décembre 18th, 2014 | by Mickael - Fondateur de News360x
L’Ukraine a désespérément besoin que le Fonds monétaire
international (FMI) lui prête de l’argent, mais elle n’aura accès à ses
prêts qu’après s’être engagée dans des réformes drastiques et impopulaires, et au passage, réglé son problème fiscal, affirme Leonid Bershidsky de Bloomberg.
Un rapport récent du Financial Times, qui n’a pas été réfuté par le
gouvernement ukrainien, a montré que l’Ukraine avait besoin de 15
milliards de dollars pour éviter la faillite, en plus des 17 milliards
de dollars que le pays a déjà reçus de l’Institution avant le
déclenchement du conflit à l’Est du pays.
Le Premier ministre Arseni Iatseniouk a bien compris que les pays
occidentaux n’accorderaient leur aide qu’à la condition que le
gouvernement ukrainien ne s’engage dans un programme de réformes
assorties de coupes budgétaires drastiques, et il a proposé un programme
d’action, visible sur le site Web de celui-ci. L’examen de ce plan
permet de comprendre les hésitations du gouvernement ukrainien à le
mettre en œuvre : il aboutit en effet à réduire les dépenses de l’Etat,
qui culminent actuellement à 52% du PIB, de 10 points de pourcentage.
Une document émanant du gouvernement, qui a fait l’objet d’une fuite,
énumère des centaines de propositions de réductions de dépenses, ou
d’augmentation des recettes de l’Etat, telles que la taxation des
pensions les plus généreuses, une augmentation significative de l’âge de
la retraite et la suppression des repas gratuits dans les écoles et les
hôpitaux.
Ces projets sont si drastiques que même les observateurs les plus
libéraux tels que Simon Black du blog Sovereign Man se demandent s’ils
ne risquent pas de susciter le rejet du peuple ukrainien, et si celui-ci
acceptera de payer plus d’impôts alors que le gouvernement veut rogner
les dépenses sur les services les plus élémentaires tels que
l’éducation, la santé et la sécurité.
Selon Bershidsky, le gouvernement a une réponse toute trouvée à cette
question : les Ukrainiens ne payent pas d’impôts, de toute façon. Lors
d’une réunion de cabinet, Iatseniouk a indiqué qu’à Kiev, près de 40%
des employés du secteur privé ne percevaient officiellement que le
salaire minimum de 64 dollars, ce qui leur permettait d’échapper à
l’impôt sur le revenu… alors que souvent, ils perçoivent un complément
de salaire non déclaré.
Iatseniouk propose donc de réduire les charges fiscales sur les
salaires de 41% à 15% pour encourager les entreprises à cesser ces
pratiques de versement de salaires au noir, ce qui devrait générer plus
de recettes fiscales.
Bershidsky déplore cependant que le programme de réformes du
gouvernement soit trop lent. Les coupes budgétaires seront étalées sur
deux années, alors que les analystes estiment qu’elles devraient être
immédiates. Les réformes proposées par le FMI concernant l’éducation et
la santé seront implémentées sur 3 ans. Le programme prévoit aussi une
forte augmentation du budget de la défense et un programme coûteux pour
renforcer la sécurité des frontières avec la Russie. Le nombre de
cabinets ministériels devrait également être réduit, ce qui pourrait
conduire à des conflits au sein de la coalition au pouvoir.
Le plan d’austérité devrait susciter une certaine hostilité au
parlement ukrainien. Youri Lutsenko, le dirigeant du parti qui soutient
le président Petro Porochenko, a qualifié ces mesures comme étant « plus
que décevantes ». Mais le chroniqueur de Bloomberg pense que le pays
n’a pas le choix s’il veut éviter un effondrement économique.
Source : Express