’un Pulitzer du New York Times

 
Le New York Times est, comme on dit, un quotidien « influent », sinon le plus influent au niveau mondial. Tellement influent que lorsque le NYT dit « noir », des journaux provinciaux comme Le Monde s’autorisent au maximum un vague « gris sombre, peut-être ? ». Lorsque le NYT dit, tout le monde écoute. Et par « tout le monde » je veux dire tout le monde qui compte, c’est-à-dire ni vous ni moi. Exemple : lorsque le NYT affirme, « preuves à l’appui », que l’Irak possède des armes de destruction massive, qui sont les quotidiens provinciaux tels que Le Monde ou Libération pour dire autre chose que « à l’attaque !!! » ? Bref, le NYT est le faiseur d’opinion, réputé, sérieux et même – j’ose à peine l’écrire tant le terme est intimidant– un journal de référence. Oui, si le NYT était une voix, ce serait celle de Dark Vador.
C’est clair, bande de ploucs chevelus ?
Alors, lorsque le 15 juillet 2013, dans la rubrique « sciences », le NYT publie un article signé William J. Broad, vous n’avez pas intérêt à faire les marioles. W. Broad est ni plus ni moins que le lauréat de deux prix Pulitzer, d’un Emmy Award et d’un DuPont Award. Il écrit, est-il précisé sur sa fiche, sur des étoiles qui explosent (attention, c’est chaud), sur les secrets de la vie sous-marine (attention, c’est mouillé), sur la science, quoi (attention, c’est compliqué). Une grosse pointure du journalisme. Très grosse, même.
Dans son article intitulé « A Low-Tech Mosquito Deterrent » (un repoussoir de moustiques simple) W. Broad explique qu’il avait été invité à un barbecue en plein-air, dans un endroit plutôt propice à vous faire pomper le sang. Il ne parlait pas d’un atelier du textile au Bangladesh travaillant pour de grandes marques occidentales, mais d’un lieu ou une armée de moustiques libératrice n’attendrait qu’un signal pour vous transformer en une Fallujah sur pattes. Une sorte d’Irak bucolique où votre jugulaire ferait office de sous-sol à exploiter, vous voyez ?
A son incroyable étonnement, le journaliste scientifique de référence a assisté à un véritable tour de sorcellerie : pour chasser les moustiques, ses hôtes avaient installé des ventilateurs qui balayaient la table. Et W. Broad, tout en faisant le signe de la croix, exhale dans un souffle de béatitude Lourdesque : « ça marche ». Se trompant de lieu et d’époque, W. Broad aurait pu hurler, en désignant les ventilateurs d’un doigt tremblant « et pourtant, elles tournent ! ». Mais ça c’est une scène qu’on fera ajouter à la version cinématographique de cette saga.

Intellectuellement foudroyé par cette démonstration d’activité paranormale, le super-journaliste de référence poursuit en racontant qu’il a écrit à l’auteur de cette machine diabolique pour lui demander des explications, à quoi l’Einstein en herbe lui a répondu : « La solution m’est venue lorsque je me suis mis à penser comme un insecte (sic) et que j’ai réalisé que je n’aimais pas voler dans un courant d’air de 30km/h ». Le génie du dimanche est donc entré en mode penser-comme-un-insecte - état proche du coma mais où le patient garde néanmoins quelques facultés essentielles, comme celle d’ouvrir une canette de bière.
C’est ainsi qu’un des faiseurs d’opinion en ce bas monde découvre ébahi le monde qu’il est censé nous expliquer. Même pas largué le pauvre type : carrément en orbite. Car que démontre, de manière anecdotique certes, un tel article ? Que l’auteur n’a jamais traversé le Rio Grande ou, s’il l’a fait, n’a jamais voyagé autrement qu’en des lieux climatisés. Qu’il n’a jamais au grand jamais soulevé son gros popotin d’un siège de taxi pour déambuler à pied parmi la plèbe des chaudes contrées. Qu’il ne s’est jamais assis, comme ça, à côté d’un inconnu pour bavarder. Qu’il n’a jamais pris un thé servi autrement qu’avec des gants blancs. Qu’il n’a pas la moindre idée de comment vivent les 99% de la population mondiale.
En vérité, chers lecteurs, je vous le dis : le jour où ce cousin d’Amérique de nos connards de HEC (ou l’équivalent) découvrira l’éventail, il nous fera sûrement une attaque. Et de quoi parlera-t-il, ce jour-là ? De « l’incroyable appareil à vent artificiel mû par de l’électricité à huile de coude » ?
Du haut de sa chaire de journalisme de référence niveau mondial, Broad fait semblant d’observer le monde à ses pieds - alors qu’en réalité il ne fait que vérifier discrètement l’état du cirage de ses pompes.
Dans un univers parallèle, fait de vrais médias avec de vrais journalistes dedans, l’article de Broad, tel quel et à la virgule près, aurait été un article éminemment ironique en réaction à je ne sais quelle bêtise du jour. Mais j’ai le regret de vous annoncer que nous ne sommes point dans cet univers-là mais bien dans celui-ci. Alors je n’ai aucune idée à quoi pourrait ressembler une information de masse et de qualité, plus ou moins objective, plus ou moins professionnelle, plus ou moins intelligente. Je n’en ai jamais connue, sinon à de très faibles doses. D’ailleurs, je pense que nous en avons tellement perdu l’habitude que nous réagirions comme un aveugle qui retrouverait soudainement la vue : notre premier réflexe serait probablement de fermer les yeux de douleur, tant cela nous paraîtrait insupportable.
Comme maintenant, quoi.
Viktor Dedaj
« la réalité a dépassé ma fiction »

