Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !
Oui, pour la libération de la France, il
va falloir attendre encore un petit peu et vraisemblablement notre
effondrement financier avant de pouvoir envisager l’avenir avec plus de
sérénité.
Évidemment, l’information importante
c’est, après la dégradation de l’Italie, celle de notre pays par
l’agence de notation Fitch.
Le cas particulier de l’agence Fitch !
Avant de vous parler de notre nouvelle
note, il était important de revenir sur le contexte dans lequel cette
dernière a été octroyée, à savoir que l’agence Fitch était française et
plutôt tendre jusqu’à présent à l’égard de la France et de sa gestion
financière pour le moins artistique.
Sauf que son patron, fondateur et
actionnaire Marc Ladreit de Lacharrière (qui a 73 printemps), va céder,
pour 2 milliards de dollars, 30 % de la troisième agence de notation
mondiale au groupe de médias Hearst, déjà propriétaire de 50 % du
capital… Ce qui veut dire que nos gentils copains anglo-saxons vont
désormais détenir 80 % du capital de l’agence « française ». Traduction :
Fitch est désormais passée sous pavillon US…
Cet accord de vente date sensiblement du
même jour que la dégradation de la notation de la France… Ce n’est bien
sûr pas un hasard.
Fitch dégrade la France mais pas que…
L’analyse de Ficth est assez simple.
L’absence d’une amélioration importante dans la trajectoire de la
dynamique de la dette publique française nécessite d’abaisser la note
souveraine de notre pays.
Depuis l’examen de notre situation budgétaire 2015 par la Commission, le gouvernement a annoncé des mesures d’économie budgétaire supplémentaires de 3,6 milliards d’euros, soit 0,17 % du PIB, conduisant à un objectif officiel de déficit budgétaire global pour l’année prochaine de 4,1 %. Cet effort n’est pas suffisant ni de nature à changer significativement les prévisions de Fitch concernant la dynamique de la dette de la France.
Depuis l’examen de notre situation budgétaire 2015 par la Commission, le gouvernement a annoncé des mesures d’économie budgétaire supplémentaires de 3,6 milliards d’euros, soit 0,17 % du PIB, conduisant à un objectif officiel de déficit budgétaire global pour l’année prochaine de 4,1 %. Cet effort n’est pas suffisant ni de nature à changer significativement les prévisions de Fitch concernant la dynamique de la dette de la France.
En clair, la France est un mauvais élève
et ce n’est pas techniquement faux sans évoquer ici le bien-fondé ou
non d’une politique d’austérité. Ce qui est certain c’est que nous ne
maîtrisons plus la trajectoire de nos finances publiques et de notre
endettement qui sont fondamentalement hors de contrôle et le seront
d’autant plus que les rentrées fiscales de 2015 pourraient être
nettement en deçà de ce qui est prévu en raison de plusieurs éléments.
La croissance n’est toujours pas au
rendez-vous, le chômage continue son ascension inexorable de même que
les destructions de postes, sans oublier que la baisse significative de
l’immobilier et du pétrole vont faire rentrer beaucoup moins de taxes
que prévu dans les caisses de notre État fort dispendieux.
Fitch dégrade aussi le secteur de… l’assurance vie en France !!
Mais l’agence de notation Fitch est
allée plus loin en dégradant également le secteur de l’assurance vie en
France et cette démarche, nettement moins commentée que la dégradation
de la note souveraine de notre pays, n’est pas du tout anodine, surtout
lorsque l’on sait que les Français sont d’énormes détenteurs d’assurance
vie (produit d’épargne préféré des Français) qui s’en servent en plus
depuis cette année (2014) comme un quasi-livret d’épargne pour ceux dont
le contrat est ouvert depuis plus de 8 ans (en raison de la baisse des
taux en particulier sur le livret A, les sommes se reportent en grande
majorité vers des contrats d’assurance vie déjà ouverts).
Comme nous l’apprend cet article des Échos
revenant sur cette information importante en terme de gestion
patrimoniale, « selon les agences de notation, l’activité des assureurs
vie demeure pénalisée par des taux d’intérêts historiquement bas et une
collecte en unités de compte qui reste modeste ».
