jeudi 4 juillet 2013

Remboursement de soins : comment mutuelles et assurances peuvent abuser de votre crédulité (Basta)

Santé

Remboursement de soins : comment mutuelles et assurances peuvent abuser de votre crédulité

Par Benoît Lorentz (27 juin 2013)
Vous pensiez être pris en charge à « 100% » ? Mais vous ne comprenez plus grand-chose aux taux de remboursement que pratique votre complémentaire santé ? Normal. Mutuelles et assurances débordent de créativité pour que leurs clients ne s’y retrouvent pas, avec des prises en charge alléchantes sur le papier assorties d’options en tout genre. Petit décryptage, pour mieux comprendre ce que votre assurance ne vous dit pas, et s’apercevoir que, finalement, la Sécurité sociale est bien meilleur gestionnaire.
Votre complémentaire santé promet une prise en charge à 100 % de votre couronne dentaire. Et vous payez pourtant plus de 300 euros de votre poche... Votre monture de lunettes est remboursée à 1500 %, indique votre mutuelle ? Elle vous versera 42,60 euros, alors les montures coûtent plus de 60 euros. Deviner combien vous serez remboursés pour vos dépenses de santé semble relever du coup de chance, voire de la divination. Entre les pourcentages de prise en charge, les franchises, les dépassements d’honoraires éventuels, l’offre de remboursement de votre complémentaire santé – mutuelles ou assurances – est loin d’être limpide. Du coup, il est impossible de faire des comparaisons avec l’offre du concurrent. Le système français des remboursements de santé est-il si complexe ? Ou cette complexité est-elle savamment entretenue ?
Mutuelles et assurances interviennent en complément du régime obligatoire de sécurité sociale. Avec un mode de cotisation différent : alors que vous cotisez pour la sécurité sociale au prorata de votre revenu, les tarifs des complémentaires varient aujourd’hui selon l’âge de l’assuré. Résultat : les prix grimpent à 1241 euros par an en moyenne pour les personnes de plus de 80 ans, censés dépenser plus en matière de santé [1]. Autre différence : la Sécurité sociale délivre les mêmes prestations à tous ses assurés, alors que chaque assureur privé propose plusieurs offres, plusieurs tarifs, avec maintenant de plus en plus d’options. Ce qui les rend encore plus illisibles.
Calculer ses remboursements : mode d’emploi
Comment s’y retrouver ? Prenons un exemple, pioché sur le site d’un assureur, la Maaf. Le tableau ci-dessous présente les taux de remboursement pour la consultation d’un médecin généraliste, selon que l’on a choisi le niveau 1 ou 4 de l’offre de santé :