URL de cet article 21505

ALERTE GÉNÉRALE : LA SOLUTION GLOBALE NOUS CRÈVE LES YEUX, C'EST POURQUOI NOUS NE LA VOYONS PAS ! (Terre sacrée)

ALERTE GÉNÉRALE : LA SOLUTION GLOBALE NOUS CRÈVE LES YEUX, C'EST POURQUOI NOUS NE LA VOYONS PAS !

Postée le 22/07/2013 à 01h10
Alerte générale : la solution globale nous crève les yeux, c'est pourquoi nous ne la voyons pas !

Mise en garde de TS : avant de se lancer dans la lecture de cet article, il est vivement recommandé de se munir de lunettes de Soleil haut de gamme;o)


Le saviez-vous ?

En six heures, les déserts reçoivent plus d'énergie solaire que ce que consomme l'ensemble du genre humain en une année. (1)

Chaque km2 de désert reçoit annuellement l'équivalent d'un million et demi de barils de pétrole.

Ainsi, la surface totale des déserts est capable de fournir plusieurs centaines de fois l'énergie utilisée actuellement dans le monde.

Couvrir seulement 0,3 % des 40 millions de km2 de déserts de la planète en centrales solaires thermiques permettrait d'assouvir les besoins électriques de la planète entière. (2)

Ces chiffres hallucinants laissent songeurs


On se dit mais alors : pourquoi donc mettre la planète à feu et à sang, s'il est possible d'obtenir, sur une si petite surface, toute l'énergie dont notre civilisation a besoin, et ce sans le moindre impact sur la biosphère ?
L'Homme, le soi-disant fleuron de l'Evolution terrestre, serait-il devenu bête à ce point ?
On a du mal à y croire.
On se dit : « Mais alors, on se fout carrément de nous. On nous ment. On nous prend pour des billes. Il y a bel et bien une volonté globale de nuire. »
Et on devrait rester là à maudire -sans mot dire- à suivre en direct, sur toutes les chaînes de télévision, l'effondrement exponentiel du monde ?
On savait que quelque chose ne tournait pas rond. Mais à ce point !
Cela dépasse carrément l'entendement...

Le Soleil, c'est tout de même pas pour des prunes !!!
Sinon autant tourner en rond autour d'un baril de pétrole, non ;o)

D'autant plus qu'aucun obstacle technologique n'existe à la réalisation d'un tel projet.
Pour transformer l'énergie de notre naine jaune, il suffirait d'utiliser, non pas des panneaux solaires complexes et onéreux, mais de simples réflecteurs solaires thermiques reliés à un banal pipeline... d'eau de mer.
La vapeur d'eau générée alimenterait de vulgaires turbines. Des cuves de sel fondu serviraient, de leur côté, à restituer la nuit la chaleur stockée durant la journée.


Cerise sur le gâteau : l'énergie excédentaire pourrait servir à puiser les gisements d'eau douce fossile et à faire reverdir tous les déserts de la planète.

