UNE PÉRIODE DE 142 ANS DE L’HISTOIRE MONDIALE VIENT DE S’ACHEVER : LES ÉTATS-UNIS NE SONT PLUS LA PREMIÈRE PUISSANCE ÉCONOMIQUE MONDIALE. LA CHINE VIENT DE LES DÉTRÔNER.
Selon les tout derniers
chiffres du Fonds monétaire international (FMI) qui viennent d’être
publiés ce 8 décembre 2014, la Chine vient de détrôner les États-Unis
comme première puissance économique mondiale.
Le PIB de
la Chine va en effet atteindre 17.600 milliards de dollars en 2014
contre 17.400 milliards pour les États-Unis. Ces données sont calculées
selon la méthode dite de la « parité de pouvoir d’achat », qui est la
seule économiquement significative puisqu’elle neutralise les phénomènes
de distorsion de taux de change.
Un
économiste précis remarquera en outre que le contenu du PIB (donnée
statistique qui additionne « des choux et des carottes ») n’est pas du
tout identique entre la Chine et les États-Unis. Le PIB chinois comporte
une grosse proportion de production industrielle, donc de biens réels
et tangibles, alors que le PIB des États-Unis comporte une part
écrasante de services immatériels ou de services de consommation et de
distribution.
Tout un
chacun peut comprendre que la position chinoise est donc d’ores et déjà
beaucoup plus puissante et solide que la position américaine. Parce que
produire des biens tangibles est une source active, solide et pérenne de
production de richesses, alors que ne faire que les financer, les
vendre ou les consommer est une source passive, fragile et éminemment
provisoire de production de richesses.
Ce qui se
déroule ainsi sous nos yeux représente un changement d’une importance
historique majeure puisque c’est rien moins qu’une parenthèse de 142 ans
qui vient de se clore : les États-Unis étaient devenus la première
puissance économique du monde en 1872 après avoir dépassé la
Grande-Bretagne, alors puissance hégémonique issue de la deuxième
révolution industrielle. L’histoire retiendra que cette suprématie
états-unienne s’est à son tour achevée le 8 décembre 2014.
Cette
information confirme la conférence que j’ai présentée au public depuis
plus d’un an et intitulée « L’hyperpuissance américaine est-elle sur le
déclin ? » (cf. https://www.upr.fr/evenement/conference-francois-asselineau-nantes-conference-nantes-lhyperpuissance-americaine-declin). Cette conférence n’est pas disponible sur Internet, mais sera bientôt enregistrée de façon professionnelle.
Cette
information confirme plus encore les qualités exceptionnelles de
stratège et de visionnaire de Charles de Gaulle. Rappelons qu’étant
président de la République, il avait décidé de reconnaître
diplomatiquement la République populaire de Chine en janvier 1964, en
faisant un bras d’honneur aux États-Unis qui interdisaient à l’époque à
tous les pays occidentaux de reconnaître la Chine de Mao.
Dès le 22
janvier 1964, il avait expliqué à Alain Peyrefitte l’une des raisons
essentielles de cette reconnaissance diplomatique, qui avait plongé
Washington dans un état de fureur formidable, fureur aussitôt relayée en
Europe et en France par les apôtres habituels de la soumission à
l’étranger.
Relatons
cet échange extraordinaire, extrait de l’ouvrage « C’était de Gaulle,
publié par Alain Peyrefitte en 1997, Fayrad, tome 2, page 493 :
« Charles
de Gaulle : – Le rétablissement des relations avec la Chine, ça veut
dire que nous allons tourner la page coloniale, celle de nos Concessions
en Chine, celle de l’Indochine française. Ça veut dire que la France
revient en tant qu’amie, respectueuse de l’indépendance des nations. »
« Alain Peyrefitte : – Nos moyens sont limités et ceux de la Chine sont faibles ? »
« Charles
de Gaulle : – Détrompez-vous. Les moyens de la Chine sont virtuellement
immenses. Il n’est pas exclu qu’elle redevienne au siècle prochain ce
qu’elle fut pendant tant de siècles, la plus grande puissance de
l’univers. Et les moyens de la France sont eux aussi immenses, parce
qu’ils sont moraux. Parce que nous serons les premiers à le faire, nous
serons comme un homme qui fait basculer un énorme rocher avec un simple
levier parce qu’il a su le placer au point d’équilibre. »
Conclusion
Si
la France avait été dirigée, en 1964, par un Nicolas Sarkozy ou un
François Hollande, il ne fait pas l’ombre d’un doute que notre pays
n’aurait jamais reconnu la Chine de Mao.
Ces
politiciens de bas étage, obséquieux et serviles avec les forts,
méprisants et tyranniques avec les faibles, se seraient couchés au
moindre froncement de sourcil de Lyndon Johnson, comme ils s’empressent
aujourd’hui de jouer les larbins d’un George W. Bush ou d’un Barack
Obama.
Seulement
voilà. Étant incapables de la moindre hauteur de vue et d’un
raisonnement à l’échelle des siècles, ces individus immoraux qui
occupent le siège de Charles de Gaulle, ne comprennent pas que le maître
qu’ils servent est en plein déclin. Tout comme les collabos français de
1941 pensaient que « l’Europe nouvelle » imposée par Hitler et
Mussolini allait durer mille ans, nos euro-atlantistes pensent que la
docilité la plus complète à Washington est, pour toujours, le gage d’une
carrière fulgurante et d’un facile enrichissement personnel.
Cela a été
vrai au cours du dernier tiers de siècle. Mais cela va l’être de moins
en moins. Car l’inexorable déclin de la puissance états-unienne et la
non moins inexorable ascension de la Chine, de la Russie et de l’Inde,
sont en train de rebattre complètement le jeu des rapports de force au
niveau planétaire.
Comme
toujours dans notre histoire, ce sont ceux qui ont compris – comme le
disait de Gaulle – « que les moyens de la France sont eux aussi
immenses, parce qu’ils sont moraux », ce sont ceux qui se seront battus
pour la liberté et l’indépendance de la France, qui finiront par
triompher.<
Cette
information doit être source d’espoir et de courage pour tous. Ce n’est
surtout pas le moment de laisser tomber la France ! C’est au contraire
le moment de nous rassembler pour la libérer de l’empire en déclin.
François Asselineau
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