Vous trouverez sur ce blog, beaucoup d'articles et de vidéos d'actualité. Les points de vue présentés dans ces articles et vidéos ne sont pas forcément les miens, mais ils peuvent amener une réflexion. Chacun se fera une opinion avec autre chose que le discours formaté des politiques et des médias.Vous y trouverez aussi les réponses aux questions qui me sont posées concernant mes livres. Les thèmes de mes ouvrages sont le développement personnel et la spiritualité.
mardi 2 février 2016
François Asselineau : « François Hollande, Nicolas Sarkozy … les gourous d’une secte » (News360)
Des milliers de manifestants contre la prolongation de l’état d’urgence policier (basta)
Des milliers de manifestants contre la prolongation de l’état d’urgence policier
par Sophie Chapelle
Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue le 30 janvier pour demander la levée immédiate de l’état d’urgence. Citoyens, militants associatifs, syndicaux et politiques ont battu le pavé dans au moins 70 villes en France, à l’appel du collectif « Nous ne céderons pas ». L’enjeu, refuser l’état d’exception comme mode de gouvernement permanent. Décrété par François Hollande dans la foulée des attentats du 13 novembre, l’état d’urgence a été prolongé une première fois de trois mois, jusqu’au 26 février. Sa prolongation pour trois mois supplémentaires doit être présentée le 3 février en Conseil des ministres. 
Les organisations critiquent les « perquisitions à toute heure », les assignations à résidence, les interdictions de rassemblement et de manifestation « qui font reculer les libertés en France ». « Loin de lutter contre le risque terroriste, ces mesures fragilisent la justice et la séparation des pouvoirs », analysent-elles. Les manifestants dénoncent également la déchéance de nationalité. « Cet aveuglement et cette logique de division entre français ne peut que mettre en danger la cohésion de la société française », relèvent les organisations qui refusent « la citoyenneté à deux vitesses » (voir notre entretien avec Patrick Weil).
D’ici le 3 février, les organisations demandent aux citoyens d’appeler les députés pour les convaincre de voter contre la réforme constitutionnelle, de les rencontrer dans leur permanence, ou de participer à la campagne de Powerfoule pour faire entendre des voix dissidentes. Des réunions publiques d’informations sont prévues cette semaine dans plusieurs villes, et un autre appel à manifestation est lancé pour le 6 février.
Photo : CC La quadrature du net
Pour les Européens, il devient risqué de manifester en France (basta)
Pour les Européens, il devient risqué de manifester en France
par Naïké Desquesnes
Après trois jours en centre de rétention sous le coup d’une mesure d’expulsion pour avoir participé à une manifestation en soutien au migrants à Calais, trois étudiantes italiennes ont finalement été relâchées. Sur fond d’état d’urgence, l’exécutif fragilise le pouvoir des juges afin de mettre la pression sur des manifestants étrangers, y compris Européens. « Ce cas illustre bien la manière dont l’autorité administrative fait fi des décisions judiciaires voire contourne la justice pour appliquer sa propre répression », explique l’universitaire Vanessa Codaccioni.
« Jamais on ne se serait attendu à ce qui nous est arrivé, avoue Valentina. La France est devenue complètement malade. » Samedi 23 janvier, Valentina se trouve avec ses deux compatriotes à Calais pour la manifestation de solidarité avec les migrants. Près de 2000 personnes, membres d’associations, d’organisations politiques, citoyens solidaires, riverains et migrants se sont rassemblés à la « Jungle », territoire du bout du monde jouxtant le port. C’est ici que survivent, dans une grande précarité, près de 7000 personnes tentant depuis des mois de passer en Angleterre (lire aussi notre reportage : Calais, au sein d’un bidonville en état d’urgence, devenu la honte de la France).
Le cortège bigarré s’élance de cet endroit désolé où femmes, hommes et enfants sont arrosés, la nuit, de gaz lacrymogènes par les CRS depuis début janvier. « Nous dénonçons les politiques française et européenne qui créent ces situations à Calais comme aux portes de l’Europe, souligne l’appel au rassemblement. Nous demandons immédiatement des conditions d’accueil dignes pour tous et toutes. Qu’ils/elles soient nommé-e-s réfugié-e-s, migrant-e-s ou sans-papiers, nous exigeons des droits égaux pour tou-t-e-s, des titres de séjour, l’accès aux soins et au logement. »
En fin de manifestation, une centaine de migrants se mettent à courir vers le port. « Nous les avons suivis en solidarité, raconte Martina. Et puis il y a eu une grande confusion. Face à nous, un horizon de tirs de lacrymo. Derrière, des fourgons de police qui se rapprochent. Des gens passaient sous un grillage, on a fait pareil pour se sortir de là. » Alors qu’elles entrent dans des toilettes toujours situées dans la zone portuaire, la police aux frontières les interpelle, avec quatre personnes françaises. Les voilà parties pour 24 heures de garde-à-vue à l’hôtel de police de Coquelles, une ville qui jouxte Calais.
