| 10 décembre, 2014 | Posté par Ender |
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Les dernières attaques terroristes en
Russie ne sont pas en elles-mêmes, des phénomènes nouveaux. Elles
doivent sembler singulières à ceux qui en ont souffert, mais elles ne
sont pas différentes de nombreuses attaques antérieures. Ce qui est
nouveau c’est que le monde pourrait finalement se réveiller et se rendre
compte de ce qui se passe en réalité.
Le grand programme de déstabilisation de
la Fédération de Russie et de ses alliés a constitué une
caractéristique sous-jacente des relations internationales depuis la fin
de la guerre froide. L’ouest à passé tellement d’années à entraîner ses
armées pour attaquer « l’empire du mal » qu’il s’est retrouvé
complètement désemparé lorsque l’Union Soviétique implosa. L’ouest
continue à justifier son existence en inventant de nouveaux ennemis et
en essayant de les détruire toujours selon le même scénario. Il n’y a
même pas besoin de fournir des motifs valables : il suffit d’entretenir
cet état d’esprit au sein de l’armée.
Lorsque vous ne pouvez pas attaquer un
théâtre d’opération avec des troupes régulières, vous employez des
mercenaires dont vous pouvez vous laver les mains : c’est le principe du
terrorisme sponsorisé par un état, un terme utilisé par les USA pour
désigner les groupes qu’il utilise pour amorcer des conflits.
Empreintes digitales
La dernière attaque
terroriste dans le sud de la Russie a probablement causé plus de dommage
à ce programme occidental qu’aucune autre auparavant. Elle a été
perpétrée par ceux qui apparaissent dans l’histoire officielle comme des
rebelles tchétchènes et qui surgissent toujours lorsqu’il faut trouver
un coupable, incluant ceux appartenant supposément à l’Etat Islamique.
Les USA vont peut-être découvrir finalement qu’à force de toujours
utiliser les mêmes méthodes éculées, on ne peut pas indéfiniment crier
au loup.
L’ascension initiale de
Vladimir Poutine a largement découlé de sa répression de l’insurrection
islamique dans le Caucase. A cette époque, la ville de Grozny était
devenue un spot international pour les tueries et un stand de tir à ciel
ouvert. Dites « Grozny » et tout le monde suppose que la terreur et
l’anarchie y règnent à nouveau. Ces associations historiques sont
destinées à maquiller la similarité de cette attaque, qui a fait au
moins 20 morts dont 10 policiers, avec ce qui se passe en Syrie et en
Ukraine et le fait que les sanctions contre la Russie ne fonctionnent
pas aussi bien qu’espéré.
Avec seulement neuf
terroristes, l’ouest a envoyé un avertissement à la Fédération de
Russie. Le message adressé à Poutine est le suivant : « Nous pouvons
vous frapper quand nous voulons et où nous voulons, alors vous feriez
mieux de renoncer à vos ambitions géopolitiques et de retourner dans
votre grotte sous l’effet des sanctions et de la colère de l’ouest. »
Poutine a probablement une
bonne connaissance de cette logique de déstabilisation, si l’on en juge
par ces préoccupations anciennes concernant l’encerclement de la Russie
par l’OTAN.
Tout le monde va considérer
qu’une attaque en Tchétchénie est une affaire intérieure russe, qui
n’implique pas l’ouest, et cessera d’écouter les objections de Poutine
sur l’agression de l’OTAN. Tout ceci a été planifié il y a longtemps, et
toutes les preuves sont là sur le papier. Le monde ne considérera
probablement pas avant longtemps qu’il s’agit là d’une affaire
intérieure américaine plutôt que russe.
Les cinq doigts de la main
Le plan a été publié dans le Times de Georgie, basé à Tbilissi, le 29 avril 2013. L’article était intitulé « Intérêts partagés dans la guerre contre la terreur : de Beslin à Boston ». Hyman Kamenowsky
y met à jour le lien entre tchétchènes et « terroristes » et comment il a été construit à travers des événements comme l’attentat à la bombe de Boston.Supposant que cette idée avait été digérée, malgré le retour de bâton qui a émergé suite au plan concocté contre les frères Tsarnaev à Boston, qui n’étaient pas plus armés qu’impliqués dans l’attentat (avez-vous déjà vu un témoignage crucial filmé par un cameraman professionnel portant des lunettes de soleil?) les médias grands public se sont fait depuis les portes parole du scénario US.
y met à jour le lien entre tchétchènes et « terroristes » et comment il a été construit à travers des événements comme l’attentat à la bombe de Boston.Supposant que cette idée avait été digérée, malgré le retour de bâton qui a émergé suite au plan concocté contre les frères Tsarnaev à Boston, qui n’étaient pas plus armés qu’impliqués dans l’attentat (avez-vous déjà vu un témoignage crucial filmé par un cameraman professionnel portant des lunettes de soleil?) les médias grands public se sont fait depuis les portes parole du scénario US.
