William ENGDAHL
Quelque chose de remarquable se déroule en Russie, et il est tout à fait
différent de ce à quoi nous aurions pu nous attendre. Plutôt que de se sentir
humiliée et déprimée, la Russie connaît ce que j’appellerais une sorte de
renaissance, une renaissance en tant que nation. Et ceci malgré, ou parce que
l’Occident, dirigé par les soi-disant néo-conservateurs à Washington, tente
tout, y compris la guerre à sa porte en Ukraine, pour faire effondrer l’économie
russe, humilier Poutine et donner une mauvaise image générale des Russes. Ce
faisant, la Russie est en train de découvrir les aspects positifs de sa culture,
son peuple, sa terre qui ont longtemps été oubliés ou occultés.
La première de mes nombreuses visites en Russie date d’il y a plus de vingt
ans, en mai 1994. J’avais été invité par un groupe de réflexion sur l’économie à
Moscou pour livrer quelques remarques importantes sur le FMI. Mon impression à
l’époque était celle d’un peuple au passé formidable qui se faisait humilier
jusqu’à en perdre son énergie vitale. Des gangsters mafieux filaient le long des
larges boulevards de Moscou dans des limousines Mercedes 600 rutilantes aux
vitres teintées et sans plaques d’immatriculation. L’anarchie régnait, depuis le
Kremlin d’Elstine soutenu par les Etats-Unis jusque dans les rues. Des "gars de
Harvard" comme Jeffrey Sachs ou Anders Aaslund de la Suède ou George Soros
grouillaient dans la ville à la recherche de nouvelles opportunités de saccager
et piller la Russie sous la bannière de la « thérapie de choc » et des
« réformes orientées vers le marché », une manière comme une autre de dire
« donnez-nous vos joyaux de la couronne ».
Le bilan humain de ce traumatisme suite à l’effondrement total de la vie en
Russie après Novembre 1989 a été stupéfiant. Je pouvais le voir dans les yeux
des Russes de tous les jours, dans les rues de Moscou, chez les chauffeurs de
taxi, les mères qui faisaient leurs courses, les Russes ordinaires.
Aujourd’hui, près de vingt ans plus tard, la Russie est à nouveau confrontée
à un ennemi à l’Ouest, l’OTAN, qui cherche non seulement à l’humilier, mais à la
détruire en tant qu’Etat viable parce que seule la Russie a la capacité
d’entraver les projets des élites occidentales qui sont derrière les guerres en
Ukraine, en Syrie, en Libye, en Irak et plus loin en Afghanistan, en Afrique et
en Amérique du Sud.
Au lieu de la déprime, j’ai senti, lors de mes récentes visites en Russie au
cours de l’année écoulée ainsi que dans de nombreuses discussions avec une
variété de connaissances russes, un nouveau sentiment de fierté, de
détermination, une sorte de renaissance de quelque chose qui avait été longtemps
enfouie.
Sanctions Boomerang
Prenez la guerre des sanctions que l’administration Obama a imposé à
l’Allemagne, la France et d’autres Etats réticents de l’UE. L’unité de guerre
financière du Trésor américain a ciblé le rouble. Les agences de notation de
Wall Street, moralement corrompues et sous l’influence de Washington, ont
dégradé la dette de l’Etat russe à "de la camelote". Les Saoudiens, de mèche
avec Washington, ont provoqué une chute libre des prix du pétrole. Le chaos en
Ukraine et le sabotage par l’UE du gazoduc russe South Stream vers l’UE,
étaient censés flaire plier une Russie terrifiée. Ca n’a pas été le cas.
Comme nous l’avons déjà détaillé, Poutine et un nombre croissant
d’industriels russes influents, certains même qui, il y a quelques années, se
seraient enfuis vers leurs résidences chics à Londres, ont décidé de se battre
pour l’avenir de la Russie en tant qu’Etat souverain. Oops ! Une réaction
imprévue dans ce monde de mondialisation et de dissolution de l’État-nation. La
fierté nationale était censée être une relique, comme l’or. Mais pas dans la
Russie d’aujourd’hui.
