| 9 décembre, 2014 | Posté par Ender sous Actualité générale |
Des manifestations importantes
ont eu lieu en Grèce le week-end dernier pour commémorer la mort
d’Alexis Grigoropoulos, assassiné par un policier le 6 décembre 2008
alors qu’il avait 15 ans. Ces manifestations ont bien souvent dégénéré,
on a assisté à des scènes de guérilla urbaine, jet de cocktails molotov,
bris de vitrines. Le problème semble t-il, c’est que la police grecque
semble s’être reconvertie dans la création d’émeutes et d’échauffourées
de manière à pouvoir interpeller puis coffrer les contestataires et les
opposants à la politique de casse sociale suivie par le gouvernement
Samaras aux ordres de la Troïka. Les accusations de cet ordre envers la
police ne sont pas nouvelles et beaucoup y voient une légende urbaine
véhiculée par des « gauchistes » eux-mêmes coutumiers de tels
débordements. Malheureusement les incidents survenus en Grèce semblent
bien réels et ont été documentés par plusieurs journalistes : policiers
cagoulés détruisant des vitrines ou des locaux syndicaux, CRS frappant
des femmes ou des manifestants menottés, voici le quotidien des forces
de l’ordre au service de la Troïka et de l’ordo libéralisme allemand…
Plusieurs vidéos intéressantes ont été
filmées samedi dernier lors des émeutes importantes qui ont eu lieu dans
plusieurs villes du pays après les manifestations en souvenir de la
mort d’Alexis Grigoropoulos, assassiné par un policier le 6 décembre
2008 alors qu’il avait 15 ans.
Sur la vidéo suivante, filmée dans le
quartier d’Exarchia à Athènes et postée sur YouTube par la radio Sto
Kokkino, on peut voir clairement ce qui pourrait ressembler à « une
bande de hoodies ou d’émeutiers violents » passant derrière une équipe
de la police anti-émeute (qui, « surprise », ne réagit pas)
Comme le précise Kostas Kallergis sur son blog,
on ne parle pas ici de rumeurs ou de théorie du complot, mais bien de
faits concrets qui ont été observés lors de nombreuses manifestations
ces dernières années :
Les manifestants grecs mentionnent
souvent l’existence de policiers en civil et d’agents provocateurs
infiltrés dans les manifestations en Grèce. J’avais l’habitude de croire
que c’était une sorte de théorie du complot jusqu’à ce que je commence à
assister à des manifs après 2009. Les médias internationaux ont été
réticents à signaler cela (à quelques exceptions près) avec des
correspondants ayant de la difficulté à croire que de telles pratiques
totalitaires sont encore utilisées aujourd’hui dans un pays de l’UE.
Même constat pour Yiannis Baboulias, journaliste pour plusieurs médias anglophones, concernant les épisodes de samedi :
This is not the usual « rumours »
about provocateurs, we saw them clearly and this is confirmed by me and
outlets like HuffPost Greece
Y. Baboulias précise par ailleurs sur twitter :
Pour clarifier sur l’incident de la
nuit dernière : j’ai vu un groupe de 50 personnes qui ressemblaient à un
black bloc et des manifestants qui se dirigeaient vers Exarchia. Au
début, je pensais que c’étaient des manifestant, et que l’escouade
anti-émeute en face de moi allait charger. Mais j’ai entendu leur radio
leur disant de faire marche arrière. Quand je les ai vus de
près, ils avaient tous des écouteurs et plus tard ils ont été
photographiés brisant et brûlant des choses autour d’Exarchia.
« La députée SYRIZA María Bólari a vu
samedi 6 décembre, un policier incendier une benne à ordures au
centre-ville d’Athènes et d’autres policiers insulter les “citoyens”,
passants comme manifestants. Et à Thessalonique au même moment, des
policiers brisaient les vitres du bâtiment de la Centrale ouvrière
intersyndicale pour y projeter des grenades chimiques sur les
manifestants qui s’y étaient enfermés. Même attitude à Athènes, lorsque
les forces des MAT sont descendues dans la station du métro située sous
la Place Omónia, dans une véritable chasse à l’homme inondant la station
de leur gaz… si familier. » (Greek-Crisis)

Sur une autre vidéo, cette fois diffusée
par la chaîne Mega, vraisemblablement lors de la manifestation dans la
ville de Patras, dans le Péloponnèse, on peut voir deux policiers
anti-émeute placer un cocktail molotov dans un sac à dos :
La encore, ces pratiques sont connues en
Grèce : elles visent la plupart du temps à impliquer des manifestants en
les arrêtant et en leur présentant un soit disant sac à dos qui leur
appartiendrait et qui – bien sûr – contient pierres ou cocktails
molotov.
Un photo-reporter m’a même raconté
que lors d’une de ces manifestations, il s’est fait arrêté par un membre
de la MAT (CRS) qui lui a demandé d’ouvrir son sac. Le policier était
prêt à y mettre des pierres quand il s’est aperçu que le sac contenait
des objectifs. Il l’a donc laissé partir, se disant sans doute que sa
crédibilité serait en doute s’il revenait au poste avec un
photo-reporter accusé d’avoir des pierres dans son sac à dos qui
contient du … matériel photographique.
Mais samedi soir, encore, des CRS ont été
observés en pleine séance de punching ball (à partir de la 24ème
seconde, on voit bien l’homme menotté se faire frapper par le CRS) :
Mais aussi en pleine séance de drague à Thessalonique :
On protège aussi sa progéniture comme on peut :
Et puisque depuis quelques semaines, la police anti-émeute poursuit jusque dans les habitations ou les bâtiment publics, la défense s’organise, comme ici à Thessalonique :
Et comme les MAT avaient sans doute encore soif, ils ont a nouveau attaqué le kiosque d’Exarcheia, blessant @_GiaNt_ au passage avec une grenade assourdissante :
Alors dormons tranquille, la démocratie grecque de Samaras est toujours en pleine forme.
Source : Okeanews