« La police nous faisait croire que des migrants étaient morts et que c’était de notre faute »
Les sept interpellés sont accusés de « dégradation volontaire en réunion » et d’avoir « pénétré illégalement dans le port ». « Nous ne savions pas où nous allions ! », s’exclament les filles. L’ambiance au commissariat est tendue. « La police nous faisait croire que des migrants étaient morts et que c’était de notre faute. » Les agents aimeraient les classer « no border » (pas de frontière), un terme péjoratif dans la bouche des forces de l’ordre, qui désigne chez eux des activistes radicaux menaçant la sécurité du territoire. « Nous étions là en soutien aux migrants », préfère asséner Ornella. À l’issue des interrogatoires, aucune poursuite pénale n’est retenue contre les sept imprudents : les Français sont libérés et les Italiennes se préparent à sortir dans la foulée. Deux autres manifestants et six migrants accusés d’être montés illégalement sur un ferry à la fin de la manifestation seront, eux, jugés, le 22 février.
Pour les trois Italiennes, l’histoire aurait dû s’arrêter là. Sauf que Bernard Cazeneuve a « donné des instructions pour que les no-border qui ont participé à ces opérations fassent l’objet d’une expulsion » , comme il le déclare à la presse dès le dimanche. « Dix minutes avant la fin de la garde-à-vue, nous apprenons que la préfecture ordonne notre obligation de quitter le territoire français (OQTF) et que nous sommes transférés dans un centre de rétention administrative (CRA) », relate Martina.
« Menace réelle, actuelle et grave »
Au CRA de Lesquin, à quelques kilomètres de Lille, les jeunes femmes reçoivent, incrédules, leur notification d’obligation de quitter le territoire et les faits qui leur sont reprochés par l’exécutif, alors même que le procureur a d’ores et déjà estimé que rien ne permettait de les poursuivre.
La France peut donc motiver des avis d’expulsion avec des allégations infondées, non vérifiées, n’ayant donné lieu à aucune poursuite pénale. « Comment mes clientes peuvent-elles représenter une "menace réelle, actuelle et grave" alors qu’elles n’ont jamais été inquiétées par la justice ou la police en France comme en Italie ? », demande leur avocate Murielle Ruef.
Ce motif de la « menace pour la société française » avait déjà été mobilisé durant la COP21, pour mettre en rétention et menacer d’expulsion deux militants écologistes belges après qu’ils aient participé à la manifestation interdite de place de la République, le 29 novembre dernier à Paris. « J’avais pu faire annuler par le tribunal l’OQTF en démontrant qu’ils ne représentaient pas une menace grave, témoigne leur avocat Bruno Vinay. Comme pour mes clients, la situation des italiennes semble bien liée à une décision politique. »
Un acte qui n’aurait jamais dû exister
Dans ce qui ressemble à une croisade zélée contre d’improbables perturbatrices étrangères, la préfecture recourt à un second arbitraire : pour les placer en rétention, elle invoque le fait que les Italiennes n’auraient pas fourni d’éléments justifiant qu’elles résident en France depuis plus de trois mois. « Elles ont indiqué qu’elles étaient étudiantes dès la garde-à-vue », rétorque Murielle Ruef, qui a déposé un recours devant le tribunal administratif. « Nous avons transmis les preuves de résidence en France depuis plus de deux ans : des preuves d’adresse fixe, d’inscription à l’université, d’emploi pour l’une d’entre elles. »
Après les communiqués des universités, les lettres de soutien des professeurs, les pressions au Consul italien et les articles dans les médias, la France a finalement décidé d’écourter une situation difficilement tenable : le soir du troisième jour de rétention, le 27 janvier, la préfecture du Pas de Calais libère les Italiennes et « retire » l’OQTF. « Elles ont les bons justificatifs », confirme Steve Barbet, de la préfecture du Pas-de-Calais. Il ajoute même qu’« elles n’ont commis aucun délit ». Que deviennent alors les graves accusations inscrites sur la notification d’OQTF ? Elles disparaissent, tout simplement. « Le retrait, ce n’est pas l’abrogation, précise leur avocate. Cela veut dire que l’acte n’aurait jamais dû exister, que la Préfecture acquiesce à son illégalité. »
Un moyen de pression sur les manifestants étrangers
