Par Jean-Claude Grosse
Pressenza publie l’article de Jean-Claude Grosse, qui dans un premier moment présente les livres de Patrick Viveret
: ‘La cause humaine. Du bon usage de la fin d’un monde’ et ‘Vivre à la
bonne heure’. Puis, en deuxième lieu, fait un inventaire de solutions.
Il y a des livres qui désespèrent. Il y en d’autres qui tentent
d’ouvrir des voies. Comment suis-je passé de livres désespérants à deux
livres optimistes ? D’autres avaient précédé tout de même, de Stéphane
Hessel, Edgar Morin par exemple. Et via les réseaux sociaux, une
sensibilisation à des mouvements, actions.
Pour parler des deux livres de Patrick Viveret, je ne m’attarderai
pas sur le constat. Nous sommes à la fin d’un monde qui ne le sait pas
encore vraiment ou ne veut pas le savoir. Les capitalistes ont gagné la
lutte des classes disent-ils. Tant pis pour eux s’ils y croient. Ils ne
renonceront pas d’eux-mêmes à leur logiciel mental, fait de démesure.
Euphorie et panique les animent. Ils mettent en coupe réglée planète et
gens et tant pis pour les dégâts et catastrophes. Les gens ordinaires
ont un logiciel d’une étonnante fixité. Il n’y a qu’à voir les résultats
électoraux. Certes, il y a des flux, des votes communistes vers les
votes FN, des votes extrême-gauche vers front de gauche. Mais il faut
que les partis au pouvoir exacerbent les tensions par leur soumission au
capital pour que ces flux se manifestent. Ça demande des décennies.
Bref, il est clair que les élections comme soi-disant moyen d’exercer la
démocratie sont un outil anti-démocratique et il faudra bien
l’admettre. L’abstention n’est pas prise en compte alors que c’est le
parti majoritaire. Il faudra revenir aux Grecs ou inventer de nouvelles
façons de contrôler le pouvoir et les banques, principal moyen de la
soumission. Les multi-nationales sont également à contrôler, leur
pouvoir de nuisance est considérable ne serait-ce que par le lobbying,
la publicité mensongère, la lutte sans merci pour cadenasser la
démocratie. Il y a tout de même des logiciels qui changent, des gens qui
agissent, réfléchissent, partagent.
Patrick Viveret montre que ces forces sont à l’oeuvre avec des
logiciels autres. Deux trépieds, l’ABS et le REV. L’ABS c’est le
logiciel des sentiments moteurs positifs pour changer, sortir par le
haut des mécanismes mortifères à l’oeuvre. L’Amour, de soi, d’autrui, de
la nature, de la beauté, de l’art. Le Bonheur, la recherche active du
bonheur, pas un état statique de repos, une activité permanente faite de
curiosité, de découverte, d’invention, de partage. Le Sens, la
recherche de sens est essentielle pour le changement de logiciel. Amour
et bonheur sont partiellement au service du sens, tout en donnant du
plaisir. On combat mieux si on n’est plus dans une logique guerrière, si
on en tire des bénéfices de type qualitatif, si de la valeur s’ajoute,
si des valeurs communes sont discutées, partagées, si on se demande que
voulons-nous faire de notre vie et pas seulement dans notre vie, sachant
aussi que nous sommes mortels et que cet horizon donne si on sait le
méditer, de la valeur à la vie, du goût à celle-ci, donne l’envie du
bien-vivre.
Je me propose plutôt que de commenter de faire un :
Inventaire de solutions
.
1 – La mesure des richesses. Quoi intégrer dans le PIB ? Les profits de la prostitution, de la drogue, des trafics divers comme le propose l’Europe aux états membres ? Les flux liés à la publicité (1200 milliards de dollars), aux ventes d’armes (1600 milliards de dollars) ? 10 % des sommes qui circulent pour la drogue, les armes, la publicité (l’économie du mal-être) suffiraient à satisfaire les besoins vitaux non satisfaits de l’humanité. Ou faut-il intégrer de vraies richesses pas nécessairement sources de flux monétaires comme le travail des femmes au foyer, le travail des bénévoles d’associations… ? Il faut que devienne publique la question : qu’est-ce qui compte vraiment pour nous ? Qu’est-ce qui doit être pris en compte ?
1 – La mesure des richesses. Quoi intégrer dans le PIB ? Les profits de la prostitution, de la drogue, des trafics divers comme le propose l’Europe aux états membres ? Les flux liés à la publicité (1200 milliards de dollars), aux ventes d’armes (1600 milliards de dollars) ? 10 % des sommes qui circulent pour la drogue, les armes, la publicité (l’économie du mal-être) suffiraient à satisfaire les besoins vitaux non satisfaits de l’humanité. Ou faut-il intégrer de vraies richesses pas nécessairement sources de flux monétaires comme le travail des femmes au foyer, le travail des bénévoles d’associations… ? Il faut que devienne publique la question : qu’est-ce qui compte vraiment pour nous ? Qu’est-ce qui doit être pris en compte ?
Pour que ce genre de questions soient prises en compte, il faut
élargir la démocratie, il faut que cela entre dans le débat public et
citoyen, que ce ne soit pas l’apanage des experts et technocrates de
l’Europe et de l’INSEE. Voir ce qui s’est passé au Boutan avec la
création du BNB, Bonheur National Brut, excellent documentaire de
Marie-Monique Robin.
.
2 – La création de monnaies locales dont un
des principes est qu’une monnaie locale perd de la valeur si elle n’est
pas utilisée ce qui interdit l’accumulation, la thésaurisation.
Les monnaies locales complémentaires dans le monde d’aujourd’jui
En 2014, plus de 2.500 systèmes de monnaie locale sont utilisés à travers le monde.
