décembre 10th, 2014 | by Mickael - Fondateur de News360x
L’Europe se fait un « harakiri » économique :
l’accroissement de sa dette et la dévaluation toujours plus importante
de l’euro menacent de la transformer en une ancienne superpuissance
financière, comme ce qui est arrivé au Japon en son temps, ainsi que
l’affirme l’analyste Henrik Müller.
« Un tel avertissement peut paraître dramatique mais, en réalité, il
s’avère bien insuffisant lorsqu’il s’agit de décrire la véritable
ampleur des problèmes. Le parallèle entre le Japon et la zone euro est
accablant », insiste Müller, professeur de journalisme économique à
l’Université de Dortmund (Allemagne), dans un article paru dans Der Spiegel.
L’ancienne superpuissance économique asiatique est dans un état de
prostration depuis un quart de siècle, enfoncée dans la stagnation et la
déflation, et l’on ne distingue pas la fin de sa maladie, précise
l’analyste allemand. Pour Müller, le cas japonais présente trois
leçons-clés pour l’Europe.
Une crise démographique
À la fin des années 80, le Japon a vu éclater une bulle sur le marché
des valeurs et une autre sur le marché immobilier, rappelle Müller. La
dette s’est accrue et a étranglé toute perspective de croissance
économique. La crise financière a transformé le Japon en un État
vieillissant, ce qui a créé un cercle vicieux : « Dans un pays où la
population diminue, cela ne vaut guère la peine d’investir et c’est
pourquoi, aujourd’hui, les entreprises japonaises, qui possèdent un
grand capital, préfèrent investir à l’étranger », signale l’expert
allemand. D’après l’ONU, rappelle l’expert, le vieillissement de la
population européenne concerne spécialement l’Allemagne et l’Italie
tandis que la dette réelle dans la zone euro ne baisse toujours pas.
D’incroyables niveaux de dette
Entre 2001 et 2014, la croissance économique du Japon a été de 0,8%
par an. Il s’agit du pays occidental le plus endetté (avec une dette qui
atteint 227% du PIB) bien qu’il ait mis en place un paquet de mesures
de stimulation de l’économie après l’autre depuis les années 90, paquets
qui ont été financés grâce à des « projets d’infrastructures dont les
perspectives de retours sur investissement étaient douteuses ». Les pays
de la zone euro dans leur ensemble ont aujourd’hui, sept ans après le
début de la crise, une dette totale de 108% du PIB, ce qui est
comparable à la situation du Japon en 1997 (sept ans après le début de
la crise), rappelle Müller. L’expert doute de l’efficacité des
politiques financières actuellement mises en place par les institutions
européennes.
Source : RT
Traduction : News360x Nicolas Klein