La narrative officielle est
que les combattants tchétchènes en Syrie avaient menacé d’exercer des
représailles contre Poutine pour son soutien au président syrien
Bachar-al-Assad. Le problème c’est que les menaces qui ont été citées
proviennent d’un tchétchène qui a des racines et des connexions en
Géorgie. La vallée du Pankissi a abrité pendant longtemps un camp
d’entraînement terroriste américain. La population tchétchène originelle
qui était négligeable a explosé avec l’arrivée de nouveaux compatriotes
relativement riches qui ont tout à coup décidé de s’installer dans
cette vallée. Ils ont été armés par le US Train and Equip Program et
l’argent siphonné de divers ONG. Nous savons cela parce que l’armée
géorgienne, qui était la destinataire officielle des ces équipements et
de ces programmes d’entraînements, n’en a jamais bénéficié. A la place,
des combattants tchétchènes parfaitement opérationnels ont soudainement
émergé de cette vallée pour combattre dans tous les conflits où les USA
avaient des intérêts. Ils combattent pour l’idéologie américaine, pour
la juste cause, et le ministère de la défense, l’université Georges
Washington et d’autres, ont écris les manuels qu’ils utilisent.
Les tchétchènes sont
supposés avoir des intérêts frontaliers, qui seraient par exemple de
défendre leurs frères musulmans du Caucase, qui n’ont jamais cessé
d’avoir des griefs historiques et de réclamer justice, mais les USA
n’ont aucun intérêt stratégique dans ces conflits, ce qui explique
qu’aucun tchétchène armé ne se soit manifesté pour ces différentes
causes.
Le Times de Géorgie a
publié des articles d’investigation sur ces connexions terroristes il y a
déjà 14 ans. Quelques-uns des rebelles tchétchènes sponsorisés par
Washington et identifiés dans ces articles ont ensuite été impliqués
dans le massacre de l’école de Beslan et la prise d’otages du théâtre de
Moscou.
Les
USA ont des liens stratégiques étroits avec la Géorgie depuis
l’indépendance du pays en 1992. Ils ne peuvent pas affirmer ne pas être
au courant de ces liens, d’autant plus qu’ils surveillent les
publications de la presse géorgienne. Le propriétaire du Times de
Géorgie, Malkhaz Gulashvili, a d’ailleurs été emprisonné pour des crimes
inexistants ( ils ne figurent pas dans le code criminel géorgien ni du
reste dans celui d’aucun autre pays) lorsque les critiques de son
journal contre le golden boy US Mikheil Saakashvili sont devenues trop
flagrantes.
Ces informations existent,
des articles maintenant anciens ont été publiés. Mais après un certain
temps, plus personne ne se soucie de qui est qui dans un conflit, de qui
a raison ou tort, les gens veulent juste se changer les idées et penser
à autre chose. La connexion de Grozny aurait dû faire les gros titres
internationaux, mais il semble qu’elle ait eu le destin contraire. Cette
attaque n’a pas encore été accompagnée de toute une flopée d’histoires
sur le bon vieux temps où l’anarchie régnait à Grozny. Il semblerait
maintenant que personne ne souhaite voir remonter ces événements à la
surface, ni ne veuille savoir pourquoi ils ont eu lieu.
Dans une interview,
l’ancien leader du parti travailliste britannique Michael Foot essaya de
montrer à quel point la presse britannique était orientée en citant
l’affaire de la lettre de Zinoviev, qui était probablement un faux se
présentant comme une directive de Moscou au parti communiste britannique
pour fomenter une révolution. Le public a vu les commentaires de Foot
comme un reflet de ses préoccupations personnelles et non comme une mise
en cause de la presse. Agiter le drapeau rouge sur Grozny a maintenant
le même effet.
Copier-coller
Washington soutient
activement l’hypothèse désinvolte que des tchétchènes agissant de
manière autonome sont derrière toutes les atrocités car si les choses
paraissaient plus complexes, les ingérences US et leurs implications
seraient également reconnues.
Le dernier incident a été
calculé pour perturber le président Poutine quelques heures avant qu’il
ne fasse son discours à la nation à Moscou. Cela a cependant échoué pour
deux raisons. Premièrement, très peu de personnes ont fait la connexion
entre les deux événements. Deuxièmement, Poutine a dérivé dans son
discours vers la résistance victorieuse à l’insurrection islamiste
conçue pour lui nuire. D’autres terroristes tchétchènes signifient
d’autres rappels de la victoire de Poutine.