Mais ce n'est pas tout !
Cette idée ne vient pas de nous.
Elle a été initiée en 1928 par Hassan Kamel Al-Sabbah, l'inventeur en personne du panneau solaire photovoltaïque
Oui, vous avez bien lu, ce n'est pas un virus qui a subitement altéré votre vision ou déréglé votre bel écran LED.
En 1928 !!!


Non ! Pensez-vous. Cela n'est pas possible ! Vous racontez n'importe quoi.
Et ben si ! La Vérité est toute nue et incroyable !!! Elle dépasse l'entendement.

Vérifiez par vous-même.
Vous êtes l'heureux propriétaire d'un ordinateur, non ?
En un clic, vous avez accès à l'ensemble des bibliothèques mondiales. Pas vrai ?
Hop ! Trois minutes plus tard (merci Google !) : ah ben oui c'est exact !
Nous autres, humanoïdes, on s'est tout simplement laissé berner.


Bon ! Alors, maintenant, que faisons-nouje ?

On va se coucher et faire dodo. Craché, juré, on ne le répète à personne ?

Ou on fait tout ce qui est possible pour arrêter le massacre généralisé
, méticuleusement organisé par les indignes qui ont préféré faire du profit, du profit, du profit avec le pétrole, le pétrole, le gaz, l'uranium et le charbon, quitte à détruire toute trace de vie sur cette jadis belle planète, qui est la nôtre et pas la leur ?
Tel est donc le choix
Dormir et mourir comme des idiots
ou rendre à tous ces pourris la monnaie de leur pièce et vivre,
enfin vivre, vivre jusqu'à ce qu'aucune mort ne s'en suive...
Et faire cadeau à tous nos enfants et petits-enfants, aux millions de générations futures, cadeau d'une belle Terre, verte, bleue, riche, où il fera forcément bon vivre pour des milliards d'années...


Que ceux qui hésitent lèvent la main !
Que ceux qui sont responsables de cette situation lamentable, ou la perpétuent, se la coupent !
Que les autres la mettent à la pâte !
Ou au porte-monnaie, c'est pareil, puisque de nos jours les seules nourritures comestibles qu'il nous reste sont
le blé,
l'oseille
et les cacahuètes ;o)
Mais attention, choisissez bien la bonne case.


Pas celle qui est indiquée,
signalée,
marquée,
fléchée,
obligée,
commandée,
contrainte...
mais l'autre !

Inutile de demander comment faire exactement : les solutions sont criées sur tous les toits par les lanceurs d'alerte qui sont en nous, et ce depuis la nuit des temps...
Et ils ne s'arrêteront jamais.
Pour eux c'est IMPOSSIBLE !!!
Tant qu'ils pourront crier, ils crieront ! Ils crieront !


Chacun peut hurler de son côté et ameuter tous les quartiers.
Chanter, chanter à tue-tête,
comme des esclaves modernes, qui croient en eux et honorent le Vivant !

C'est en fait une question de Vie ou de mort !

Il y a 10000 ans, le Sahara était une forêt luxuriante...
Demain matin à l'aube, il peut non seulement reverdir,
mais alimenter la Terre entière en énergie

Un article exclusif des unités carbone @ssociées (Ann'M, Cèdre et Mich), publié par l'association Terre sacrée et relayé par SOS-planete

(1) GEO N° 403 de septembre 2012
(2) Actu-Environnement du 24 août 2009


Note de TS : cet article n'est qu'une simple mise en bouche. L'ensemble des points abordés seront développés au fur et à mesure dans le présent fil d'info. N'hésitez pas à déposer vos commentaires. Merci

Superbe bourde de Pôle emploi, sur Twitter, qui s'est réjoui d'être le site le plus consulté en France (Terre sacrée)

 

Postée le 22/07/2013 à 03h16
Les cons ça ose tout... c'est même à ça...

Superbe bourde de Pôle emploi, sur Twitter, qui s'est réjoui d'être le site le plus consulté en France. Mais oui Paul, tu as beaucoup de succès... Alors heureux ?
Je rêve. Quand on est con, il n'y a pas à dire, on est con ! Ce n'est pas comme si tous les mois plus de 3 millions de chômeurs devaient « pointer » par Internet, ou utiliser le site pour obtenir des informations...

ON NE VOUS VEUT PAS DU BIEN ! (Terre sacrée)

ON NE VOUS VEUT PAS DU BIEN !

