«Je ne sais pas d’où est parti le coup, mais c’est sûr qu’il y a quelqu’un derrière tout ça. En tout cas ce n’est pas nous.» Ainsi parle le directeur d’un réseau immobilier, interrogé par Libération au sujet de deux questions d’actualité très curieuses, posées par deux parlementaires socialistes. Tour à tour, les députés PS Sylviane Bulteau et Jacques Cresta ont posé, à une semaine d’intervalle et dans des termes absolument identiques, une question au gouvernement, stigmatisant les ventes de logements réalisées entre particuliers sans passer par les fourches caudines des agents immobiliers.
Fisc. Les deux parlementaires prétextent de l’apparition de «certains sites d’annonces gratuites», pour déplorer «la concurrence» «tout à fait déloyale» faite aux professionnels de l’immobilier . «Un marché parallèle de l’immobilier» s’est installé, prétendent-ils. Comme si vendre par ses propres moyens un logement constituait un acte illégal. Leur argumentaire, favorable aux milieux de l’immobilier, est développé, sous couvert de non rentrées fiscales.
«L’argument de pertes de recettes de TVA n’est absolument pas recevable», tranche David Rodrigues, juriste à CLCV (Consommation, Logement et Cadre de vie), une association de consommateurs. «Quand je change un joint chez moi sans recourir à un plombier, c’est une perte de TVA pour l’Etat», ironise-t-il. «Va-t-on m’imposer de passer par un garagiste pour vendre ma voiture ou de passer par un jardinier pour tondre ma pelouse», poursuit-il.
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