« Tout comme fin 2013, l’agence de
notation Fitch Ratings a indiqué qu’elle maintenait une perspective
négative pour le marché de l’assurance vie en France pour l’année qui
vient.
L’agence de notation explique que «les taux d’intérêts bas et un mix produits encore défavorable vont continuer à affecter la solvabilité et la rentabilité des assureurs vie français en 2015». De plus, les marges sur les fonds en euros restent faibles, principalement en raison de l’environnement de taux très bas, selon l’agence, «ce qui devrait conduire la majorité des assureurs vie à réduire davantage les rendements offerts aux assurés», tandis que les ventes de contrats en unités de compte, tout en augmentant, restent limitées. »
L’agence de notation explique que «les taux d’intérêts bas et un mix produits encore défavorable vont continuer à affecter la solvabilité et la rentabilité des assureurs vie français en 2015». De plus, les marges sur les fonds en euros restent faibles, principalement en raison de l’environnement de taux très bas, selon l’agence, «ce qui devrait conduire la majorité des assureurs vie à réduire davantage les rendements offerts aux assurés», tandis que les ventes de contrats en unités de compte, tout en augmentant, restent limitées. »
« Autre point noir selon Fitch : le
niveau de fonds propres qui est affecté par la volatilité des marchés,
même si les résultats de 2014 devraient être soutenus par les
plus-values latentes sur les obligations souveraines et d’entreprise
ainsi que par la valorisation des actifs immobiliers. Mais hors
plus-value latente, le niveau de fonds propres reste faible.
La perspective du secteur pourrait être révisée à stable si les taux remontaient, permettant aux assureurs de reconstituer leurs marges, conclut l’agence. »
La perspective du secteur pourrait être révisée à stable si les taux remontaient, permettant aux assureurs de reconstituer leurs marges, conclut l’agence. »
Traduction de ce charabia pour les
non-initiés : les compagnies d’assurance vie sont fragiles, l’essentiel
c’est du fonds euros, c’est-à-dire des obligations d’État en faillite
virtuelle qui ne rapportent presque rien… Et quand un produit financier
ne rapporte rien, les sociétés de gestion (et donc les compagnies
d’assurance) doivent se rémunérer presque rien sur pas grand-chose, ce
qui à l’arrivée fait des bénéfices assez minables pour ne pas dire
inexistants… Et c’est à ces entreprises-là, fragilisées, que vous
confiez votre argent pour qu’elles le prêtent à des États qui risquent
en plus de ne pas vous rembourser… Mais vous pouvez continuer.
Évidemment, ce sera sans moi, et je vous regarde le faire car au bout du
chemin, se trouve forcément un épisode de tonte généralisée du
mougeon-épargnant…
Heureusement, le gouvernement gouverne ! (Et nous fait bien rigoler !)
Néanmoins, dans toutes ces mauvaises
nouvelles, nous avons des raisons d’espérer. En effet, selon le
porte-parole du gouvernement (Le Foll), « on a un cap, on le garde. On a
fixé nos objectifs en termes de réduction de déficit. On les a même
revus pour améliorer les résultats, que ce soit en 2015, 2016 et 2017 »…
Je suppose que vous vous sentez mieux quand même après une telle
déclaration.
Enfin, je laisse le mot de la conclusion
à Michel Sapin pour qui « la politique menée commence à porter ses
fruits »… Michel, cet homme qui a tout compris, même s’il n’a pas free
puisqu’il n’a, selon sa déclaration de patrimoine, que quelques
centaines d’euros à la banque mais l’ensemble de sa fortune placée dans
une sublime collection de pièces de monnaies anciennes (ce n’est pas moi
qui vais l’en blâmer) ou dans des centaines d’hectares de terres
agricoles (ce que je préconise, donc ce n’est pas moi non plus qui vais
l’en blâmer).
Il faut donc que votre patrimoine soit
calqué sur celui de notre ministre des Finances, et Michel doit inspirer
chacun et chacune de vous dans son allocation d’actifs.
Il est déjà trop tard, préparez-vous.
À demain… si vous le voulez bien !!
Charles SANNAT