Deux des quatre principales banques grecques,
anticipant un manque de liquidités lié au contexte électoral du pays,
ont demandé à la BCE un recours au programme de liquidités d’urgence
(ELA) prévu par l’institution, a-t-on appris vendredi auprès de la
Banque de Grèce.
Les deux établissements en question, Eurobank et Alphabank, ont
également confirmé à l’AFP avoir adressé une demande à la Banque
centrale européenne (BCE) qui l’examinera lors de sa réunion du 22
janvier.
« Il s’agit d’une requête émise par précaution. Nous n’avons pas
besoin du programme actuellement et nous ne prévoyons pas de l’utiliser », a assuré une source au sein de Eurobank.
« Les retraits du mois de décembre et les évolutions du franc suisse nous ont conduits à faire cette démarche », a ajouté un représentant d’Alphabank, soulignant également qu’il s’agissait d’une demande préventive.
Une source au sein de la Banque de Grèce n’a pas exclu que les deux
autres principales banques, Banque Nationale et Banque du Pirée,
demandent également à recourir au mécanisme ELA.
Dans la foulée, le Premier ministre grec Antonis Samaras a annoncé
dans un communiqué vendredi après-midi que, s’il emportait les
élections, la première loi qui sera introduite au Parlement après les
élections sera celle qui réglera les répercussions sur 70.000
emprunteurs provenant des évolutions du le franc suisse.
Le Premier ministre s’est entretenu jeudi de ce sujet avec le
gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, et les chefs des
principales banques grecques.
Le parti de droite d’Antonis Samaras et la gauche radicale Syriza
d’Alexis Tsipras disputeront la victoire lors des élections du 25
janvier. Selon les sondages d’intention de vote, Syriza devance la
droite de plus de 3 %.
Le gouvernement d’Antonis Samaras a multiplié les avertissements, ces
derniers jours, sur les risques d’insolvabilité du pays si le futur
gouvernement ne trouvait pas d’accord avec la troïka UE-BCE-FMI dans le
but de recevoir ses dernières tranches de prêts internationaux.
Au plus fort de la crise grecque de la dette, en 2011 et à plusieurs
reprises par la suite, les banques grecques avaient réclamé des
liquidités dans le cadre de ce mécanisme décidé au cas par cas.
Depuis mai 2014, en raison d’une amorce de l’économie du pays, les banques grecques avaient pu se passer de ce programme.
Il y a une semaine, la banque de Grèce s’était voulu rassurante sur
la situation des établissements de crédit grecs, démentant certains
articles de presse qui envisageaient des fuites de capitaux dans la
perspective des législatives du 25 janvier.