Lors du premier anniversaire du flagrant coup d’État des États-Unis à Kiev
qui a installé un régime d’auto-proclamés néonazis, de criminels, et un prétendu
scientologue devenu Premier ministre, Andriy Yansenyuk, tous triés sur le volet
par le Département d’Etat américain, il y a eu une manifestation dans le
centre-ville de Moscou, le 22 février. On estime que 35 000 à 50 000 personnes y
ont participé - étudiants, enseignants, retraités, et même des motards
pro-Kremlin. Ils ne protestaient pas contre Poutine pour avoir provoqué les
sanctions économiques par son intransigeance contre les exigences de Washington
et de l’UE. Ils protestaient contre l’intervention flagrante des États-Unis et
de l’UE en Ukraine. Ils ont appelé la manifestation « anti-Maidan ». Elle avait
été organisée par l’une des nombreuses réactions spontanées de citoyens devant
les atrocités observées à leurs frontières. Sur internet, des blogs politiques
satiriques se moquent du ridicule Jan Paski, qui jusqu’à la semaine dernière
encore était le porte-parole bafouillant du Département d’Etat américain.
Même la tentative évidente de « faux drapeau » dans le Financial Times
de Londres et les médias occidentaux sous contrôle pour accuser Poutine d’avoir
« crée le climat de paranoïa qui a provoqué » l’assassinat de Boris Nemtsov
n’est pas prise au sérieux. Les « ficelles » occidentales ne fonctionnent plus
dans la Russie d’aujourd’hui.
Et regardez les sanctions américaines et européennes. Plutôt que d’affaiblir
la popularité de Poutine, les sanctions ont poussé les Russes ordinaires qui
étaient jusqu’à là politiquement apathiques à se rallier autour du président,
qui jouit encore d’une cote de popularité de plus de 80%. Un récent sondage
réalisé par le Centre Levada indépendant a trouvé que 81% des Russes avaient une
opinion négative sur les Etats-Unis, le chiffre le plus élevé depuis le début
des années 1990 et la « thérapie de choc » de l’ère Eltsine. Et 71% avaient une
opinion négative sur l’Union européenne.
Cependant, la renaissance que je perçois est évidente au-delà des
manifestations et des sondages. La guerre américaine instiguée en Ukraine depuis
mars 2014 a provoqué une catastrophe humanitaire dont les médias allemands et
autres en occident, orientés par les Etats-Unis, ne parlent pas. Plus d’un
million de citoyens ukrainiens, par peur de perdre leurs maisons ou d’être les
victimes du carnage insensé instigué par les Etats-Unis et qui déferle sur
l’Ukraine, ont demandé l’asile en Russie. Selon tous les rapports, ils ont été
accueillis comme des frères. Une réaction humaine qui a des résonances profondes
chez les Russes ordinaires. Grâce aux merveilles des vidéos sur YouTube et des
smartphones, les Russes sont pleinement conscients de la vérité de la guerre
américaine en Ukraine orientale. Pour la première fois depuis des années, les
Russes deviennent politiquement conscients, car ils réalisent que certains
milieux à l’Ouest veulent tout simplement les détruire parce qu’ils refusent de
devenir les vassaux d’un Washington devenu fou furieux.
Plutôt que de plier devant la guerre du Rouble lancée par le Trésor américain
et la menace d’exclusion des banques russes du système d’échanges interbancaires
international SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial
Telecommunication), une mesure assimilable à un acte de guerre, le
gouvernement russe a annoncé le 16 février qu’il avait monté son propre réseau
de compensation bancaire dans lequel quelque 91 établissements nationaux de
crédit ont été incorporés. Le système permet aux banques russes de communiquer
de façon transparente à travers la Banque centrale de Russie.