Sur fond d’état d’urgence, dans un contexte actuel où l’exécutif fragilise le pouvoir des juges, se garder la possibilité de mettre quelques jours en rétention des manifestants étrangers pour les relâcher ensuite sans passage devant le tribunal relève d’une méthode qui met une nouvelle fois à mal l’idée d’un « État de droit ». « Ce cas illustre bien la manière dont l’autorité administrative fait fi des décisions judiciaires voire contourne la justice pour appliquer sa propre répression, analyse Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférences en science politique à l’université de Paris 8 [1] « C’est un classique des "moments d’exception", rappelle-t-elle. Pendant la guerre d’Algérie, de très nombreux individus ont été relâchés par la justice mais immédiatement transférés dans des camps d’internement par la volonté des seuls préfets. »
En attendant, l’expérience de l’enfermement n’a fait qu’accroître l’indignation des Italiennes face à l’existence des prisons pour migrants. « Même enfermées, on ressentait fortement nos privilèges d’européennes », racontent-elles sur la route qui les ramène à Paris. « Les femmes que nous avons rencontrées ne connaissaient pas leurs droits, elles étaient très isolées. Les migrantes ne savaient même pas qu’elles avaient droit au portable. Elles vivent des situations d’insécurité : c’est un homme qui effectue la ronde de 5 heures du matin et vient compter les détenues jusque dans leurs chambres ! »
Autour des trois Italiennes, il y avait une Camerounaise, fille de diplomate, qui vivait en Grande Bretagne depuis dix ans et ne pouvait pas y retourner et une Dominicaine qui sortait de prison mais ne pouvait rejoindre son mari et ses enfants catalans en Espagne car l’administration avait perdu son permis de séjour espagnol. « Ces situations sont hallucinantes. Faut-il rappeler que ces femmes n’ont commis aucun crime et qu’elles souhaitent juste se rendre là où vivent leurs familles ? »
Naïké Desquesnes
Photo : CC Rasande Tyskar
A lire sur Basta ! :
lundi 1 février 2016
Radicalisation des puissants (Le grand soir)
Les goodyear paient sans doute pour une chemise d’Air France en lambeaux.
Radicalisation des puissants
Pierre LEVY
En prison ! Le verdict rendu en première instance par le tribunal correctionnel d’Amiens contre plusieurs syndicalistes CGT de Goodyear, qui inclut de la réclusion ferme, a provoqué une véritable stupéfaction.
Les condamnés ont été reconnus « coupables » d’avoir retenu des dirigeants de leur entreprise (qui n’ont a aucun moment été violentés). Même les commentateurs les moins habitués à soutenir le monde du travail ont souligné le caractère sans précédent d’une telle peine. Ici et là s’est exprimée une compassion morale pour des hommes qui auraient « dérapé » sous l’emprise de la colère et de l’angoisse.
En réalité, ce dont ces militants on besoin, c’est moins de se voir octroyer des « excuses », que d’une solidarité offensive. Celle-ci passe d’abord et avant tout par le rappel des enjeux de leur lutte dont la « séquestration » n’a été que le point d’orgue. Cette bataille au long cours (près de sept ans !) opposait une majorité de salariés de l’usine à la direction de choc de la firme américaine : Goodyear entendait imposer, par le chantage à la fermeture, une remise en cause des conditions et des horaires de travail ; et ce, selon un modèle de flexibilité... dont l’esprit va être repris dans la réforme en cours du Code du travail préconisée par l’Union européenne.
De fait, c’est bel et bien cette résistance à l’« air du temps » qui a été punie, de même que la détermination des syndicalistes à refuser les manières feutrées du « dialogue social » – un dialogue social made in Bruxelles, au point qu’il constitue l’intitulé officiel des fonctions d’un commissaire européen. On ne peut s’empêcher de penser que les militants d’Amiens ont également essuyé la vindicte des puissants après la redoutable image de patrons d’Air France contraints de fuir, la chemise en lambeaux.
Mais, plus fondamentalement, que dit l’acharnement du parquet (alors que les plaignants avaient retiré leur plainte) sur l’état d’esprit des dirigeants mondialisés, en France et en Europe ? Il trahit probablement une fébrilité montante face à des crises qu’ils ont provoquées, mais dont ils peinent désormais à garder ou à récupérer la maîtrise. Et ce, à trois niveaux.