Doit-on comprendre que dans le 1er cas, on sera remboursé intégralement ? Et, dans ce cas, que signifie un remboursement à 200% ? Il faut se référer à trois notes de bas de page, écrits en tout petits caractères, pour en comprendre le contenu ! BR signifie « base de remboursement ». Pour une consultation de médecin généraliste, la BR est de 23 euros. Mais ce serait évidemment trop compliqué de le préciser directement ! Pourquoi faire simple... Deuxième piège : l’indication « 100 % BR » ne signifie pas que vous serez remboursé de ces 23 euros. La seconde note précise qu’il faut soustraire la participation forfaitaire – un euro non remboursé par consultation – créée par le bon docteur Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, pour « responsabiliser » les patients.
Dans la langue des complémentaires santé, 100 % BR signifie donc 22 euros... C’est ce que vous rembourseront la Sécurité sociale (à 70 %) et votre complémentaire (pour les 30% restants). A condition cependant d’avoir bien respecté le « parcours de soins » ! C’est-à-dire d’avoir consulté votre médecin traitant et non un autre médecin (ce que ne peuvent pas faire les 15 % de Français qui n’ont pas déclaré de médecin traitant). En dehors de ce parcours de soin, précise une autre note de bas de page, vous ne serez remboursé au total que 12,80 euros pour une consultation (voir le calcul en note [2]). Soit moins de 56 % du coût de la consultation. Et ce calcul ne tient pas compte des éventuels dépassements d’honoraires du médecin.
Ce que votre complémentaire santé ne dit pas
Le niveau 4 de cette complémentaire est plus cher, mais prendra en charge une partie des dépassements d’honoraires. Ce qui peut parfois être utile : l’accès à un gynécologue ne pratiquant pas de dépassement d’honoraires est difficile pour 80 % de la population française, selon une étude de Que Choisir [3]. La prise en charge à « 200 % BR » correspond à 45 euros (deux fois 23 euros, moins la franchise d’un euro). Hors parcours de soins, le montant se réduira à 35,80 euros (voir le savant calcul en note [4]). Par comparaison, à Paris, le montant moyen d’une consultation pour un médecin spécialiste de secteur 2 – c’est-à-dire autorisé à faire des dépassements d’honoraires – est de 43,6 euros. Ne serait-il pas plus clair d’écrire directement le montant maximum des remboursements dans le tableau d’offre de soins ?
Autre exemple, trouvé sur le site de la Mutuelle de la Police nationale : Il faut ici deviner que les prothèses auditives peuvent coûter plus de 100 % de la base de remboursement. Le montant de celle-ci n’est pas indiqué. Pour les appareils les plus courants, ce 100 % correspond à 199,71 euros. Et 170 % équivaut à 339,50 euros. Le coût moyen d’un appareil auditif était de 1475 euros en 2008 [5]. Donc, même si vous avez pris l’option Solidum, le top du top de cette mutuelle, il vous restera plus de 1000 euros à régler de votre poche. Pour chaque oreille. « Total prestation à 100% » écrivent-ils...
Vous avez lu prise en charge à « 1000 %» ?
Dans ce labyrinthe, bon courage pour arriver à comparer les services ! En plus de la multiplication des offres qui rendent illisibles les tableaux de remboursement, les assureurs ont inventé un autre système : les options. Optique, dentaire, hospitalisation : de plus en plus d’offres de santé proposent d’ajouter des prestations à ce que vous auriez dû normalement percevoir. Mais en matière d’assurance santé, les options, c’est comme le loto : mathématiquement, le meilleur moyen de gagner est de ne pas jouer. Prendre une option, c’est tenter de jouer contre l’assureur en se disant : « J’aurai besoin de lunettes cette année donc je prends l’option optique à 5 euros par mois ». Sauf que celui-ci a largement anticipé votre comportement. Et c’est lui qui fixe les tarifs, donc la règle de ce jeu.
Pour un assureur, plus la population couverte est importante, plus le risque est dilué, et donc moins l’assurance coûte cher. Ces options sont souscrites par un petit nombre de personnes qui vont très probablement les utiliser. Elles seront donc toujours plus chères que le surplus de prestations qu’elles vous apporteront. Exemple : l’option optique à 5 euros par mois – qui vous aura donc coûté 60 euros en un an – vous permettra de bénéficier d’un bonus de prise en charge de 1000 %. Génial !? Non : vous serez remboursé de 22,90 euros pour un verre de lunettes courant. Car la base de remboursement d’un verre simple pour adulte est de 2,29 euros. 1000 % c’est donc 10 fois la base de remboursement, soit 22,90 euros.
Une illisibilité choisie ou subie ?
Qui est responsable de cet embrouillamini ? L’assureur, par sa présentation et ses astuces d’épicier, ne favorise pas la compréhension. Mais les mesures empilées par le législateur depuis 10 ans compliquent aussi l’exercice. Depuis les réformes Douste-Blazy en 2004, les gouvernements successifs ne s’attaquent plus directement aux taux de prise en charge de la Sécurité sociale, qui n’avait cessé de diminuer. Ils procèdent plus discrètement : franchises ou changements de niveau de remboursement de certains types de médicaments (couleur de la vignette)... Dans les deux cas, c’est l’assuré ou la complémentaire santé qui paient la différence.
Ces réformes – menées comme toujours pour « sauver la Sécu » ! – ont abouti à réduire le périmètre de prise en charge « universelle ». En cinq ans, les Français ont vu leurs dépenses de santé augmenter de 16 %, indique l’UFC-Que Choisir en 2011. Un bond de 571 euros à 665 euros par an par personne, en additionnant cotisation au régime complémentaire et dépenses de soins non remboursées. « En 2004, la Sécurité sociale finançait 78,3 % de la dépense de soins et biens médicaux. En sept ans, la part du financement de la Sécurité sociale a diminué de 1,6 points et s’établit à 76,7 % en 2011 », détaille la Mutualité française. Coup double pour les fossoyeurs de la sécurité sociale : celle-ci rembourse moins, et plus personne ne comprend quoique ce soit à ces remboursements... Les prochaines réformes et les prochains transferts passeront plus facilement : personne ne défend ce qu’il ne comprend pas.
La Sécurité sociale plus compétitive que le privé
Est-il possible de rendre plus lisibles les offres de santé ? La situation ne s’est guère améliorée ces dernières années dénonce le Collectif Interassociatif sur la Santé (Ciss), une association de patients. Et ce, malgré les engagements sur le sujet, en 2010, de l’Union nationale des organismes complémentaires d’assurance maladie (Unocam). « Les usagers constatent plutôt les onéreux moyens développés pour la promotion publicitaire des complémentaires, que leurs efforts pour faire progresser la comparabilité des garanties en regard d’un prix donné », déplore le Ciss.
La concurrence entre les acteurs, loin de faire baisser les prix, coûte beaucoup d’argent à la collectivité. Les complémentaires santé font payer à chacun de leurs assurés 126 euros par an de frais de fonctionnement, rappelle Que choisir. Dont 40 euros rien que pour le marketing ! Alors que la Sécurité sociale assume cinq fois plus de remboursements que les complémentaires santé, les coûts de fonctionnement sont quasiment identiques : environ 7 milliards d’euros par an.
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Source : Drees, Autorité de contrôle prudentiel
La sécurité sociale est donc bien meilleure gestionnaire que les acteurs privés, qui tentent de séduire les consommateurs de soins à coups de campagnes marketing. Les Français payent tous les ans plus de 2,2 milliards d’euros pour le marketing des complémentaires santé. C’est sans doute avec cet argent que les assureurs travaillent à rendre les offres de soin encore plus illisibles !
Benoît Lorentz
Photo : © Gael Kerbaol

