L’actualité de la crise : LE CIRQUE CONTINUE SA TOURNÉE TRIOMPHALE, par François Leclerc
La France figure désormais sur la short list des pays dont la situation est problématique, et Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, vient de mettre en cause une règle des 3 % « écrite sur un coin de table », exprimant tout haut ce que tous savent en leur for intérieur : l’objectif est injouable ! Ce à quoi Pierre Moscovici a répondu – cela ne s’invente pas – « le président de l’Assemblée est entièrement d’accord avec moi [à propos du respect de la règle des 3 %], car une dette élevée favorise la rente au détriment des revenus des travailleurs et des entrepreneurs ». Le débat est cependant engagé dans la majorité sur un choc d’offre déjà rebaptisé choc de compétitivité, pour se gratter immédiatement la tête en se demandant ce que l’on entend bien par là. Sans oublier les subtiles interrogations émises à propos des déficits structurels du traité budgétaire. Ah, si tout n’était qu’affaire de sémantique !
Au rythme actuel, quel pays ne figurera pas prochainement sur cette liste ? Pas encore l’Allemagne, il est vrai, dont le gouvernement s’est pris tout seul les pieds dans le tapis en Grèce – ne voulant pas de sortie de la zone euro, mais n’acceptant pas de financer son maintien – tout en repartant à l’offensive à l’occasion du prochain sommet européen sur son terrain favori.
Le traité budgétaire ne suffit plus à Wolfgang Schäuble qui réclame maintenant une révision des traités européens dans l’urgence, grâce à la tenue d’une convention d’ici la fin de l’année, afin de renforcer la discipline budgétaire et notamment les pouvoirs du commissaire aux affaires économiques. « Davantage d’union budgétaire signifie automatiquement une limite de la souveraineté budgétaire nationale », vient-il de souligner. Il y a une logique à cela : le sauvetage de l’Espagne ne va pas pouvoir être repoussé éternellement, et il faut donner des gages au Bundestag, qui va être aussi sollicité pour accorder des aides ou des rallonges à Chypre et à la Grèce, en attendant le Portugal. Tout est affaire de tactique, voila qui explique bien des choses !
Mais l’engrenage fatal ne s’arrête pas là. Vittorio Grilli, le ministre italien de l’économie, s’inquiète des répercussions du sauvetage de l’Espagne sur les finances italiennes. La dette italienne a déjà augmenté de 4 points de son PIB en raison des prêts européens consentis à la Grèce, l’Irlande et au Portugal. L’Espagne représentera un point et demi de plus selon lui, en restant optimiste ! C’est tout le montage financier du FESF, et maintenant du MES, qui est en cause, les pays encore solvables devant financer ceux qui ne le sont plus. Tardive découverte d’une strangulation annoncée !
Ce genre de détails n’arrête pas le gouvernement allemand, qui continue de bloquer le projet d’union bancaire, au nom de la défense sans principe de ses banques. Adair Turner, le patron du régulateur britannique, vient tout à propos d’expliquer que sans cette union « la zone euro ne peut pas survivre » et les gouvernements espagnol et français ont bien réclamé qu’elle se fasse d’ici la fin de l’année. Mais Mario Draghi prédit qu’il faudra bien une année pour que tout se mette en place. L’important étant, selon lui, que « les marchés, les pays et les banques sachent que cet engagement sera respecté à une certaine date » ! Toujours et encore la magie des mots ! Il faut dire qu’Angela Merkel et David Cameron s’étaient auparavant entendus pour considérer que « davantage de travail devait être fait avant de parvenir à un accord ». Depuis, le gouvernement suédois est venu en renfort.
Michael Link,le ministre délégué aux Affaires européennes allemand, a lancé un avertissement à Herman Van Rompuy et à son rapport sur l’union politique, en ouverture du sommet européen : « Vous pouvez le tourner comme vous le voulez : qu’on appelle ça des ‘eurobills’, des ‘fonds de rédemption de la dette’ ou comme auparavant des ‘euro-obligations’, ce type d’émission de dette commune ne pourra se faire avec notre gouvernement », ajoutant que « celui qui propose des choses, quel que soit le domaine, qui pour certains ne sont pas acceptables, ne fait que conduire à un nouveau sommet qui donnera une impression de division ».
Quand les fauves vont entrer en piste, les clowns vont à nouveau paniquer.
Au rythme actuel, quel pays ne figurera pas prochainement sur cette liste ? Pas encore l’Allemagne, il est vrai, dont le gouvernement s’est pris tout seul les pieds dans le tapis en Grèce – ne voulant pas de sortie de la zone euro, mais n’acceptant pas de financer son maintien – tout en repartant à l’offensive à l’occasion du prochain sommet européen sur son terrain favori.
Le traité budgétaire ne suffit plus à Wolfgang Schäuble qui réclame maintenant une révision des traités européens dans l’urgence, grâce à la tenue d’une convention d’ici la fin de l’année, afin de renforcer la discipline budgétaire et notamment les pouvoirs du commissaire aux affaires économiques. « Davantage d’union budgétaire signifie automatiquement une limite de la souveraineté budgétaire nationale », vient-il de souligner. Il y a une logique à cela : le sauvetage de l’Espagne ne va pas pouvoir être repoussé éternellement, et il faut donner des gages au Bundestag, qui va être aussi sollicité pour accorder des aides ou des rallonges à Chypre et à la Grèce, en attendant le Portugal. Tout est affaire de tactique, voila qui explique bien des choses !
Mais l’engrenage fatal ne s’arrête pas là. Vittorio Grilli, le ministre italien de l’économie, s’inquiète des répercussions du sauvetage de l’Espagne sur les finances italiennes. La dette italienne a déjà augmenté de 4 points de son PIB en raison des prêts européens consentis à la Grèce, l’Irlande et au Portugal. L’Espagne représentera un point et demi de plus selon lui, en restant optimiste ! C’est tout le montage financier du FESF, et maintenant du MES, qui est en cause, les pays encore solvables devant financer ceux qui ne le sont plus. Tardive découverte d’une strangulation annoncée !
Ce genre de détails n’arrête pas le gouvernement allemand, qui continue de bloquer le projet d’union bancaire, au nom de la défense sans principe de ses banques. Adair Turner, le patron du régulateur britannique, vient tout à propos d’expliquer que sans cette union « la zone euro ne peut pas survivre » et les gouvernements espagnol et français ont bien réclamé qu’elle se fasse d’ici la fin de l’année. Mais Mario Draghi prédit qu’il faudra bien une année pour que tout se mette en place. L’important étant, selon lui, que « les marchés, les pays et les banques sachent que cet engagement sera respecté à une certaine date » ! Toujours et encore la magie des mots ! Il faut dire qu’Angela Merkel et David Cameron s’étaient auparavant entendus pour considérer que « davantage de travail devait être fait avant de parvenir à un accord ». Depuis, le gouvernement suédois est venu en renfort.
Michael Link,le ministre délégué aux Affaires européennes allemand, a lancé un avertissement à Herman Van Rompuy et à son rapport sur l’union politique, en ouverture du sommet européen : « Vous pouvez le tourner comme vous le voulez : qu’on appelle ça des ‘eurobills’, des ‘fonds de rédemption de la dette’ ou comme auparavant des ‘euro-obligations’, ce type d’émission de dette commune ne pourra se faire avec notre gouvernement », ajoutant que « celui qui propose des choses, quel que soit le domaine, qui pour certains ne sont pas acceptables, ne fait que conduire à un nouveau sommet qui donnera une impression de division ».
Quand les fauves vont entrer en piste, les clowns vont à nouveau paniquer.