Tout d’abord, il est difficile d’extraire cette sévérité du contexte de l’état d’urgence. D’autant que ce dernier est en passe d’être pour partie « constitutionnalisé », signe d’ailleurs qu’en haut lieu, on considère que la lutte dite anti-terroriste n’est pas près de vaincre ses ennemis désignés. La radicalisation répressive des puissants contre le monde du travail pourrait bien être une manière d’enjoindre aux syndicalistes de choisir : ou vous acceptez d’être des « partenaires sociaux », ou on vous traite en « terroristes ».
Ensuite, le djihad et les attentats, censés justifier la floraison de fusils-mitrailleurs au coin de la rue, ne sont que des plaisanteries en comparaison des mouvements sismiques qu’on entend déjà gronder dans les tréfonds de l’économie mondialisée. Régulièrement, on perçoit des craquements sourds dans les milieux boursiers, qui sont peut-être des signes avant-coureurs de crises d’amplitude inconnue.
Du fait de son intégration, notamment monétaire, l’Europe pourrait être aux premières loges de tempêtes qui se préparent (même si, en la matière, toute prévision est incertaine). Des vents en principe favorables se retournent en leur contraire : la dégringolade du prix du pétrole met en grande difficulté des pays producteurs, tels que la Russie « qui sont aussi les clients de nos exportations », s’inquiète le patron des patrons allemands ; les bas taux d’intérêt vont de pair avec une déflation potentielle et une croissance atone ; pour contrer cette langueur, les banques centrales ont déversé des centaines de milliards de liquidités, dont le pouvoir déstabilisateur – bulles spéculatives, mouvements de capitaux et changements brusques des parités monétaires – n’est plus à prouver.
Enfin, ce qu’il est convenu de nommer « la crise des réfugiés », dont l’épicentre est en Allemagne, semble désormais hors de contrôle, et met Angela Merkel et sa crédibilité politique en grande difficulté. Au point que, le « provisoire » rétablissement en cascade du contrôle des frontières aidant, l’esprit même de Schengen pourrait bien être balayé. Et l’Union européenne n’y pas survivre. On n’en est certes pas là, mais, tant à Bruxelles qu’à Berlin, les inquiétudes sont de plus en plus vives et visibles – ce qui en dit long sur leur ampleur cachée. On leur souhaite donc une bonne année...
Good Year, en quelque sorte.
Pierre Levy
Éditorial paru dans l’édition du 27/01/16 du mensuel Ruptures
Information et abonnements : http://www.ruptures-presse.fr
Pierre Lévy est par ailleurs l’auteur d’un roman politique d’anticipation dont une deuxième édition est parue avec une préface de Jacques Sapir : L’Insurrection
URL de cet article 29889
“L’Europe sociale” des salaires…(Les crises)
Comme on le sait, l’Europe sociale avance (presque) à grands pas :
Depuis 35 ans donc (en fait 60 ans, mais bon, ok, commençons avec les 1ères élections de 1979), les choses ont bien progressé, vu qu’on est passé de ça :
Et donc, on a eu une convergence évidente au niveau du salaire minimal :
(j’ai rajouté quelques pays hors UE pour comparer…)
Bien entendu, des salaires qui vont de 1 à 5 dans une même zone monétaire, c’est du jamais vu, hein, cela relève de la psychiatrie lourde (simple, imaginez ce qui va se passer si vous mettez le SMIC à 300 € en Alsace… C’est sûr que le chômage va bien y baisser, mais ailleurs, ça ne va pas être rose…)
Mais comme il fallait aller encore plus loin dans l’Europe sociale, l’UE s’étend encore à l’Est avec le “partenariat oriental” (j’imagine que l’étape suivante c’est la partenariat grand-oriental avec l’Afghanistan, puis, enfin, le Japon):
Et nous avons donc signé un accord de libre échange avec l’Ukraine appliqué depuis le 01/01/2016…
Et donc, l’Europe sociale des salaires avance encore plus !
