Nouvel Ordre Mondial: La paupérisation générale est en marche…
« Sous les présentes conditions de la division en
capitalistes et travailleurs, en propriétaires et en masses vivant sur
des revenus incertains, l’extension des industries sur de nouveaux
domaines s’accompagne par les mêmes faits horribles d’oppression sans
pitié, de massacres d’enfants, de paupérisation et d’insécurité dans la
vie. »
~ Pierre Kropotkine (1898) ~
~ Pierre Kropotkine (1898) ~
Cette citation de Kropotkine est on ne peut toujours plus
d’actualité aujourd’hui. L’article ci-dessous illustre le marasme social
du peuple américain. Ce qu’il y a d’effrayant est que: le pire est à
venir et que cela est ce qui est promis au reste du monde occidental
dans sa déliquescence programmée pour l’instauration du Nouvel Ordre
Mondial chaotique de ces élites psychopathes auto-proclamées.
– Résistance 71 –
La guerre sans merci contre les pauvres aux Etats-Unis
Bill Quigley
23 octobre 2014
url de l’article:
Texte I – La réalité des-sans abri aux États-Unis en dix points.
Voici, d’abord, trois histories vraies :
Renee Delisle faisait partie des 3500 sans-abri à Santa Cruz quand elle s’est retrouvée enceinte. Le journal, le Santa Cruz Sentinel
explique qu’elle n’avait pas pu aller dans un refuge parce qu’ils
n’avaient pas de place pour elle. Alors que d’autres sans-abri dormaient
dans des voitures ou sous des ponts, Renee avait trouvé refuge dans une
cage d’ascenseur désaffecté jusqu’à ce qu’elle perde les eaux.
Jerome Murdough, 56 ans, ancien marine sans domicile fixe, avait été
arrêté pour intrusion à New York quand on l’avait trouvé un soir de
grand froid en train de dormir dans la cage d’escalier de logements
sociaux. Le New York Times
raconte qu’une semaine plus tard, Jerome était mort d’hyperthermie dans
une cellule de la prison, où la température dépassait les 37°.
Paula Corb et ses deux filles ont vécu, à la suite de la saisie de
leur maison, quatre ans dans leur mini van. Elles faisaient la lessive
dans l’annexe d’une église, allaient se laver dans les stations-service
et les filles faisaient leurs devoirs sous des lampadaires.
Dix réalités concernant les sans-abri
N°1 – Plus d’un demi-million de personnes sont sans-abri
Le rapport du « US Department of Housing and Urban Development
(HUD) » (« Département du logement et du développement urbain ») sur les
sans-abri aux US indique qu’il y a, chaque nuit et sur toute l’année,
plus de 600 000 sans-abri aux Etats-Unis. La majorité d’entre eux passe
la nuit soit dans des refuges soit dans quelque abri de transition à
court terme. Un peu plus qu’un tiers vivent dans des voitures, sous les
ponts ou ailleurs.
N°2 – Un quart des sans-abri sont des enfants
Le HUD indique que plus de 138 000 sans-abri aux États-Unis sont des
mineurs. Parmi ces enfants, il y en a des milliers qui ne sont pas
accompagnés, toujours selon le HUD.
Un autre programme fédéral, « No Child Left Behind » (« Aucun enfant abandonné », réforme de l’Éducation des années G. W Bush, NDT),
donne une définition plus large des enfants sans-abri, qui englobe non
pas uniquement ceux qui vivent dans des refuges ou dans des logements de
transition, mais également ceux qui cohabitent avec d’autres personnes à
cause des difficultés économiques, qui vivent dans des voitures, dans
des parcs, des gares routières ou ferroviaires, ou qui attendent un
placement dans une famille d’accueil.
En s’appuyant sur cette définition, le « National Center for Homeless
Education » signalait en septembre 2014 que les secteurs scolaires
locaux (LEA) comptaient qu’il y avait plus d’un million d’enfants sans abri qui fréquentaient les écoles publiques
N°3 – Des dizaines de milliers d’anciens combattants sont sans-abri.