Sont concernées les banques à l’intérieur de la Russie qui, sans cela,
étaient vulnérables, même au niveau national, par une exclusion de SWIFT. La
Russie avait rejoint le système privé SWIFT, qui est basé à Bruxelles, après la
chute du mur de Berlin en 1989. Aujourd’hui, ses banques sont les deuxième plus
grandes utilisatrices de SWIFT. Le nouveau système est à l’intérieur de la
Russie. Nécessaire, mais pas suffisant, pour se protéger contre une exclusion de
SWIFT. La prochaine étape en discussion est un système d’échanges conjoint
sino-russe, indépendant de SWIFT et de Washington. C’est également en cours.
Le lendemain de l’annonce de la mise en service d’une alternative russe à
SWIFT, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Cheng Guoping a dit que
la Chine allait construire son partenariat stratégique avec la Russie dans les
domaines de la finance, de l’espace et de l’aéronautique et « élever la
coopération commerciale à un nouveau sans précédent. » Il a ajouté que la
Chine envisage de coopérer davantage avec la Russie dans le domaine financier,
et le Premier vice-Premier ministre de Russie, Igor Chouvalov, a déclaré en
janvier que les paiements en monnaies nationales, la dé-dollarisation, faisaient
l’objet de négociations avec la Chine. La Chine sait que si la Russie
s’effondre, elle sera la prochaine sur la liste car les empires vacillants
recourent à des mesures désespérées pour survivre.
Les Russes se rendent compte aussi que leurs dirigeants manoeuvrent de
manière sans précédent pour construire une alternative à ce qu’ils considèrent
comme un monde Américain moralement décadent et en faillite. Pour la plupart des
Russes, la décennie désastreuse de la pauvreté, du chaos et de privation de
l’ère Eltsine dans les années 1990 suffit pour leur rappeler ce qui les attend
si d’aventure les dirigeants russes devaient se prostituer à nouveau aux banques
et aux sociétés américaines, le tristement célèbre « redémarrage » des relations
américano-russes tenté par Hillary Clinton lorsque Medvedev était président. Les
Russes voient ce que les États-Unis ont fait en Ukraine voisine où même le
ministre des Finances, Natalia Jaresko, est un Américain, un ancien employé du
Département d’Etat.
La Russie et ses dirigeants ne tremblent guère derrière les murs du Kremlin.
Ils sont en train de forger l’ossature d’un nouvel ordre économique
international qui a le potentiel de sauver le monde de la faillite actuelle du
système Dollar. Moscou et Pékin ont récemment annoncé, comme je l’ai discuté
dans un précédent article, leur projet de créer une alternative commune au
monopole américain de notation de Moody, S & P et Fitch. L’ordre du jour des
voyages du président Poutine depuis un an est ahurissant. Loin d’être le paria
international que Washington et Victoria Nuland espéraient, la Russie est en
train de devenir le pays qui a le courage de dire « non » à Washington.
Le Président de la Russie s’est rendu à Chypre ou la possibilité d’installer
une base navale russe a été discutée, en Egypte où le général al-Sisi a
chaleureusement accueilli le leader russe et discuté d’une importante
coopération conjointe économique et autre. L’année dernière, la Russie et les
états BRICS ont convenu de former une banque d’infrastructure de $100 millions
qui rend caduque la Banque Mondiale sous contrôle américain. La liste s’allonge
chaque jour ou presque.
Le côté humain particulier
Cependant, pour moi, la caractéristique la plus encourageante de cette
renaissance russe se situe dans la génération des 30/40 ans - jeune, très
intelligente et ayant une expérience à la fois de la dépravation de la
bureaucratie communiste soviétique, mais aussi du monde creux du soi-disant
« capitalisme de marché » conduit par les États-Unis. Je vais partager quelques
exemples relevés chez de nombreux Russes que j’ai connus ces dernières
années.