Donc nous voilà dans une zone de libre-échange avec des salaires de 1 à 30, (contre 1 à 8 avant l’arrivée de l’Ukraine) pas de souci. Cela semble certes totalement délirant de prime abord, mais grâce à l’UE, on en aura ainsi la preuve par l’exemple – ça manquait…
On déplorera au passage, par esprit de solidarité, la concurrence salariale déloyale que l’Ukraine réalise au détriment du Bangladesh… (mais soyons honnêtes, le salaire minimal ukrainien devrait monter vers 50 € en 2016…)
Voici la situation des salaires médians :
(hélas Eurostat n’a pas refait d’étude depuis 2010, sujet annexe pour eux, les salaires, j’imagine… Les chiffres Chine, Turquie et Ukraine sont bien de 2015 eux)
L’Europe sociale est donc en marche – mais prévoir un délai, hein…
P.S. Comme on a étudié la semaine passée les débats des élus qui ont voté ça, n’hésitez pas à les contacter pour leur demander des explications…
Transhumanisme, vers la fin de l’espèce humaine (JP Dickès) (news360)
Point de vue
------------------------------------------------------
Le docteur Jean-Pierre Dickès présente la première partie de son nouvel ouvrage: « Transhumanisme, vers la fin de l’espèce humaine ».
Le grand porte-parole de la France profonde entre à l’Académie Française.(news360)
Jean-Michel Vernochet reçoit aujourd’hui Youssef Hindi pour débattre de ceux qui se présentent comme les porte-paroles des français de souche: Alain Finkelkraut, Daniel Cohn-Bendit et Eric Zemmour. Youssef Hindi y voit une tentative pour opposer la France chrétienne (et catholique) de toujours à l’Islam. Que faut-il faire pour refuser cette guerre civile qu’on nous prépare?
Suppression des droits aux food stamps pour 1 million d’Américains (news360)
Suppression des droits aux food stamps pour 1 million d’Américains
Article du Huffington Post du 6 janvier 2016 :
« Cette année, près d’un million d’Américains n’auront plus droit aux Food Stamps (aide alimentaire) après le retour en vigueur des règles fédérales excluant les chômeurs adultes sans enfants.
D’après une nouvelle analyse du Center on Budget and Policy Priorities, le think tank à gauche de Washington D.C. estime que pas moins de 500.000 personnes perdront leur droit à cette aide sociale.
« La perte de cette assistance alimentaire, qui s’élève à environ 150/170 $ par personne et par mois pour ce groupe, va créer de nombreuses et sérieuse difficultés financières »a déclaré le Center for Budget.
Le New Jersey, la Caroline du Nord, la Géorgie et vingt autres Etats n’offriront que trois mois d’assistance aux adultes sans personne à charge à moins qu’ils ne travaillent au minimum 20 heures par semaine. Même si ce sont les Etats qui se chargent de la gestion des food stamps, la règle fédérale qui fut suspendue durant ces dernières années en raison de l’étendue du chômage est une condition requise.
Alors que le taux de chômage baisse, la règle est à nouveau d’application. Certains Etats l’ont réintroduite avant la date officielle. D’ici la fin de l’année, seulement une poignée d’États pourront encore bénéficier de l’exemption.
« C’est inexplicable, comment pourrait-on nous reprocher une action punitive alors qu’il s’agit d’une décision fédérale » a déclaré un porte-parole du gouverneur du New Jersey Chris Christie, en réponse aux critiques affirmant que cette politique punit les plus pauvres. (…) »
Certes les chiffres du chômage baissent. Sans entrer dans le débat de la fiabilité des chiffres officiels américains et de la qualité de l’emploi, il y a cependant un fait indiscutable : la précarité des Américains a explosé depuis 2007 et les « améliorations » relevées par le Huffington Post sont extrêmement limitées. Toujours dans cet article :
« Plus de 45 millions d’Américains bénéficient du Supplemental Nutrition Assistance Program, un chiffre historiquement élevé qui décline lentement grâce à l’amélioration de l’économie (sic) ainsi qu’à des règles plus contraignantes de la part des Etats. »
À titre d’exemple, environ 27 millions d’Américains bénéficiaient des food stamps en 2007 soit presque la moitié d’aujourd’hui.
La France adopte enfin une loi pour punir le trafic d’armes vers des pays sous embargo (basta)
La France adopte enfin une loi pour punir le trafic d’armes vers des pays sous embargo
par Rachel Knaebel
Il a fallu dix ans. Dix ans pour que le Parlement vote un projet de loi qui traînait dans ses cartons. Le texte concerne un sujet sensible, autant pour la politique extérieure que pour l’industrie françaises : le commerce des armes. Le 28 janvier, l’Assemblée nationale a donc enfin adopté un projet de loi – déposé une première fois en 2006... – qui vise à punir les violations des embargos internationaux sur les ventes d’armes [1]. Pendant une décennie, les gouvernements successifs n’avaient pas jugé bon de le mettre à l’ordre du jour. À l’heure de la lutte générale contre le terrorisme et sous l’effet de l’insistance de quelques députés, cette position attentiste est devenue difficile à tenir. D’autant que la loi doit transposer une recommandation de l’ONU qui date, elle, de 1998 !
