La retraite complémentaire de 110 000 fonctionnaires va baisser de 30 %
| 24 octobre, 2014 | Posté par Ender sous Argent et politique |
Vive la retraite par capitalisation et les complémentaires !
Mauvaise
nouvelle pour les particuliers qui ont placé leur épargne dans les deux
régimes de retraite facultatifs de l’ancienne Mutuelle retraite de la
fonction publique, devenue l’Union mutualiste retraite (UMR). L’objectif
était de se constituer une rente supplémentaire une fois à la retraite.
Las.
Les 110 000 personnes qui reçoivent
aujourd’hui une allocation de l’UMR vont voir le montant de leur rente
diminuer d’un tiers le 1er janvier. Et ce tandis qu’ils
avaient déjà dû abandonner en moyenne 16 % du montant de leur rente au
début des années 2000, après la déconfiture du régime CREF (complément
de retraite de la fonction publique).
Lancé dans les années 60, le CREF
s’adressait en priorité aux fonctionnaires à qui il proposait de
constituer, grâce à leur épargne, un complément de retraite en rente
viagère. Ce régime avait la particularité de fonctionner à la fois en
capitalisation (les sommes versées sont placées sur les marchés
financiers et payées aux rentiers lors de la retraite) et en répartition
(les cotisations sont aussitôt reversées aux retraités).
GEL DU RÉGIME
L’interdiction d’un tel mélange des
genres par une réglementation européenne à la fin des années 1990 et le
déséquilibre financier du régime – qui peinait à recruter de nouveaux
cotisants – avaient entraîné en 2000 la dissolution de la mutuelle qui
le gérait et le gel de ce régime, fermé dès lors aux nouvelles
souscriptions.
Repris en 2002 par une nouvelle mutuelle,
l’UMR, l’ex-CREF, baptisé R1, disposait de vingt-cinq ans pour revenir à
l’équilibre, grâce à un plan négocié avec les autorités de contrôle et
les pouvoirs publics.
Il n’y est pas parvenu, « car ce plan
était basé sur des taux de rendement des actifs de 5 % par an. Un
niveau de performance qu’il n’est pas possible d’obtenir aujourd’hui
sans prendre de risque », explique Paul Le Bihan, nouveau directeur
général de l’UMR, qui pointe aussi les contraintes actuelles de normes
européennes de solvabilité des assureurs (dites Solvabilité II), « peu adaptées à la gestion d’un régime de retraite par capitalisation ».
IMPACT NOTABLE
La sanction vient donc de tomber : comme
ils n’ont plus les moyens de payer l’intégralité des rentes, les
dirigeants de la mutuelle et les autorités de contrôle ont validé une
baisse d’un tiers des retraites servies. Cette décision sera entérinée
lors du conseil d’administration de l’UMR, le 18 novembre. « Il s’agit d’une décision difficile, poursuit M. Le Bihan, mais nous avons aussi décidé de transformer le régime afin qu’une telle baisse ne puisse plus se reproduire. »
Pour les 110 000 « bénéficiaires » de ce
régime, l’impact sera notable. Aujourd’hui, la rente moyenne s’élève à
1 100 euros par an, elle ne sera plus que de 740 euros par an.
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