Opération Correa, 1re partie : Les ânes ont soif
Un film de Pierre Carles avec la collaboration de Nina Faure et Aurore Van Opstal
L’Equateur dirigé depuis 2007 par le président de gauche Rafael
Correa propose des solutions originales à la crise économique, sociale
et environnementale. Pierre Carles et son équipe s’apprêtent à prendre
leur poncho et leur sac à dos pour aller voir à quoi ressemble le
« miracle équatorien » boudé et ignoré par la presse française. La 1°
partie de ce feuilleton documentaire est d’ores et déjà proposée en
accès libre sur internet. Objectif : inciter les internautes à financer
la suite de l’enquête outre-Atlantique, la faire circuler en 2015 et
ainsi de suite… Trois ou quatre épisodes devraient voir le jour d’ici
l’élection présidentielle française de 2017.
La visite en France d’un champion de la croissance économique passe
rarement inaperçue, même lorsqu’elle ne présente qu’un intérêt médiocre.
Un serrage de louches sur le perron de l’Elysée avec un président
chinois ou une chancelière allemande rameute à coup sûr le ban et
l’arrière-ban des troupes journalistiques. Pourquoi alors la presse
hexagonale a-t-elle boudé le dernier séjour à Paris de Rafael Correa ?
Le 6 novembre 2013, le président équatorien était à la Sorbonne pour
décrire le modèle économique en train de s’inventer dans son pays, en
insolente rupture avec le dogme de l’austérité et de l’inféodation à la
finance auquel les dirigeants européens veulent condamner leurs
ouailles. En choisissant de ne pas obéir au FMI et d’imposer une
renégociation de sa dette dans des conditions acceptables, l’Équateur,
petit pays d’Amérique du Sud, aux prises avec des difficultés sans
commune mesure avec celles que peut connaître la puissante Union
européenne, s’est sorti par le haut du pétrin dans lequel il
s’enfonçait. Pas de coupes dans les dépenses publiques, mais des
programmes de redistribution qui ont fait chuter le taux d’extrême
pauvreté de 16,9 % à 8,6 % au cours des six dernières années. Pas de
dépouillement des droits sociaux par un patronat tout-puissant, mais des
investissements publics dans les infrastructures et un taux de
croissance (4,5 %) parmi les plus élevés d’Amérique latine. Tout n’est
pas rose dans le bilan de Rafael Correa, mais au moins le président
équatorien représente-t-il une preuve bien vivante que la politique du
bulldozer contre les pauvres adoptée en Europe n’est pas nécessairement
la seule envisageable.
On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif
Peu de grands médias français – à l’exception du Monde diplomatique
et de quelques journaux de presse écrite – ont prêté attention à la
visite du président équatorien. Aucune chaîne de télévision ni radio
nationale n’a repris le message qu’il souhaitait adresser aux
populations européennes : ne faites pas la folie de vous plier aux
injonctions des banques, regardez comment l’austérité qu’elles vous
infligent aujourd’hui a failli ruiner notre pays par le passé, et
comment nous nous en sommes relevés en faisant tout le contraire. Pareil
avertissement est-il sans valeur pour le public français ? « On ne fait
pas boire un âne qui n’a pas soif », a chuinté Ivan Levaï, vétéran chez
France Inter, quand les comparses de Pierre Carles ont commencé à
enquêter sur la question. Mais qui sont les ânes ? Et comment redonner
soif à une presse goulument ravitaillée dans l’abreuvoir des experts du
CAC 40 ?
Après Pas vu pas pris, Enfin pris ?, Fin de concession et Hollande,
DSK, etc, Pierre Carles et son équipe poursuivent leur critique radicale
des médias. Ils se proposent à présent d’explorer la question du
traitement de l’hérésie équatorienne dans la presse française. Il
s’agira bien sûr de confronter la chefferie éditoriale à ses choix
idéologiques, et de comprendre par quel enchantement l’impasse borgne et
insalubre du monétarisme européen se présente à elle comme un horizon
indépassable. Il s’agira aussi d’enquêter sur place, en Équateur, afin
d’élucider ce que le journal d’affaires colombien Dinero (« argent »)
qualifie avec incrédulité de « miracle économique ». L’alternative qui
se joue là-bas est-elle un simple mirage ou alors un modèle susceptible
d’allumer quelques flammèches à notre horizon ?