Même si le secteur des armes est stratégique en France – plus de huit milliards d’euros de commandes en 2014, voir notre article –, il est soumis à une série d’embargos internationaux. Il est ainsi interdit de vendre des armes à la Côte d’Ivoire, la Libye, l’Iran ou la République centrafricaine. Ces pays sont frappés par un embargo voté par le Conseil de sécurité des Nations unies. Le Soudan, le Soudan du Sud et la Syrie sont eux visés par un embargo de l’Union européenne. « La législation ne permet pas de traiter de manière satisfaisante toutes les situations de violation. Par exemple, le transport de matériels de guerre entre un pays tiers et un pays soumis à un embargo ne peut pas être sanctionné pénalement », a expliqué le secrétaire d’État en charge des Affaires européennes, Harlem Désir. La nouvelle loi devrait combler ces failles, et permettre enfin de poursuivre devant la justice les trafiquants d’armes et intermédiaires français, ou résidents habituellement en France, qui vendent des armes à des pays ou des groupes sous embargo.
Un amendement déposé par les écologistes, qui a été adopté, a même permis de remédier à une lacune majeure du projet de loi initial. Celui-ci ne permettait pas de poursuivre des vendeurs d’armes s’ils avaient agi hors de France. Ce qui est pourtant en général le cas, comme le démontrent les ventes d’armes vers la Côte d’ivoire dans les années 2000 [2]. L’amendement des écologistes étend les pouvoirs des juges pour punir les Français impliqués dans le trafic d’armes de guerre via des pays tiers. « Afin notamment de pouvoir poursuivre en France les “intermédiaires” et “hommes d’affaires” français qui jouent parfois un rôle trouble dans des pays placés sous embargo en raison des crises très graves qu’ils traversent, accompagnées de violations très graves des droits humains fondamentaux », précisent les députés écologistes. « C’est en fait cet amendement qui va faire que la loi sera vraiment efficace », analyse Tony Fortin, de l’Observatoire des armements. Sauf si le texte se retrouve vidé de sa substance lors de son prochain passage au Sénat.
Guerre commerciale, élevages intensifs, génétique : les dessous de la grippe aviaire (basta)
Guerre commerciale, élevages intensifs, génétique : les dessous de la grippe aviaire
par Sophie Chapelle
Dix ans après les premiers cas de grippe aviaire en France, le virus est de retour dans plusieurs élevages du Sud-Ouest. En dépit de l’absence de dangerosité pour l’être humain, le gouvernement veut imposer des mesures radicales y compris dans des départements où aucun foyer du virus n’a été identifié. Des centaines de petits producteurs risquent de mettre la clé sous la porte. Les intérêts industriels prendraient le pas sur les enjeux sanitaires, dénoncent-ils. Des producteurs fermiers et vétérinaires se mobilisent pour faire la lumière sur la responsabilité de la filière industrielle et des élevages intensifs dans la diffusion du virus.
D’abord l’incompréhension, puis la colère. Benoit Liogé, producteur fermier bio de canards et d’oies en Dordogne, enchaine les réunions depuis la découverte d’un foyer d’influenza aviaire – appelé grippe aviaire si elle se transmet à l’homme, ce qui est rare – le 24 novembre dernier dans son département [1]. L’avenir de sa ferme comme celle de centaine d’éleveurs de palmipèdes est désormais incertain. En cette fin janvier, le gouvernement dénombre 69 foyers répartis dans huit départements du Sud-Ouest [2]. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, il n’y aurait pas d’inquiétude à avoir sur la qualité des produits issus d’animaux contaminés par la grippe aviaire [3]. Le gouvernement a pourtant décidé de sortir l’artillerie lourde pour éradiquer l’épidémie.
Dans un arrêté pris le 15 janvier, il élargit les mesures d’assainissement à 18 départements du Sud-Ouest dans lesquels il interdit de nouveaux élevages de canetons jusqu’à début mai. L’objectif est qu’il n’y ait plus aucune canard sur toute cette zone à la mi-avril. Une fois les vides sanitaires effectués dans chaque exploitation – le virus influenza est très sensible aux désinfectants – les éleveurs pourront redémarrer leur production en mai prochain. Face aux promesses de compensations financières annoncées par le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, nombreux sont les acteurs de la filière volailles qui dénoncent la disproportion des mesures et le manque de transparence sur ce dossier.
