Le constructeur aéronautique Airbus Group et le motoriste Safran avaient
annoncé lundi 16 juin 2014, la création d’une co-entreprise destinée à
faciliter l’évolution de la fusée européenne Ariane et la rendre plus
compétitive face à son concurrent américain Space X. Cette opération a
été qualifiée par François Hollande comme une «étape majeure vers la consolidation de la filière spatiale européenne ».
Derrière la coentreprise entre Safran
et Airbus Group dans le domaine des lanceurs spatiaux, se cache en fait
le vrai objectif de cette opération : mettre enfin la main sur
l'autorité de design des lanceurs aujourd'hui, un bijou technologique
logé au Centre national d'études spatiales (CNES) ainsi que sur
Arianespace (détenu à 34,6 % par le CNES), responsable des
approvisionnements et de l'assemblage final des lanceurs en Guyane et de
l'ensemble des opérations de lancements. Une anomalie qui dure depuis
trop longtemps aux yeux des deux industriels dans l'organisation de la
filière spatiale.
L'objectif seraient également de
récupérer les budgets de développement de l'État français sans qu'ils ne
passent entre les mains du CNES.
Les enjeux de souveraineté derrière
cette opération ont incité les représentants de la CGT des divers
acteurs de la filière (CNES, SNECMA, SAFRAN, AIRBUS, THALES et HERAKLES)
à adresser une lettre ouverte à François Hollande.