Thierry DERONNE
Après la décision du président Barack Obama, le 9 mars 2015, de décréter
« l’urgence nationale aux États-Unis » face à la « menace inhabituelle
et extraordinaire pour la sécurité nationale et notre politique extérieure
qu’est le Venezuela » (sic), le président de Bolivie Evo Morales a demandé
une réunion d’urgence de l’UNASUR (organisme regroupant la totalité des nations
sud-américaines) et de la CELAC (Communauté élargie des États Latino-américains
et des Caraïbes) « pour nous déclarer en état d’urgence et défendre le
Venezuela face à l’agression de Barack Obama. Nous allons défendre le
Venezuela » Il a souligné l’importance de l’unité des peuples face à
l’Empire qui tentent de « nous diviser, pour nous dominer politiquement et
nous spolier sur le plan économique ».
Le président Correa, à travers son chancelier, a exprimé son « rejet le
plus ferme de la décision illégale et extra-territoriale contre le Venezuela,
qui représente une attaque inacceptable pour sa souveraineté ». Il a rappelé
le signal négatif que constitue la signature de ce décret par Obama 48 heures
après la visite de travail de l’UNASUR à Caracas. Cette délégation a enquêté sur
la récente tentative de coup d’État contre le président Nicolas Maduro, élu en
avril 2013, a rejeté l’ingérence extérieure, demandant aux secteurs violents de
l’opposition de revenir à la voie électorale.
« Comment le Venezuela menace-t-il les Etats-Unis ? A des milliers de
kilomètres de distance, sans armes stratégiques et sans employer de ressources
ni de fonctionnaires pour conspirer contre l’ordre constitutionnel étasunien ?
Une telle déclaration faite dans une année d’élections législatives au Venezuela
révèle la volonté d’ingérence de la politique extérieure étasunienne. » a
déclaré pour sa part le gouvernement cubain.
Les mouvements sociaux latino-américains se sont mobilisés en défense de la
démocratie vénézuélienne. Pour Joao Pedro Stédile, de la direction nationale du
Mouvement des Sans Terre du Brésil : « Au Brésil il y a un peuple qui est
avec vous, nous serons toujours solidaires et nous ne laisserons pas l’Empire
envahir le Venezuela pour récupérer ses gisements de pétrole ». Le mouvement
social bolivien a également manifesté sa solidarité. Rodolfo Machaca, dirigeant
de la Confédération syndicale des travailleurs agricoles, a condamné l’ingérence
des États-Unis dans les affaires intérieures vénézueliennes, et leur complicité
avec les violences organisées par la droite. Selon Machaca : « La situation
au Venezuela nous préoccupe, c’est pourquoi nous proclamons notre solidarité
avec ce pays, mais aussi avec le président Maduro. Nous condamnons l’ingérence
nord-américaine, et toutes les tentatives de coup d’État ou autres manœuvres
visant à la déstabilisation du Venezuela. ».
Rafael Correa dénonce les manipulations médiatiques contre le
Venezuela.
Le 1er mars, depuis Montevideo, où il assistait à l’investiture du président
uruguayen Tabaré Vasquez, le président Correa a déclaré : « Le Venezuela est
confronté à une guerre économique et médiatique, et se retrouve dans la
situation d’autres gouvernements progressistes d’Amérique latine, avant lui.
Cette situation, on l’a déjà vécu en Amérique latine. Souvenons-nous de ce qui
est arrivé à (Salvador) Allende : la même guerre économique, le même type
d’ingérence, les mêmes attaques médiatiques. De grâce, tirons les leçons de
l’Histoire ». Selon Correa, cette ingérence « ne débouchera pas forcément
sur ce qui est arrivé à Allende. Il n’en demeure pas moins que nous sommes
confrontés chaque jour aux tentatives de déstabilisation de gouvernements
démocratiques et progressistes d’Amérique latine, par la guerre économique, et à
la manipulation mondiale en matière d’information ».
Au sujet de l’arrestation du maire d’opposition de Caracas, Antonio Ledezma,
accusé d’implication dans un complot visant à déstabiliser le gouvernement de
Nicolas Maduro, le président Correa a déclaré qu’il était « réducteur de
commenter cet événement sans connaître les détails de l’affaire, en outre la
souveraineté et les institutions de chaque pays doivent être
respectées ».
Le Venezuela et la Grèce renforcent leurs relations
bilatérales.
En visite officielle en Grèce le 6 mars, la ministre des Affaires étrangère
Delcy Rodriguez a félicité le nouveau gouvernement du premier ministre Alexis
Tsipras, au nom du Gouvernement Bolivarien et du peuple vénézuelien. Dès la
victoire de Syriza, Maduro avait salué la décision des électeurs malgré « la
campagne médiatique qui tentait de leur faire peur en présentant notamment
Alexis Tsipras comme l’agent d’une dictature vénézuélienne »
La Chancelière vénézuélienne a été reçue par Alexis Tsipras qui a manifesté
son intention d’accueillir prochainement en Grèce le président Nicolas Maduro,
assurant de son soutien le Venezuela et son peuple et insistant sur l’affection
qu’il lui porte.
Un désir commun s’est exprimé : qu’Athènes devienne l’un des principaux
partenaires de Caracas.
Cette visite officielle en Grèce répond à la volonté de Caracas de renforcer
l’émergence d’un monde multipolaire, au sein duquel prévaudront le respect
mutuel, la compréhension, la coopération, mais aussi le droit pour les peuples à
l’autodétermination, à la liberté et à la souveraineté.
Traduction : Jean-Marc del Percio