Notes

[2] La Sécurité sociale rembourse 70 % d’une consultation médicale effectuée dans le cadre du parcours de soin, moins un euro forfaitaire. Et la complémentaire prend en charge les 30 % restants (si l’on a souscrit à une offre remboursement 100% BR !). Hors parcours de soin, ce taux de prise de charge par la Sécu est de 30%. La complémentaire prend toujours en charge 30%. Le taux de prise en charge total est donc de 60% de 23 euros, moins l’euro forfaitaire. Soit 12,80 euros.
[4] La Sécurité sociale prend en charge 30% de la base de remboursement, hors parcours de soins, au lieu de 70% dans le parcours de soins. « 200% BR » correspond donc en réalité à 130% pris en charge par la complémentaire. Un petit calcul : 130% pour la complémentaire + 30% pour la Sécu, soit 160% x 23 euros = 36.8 euros. Moins un euro forfaitaire : 35,8 euros.

Pour les députés, l’obsolescence programmée n’existe pas (Basta)

Consommation

Pour les députés, l’obsolescence programmée n’existe pas

Par Nolwenn Weiler (3 juillet 2013)
Exit l’obsolescence programmée : le terme n’est pas mentionné une seule fois dans le projet de loi sur la consommation, actuellement discuté par les députés. La majorité a refusé de voter les amendements du groupe Europe Écologie-Les Verts, qui mettaient en cause cette pratique qui consiste à raccourcir artificiellement la durée de vie d’un produit. La fabrication de biens de consommation volontairement promis à une usure rapide a pourtant des impacts majeurs en terme de production de déchets, et d’emplois dans le secteur de la réparation. Mais les parlementaires n’ont semble-t-il pas eu à cœur de froisser les industriels, en ces temps de crise. Ils ont préféré confier le sujet à un nouveau groupe de travail, dans lequel les distributeurs – principaux opposants à l’extension de la durée de la garantie légale pour les biens de consommation – ne sont même pas présents...
Cela n’a pas empêché le ministre de la Consommation, Benoît Hamon, de prétendre que le texte de loi était « un premier pas contre l’obsolescence programmée » ! Le ministre délégué chargé de l’économie sociale et solidaire et de la consommation, avait pourtant annoncé en septembre 2012 vouloir lutter contre l’obsolescence dans le domaine du numérique. En France, un ordinateur portable est renouvelé en moyenne tous les 3 à 4 ans. Et un téléphone tous les 18 mois [1] ! Des ONG demandent des sanctions contre l’obsolescence programmée et que celle-ci soit considérée comme un délit. Ainsi que l’extension de la garantie de tous les biens de consommation à 10 ans. Le sujet sera-t-il définitivement enterré ? Reste la possibilité que les sénateurs se fassent entendre et amendent le texte lors de la discussion au Sénat.

