06 décembre 2012
Goodbye UK !
Ce n’est pas le seul État de l’Union dans cette situation : le Danemark bénéficie aussi d’un « opt out » inscrit dans les traités et la Suède ou encore la Tchéquie ont juré que jamais, oh grand jamais, elles n’adopteront l’euro. Au moment où la zone euro prépare un saut fédéral qui réduira à peu de chose leur souveraineté nationale dans le domaine budgétaire, celle-ci ayant vocation à être exercée en commun à Bruxelles, est-il concevable que les commissaires européens de pays « out » puissent avoir un droit de regard sur les affaires de la zone euro, voire que le commissaire chargé de la monnaie unique soit Britannique ou Danois ? Ou encore que, demain, leurs parlementaires européens puissent voter le budget de la zone euro ou l’émission d’euro-obligations, deux innovations que vient de proposer la Commission ?
Il s’agit là d’un sérieux problème de légitimité démocratique : dix des vingt-sept commissaires ne sont pas membres de la zone euro tout comme 274 eurodéputés sur 751, ce qui leur donne les moyens de faire basculer des majorités. Déjà, les ministres des Finances hors zone euro ne participent pas au vote sur les questions qui concernent uniquement la monnaie unique. Dès lors, pourquoi ne pas imaginer que les commissaires et députés européens des pays « out » soient privés de leur droit de vote sur ces mêmes questions ?
Pourtant, la Commission et le Parlement rechignent à aborder de front ce problème, car ils ne se sont toujours pas débarrassés d’un angélisme qui veut que tous les États souhaitent aboutir au même point d’arrivée... Pourtant, il y a urgence : c’est en effet, la semaine prochaine, que le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement va adopter la « feuille de route » qui doit mener à l’union politique de la zone euro. Pierre Moscovici, lundi, a appelé le Parlement à « constituer un comité des membres élus par les citoyens de la zone euro » qui jouera« un véritable rôle de colégislateur dans la définition de la politique économique en zone euro aux côtés de l’Eurogroupe ». Ceux qui refusent de s’associer à la fédéralisation de l’Union vont en payer le prix.
N.B.: article paru ce matin dans Libération
Source: Bruxelles.BlogLibération