Plus de 57 000 anciens combattants de l’armée sont sans abri de façon
permanente. 60% d’entre eux dorment dans des refuges, les autres n’ont
pas d’abri. Parmi eux, il y a près de 5000 femmes.
N°4 – la violence domestique est la cause principale pour laquelle les femmes se retrouvent à la rue.
Plus de 90% des femmes sans abri ont été victimes de violences sexuelles et physiques graves et, c’est pour échapper à ces violences qu’elles ont été contraintes de quitter leur domicile.
N°5 – Beaucoup sont sans domicile parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer un loyer.
Selon le HUD, le manque de logements à loyer modéré est la première
cause de la multiplication des cas de sans-abri. Le budget du HUD a été
réduit de plus de 50% au cours de ces dernières décennies, ce qui s’est
traduit par la perte chaque année de 10.000 logements subventionnés
destinés aux personnes à faible revenu.
N°6 – Il y a aujourd’hui moins de locations abordables pour les pauvres
Un logement social sur huit a disparu définitivement depuis 2001. Il
manque sept millions de logements à loyer modéré pour les familles à
faibles revenus et, en conséquence, des millions de ménages dépensent
plus de la moitié de leurs revenus mensuels en loyer.
N°7 – Ces dernières années, des millions de personnes ont perdu leur maison
Plus de 5 millions de maisons ont été saisies
depuis 2008, parmi lesquelles une sur 10 était hypothéquée. C’est la
raison pour laquelle de plus en plus de personnes se sont retrouvées en
concurrence pour trouver des logements abordables.
N°8 – L’État ne fournit pas autant d’aides qu’on le pense.
Il y a des aides au logement pour environ un quart des ménages à très
bas revenus. Ceux qui ne reçoivent pas d’aides sont sur des listes où
l’attente dure des années.
Ainsi, la ville de Charlotte,
en Caroline du Nord, qui vient, pour la première fois en quatorze ans,
d’ouvrir les inscriptions pour l’obtention de logements à loyers modérés
a enregistré plus de 10.000 candidatures pendant la journée
d’inscriptions.
N°9 – Un sans abri sur 5 souffre de maladie mentale grave non traitée
Selon les chiffres officiels, si environ 6% de l’ensemble de la
population souffre de maladie mentale grave, ils sont 20 à 25% dans ce
cas parmi les sans-abri.
La moitié d’entre eux se soignent tout seuls
et sont plus susceptibles de souffrir de dépendance et d’être en
mauvaise santé physique.
Une étude
réalisée par le « Penn Center for Mental Health Policy and Services
Research » de Pennsylvanie montre que les sans-abri qui souffrent de
maladie mentale coûtent, en moyenne, à l’Etat 40 500 dollars par
an.
Cette somme sert à payer leurs séjours en prison, dans les refuges
ou à l’hôpital alors que, avec la même somme, on pourrait leur offrir un
logement supervisé qui leur fournirait non seulement un toit, mais
également les services nécessaires pour se soigner et se réinsérer.
N°10 – Les villes criminalisent de plus en plus l’impossibilité de se loger.
Une enquête réalisée en 2014 par le « National Law Center on
Homelessness & Poverty » (organisation nationale qui défend les
droits des personnes sans abri et /ou économiquement faibles) montre
que :
24% d’entre elles pénalisent la mendicité dans l’ensemble de la
ville ;
33% interdisent le vagabondage ;
18% pénalisent ceux qui
dorment dans les espaces publics ;
43% pénalisent ceux qui dorment dans
leur voiture ;
53% interdisent de s’asseoir ou de s’allonger dans des
lieux publics spécifiques.
Et le nombre des villes qui criminalisent
l’itinérance est en constante augmentation.
Bill Quigley enseigne le droit à l’Université de Loyola à la Nouvelle-Orléans.
Texte II – Comment on fait payer les pauvres
http://talkpoverty.org/2014/10/07/punished-for-being-poor
par Rebecca Vallas
Le week-end dernier, j’ai participé à une table ronde sur MSNBC avec le journaliste du New York Times, Michael Corkery, dont l’enquête sur l’essor des prêts automobiles « subprime » est à la fois grave et terrifiant (système mis en place en 2009, NDT).