Postée le 22/07/2013 à 04h14
On ne vous veut pas du bien !

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !
Lorsque j'étais jeune et naïf dans le monde de la finance et de la banque, un « vieux collègue » (que je qualifierais de «jeune» maintenant que je dois avoir son âge à l'époque) m'a expliqué que personne ne nous voulait du bien ! J'étais naïf comme je vous le disais. Je pensais que les banquiers voulaient permettre à leurs clients de gagner de l'argent. Mais cela n'a jamais été le cas. Les clients, vous, eux, moi, ne sommes pour eux qu'une contrepartie solvable sur laquelle déverser leurs mauvais produits. Mensonge donc.
En réalité, nous sommes soumis à des mensonges permanents et quels que soient les sujets. On veut croire que l'on nous veut bien.
On ne vous veut pas du bien
C'est cette croyance, cette naïveté, cette envie (ô combien humainement compréhensible d'ailleurs) qui nous fait balayer d'un revers de main ce qui ne colle pas avec notre croyance innée « on me veut du bien ».
Oui mes chers amis, on vous veut toujours du bien.
Par exemple, TF1 est là pour vous distraire et vous informer. En tout cas, si vous posez la question à vos proches « quel est le métier de TF1 », c'est cela qu'ils vous répondront dans 90 % des cas.
Pourtant, Monsieur Le Lay, pédégé de TF1 à cette époque, avait donné une définition tout autre de son métier. Il est vrai qu'il ne pensait pas être enregistré (c'est ce que j'appelle les bugs dans la machine). Il a donc déclaré que « le métier de TF1, c'était de vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola ». En d'autres termes, il est là pour vous abrutir afin que vous soyez réceptifs aux publicités qui lui font gagner de l'argent. TF1 et ses programmes sont donc un alibi pour vendre de la pub.
Comme quoi, finalement, on ne vous veut pas forcément du bien.

En 1986, avec Tchernobyl, il y a eu le fameux mensonge « le nuage s'est arrêté à la frontière »... Bien sûr, et moi je m'appelle Gertrude ! On ne vous veut donc pas forcément du bien, pourtant on a beaucoup de mal à croire que notre gouvernement qui nous zaime va nous laisser nous contaminer avec toutes les conséquences sanitaires que cela peut impliquer... On ne vous veut pas forcément du bien.
Vous pouvez multiplier les exemples à l'infini. Tenez par exemple, l'attaque de la Libye par notre pays. Oui nous, les gentils, la France.
On a pris un intello-bobo qui a hurlé que Kadhafi allait massacrer tout le monde et qu'il fallait aller sauver les Libyens. En 2007, Sarkoléon faisait parader ce dictateur avec sa tente dans les jardins parisiens. On avait même décidé de lui vendre des centrales nucléaires, ce qui est toujours une idée brillante lorsque l'on sait que l'acheteur en question n'est autre qu'un des plus grands chefs terroristes qui n'a pas hésité à faire exploser en vol un avion de notre compagnie UTA bourré de passagers (français) tous morts dans le crash. Lui refiler de l'uranium me semble une idée brillante...
Bref, finalement, les mamamouchis ont changé d'avis, Anglais et Français ont fait la guerre à la Libye, aidés par nos grands zamis les Zaméricains (exportateurs de la démocratie en Irak, en Afghanistan, etc.).
Résultat ? Depuis Total (France) et BP (Angleterre) se partagent équitablement le gâteau pétrolier libyen. Mais nous sommes gentils, il faut défendre la veuve et l'orphelin et tant pis si maintenant ce pays sombre dans l'anarchie, l'essentiel c'est que les puits de pétrole nous appartiennent et qu'ils soient bien gardés (ce qui est le cas si vous en doutiez).
Tout ça pour vous dire que l'État vous ment sans aucun problème très régulièrement au nom de ce que certains nomment la « raison d'État ».
Voilà... on ne vous veut pas du bien.