L’un des plus en vue est le LETS (Local Exchange Trading System), un
réseau d’échange supporté par sa propre monnaie interne. Démarré à
l’origine à Vancouver, au Canada, plus de 30 systèmes LETS sont
aujourd’hui actifs au Canada et 400 autres dans le monde.
En Angleterre, la ville de Lewes, capitale de l’East Sussex, fut une
des premières en 2008 à battre sa propre monnaie. Ses quelque 16.000
habitants peuvent l’utiliser dans les commerceslocaux.Plus
de soixante-dix sociétés ou magasins acceptent cette devise, valant
autant que la livre sterling. D’autres petites villes ont suivi, avec
une certaine réussite : Stroud, Totnes, Brixton, etc. A plus grande
échelle, Bristol, un ville de 400.000 habitants encourage depuis 2012
l’usage de la livre de Bristol (“Bristol pound”). L’investissement de la
ville est très faible (5000£) mais son effet de levier est déterminant.
Selon Guy Poultney, conseiller municipal à la vie communautaire à
Bristol, “dans un contexte économique difficile, les habitants sont
incités à acheter local… Cela encourage également la diversification de
l’économie locale pour aider à la création d’emplois de qualité. Nous
avons atteint des millions de personnes. Il est important de souligner
une accélération de la consommation puisque cet argent est fait pour
être être dépensé et non économisé, stimulant ainsi le secteur
indépendant. Il y a sept espaces d’échange répartis dans la ville. Les
gens peuvent aussi simplement recevoir des Bristol pounds lorsqu’on leur
rend la monnaie. Nous avons également commencé à faire la promotion du
Bristol pound sur les salaires. À noter que vous pouvez payer un autre
membre du réseau en ligne ou via un simple texto. Le réseau du
Bristol pound est très large afin d’inclure toute entreprise
indépendante locale. Nous nous réservons cependant le droit de refuser
un membre si nous estimons que son activité sape la réputation et le
fonctionnement du projet.”
En Allemagne le Chiemgauer créé à Prien am Chiemsee en 2003,
similaire au LETS anglais, a fait tâche d’huile en Bavière et prend une
dimension de monnaie d’échange régionale. D’autres monnaies
complémentaires ont également vues le jour comme le Berliner, ou les
Tauschringe plus ou moins specialisés sur un type de troc ou de
produits.
Partout dans le monde le système se développe : l’Italie, le Brésil,
le Japon, les Etats-Unis, le Mexique, le Sénégal,la Lettonie, pour ne
citer qu’eux, ont des expériences en cours de monnaies locales.
En France , de nombreuses initiatives de monnaies locales ont été
lancées depuis 2010. Parmi ells on peut citer le SEL (Système d’échange
local) l’équivalent diu LETS anglais ou encore le projet SOL avec sa
monnaie “solidaire dématérialisée” . A Toulouse le Sol-Violette, est une “monnaie
de territoire, un outil de cohésion sociale, un vecteur de création de
richesses mais également d’emplois, un instrument d’échange au service
du Bien “. De fait la mairie de Toulouse distribue une petite partie des prestations sociales en Sol Violette. Comme le Chiemgauer en Allemagne, le Sol Violette
de Toulouse, est une monnaie fondante. Elle perde peu à peu de leur
valeur au fil des mois ce qui incite à l’utiliser et à faire tourner
l’économie locale. Au total une vingtaine de monnaies locales ont été
crée en France : l’eusko en pays basque, le MIEL (Monnaie d’Intérêt Economique Local) à Libourne, le Bou’Sol à Boulogne sur mer, l’Elef à Chambéry, etc. Dans l’Hérault, les commerçants de Pézenas ont lancé l’Occitan, une monnaie alternative, moyen de paiement légal au même titre que les chèques déjeuners.
.
3 – Le revenu universel de base
.
4 – Une nouvelle donne démocratique, à
commencer par une nouvelle constitution écrite par les citoyens et non
par les partis et visant le contrôle des politiques et politiciens
.
5 – la bataille des semences qu’il faut gagner contre Monsanto par exemple ;
kokopelli mène un combat à soutenir
de même qu’il faut soutenir les initiatives de Pierre Rabhi, Semons
des graines, créons l’abondance, Les incroyables comestibles; excellent
documentaire en DVD de Marie-Monique Robin, Le monde selon Monsanto.
.
6 – la bataille pour l’autosuffisance alimentaire,
les circuits courts, les jardins partagés, les AMAP, une agriculture
savante c’est-à-dire éminemment écologique; voir l’excellent
documentaire de Marie-Monique Robin sur Les moissons du futur.
.
7 – les changements dans les habitudes de transport, les habitudes alimentaires, vestimentaires, dans l’aménagement urbain, dans l’habitat
les habitats verticaux
.
8 – la bataille pour l’autosuffisance énergétique, la réduction par chacun de son empreinte carbone
aller à 25 minutes de ce JT de France 2
les incroyables comestibles
c’était un peu ce que la liste Avec vous maintenant voulait pour Le Revest en 2008 avec le village éco-citoyen, non ?
on n’avait peut-être pas trouvé la bonne communication
autres liens
le mouvement des colibris,
semons des graines, créons l’abondance
les moissons du futur
et quantité d’autres initiatives
la guerre des graines :
Pierre Rabhi, la sobriété heureuse, au nom de la terre
Patrick Viveret, les dialogues en humanité
les campagnes à la ville
bien sûr il faut une école nouvelle qui s’appuie sur l’initiative des jeunes
je me dis des fois que nous gaspillons une partie de notre énergie à
des choses nécessaires et futiles (gagner sa vie, c’est-à-dire la
perdre) qui ne nous enthousiasment guère
alors que du changement durable est possible à hauteur d’homme, à proximité, qui donne du bonheur