Le
président du comité pour la fiscalité écologique, Christian de
Perthuis, a annoncé lundi à l’AFP avoir présenté sa
démission, se disant « découragé » par le manque d’impulsion du
gouvernement pour qui, selon l’économiste, « le verdissement de la
fiscalité n’est pas une priorité ».
«
Ca fait trois mois que j’ai fait des propositions de relance du comité.
Comme je n’ai pas de réponse, il y a un
moment où je me suis découragé », a déclaré M. de Perthuis. « Je ne
sais plus comment faire pour le faire avancer, donc je préfère redonner
mon tablier », a-t-il encore dit, ajoutant: «
l’impression que j’ai est que le verdissement de la fiscalité n’est
pas une priorité gouvernementale ».
M.
de Perthuis a indiqué avoir envoyé sa lettre de démission dans la
matinée au ministre des Finances Michel Sapin,
et à la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, qui ne fait pas
mystère de son opposition à la fiscalité écologique, répétant qu’elle
est hostile à « l’écologie punitive ».
«
En l’absence de réponse de vos deux ministères » aux propositions du
comité, « je comprends que les travaux
conduits par le comité ne répondent plus aux priorités du
gouvernement », écrit-il dans sa lettre dont l’AFP a obtenu une copie.
Ce
comité, mis en oeuvre en 2012 par l’actuel gouvernement et qui
rassemble une quarantaine d’élus et représentants
des associations, des entreprises et des syndicats, a pour mission
de proposer des pistes pour « verdir » la fiscalité afin de modifier les
comportements.
Durant sa première année d’activité, il a posé les bases d’une taxe carbone adoptée dans le budget 2014.
«
Sans plus de volonté politique, il est impossible d’avancer, » a réagi
la Fondation Hulot (FNH), membre de ce
comité, tout en saluant le travail de Christian de Pertuis qui « a
mené avec brio les travaux de ce comité, obtenant des consensus sur des
sujets pourtant complexes comme la fiscalité des
carburants, sur l’eau ou encore sur l’artificialisation des sols ». «
Il faut que le gouvernement rouvre d’urgence ce chantier si important
du basculement vers une fiscalité plus écologique,
confirme le comité et suive ses recommandations », a déclaré à l’AFP
Mathieu Orphelin, en charge du dossier énergie à la FNH. Avant l’été
déjà, plusieurs ONG membres du comité, FNH mais aussi le
Réseau action climat (RAC) ou encore le Fonds mondial pour la nature
(WWF), avaient fait part de leur inquiétude au sujet du comité
fiscalité verte, après l’annulation de deux réunions. Le
ministère de l’Economie avait alors fait savoir que les réunions
avaient été annulées « pour des raisons d’agenda sans qu’il soit
nécessaire d’en tirer une conclusion sur l’avenir du comité
».
© AFP