Pour l’instant, seule une dizaine de cas a été identifiée.
Mais si les partenaires sociaux ne rectifient pas rapidement le tir,
30.000 personnes pourraient être concernées d’ici à la fin de l’année.
Condamnées à recevoir, pendant plusieurs mois, des allocations d’un
montant plus faible que ce à quoi elles auraient eu droit avant la dernière réforme de l’assurance chômage.
La faute aux droits rechargeables,
un dispositif défendu bec et ongle par les syndicats lors de la
dernière négociation sur l’assurance chômage. Entrés en vigueur le 1er
octobre, ces droits rechargeables devraient allonger de plusieurs mois
la période d’indemnisation d’un million de demandeurs d’emploi. Une
avancée sociale donc, qui a d'ailleurs été présentée comme une «victoire sans précédent» par les organisations syndicales signataires de l'accord.
Oui mais voilà, dans certains cas, des chômeurs toucheront à cause
de ces droits rechargeables des allocations d’un montant 30% inférieur,
voire plus, à ce qu’ils auraient dû percevoir si la réforme n’avait pas
été menée. Pour comprendre pourquoi, il faut se pencher sur le
fonctionnement de ces droits rechargeables.
720 euros au lieu de 1.200
Ils concernent les salariés qui perdent un emploi, commencent à
percevoir leur allocation chômage puis, avant d’arriver à la fin de leur
période d’indemnisation, retrouvent un emploi qu’ils perdent ensuite à
nouveau. Avant la réforme, les salariés percevaient des
allocations calculées sur la base d’une seule période de travail: la
plus favorable des deux.
Désormais, avec les droits rechargeables, les demandeurs
d’emploi doivent finir d'écouler le reste des allocations liées au
premier contrat perdu avant de toucher celles liées au second emploi
perdu. Un système positif… Sauf pour les personnes qui avaient réussi à trouver un second emploi plus avantageux.
Par exemple, tous ceux dont le premier emploi était à temps partiel et le second, à temps plein. Ou encore, ceux qui étaient parvenus à négocier un meilleur salaire sur leur deuxième emploi.
D’après l’Unédic, l’organisme gestionnaire du régime de
l’assurance-chômage, ces personnes qui sont pour la plupart des anciens
étudiants, des ex-alternants, des femmes ou encore des intermittents du
spectacle, vont toucher en moyenne 720 euros par mois au lieu de 1.200
euros et ce, pendant 15 mois. L’Unédic a rédigé une note sur ce sujet
qu’elle s’apprête à remettre aux partenaires sociaux. Ils sont les seuls
habilités à trouver une solution.