Car il s’agit d’une nouvelle offensive des pratiques prédatrices qui ont déclenché la crise des prêts hypothécaires à risque.
Les particuliers à faible revenu sont incités à contracter des prêts
automobiles deux fois plus élevés que la valeur effective de la voiture,
avec des taux d’intérêts atteignant jusqu’à 29%.
Ils peuvent, ainsi, se retrouver avec des remboursements mensuels de
500 dollars — une somme plus élevée que celle que la plupart des
emprunteurs dépensent en alimentation en un mois, et certainement bien
plus élevée que ce qu’ils peuvent raisonnablement se permettre.
De nombreux concessionnaires seraient donc prêts en substance à piéger les emprunteurs à bas revenus.
En outre, les concessionnaires ont fait installer sur le GPS des
voitures des emprunteurs à risque un nouveau dispositif qui leur permet,
d’une part, de savoir à quel endroit se trouve l’emprunteur et, d’autre
part, de bloquer le starter à distance depuis un ordinateur ou un
téléphone portable. Ainsi, la voiture peut être aussitôt immobilisée en
cas de non-versement des remboursements, même s’il n’y a qu’un ou deux
jours de retard.
Une habitante du Nevada raconte la frayeur qu’elle a eue quand sa
voiture a soudain été bloquée alors qu’elle roulait sur l’autoroute.
[NDT : Une autre, parent isolé, raconte ici
qu’elle devait, un jour de mars, conduire d’urgence à l’hôpital sa
fille de 10 ans, dont la fièvre était montée à 40° et qui était en
pleine crise d’asthme, mais qu’il lui avait été impossible de faire
démarrer sa voiture. Cette femme ayant un retard de paiement de trois
jours, le prêteur avait immobilisé sa voiture. Pour la débloquer, il lui
fallait débourser plus de 389 dollars, somme qu’elle n’avait pas ce
jour-là].
Et, pour beaucoup d’emprunteurs, l’affaire est loin de se terminer
avec la saisie du véhicule, ils peuvent être poursuivis des mois et même
des années plus tard pour les contraindre à rembourser le reste du
crédit.
Les prêts automobiles « subprime » sont les toutes dernières
trouvailles dans une longue liste de pratiques qui font qu’être pauvre,
ça coûte très cher – ce que j’ai pu constater tous les jours quand je
représentais des clients à faibles revenus en tant qu’avocate commise
d’office.
Les personnes à faibles revenus risquent beaucoup plus que les autres
d’avoir à acquitter des frais bancaires, comme des frais de gestion
mensuels, si le solde de leur compte courant descend en dessous du
minimum requis – des sommes qui peuvent s’élever à 1500 dollars dans des
banques importantes comme la Bank of America et Wells Fargo — sans
parler des agios exorbitants.
Pour les plus de 10 millions de ménages étasuniens qui n’ont pas de
compte bancaire, ceux qui encaissent les chèques prennent une commission
qui peut atteindre 5% de la somme. Cela ne semble peut-être pas grand
chose, mais, sur un salaire d’employée à faible revenu d’environ 1500
dollars par mois, cela signifie qu’il faudrait quelle verse 75 dollars
uniquement pour pouvoir toucher son salaire. Si on ajoute à cela le coût
de l’envoi d’un mandat – ce qu’elle est obligée de faire pour payer son
loyer et les autres factures – on en arrive à environ 1000 dollars par
an juste pour payer les services financiers.
Qu’ils aient un compte bancaire ou pas, les ménages à très faibles
revenus ont rarement des fonds d’épargne d’urgence, et plus de 2/3 d’entre eux
disent qu’ils ne pourraient pas réunir 2000 dollars en 30 jours en cas
de frais urgents comme le remplacement d’un chauffe-eau ou une facture
médicale imprévue. Sans solution de rechange, beaucoup ont recours à des
prêteurs sur salaire pour avoir l’argent liquide nécessaire.
Jon Oliver, présentateur de Last Week Tonight, traite cette question
cruciale de façon remarquable, expliquant en détail comment les familles
qui ont recours à ces agences de prêts sur salaire peuvent se retrouver
piégées dans une spirale infernale d’endettement à 400 % d’intérêts
annuels.