Les canards, victimes collatérales des guerres commerciales
L’acharnement administratif à l’égard des élevages de canards interroge. D’après les données recensées sur la plateforme ESA, le centre de ressources d’épidémio-surveillance de la santé animale, plusieurs foyers déclarés concernent des élevages de gallinacées (poules, dindes, pintades, cailles...) et non de palmipèdes (canards, oies...) [4]. Le ministère insiste de son côté sur la transmission du virus entre les volailles, avec le « risque de devenir plus virulent ». Et pointe le rôle du canard, vecteur de la maladie. Car si les gallinacées meurent lorsqu’ils sont touchés par l’influenza aviaire, dans sa forme hautement pathogène, ce n’est pas le cas des palmipèdes qui montrent peu de symptômes. Le gouvernement a donc décidé d’éliminer les canards, considérés comme des réservoirs à virus, dans un contexte où au moins trois souches différentes d’influenza aviaire ont été identifiées sur le territoire national (H5N1, H5N2 et H5N9) [5]. 
Derrière ces précautions sanitaires, se déroule une intense bataille économique entre petits éleveurs et industriels. Le gouvernement insiste ainsi sur la nécessité « de retrouver le plus rapidement possible le "statut indemne" de la France pour l’ensemble de la filière volaille ». Ce statut est la condition sine qua non pour exporter. « Quand il y a un cas d’influenza aviaire, le statut indemne tombe », observe Pierre Dufour, éleveur dans le Lot. De nombreux pays comme la Chine, le Japon ou l’Égypte ont ainsi décidé de suspendre leurs importations de volailles françaises suite à la découverte de foyers d’influenza aviaire en France.
« Les industriels de la filière ne veulent pas perdre leur part de marché à l’exportation, observe la Confédération paysanne de l’Aude. Ils font pression auprès du gouvernement pour mettre en place des mesures radicales. » C’est ce qui expliquerait selon ce syndicat l’élargissement de la zone concernée par les mesures à des départements où aucun foyer d’influenza aviaire n’a été détecté. Une manière de redonner confiance aux partenaires commerciaux, même si cela se fait au détriment d’élevages non contaminés par le virus.
« Chômage sec » pour les petits élevages
De retour d’une réunion au ministère, Benoit Liogé est désemparé. « Le secteur fermier représente peu de choses en poids financiers, alors on tente d’avancer des arguments en termes d’impacts économiques, sociaux, de vie locale, mais nous ne sommes pas entendus ». « L’accord de la profession », dont se targue le ministère concernant les mesures prises pour éradiquer le virus, semble surtout bénéficier aux grands groupes coopératifs et industriels exportateurs. Ceux-ci communiquent d’ores et déjà sur le fait qu’ils s’en sortiront bien grâce à leurs filières transnationales [6]. « Les exportateurs assainissent leur situation tout en piquant la clientèle à des petites structures, déplore Pierre Dufour. C’est une guerre commerciale qui se joue. » Un avis partagé par Christophe Mesplède, président du syndicat Modef dans les Landes, qui dénonce l’opportunité offerte aux grandes entreprises d’écouler leurs 6 000 tonnes de stocks de foie gras... [7]
« Le président du Cifog (l’interprofession du foie gras, ndlr) nous dit que personne ne sera mis sur la brèche, mais il ne se rend pas compte de l’impact des vides sanitaires sur nos exploitations, c’est catastrophique », déplore Benoit Liogé, lui-même affecté. Avec ses deux associés, il va vider progressivement son stock de canards vivants et ne pourra pas démarrer le cycle de l’oie en mars, seulement à partir de mi-mai. « Pour les producteurs fermiers qui accueillent les animaux du premier jour d’élevage jusqu’à leur vente en produits finis, cela signifie un arrêt de production de près de six mois ! En mai, on va avoir une pression phénoménale pour retrouver de jeunes animaux. Nous sommes mis au chômage sec, et on n’a pas la réserve de trésorerie pour rebondir ». D’après le Modef, 30 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects sont menacés par ces mesures d’assainissement de la filière volailles.