L'affaire de Brétigny
(...)
Le magazine Le Point s'est donc procuré un rapport officiel des CRS. L'idée de ce papier n'est pas de parler de Brétigny mais de l'idée que l'on ne nous veut pas du bien et que l'on nous ment.
« A-t-on voulu cacher une réalité trop dérangeante ? Contrairement à la version officielle véhiculée par les autorités politiques, policières et sanitaires, il y a bel et bien eu des scènes de vol et de caillassage après le déraillement du train Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge. ».
On continue donc une opération d'enfumage sur cet accident où, je le rappelle, il y a mort. Décès de plusieurs personnes, c'est tout de même grave. Vous n'avez plus droit qu'aux images de la reprise du trafic en gare de Brétigny. L'épidémie actuelle de déraillements semblent-t-ils liés à une maladie ultra contagieuse touchant les éclisses se propage dans notre pays. Les boulons qui pètent les boulons se déboulonnent tout seuls. Évidemment, la police n'exclut pas la thèse du suicide des boulons qui seraient soumis à une augmentation trop forte du stress lié à l'augmentation du trafic.


Donc on vous ment parce que les enjeux sont importants, que l'on veut que vous dormiez tranquilles et que vous pensiez que tout va bien dans votre pays. Il ne faut pas être pessimiste, vot' Président vous le demande. Il exige même de vous une croyance aveugle dans le « tout va très bien ».
Encore une fois, on ne vous veut pas forcément du bien. Ce qui ne veut pas dire que l'on vous veut du mal. Cela signifie simplement que nos zélites forcément intelligentes sont capables de décider ce qui semble le mieux pour vous. Le problème c'est qu'hélas, elles sont loin d'être plus brillantes que le peuple et qu'elles se trompent tout autant. Vous sacrifier sur l'autel de la raison d'État ne leur pose jamais aucun problème. Dans leur esprit, la fin justifie les moyens. Point. Fin de l'histoire.
(...)


Lorsque la situation va devenir épouvantable, l'État, votre État, notre État, fera tout pour faire survivre le système le plus longtemps possible. Il se transformera en dictature douce (une dictature douce ne tue pas ses concitoyens, c'est juste de la répression...), vous serez taxés, ruinés, spoliés s'il le faut au nom de la raison d'État, de la protection du système, de la stabilité de la société... Rassurez-vous, les justifications crédibles permettant de vous vendre l'idée que c'est « juste » ne manquent pas.
Puis il y aura un glissement, sémantique d'abord et il est en cours. Juridique ensuite, et il est en cours. Fiscal également et il est en cours. Vous serez étouffés et vous n'aurez aucun moyen d'échapper à tout cela. Lorsque nous serons affamés, avec des gamelles vides et pas avant, c'est-à-dire lorsque nous n'aurons plus rien à perdre, alors nous serons prêts pour la révolution.
Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela ? D'abord parce que j'avais envie, et ensuite parce que Christime Lagarde vient de déclarer (alors que tout va mieux que bien) que finalement « la situation financière aux USA, la falaise budgétaire et les problèmes du plafond de la dette font courir un risque important à la croissance mondiale ». Sans blague.


Pendant ce temps, not' camembert président semble bien fait et bien mou, limite coulant... Comme sa popularité. Il nous raconte surtout des beaux mensonges.
Regardez, on nous affirme un truc et c'est l'inverse !
On me dit que l'on va arrêter les quantitative easing... Puis en fait on apprend qu'on n'exclut pas de les augmenter. L'inverse total.
On me dit que c'est génial, que c'est la reprise aux USA. Puis finalement, Lagarde, dans un entrefilet, affirme l'inverse à qui veut bien ne pas l'écouter... L'inverse total.
On me dit qu'à Brétigny tout va mal. Puis que tout va bien... L'inverse total, sans oublier les éclipses d'éclisses.


Notre Président nous explique doctement que la reprise est là. Vous devez comprendre qu'il faut comprendre qu'il se passe l'inverse total... C'est la déflation, la récession, et la dépression qui sont devant nous.
La rentrée sera sans doute difficile et sur plusieurs fronts. Socialement, et économique. Politiquement, l'Allemagne, avec une Merkel renforcée par sa réélection, pourrait vouloir signifier la fin de partie à la zone euro telle que nous la connaissons.
N'oubliez pas, ils ne vous veulent pas forcément du bien, loin de là.

Charles SANNAT
Éditorialiste et rédacteur du Contrarien Matin
Directeur des études économiques AuCOFFRE.com


Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l'actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous y abonner gratuitement

Un article de Charles SANNAT, publié par lecontrarien.com et relayé par SOS-planete

Au Luxembourg comme partout en Europe, les services secrets travaillent .... (jaiundoute)



La France a un seul prix Nobel d'économie, mais la Hollandie ne connait (jaiundoute)