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des 28 pays de l’UE sont maintenant entrés dans la déflation (ce qui
signifie que les produits de consommation y sont désormais moins chers
que l’année dernière), ce qui ne fait qu’augmenter la pression sur la
BCE pour qu’elle « fasse quelque chose ». En comparaison avec le mois
d’août, les prix ont baissé dans 17 Etats membres, ils sont restés
inchangés dans 2 autres et ils ont augmenté dans 9 autres.
En
tant que tel, il est important de se rappeler que du point de vue d’un
décideur politique, la désinflation est le pire de tous les maux de
l’économie.
En d’autres termes, on sait quand elle commence, mais jamais quand elle prendra fin.
En situation de déflation les consommateurs reportent
leurs dépenses: au bout d’un an, ils peuvent acheter plus pour la même
somme d’argent. Cela conduit à une augmentation des stocks pour les
entreprises qui reportent également leurs achats à leur tour, parce
qu’elles se retrouvent coincées avec du surstock, qui a aussi perdu de
sa valeur.
Dans un environnement déflationniste, les
prix continuent de baisser, sans que l’on puisse voir la fin de cette
baisse. Pour certains, c’est une bonne chose, mais pour beaucoup, il n’y
a là aucune raison de se réjouir. La déflation est beaucoup plus
difficile à contrôler que l’inflation. Dans le cas de cette dernière,
les banques centrales vont augmenter les taux d’intérêt pour contenir
l’inflation. Pour juguler la déflation, il faut donc en théorie faire
baisser les taux d’intérêt. Mais dans le contexte actuel, c’est
impossible, les taux d’intérêt sont déjà proches de zéro à peu près
partout.
Avec des taux d’intérêt bas, le seul
levier qui reste à Mario Draghi est celui de l’assouplissement
quantitatif, c’est-à-dire inonder le marché avec de nouveaux fonds,
mais les Allemands rejettent le recours à cet outil. Pour nos voisins de l’Est, c’est l’inflation, et non pas la déflation, le véritable ennemi.
En outre, Angela Merkel a réaffirmé jeudi
que la crise de l’euro n’était pas terminée. Cela ne sera possible que
si les pays réduisent leurs déficits et qu’ils renforcent leurs
économies, a-t-elle dit au Parlement allemand.
Stimuler l’économie par des
investissements importants réalisés par les gouvernements est également
quasiment impossible, en raison du boulet de la dette élevée que tous
les pays européens traînent derrière eux. La Banque centrale européenne
devra donc compter sur des mesures extraordinaires pour réduire la
déflation, comme, par exemple, l’achat d’obligations à grande échelle,
sans garantie que cela soit couronné de succès.

Source Eurostat