La bourse ou la vie
Mais l’exploration journalistique coûte de l’argent. Pour achever le
tournage du prochain épisode d’Opération Correa, nous devons réunir au
moins 25 000 euros. La somme peut paraître confortable, elle est
pourtant dérisoire au regard du budget « normal » d’un documentaire
grand public : à ce prix-là, nous n’irions pas loin sans l’expérience,
l’implication et l’inventivité de chaque membre de notre collectif.
Grâce à votre participation financière, nous pourrons finir d’arpenter
les salles de rédaction parisiennes et mener nos propres investigations
dans ce pays étrange qui les intéresse si peu. Une fois en boîte avec
votre aide, le deuxième épisode du film sera lui aussi librement
accessible sur Internet, en streaming et P2P, pour que le public s’en
empare et le fasse vivre hors des clous de l’information industrielle.
Action !
Dans ce nouveau projet, il y a l’idée de reproduire ce qu’on peut
appeler le cinéma d’enquête et d’action dans lequel vous-mêmes êtes
conviés à participer, voire à donner… de votre personne. Si vous êtes en
colère contre des médias de masse si peu pluralistes, si vous croyez au
pouvoir du cinéma documentaire, si vous avez envie de vous investir
pour propager un message de contestation qui ne demande qu’à grandir,
soutenir Opération Correa est un moyen de rejoindre une aventure
politique qui promet d’être enthousiasmante, réflexive et drôle. Avec
cette nouvelle enquête, vous participez à un travail inédit et à la mise
en cinéma d’une réelle proposition.
Images du film
La première partie du film est disponible ici : http://www.cp-productions.fr/spip.php?article161
OPÉRATION CORREA
Un film de Pierre Carles
Interviews : Aurore Van Opstal, Nina Faure, Brice Gravelle, Julien Brygo
Images et son : Pablo Girault, Martin Khalili, Nicolas Mas, Hugues Peyret, David Rit
Scénario, montage et réalisation : Pierre Carles
Conseillers/ères montage : Corinne Billard, Gilles Bour, Matthieu Parmentier, Ludovic Raynaud
Production : Annie Gonzalez, C-P Productions
Avec la participation plus ou moins volontaire de Christophe Barbier, Agnès Bonfillon, Yves Calvi, Thomas Legrand, Elisabeth Quin, Frédéric Taddeï, Alban Ventura, Ivan Levaï… et les interventions de Rafael Correa, Patrick Bèle, Maurice Lemoine, Mylene Sauloy.
Remerciements à Folimage pour l’extrait du film d’animation « Mon âne »
(réalisation : Pascal Le Nôtre – 1994)
Un film de Pierre Carles
Interviews : Aurore Van Opstal, Nina Faure, Brice Gravelle, Julien Brygo
Images et son : Pablo Girault, Martin Khalili, Nicolas Mas, Hugues Peyret, David Rit
Scénario, montage et réalisation : Pierre Carles
Conseillers/ères montage : Corinne Billard, Gilles Bour, Matthieu Parmentier, Ludovic Raynaud
Production : Annie Gonzalez, C-P Productions
Avec la participation plus ou moins volontaire de Christophe Barbier, Agnès Bonfillon, Yves Calvi, Thomas Legrand, Elisabeth Quin, Frédéric Taddeï, Alban Ventura, Ivan Levaï… et les interventions de Rafael Correa, Patrick Bèle, Maurice Lemoine, Mylene Sauloy.
Remerciements à Folimage pour l’extrait du film d’animation « Mon âne »
(réalisation : Pascal Le Nôtre – 1994)