Ce qui est unique à propos de cette génération, c’est qu’ils forment une
génération hybride. L’éducation qu’ils ont reçue dans les écoles et les
universités était encore largement dominée par la science russe classique. Cette
science russe classique, comme j’ai pu le vérifier lors des nombreuses
discussions avec des amis russes scientifiques au fil des ans, était d’une
qualité presque inconnue dans l’Occident pragmatique. Un professeur américain de
physique du MIT qui a enseigné dans les universités de Moscou au début des
années 1990 m’a dit : « En Russie, quand un étudiant en sciences entre en
première année d’université, il a déjà derrière lui quatre années de biologie, 4
de chimie, de physique, de calcul intégral et différentiel, de géométrie... Ils
commencent leurs études universitaires à un niveau comparable à un
post-doctorant américain ».
Ils ont grandi dans une Russie où il était courant pour les jeunes filles
d’apprendre le ballet classique ou la danse, pour tous les enfants d’apprendre à
jouer du piano ou d’apprendre un instrument de musique, de faire du sport, de
peindre, comme dans l’éducation grecque classique du temps de Socrate ou de
l’Allemagne des années 1800. Ces bases, qui étaient présentes aussi dans les
écoles américaines jusqu’aux années 1950, ont été abandonnées dans les années
1980. L’Industrie américaine voulait des travailleurs dociles et « abêtis » qui
ne posaient pas de questions.
La biologie russe, les mathématiques russes, la physique russe,
l’astrophysique russe, la géophysique russe - toutes ces disciplines russes
abordaient leur sujet avec une qualité qui avait depuis longtemps disparu de la
science américaine. Je sais, car j’ai grandi à la fin des années 1950 lors du
« choc Spoutnik », où on disait aux élèves qu’il fallait redoubler d’efforts
pour « rattraper les Russes ». Il y avait là une part de vérité, mais la
différence n’était pas dans le manque d’étudiants américains qui travaillent
dur. A cette époque, nous travaillions et étudions plutôt dur. C’était la
qualité de l’enseignement scientifique russe qui était réellement
supérieure.
L’enseignement des sciences en particulier, en Russie ou dans l’Union
soviétique, avait été fortement influencé par le système éducatif allemand des
années 1800, les soi-disant réformes de Humboldt Alexander von Humboldt et
d’autres.
Les liens entre l’éducation russe classique du 19ème siècle et la culture et
la science allemande étaient étroits, et remontaient à l’époque du tsar
Alexandre II qui a libéré les serfs en 1861, suivant l’exemple de son ami,
Abraham Lincoln. Ces liens ont été plus tard renforcés avec la culture classique
allemande sous le tsar Alexandre II, avant la guerre russo-japonaise de 1905
lorsque le brillant Sergei Witte était ministre des Transports, puis ministre
des Finances, et enfin Premier ministre avant que les intrigues occidentales le
forcent à démissionner. Witte avait traduit en russe les travaux de l’économiste
national allemand Friederich Liste, l’adversaire brillant de l’anglais Adam
Smith. Avant que les intrigues étrangères et nationales ne manipulent le tsar
dans la désastreuse Entente anglo-russe de 1907 contre l’Allemagne, un pacte qui
a rendu possible la guerre de l’Angleterre de 1914, l’Etat russe reconnaissait
le système classique allemand comme supérieur à l’empirisme et réductionnisme
britannique.
J’ai souvent demandé à des Russes de la génération des années 1980 pourquoi
ils sont venus en Russie pour travailler après avoir vécu aux Etats-Unis. La
réponse était toujours plus ou moins, « L’éducation aux États-Unis était si
ennuyeuse, aucun défi... les étudiants américains sont tellement superficiels,
et n’ont aucune idée de quoi que ce soit en dehors des États-Unis... malgré tous
ses problèmes, j’ai décidé de revenir à la maison et d’aider à construire une
nouvelle Russie ... »
Quelques exemples personnels illustrent ce que je ai trouvé : Irina est allée
avec ses parents dans l’Oregon au début des années 1990. Son père était un
militaire de haut rang en URSS. Après l’effondrement de sa retraite, il voulait
s’éloigner de la Russie et des souvenirs de guerres, de vivre ses dernières
années paisiblement dans l’Oregon. Sa fille a grandi là, elle est allée au
collège et a finalement réalisé qu’elle pouvait être bien plus épanouie en
Russie où, aujourd’hui, en tant que journaliste célèbre couvrant les guerres
initiées par les Etats-Unis en Syrie et ailleurs, y compris en Ukraine, elle
apporte une contribution courageuse à la paix mondiale.
