En 2006, François Hollande avait fustigé le gouvernement de Dominique de Villepin, qui avait choisi de passer en force pour faire adopter sa loi sur le contrat première embauche.
Le vote de la loi Macron semblait si mal engagé, mardi 17 février, que le Premier ministre, Manuel Valls, a fait appel François Hollande. Pour éviter une sérieuse déconvenue, les deux hommes ont alors décidé d'engager la responsabilité du gouvernement avec un recours à l'article 49.3.
Pourtant, François Hollande n'en a pas toujours été friand, comme le rappelle LCP. En 2006, le Premier ministre d'alors, Dominique de Villepin, cherche à mettre en place le contrat première embauche pour les jeunes. Son gouvernement passe en force, grâce au 49.3, et le texte est adopté.
"Une brutalité", selon Hollande
Alors premier secrétaire du PS, François Hollande n'a pas de mot assez dur pour condamner cette décision : "Le 49.3 est une brutalité, le 49.3 est un déni de démocratie, le 49.3 est une manière de freiner ou d'empêcher le débat parlementaire."
Quelques années plus tard, devenu président de la République, il a donc changé d'avis. Mais l'opposition, elle, a repris le flambeau sémantique, à commencer par la secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse.
Valls aussi
François Hollande a changé d'avis, Manuel Valls aussi, comme le relève Atlantico. En 2008, alors député de l'Essonne, Manuel Valls avait signé un amendement dans lequel il était indiqué que "seuls des textes très particuliers tels le projet de loi de finances ou le projet de loi de financement de la Sécurité sociale doivent pouvoir être adoptée par la voie de l'article 49, alinéa 3". Si cet amendement avait été adopté, le Premier ministre de 2015 aurait dû passer par un vote pour faire adopter la loi Macron...