L’exil doré des capitaux grecs
SAMEDI 20 OCTOBRE 2012
La Grèce serait sur la bonne voie. Tel est en tout cas le message que la Troïka (UE - Banque centrale européenne - FMI) a voulu transmettre hier matin à Athènes. Les Grecs ne semblent pas tout à fait partager cette joie pour le moins indécente. Jeudi encore, ils ont massivement fait grève et manifesté pour dénoncer le saccage de leur économie et de leurs droits sociaux.
Celles qui semblent en revanche avoir trouvé leur voie sont les entreprises grecques. A l’instar de Coca Cola Hellennic (CCHBC), qui a annoncé la semaine dernière son déménagement dans le canton de Zoug en 2013, le groupe laitier Fage quittera à son tour le navire grec pour les verts pâturages du Luxembourg.
Selon la Chambre de commerce Suisse-Grèce, interrogée par l’ATS, de plus en plus d’entreprises hellènes suivraient l’exemple de l’embouteilleur, plus grosse capitalisation du pays, pour exiler leur siège social et leurs impôts. Pourquoi ne pas échapper à la cure austéritaire qui assomme leurs compatriotes, puisque la loi est de leur côté? Activité en Grèce, impôts où l’on veut, la voie est en effet toute tracée. Et tant pis pour les manants qui ne peuvent en faire autant.
Cet exil des sièges sociaux avait été précédé de celui des valeurs mobilières qui, en particulier depuis l’éclatement de la crise de l’euro, fait le bonheur de nos banquiers. Selon une étude datant de l’an dernier, les avoirs déposés illégalement en Suisse par des Grecs priveraient chaque année Athènes d’au moins 8,4 milliards de francs1, soit environ 7% des recettes fiscales du pays.
Des chiffres significatifs qui ont fait réagir un groupe de citoyens. Depuis quelques semaines, ce Comité de soutien au peuple grec récolte des signatures pour exiger de Berne qu’il traite le fisc grec de la même façon qu’il aide celui des Etats-Unis2. En d’autres termes que la Confédération oblige les banques à donner la liste de leurs comptes appartenant à des citoyens grecs.
Le cas aurait le mérite d’accréditer le discours lénifiant de Berne sur sa stratégie de l’argent propre. Avec un quart du PIB au noir, la Grèce ne remontera jamais la pente sans une aide résolue contre la corruption et l’évasion fiscale. A vos crayons!
Celles qui semblent en revanche avoir trouvé leur voie sont les entreprises grecques. A l’instar de Coca Cola Hellennic (CCHBC), qui a annoncé la semaine dernière son déménagement dans le canton de Zoug en 2013, le groupe laitier Fage quittera à son tour le navire grec pour les verts pâturages du Luxembourg.
Selon la Chambre de commerce Suisse-Grèce, interrogée par l’ATS, de plus en plus d’entreprises hellènes suivraient l’exemple de l’embouteilleur, plus grosse capitalisation du pays, pour exiler leur siège social et leurs impôts. Pourquoi ne pas échapper à la cure austéritaire qui assomme leurs compatriotes, puisque la loi est de leur côté? Activité en Grèce, impôts où l’on veut, la voie est en effet toute tracée. Et tant pis pour les manants qui ne peuvent en faire autant.
Cet exil des sièges sociaux avait été précédé de celui des valeurs mobilières qui, en particulier depuis l’éclatement de la crise de l’euro, fait le bonheur de nos banquiers. Selon une étude datant de l’an dernier, les avoirs déposés illégalement en Suisse par des Grecs priveraient chaque année Athènes d’au moins 8,4 milliards de francs1, soit environ 7% des recettes fiscales du pays.
Des chiffres significatifs qui ont fait réagir un groupe de citoyens. Depuis quelques semaines, ce Comité de soutien au peuple grec récolte des signatures pour exiger de Berne qu’il traite le fisc grec de la même façon qu’il aide celui des Etats-Unis2. En d’autres termes que la Confédération oblige les banques à donner la liste de leurs comptes appartenant à des citoyens grecs.
Le cas aurait le mérite d’accréditer le discours lénifiant de Berne sur sa stratégie de l’argent propre. Avec un quart du PIB au noir, la Grèce ne remontera jamais la pente sans une aide résolue contre la corruption et l’évasion fiscale. A vos crayons!