| 16 janvier, 2015 | Posté par Ender |
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Quatre états européens ont mis en
place un plan destiné à combattre la propagande russe, incluant une
répression régulière des médias « incitant à la haine ».
Les deux pages d’un document informel,
approuvé par le Danemark, l’Estonie, la Lituanie et le Royaume-Uni, et
auquel EUobserver a eu accès, circule dans les capitales européennes
depuis le 9 janvier.
Il décrit la campagne médiatique russe comme « une réponse asymétrique au pouvoir économique de l’ouest. » qui pose « une réelle menace pour la sécurité des régions d’Europe de l’est ».
Selon ce document : « les objectifs
sont de discréditer les narratives européennes, éroder le support aux
gouvernements légitimes, désorienter les populations et les hommes
politiques » dans l’optique de « d’élargir les options politiques et militaires russes. »
Le document affirme également que présenter l’UE comme « une idée » est important en Europe de l’Est car « cela
augmente le soutien populaire pour les réformes économiques et
politiques qui, dans le long terme, sont les meilleurs garants de la
stabilité. »
Le document avance que l’UE « joue dans une catégorie inférieure » en s’appuyant sur « des canaux de distribution archaïques comme des événements ponctuels ou des centres d’information physiques. » et en envoyant des messages « trop techniques, qui échouent à provoquer des émotions ».
Le document officieux appelle les régulateurs des états membres à considérer les diffuseurs russes comme responsables s’ils « manipulent le public, incitent à la haine ou encouragent la guerre ».
Russia Today, qui possède des bureaux dans plusieurs villes européennes, a fait circuler des informations anti-ukrainiennes qui se sont avérées fausses.
La première chaîne russe a rapporté une fausse information affirmant que les combattants ukrainiens avaient crucifié un enfant russophone dans l’est de l’Ukraine.
Le document avance que les chiens de garde des médias doivent prêter attention au « respect et à la liberté d’expression ».
Il presse également les pays européens de « rassembler
les régulateurs des médias afin de trouver des solutions pour une
coopération plus efficace concernant les plaintes ayant trait à
l’impartialité journalistique. »
Il appelle les institutions européennes à communiquer de manière plus assertive.
Une propagande Européenne ?
« Nous devrions viser à
influencer la compréhension et les attitudes des auditoires clefs. Et
pas seulement à augmenter notre visibilité », affirme le document.
Il souhaite que le service des affaires étrangères de l’UE mette en place un « plan d’action » pour 2015 ou 2016 visant à « déconstruire… la propagande hostile. »
Il avance également que le
conseil européen, la commission, et le service des affaires étrangères
devraient mettre en commun des financements pour la communication et
allouer des fonds « destinés à la communication stratégique à destination des délégations européennes ».
Les quatre états à l’origine du document appellent à « des discussions régulières sur la campagne de désinformation russe » des ambassadeurs et des ministres des affaires étrangères à Bruxelles et à la création d’une « plate
forme permanente au sein de laquelle l’UE et l’OTAN pourraient échanger
leurs points de vue sur la communication stratégique. »
Les quatre états ont aussi appelé au soutien à la création d’un média indépendant ou alternatif russophone en Europe.
Ils affirment également que
la European Endowment for Democracy,une fondation basée à Bruxelles,
pourrait aider les journalistes d’investigation (ndt : version
européenne de la NED, officine de la CIA…)
Ils appellent également à
une aide de l’EU pour la création de diffuseurs audiovisuels, sur le
modèle des anciens médias états-uniens anti-communistes, Radio Free
Europe et Radio Liberty, qui ont récemment lancé une nouvelle émission
en russe, Real time.
Au vu de la programmation
des chaînes russes qui diffusent un mixe de soap opera, de jeux
télévisés et de fausses informations pour faire passer leurs messages,
le document avance que les programmes de divertissement des états
européens pourraient être utiles.
L’Union Européenne devrait dans le futur « encourager
les échanges entre les productions des différents pays
(divertissements, films, documentaires) afin de fournir des alternatives
compétitives à la production russe sur le marché européen de la
télévision ».
La menace islamiste
L’Europe est encore sous le
choc des attaques contre le journal Charlie Hebdo à Paris, mais le
document note que les mesures contre la propagande russe peuvent
également être utilisées contre la radicalisation islamiste.
« Il est important de noter que cette capacité est également critique dans la répulsion des groupes islamistes radicaux. »
Le ministre lituanien des
affaires étrangères Linas Linkevicius a déclaré à Euobserver vendredi
que Russia Today avait vue son budget augmenté de 40%.
« Il est temps de prendre cela au sérieux » a t-il dit.
Il a ajouté qu’il ne souhaitait pas une version européenne de Russia Today : «
nous n’avons pas besoin d’une autre machine de propagande contrôlée par
l’état… il s’agit d’un effort pour soutenir le pluralisme médiatique
afin d’être sûrs que les médias libre seront plus actifs. » […]
Source : EUobserver
Traduction Guillaume Borel pour les moutons enragés