Ensuite, il y a le secteur du « crédit-bail » (« rent-to-own »). Avec
des échéances hebdomadaires, les ménages à faibles revenus qui ont un
mauvais score de crédit ou pas de crédit du tout peuvent finir par
rembourser jusqu’à deux fois et demi le coût effectif de produits de
base comme un lave-linge, un séchoir à linge, ou l’ordinateur portable
pour que leur enfant puisse faire ses devoirs. Les achats de produits alimentaires peuvent également entrainer des surcoûts. Les ménages qui n’ont pas les moyens d’acheter en grosse quantité, ne peuvent pas bénéficier des économies que fait réaliser Costco.
Quant à ceux qui n’ont pas de voiture et qui habitent dans un quartier
pauvre où il n’y a pas de grandes surfaces, il leur faut, soit payer le
taxi ou le bus pour pouvoir rapporter les courses, soit acheter chez les
petits commerçants du coin, où les prix sont plus élevés.
Et ensuite, il y a la question de la perte de temps. Quand je
m’occupais d’aide juridique, j’ai souvent entendu mes clients se
plaindre du temps qu’on perd pour tout quand on est pauvre. Beaucoup
m’ont raconté qu’ils (/elles) prenaient trois bus différents pour aller
travailler et pour revenir, et qu’ils avaient jusqu’à 5 heures de trajet
aller-retour tous les jours.
Ceux qui sont obligés d’avoir recours aux aides sociales pour joindre
les deux bouts parlent des journées passées à attendre leur tour au
bureau d’aides sociales, parfois juste pour signaler un changement dans
leur revenu.
A tout cela, s’ajoute également la criminalisation de la pauvreté et les couts élevés que cela entraine.
Selon l’enquête du National Law Center on Homelessness and Poverty,
il y a, actuellement, au niveau national, un nombre croissant d’états et
de municipalités qui ont voté des lois qui peuvent paraitre innocentes –
comme l’interdiction de s’asseoir sur le trottoir, d’uriner en public,
de « mendier de façon agressive » – mais qui, en fait visent les
sans–abri (une citation d’Anatole France me vient à l’esprit : »la
majestueuse égalité des lois interdit aux riches comme aux pauvres de
coucher sous les ponts, de mendier dans la rue et de voler du pain« ).
Arrêter un sans-abri pour avoir uriné en public quand il n’y a pas de
toilettes publiques n’est pas seulement une piètre utilisation des
ressources policières, mais cela déclenche également une spirale
infernale : l’individu qui a été arrêté ne pourra pas payer la caution,
ni une amende éventuelle, et le non-paiement de ces frais pourrait bien
se traduire par un retour à la case prison.
Dans un cas extrême, en Arkansas,
le défaut de paiement d’un mois de loyer est considéré comme un délit.
Si un locataire a, ne serait-ce qu’un jour de retard de paiement, la loi
autorise son propriétaire à l’expulser – et si le locataire n’est pas
parti dans les dix jours, il peut être incarcéré.
Les États et les municipalités, qui cherchent actuellement à racler
les fonds de tiroirs, comptent de plus en plus renflouer leurs caisses
grâce au paiement des infractions au code de la route – et les amendes
et les frais de justice – qui sont infligés à ceux qui ont commis une infraction.
A Ferguson, Missouri,
la municipalité comptait, en 2013, sur l’augmentation des tarifs des
amendes pour gonfler de 20 % son budget annuel de 12,75 millions de
dollars.
Que la personne soit solvable ou non n’est pas souvent pris en compte
quand il s’agit de ces amendes et frais de justice qui rendent les
particuliers encore redevables bien longtemps après qu’ils ont payé leur
dette à la société. Alors que la prison pour dette a été déclarée
anticonstitutionnelle depuis bien longtemps, le défaut de paiement peut
ouvrir la voie au retour en prison dans de nombreux états.
Rebecca Vallas est directrice-adjointe du « Poverty to Prosperity
Program » au « Center for American Progress » et a été avocate aux
services d’aide judiciaire de Philadelphie.
(Traduction Leo Lerouge)