posté par Ygrec le 16/12/14
Voilà un gaspillage qui coûte cher. D'après la Cour des comptes européenne, l'Union a dépensé 38 millions d'euros en investissements pour financer des pistes ou terminaux d'aéroport jamais utilisés.
La somme ressort d'un audit de 666 millions d'euros déboursés entre 2000 et 2013 pour financer le développement de 20 infrastructures portuaires en Grèce, Espagne, Estonie, Italie et Pologne. «
En l'absence de planification et de prévision adéquates, certains des
aéroports financés étaient situés trop près les uns des autres, tandis
que certains projets de construction étaient trop importants pour le
nombre d'avions et de passagers concernés », note le rapport de la cour.
La moitié seulement des 20 aéroports concernés avaient effectivement
besoin d'extensions de leurs installations, les autres n'ayant pas
enregistré les hausses de trafic prévues entre 2007 et 2013, précise la
cour. Quelque 225 millions d'euros ont ainsi été affectés à des
installations « surdimensionnées ». Le tout sans qu'il apparaisse que « le
service aux usagers a été amélioré ou que des avantages
socio-économiques, comme la création d'emplois supplémentaires, aient
été générés ».
DÉPASSEMENT DE COÛTS
Parmi les infrastructures problématiques figurent notamment deux
terminaux cargos construits sur l'aéroport de Salonique, dans le nord de
la Grèce. L'aéroport de Cordoue, dans le sud de l'Espagne, est
également épinglé pour s'être
agrandi en vue de l'accueil prévu de 179 000 passagers par an, qui
n'ont été finalement que 7 000 pour l'année 2013. Sept des aéroports
ainsi subventionnés, dont celui de Crotone, en Calabre, risquent en
outre de grever encore plus les finances publiques, faute d'autonomie financière.
Près de la moitié des aéroports examinés a par ailleurs connu des
dépassements de coûts, ce qui a contraint les Etats membres concernés à dépenser « quelque 100 millions d'euros de plus que ce qu'ils avaient initialement prévu », relève également la Cour des comptes.
La Commission européenne fait son mea culpa dans sa réponse à cet audit, inclus dans le rapport. « Dans certains cas », ces investissements ne représentent pas « un usage efficace des fonds européens », reconnaît-elle. Mais grâce à un changement « radical » des règles pour la nouvelle période de programmation budgétaire 2014-2020, « ce type de situation ne se renouvellera pas », a assuré son porte-parole chargé du budget, Jakub Adamowicz.