Omerta sur le rôle de la filière industrielle dans la diffusion du virus
Que sait-on exactement de la manière dont s’est faite la propagation du virus ? « Tout le monde s’accorde pour dire que les oiseaux migrateurs n’ont rien à voir là-dedans », pointe Denis Fric, vétérinaire. « On ne nie pas la maladie, il y a des cas avérés, et il faut regarder là où il y a des problèmes », complète Pierre Dufour. « Si on veut arrêter immédiatement la diffusion du virus, il ne faut pas tuer les canards mais empêcher les transports de canards vivants », analyse Jean-Michel Berho, éleveur au Pays Basque, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire du syndicat ELB. « Quand on suit un camion de canards prêts à gaver, il y a un nuage de lisier qui vole, c’est visible. Et il y a ce que l’on ne voit pas, les déjections qui sont aussi semées le long de la route », précise t-il.
Un autre éleveur confie à Basta ! avoir appris lors des réunions d’informations que des camions passaient d’un élevage industriel à l’autre sans nettoyer les caisses. C’est ce qui fait dire à la Confédération paysanne que « les élevages fermiers génèrent moins de mouvements donc moins de risques ». De nombreux producteurs fermiers, qui abattent et transforment les animaux sur leurs exploitations, demandent donc des dérogations pour ceux qui ne transportent pas les animaux vivants et ne risquent pas de diffuser les virus sur les routes.
Le manque de diversité génétique des volailles en cause
Les conditions d’élevage pourraient aussi être un terrain favorable à l’expression du virus. « Là où y a des fortes densités d’élevage, ça peut se diffuser très vite, précise Denis Fric. Si les animaux ont des types génétiques très forts, la porte est grande ouverte au virus ». Or, comme le montre notre enquête sur la reproduction animale, les animaux de ferme sont sélectionnés en fonction de critères productifs pour l’industrie, ce qui aboutit à une très forte érosion de la biodiversité animale. Ce manque de diversité génétique des animaux d’élevage pourrait favoriser l’apparition et la diffusion de microbes pathogènes.
« Quand les animaux ont des types génétiques variés, ils ont des sensibilités différentes : certains tombent malades, d’autres résistent, complète Denis Fric. La solution ? Il faut reprendre la génétique de la volaille. La diversité génétique implique des animaux plus solides ». C’est le travail que mène notamment Ivan Catinel avec sa fille, dans leur couvoir de canetons en Dordogne. Depuis 1988, Ivan travaille sur la sélection de souches de canards selon des critères de rusticité et de croissance prolongée. Or, cette sélection pourrait être anéantie dans le cadre des mesures de vide sanitaire voulues par le gouvernement.
« Identifier l’origine de la maladie au lieu de sortir le bazooka »
La question des mises aux normes fait aussi débat. Le gouvernement a annoncé des « mesures de biosécurité » qui pourraient se révéler inadaptées aux élevages en plein air. « On entend qu’il faudrait mettre le canard en confinement total », confie un éleveur ayant participé aux réunions avec l’administration. Le "nec plus ultra" de la biosécurité pour eux, ce serait l’absence de contact avec l’extérieur. C’est complètement contraire aux installations paysannes ». L’arrêté concernant ces normes de biosécurité devrait être rendu public la semaine prochaine.
Alors que l’élevage fermier en plein air est pointé du doigt dans les couloirs du ministère, des producteurs de la Confédération paysanne proposent de réaliser un état des lieux de l’étendue des contaminations. « Plutôt que de demander à tout le monde d’arrêter de produire, ne peut-on pas faire des tests dans toutes les exploitations visées et permettre à celles qui sont indemnes de pouvoir continuer à travailler ? », propose Pierre Dufour. Ce serait l’occasion d’avoir enfin des données précises sur les responsabilités différentiées des élevages fermiers et industriels dans la transmission du virus. Pour l’heure, aucune institution n’a accepté de financer ces analyses.
« L’enjeu immédiat c’est d’identifier l’origine de la maladie et mieux la connaitre, au lieu de sortir le bazooka comme le fait le gouvernement », plaide Josian Palach, secrétaire national de la Confédération paysanne. Une pétition, à l’initiative du Collectif « Les canards en colère », demande l’abrogation de l’arrêté du ministère de l’Agriculture qui impose l’arrêt total de la production de canards durant au moins cinq mois. Selon le collectif, soutenu par près de 5000 personnes, « c’est tout le tissu économique rural du Sud-Ouest qui va être réduit à l’état de cendre ».
Photo de une : canetons / CC Anne-Marie Michaud
Inscription à :
Articles (Atom)