Si la présentation de cette
attaque est reconnue comme invraisemblable et comme un modèle du jeu
trouble dont sont suspectés les états-unis, les gens commenceront à
poser d’autres question à propos de ces terroristes. Par exemple :
comment des saoudiens ont-ils pu apparaître à Pankissi plutôt qu’au
Mandrasass au Pakistan, échangeant leur confort climatisé contre l’hiver
géorgien ? Comment se fait-il que le commandant Imran Akhmadov soit un
agent de la CIA comme cela a été révélé depuis, sous les ordres de la
femme de Sandro Kvitaskhvili, le membre géorgien du nouveau gouvernement
ukrainien ? Comment se fait-il que Nikol Jordania ait travaillé pour
l’USAID en même temps qu’il participait au programme du camp
d’entraînement de Pankissi, et comment se fait-il qu’il ait pu prendre
le contrôle de différents projets d’aide humanitaire et qu’il les ait
utilisé pour financer l’entraînement des éléments les plus radicaux,
comme le rapporte la lecture détaillée de ces projets, soutenu et
certifié par l’observation sur le terrain.
Et combien de personnes
impliquées dans le Maïdan en Ukraine, incluant les membres de l’agence
Media PR travaillent avec le département d’état US, ont été relocalisées
en Géorgie pour apporter leur soutien à la tentative de come-back de
l’ancien président Saakashvili et ses liens suspects avec la démission
du ministre de la défense Irakli Alasania et l’armée « loyaliste » qui
est partie avec lui ?
Mais bien sûr, les
terroristes ne sont pas si sophistiqués. Ce sont des maniaques, et les
états-unis représentent l’ordre. Donc ils ne peuvent pas collaborer. Et
si leurs liens sont trop étroits, on donne alors aux terroristes un
autre nom : les Contras sont un nom dont les gens se souviennent, KLF
aussi.
Fournir aux terroristes
tchétchènes un nom qui leur soit propre donnerait de la respectabilité à
la cause indépendantiste tchétchène et pourrait finir par avoir un
impact négatif beaucoup plus grand sur la Russie. Mais plus les USA
connaissent d’échecs en Ukraine et en Syrie, plus ils ont à se
convaincre eux-même de l’efficacité de leurs méthodes, si bien qu’ils
seront bientôt les seuls à en être persuadés.
Conclusion
Comme l’expert scientifique
James Burke l’a fait remarqué un jour, il y a une grande différence
entre la première bombe et celle qui explose après que les gens aient
arrêté de compter. Quand vous y êtes habitué, vous n’êtes plus vraiment
intéressé par les informations à ce sujet et vous ne voulez plus en
entendre parler.
Les USA ont joué la carte
du terrorisme tchétchène si souvent que pour le public il s’agit juste
d’un nouveau développement sur la guérilla tchétchène et ses
combattants. Les USA savent cela très bien c’est pourquoi ils invoquent
l’esprit d’un peuple habitué aux conflits. Ils doivent prendre de telles
mesures car ils ne peuvent survivre sans ennemis. Ils ont en effet
détruit la seule chose qui pouvait les remplacer, à savoir les valeurs
positives dont ils se réclament et au nom desquelles le terrorisme par
procuration est fabriqué. Il est nécessaire de garder à l’esprit que les
« combattants de la liberté » américains sont des terroristes.
Le gouverneur de
Tchétchénie Kadirov a déclaré qu’il savait qu’une attaque était en
préparation mais elle aurait dû se produire le 12 décembre car il s’agit
d’une fête nationale. Les menaces des « terroristes tchétchènes » sont
devenues une blague comme les rumeurs de bombardements nocturnes de
Taiwan par la Chine qui sont apparues symboliquement 30 ans après la
prise de pouvoir communiste. Les USA ont changé la date afin de punir la
Russie de soutenir le mauvais camp en Syrie et en Ukraine mais personne
dans ces pays ne semble y prêter attention.
Nous avons assisté à cela
si souvent que nous nous demandons pourquoi les états-unis persistent à
fomenter de telles attaques. L’ouest va devoir trouver une nouvelle
stratégie sinon les gens vont commencer à percevoir la Russie comme une
grande puissance économique et une grande nation littéraire et
artistique et ils vont commencer à s’interroger sur la véritable nature
des terroristes.
Source : New Eastern Outlook
Traduction Ender pour les moutons enragés