Dimanche 15 Mars 2015
Clotilde Cadu
A deux jours de l’arrivée du texte devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée, les médecins maintiennent la pression face à une réforme du système de soins qui ne leur plaît guère. Ils manifestent ce dimanche.
Guillaume Collet/SIPA
Les médecins ont de l’urticaire. Depuis des semaines, trois petites lettres leur donnent des boutons : TPG, comme tiers payant généralisé. Cette mesure, qui permet au patient de ne pas avancer les frais d’une consultation, est au cœur de la loi de santé portée par Marisol Touraine.
Le texte devait, initialement, être discuté au Parlement au début de l’année. La colère des médecins libéraux a contraint la ministre de la Santé à revoir sa copie et à la présenter ce 17 mars à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Un délai fait de concertations, tables rondes, arbitrages mais qui n’a pas apaisé la colère des syndicats de médecins. Ils défilent ce dimanche contre le projet de loi.
Que restera-t-il de la loi de santé ? Un grand nombre d’acteurs du secteur avouent aujourd’hui leur déception. « C’est un ensemble de grandes déclarations de principe. Mais il n’y a pas d’outils, pas de financement », souligne Frédéric Pierru, sociologue de la santé. « Le projet se présente comme une stratégie de santé et parle de lutte contre les inégalités sociales de santé mais ne renvoie jamais à une organisation nouvelle, capable de repérer les risques en santé, les inégalités sociales de santé, les causes des maladies et les besoins de santé », regrette le Syndicat de la médecine générale (SMG), l’une des rares organisations à ne pas manifester et à refuser les revendications corporatistes.
« Comme tous les projets de loi, elle est perfectible et nous savons d’ores et déjà que le débat parlementaire permettra d’améliorer bon nombre de ses articles », tempèrent Avenir hospitalier et la Confédération des praticiens des hôpitaux, qui ont affiché leur soutien à la loi. « Mais son retrait pur et simple ou son report aux calendes grecques porteraient un préjudice considérable à l’hôpital public et à la santé de nos concitoyens. C’est pourquoi les intersyndicales refusent de saboter un texte auquel ils ont consacré beaucoup de temps et d’énergie afin qu’il voie le jour ».
Les sujets, pourtant, ne manquent pas : l’accès aux soins se dégrade pour un nombre croissant de Français, faute de moyens pour régler les dépassements d’honoraires, faute de praticiens à proximité, la Sécurité sociale se désengage de plus en plus au profit des complémentaires… Mardi dernier, le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé la tenue prochaine d’une « grande conférence de la santé ». L’occasion, peut-être, de mettre sur la table l’ensemble de ces problématiques ?
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