MOSCOU, 13 janvier - RIA Novosti
Triple-scandale
en Norvège, en Suède et en Finlande: en mesurant le trafic numérique
dans le quartier gouvernemental d'Oslo, où se trouvent les chancelleries
du premier ministre et du parlement, les journalistes du quotidien
norvégien Aftenposten ont découvert au moins six fausses stations de
réception – IMSI-catcher – installées pour intercepter les signaux
mobiles des opérateurs, écrit mardi le quotidien Novye Izvestia.
Ces IMSI-catchers permettent d'écouter les conversations
téléphoniques et de suivre les déplacements des détenteurs de téléphones
portables. L'une des fausses bases de réception se trouvait en face de
l'ambassade russe à Oslo et permettait de télécharger les données
cellulaires de son personnel. La police de sécurité norvégienne a
vérifié, à la demande d'Aftenposten, les informations publiées et a
confirmé la présence de fausses bases dans le quartier gouvernemental.
Selon les services de contrespionnage, elles ont vraisemblablement été
installées illégalement par une puissance étrangère. Les représentants
des services de renseignements n'ont pas donné de commentaires détaillés
quant à l'ouverture d'une enquête sur les faits d'espionnage prouvés
par les journalistes. Après la publication du quotidien, les
IMSI-catchers ont seulement cessé d'émettre.
Les journalistes finlandais et suédois ont suivi l'exemple de leurs
homologues norvégiens et ont procédé à des mesures identiques: le
résultat était similaire. De fausses bases de réception d'origine
inconnue fonctionnaient également dans les quartiers gouvernementaux
d'Helsinki et de Stockholm.
L'avis des experts et des journalistes des trois pays divergent quant
à l'origine de ces fausses bases de réception dans les quartiers
gouvernementaux des trois capitales: les USA ou la police locale sont
les plus plausibles.
En évoquant les informations recueillies par les journalistes, les
experts pensent qu'il s'agit plutôt d'un espionnage d’État et non
policier. La force du signal, qui n'a pas pu être intercepté par la
police, et la localisation des fausses bases dans les quartiers
gouvernementaux des trois capitales témoignent en faveur de cette
version.