Konstantin est allé aux États-Unis pour travailler comme un jeune journaliste
à la radio, a fait une maîtrise de cinéma à New York et a décidé de retourner en
Russie où il réalise des documentaires télévisés précieux sur les dangers des
OGM et d’autres thèmes importants. Anton est resté en Russie, est entré dans
l’édition scientifique et commerciale et a profité de ses connaissances en
informatique pour fonder sa propre maison d’édition. Dmitry qui enseigne la
physique dans une université allemande respectée, est retourné à son domicile de
Saint-Pétersbourg pour devenir professeur et sa femme, qui est aussi
physicienne, traduit et gère un site Internet en langue russe ainsi que la
traduction en russe de plusieurs de mes propres ouvrages.
Ce que toutes ces connaissances russes, âgées aujourd’hui entre trente et
quarante ans, ont en commun c’est qu’ils sont nés lorsque les restes de
l’ancienne Russie soviétique étaient encore très visibles, pour le meilleur et
pour le pire, mais sont devenus adultes après 1991. Cette génération a un sens
du développement, du progrès, du changement dans leur vie qui à présent s’avère
inestimable pour façonner l’avenir de la Russie. Ils sont aussi, de par leurs
familles et même leur enfance, enracinés dans la vieille Russie, comme Vladimir
Poutine, et perçoivent la réalité à la fois de l’ancienne et de la nouvelle.
Désormais, à cause de la sauvagerie ouverte de la politique de Washington
contre la Russie, cette génération est à la recherche à ce qui était précieux.
Ils se rendent compte que la torpeur bureaucratique abrutissante de l’ère
stalinienne fut mortelle pour l’URSS. Et ils se rendent compte qu’ils ont une
chance unique de façonner une nouvelle et dynamique Russie du 21e siècle qui ne
repose pas sur le modèle en faillite et à présent moribond du siècle américain
de Henry Luce et FD Roosevelt.
Ceci constitue à mes yeux le coeur d’une renaissance émergente des esprits
chez les Russes qui me donne plus que de l’espoir pour l’avenir. Et, un dernier
commentaire, la politique habituelle des soi-disant Dieux de l’Argent, les
banquiers de Londres et de New York, depuis au moins l’assassinat en 1881 du
tsar Alexandre II, est d’empêcher une alliance pacifique entre l’Allemagne et la
Russie. Un des objectifs principaux de la guerre de Victoria Nuland en Ukraine
était la rupture de la coopération économique croissante russo-allemande. Une
question vitale pour l’avenir de l’Allemagne et de l’Europe sera de savoir si
les politiciens allemands continueront à s’agenouiller devant le trône d’Obama,
ou son successeur, ou s’ils définiront leurs véritables intérêts dans une
coopération plus étroite avec la renaissance économique eurasienne émergente qui
est en train d’être façonnée par le Président russe Poutine et le Président
chinois Xi.
Ironiquement, c’est la "guerre non déclarée" de Washington, qui est
maintenant de facto aussi celle de l’OTAN, contre la Russie qui a suscité cette
renaissance remarquable de l’esprit russe. Pour la première fois depuis de
nombreuses années, les Russes commencent à se sentir bien dans leur peau et à
sentir qu’ils sont les bons dans un monde peuplé de gens très mauvais. C’est
peut-être cela qui sauvera notre monde d’une dictature globale des banquiers et
de leurs armées.
F. William Engdahl
Traduction "pas très Charlie tout ça" par VD pour le Grand Soir avec
probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.
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http://www.legrandsoir.info/la-remarquable-renaissance-de-la-russie-neo.html
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