Notes

[1] Lire notamment le rapport des Amis de la Terre « Obsolescence des produits high-tech : comment les marques limitent la durée de vie de nos biens » (décembre 2012), et le site Internet www.dessousdelahightech.org.

Laurent Fabius a utilisé sa réserve parlementaire pour subventionner le village de ses vacances (Le journal du siècle)

Laurent Fabius a utilisé sa réserve parlementaire pour subventionner le village de ses vacances

Laurent Fabius dans sa maison de campagne en Ariege

Un document révèle que l’ancien député de Seine-Maritime a alloué 50 000 euros de subventions à un village ariégeois.
En 2011, le ministre des Affaires étrangères a alloué 50.000 d’euros de subvention au village de Carla-Bayle, dans l’Ariège, au titre de la réserve parlementaire, rapporte ce jeudi le site FranceTVinfo.
Pourtant, le petit village ariégeois de Carla-Bayle se trouve à plus de 800 kilomètres de la circonscription de Laurent Fabius, député de Seine-Maritime. Mais l’élu est loin d’être inconnu à Carla-Bayle. Comme l’attestent des coupures de presse, il y possède depuis le début des années 2000 une résidence secondaire, évaluée lors de sa déclaration de patrimoine en 2013 à 680 000 euros.
En 2011, selon ce document du ministère de l’Intérieur, l’actuel ministre des Affaires étrangères a versé à ce village deux subventions, pour un total de 50 000 euros. Soit le quart de sa réserve parlementaire. Une enveloppe légale mais opaque, qu’il a distribuée aux collectivités locales cette année-là.
Interrogé sur les subventions, le maire de la commune Jean-Luc Couret, soutien de Laurent Fabius pour la présidentielle de 2007 précise à propos de ces subventions «qu’il y en a eu d’autres» les années précédentes.

Nactualités : tri sélectif au gouvernement

Nactualités : tri sélectif au gouvernement

25 vérités sur l’affaire Evo Morales/Edward Snowden (Le grand soir)

 

25 vérités sur l’affaire Evo Morales/Edward Snowden

   
Le cas Edward Snowden a été à l’origine d’un grave incident diplomatique entre la Bolivie et plusieurs pays européens. Suite à l’injonction de Washington, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont interdit à l’avion présidentiel d’Evo Morales de survoler leur territoire.
  • Après un voyage officiel en Russie pour assister à un sommet des pays producteurs de gaz, le Président Evo Morales a pris son avion pour rentrer en Bolivie.
  • Les Etats-Unis, pensant qu’Edward Snowden ex-agent de la CIA et de la NSA – auteur des révélations sur les opérations d’espionnage de son pays – se trouvait à bord de l’avion présidentiel, ont ordonné à quatre pays européens, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, d’interdire le survol de leur espace aérien à Evo Morales.
  • Paris a immédiatement suivi la directive en provenance de Washington et a annulé l’autorisation de survol de son territoire accordée à la Bolivie le 27 juin 2013, alors que l’avion présidentiel se trouvait à quelques kilomètres à peine des frontières françaises.
  • Paris a ainsi mis en danger la vie du Président bolivien, lequel a dû atterrir en urgence en Autriche, faute de carburant.
  • Depuis 1945, aucune nation au monde n’a empêché un avion présidentiel de survoler son territoire.
  • Paris, en plus de déclencher une crise d’une extrême gravité, a violé le droit international et l’immunité diplomatique absolue dont jouit tout chef d’Etat.
  • Le gouvernement socialiste de François Hollande a gravement porté atteinte au prestige de la nation. La France apparaît aux yeux du monde comme un pays servile et docile qui n’hésite pas un seul instant à obéir aux ordres de Washington, contre ses propres intérêts.
  • En prenant une telle décision, Hollande a discrédité la voix de la France sur la scène internationale.
  • Paris devient également la risée du monde entier. Les révélations faites par Edward Snowden ont permis de découvrir que les Etats-Unis espionnaient plusieurs pays de l’Union européenne dont la France. Suite à ces révélations, François Hollande avait publiquement et fermement demandé à Washington de cesser ces actes hostiles. Néanmoins, en coulisses, l’Elysée a fidèlement suivi les ordres de la Maison-Blanche.
  • Après avoir découvert qu’il s’agissait d’une fausse information et que Snowden ne se trouvait pas dans l’avion, Paris a décidé d’annuler l’interdiction.
  • L’Italie, l’Espagne et le Portugal ont également suivi les ordres de Washington et ont interdit à Evo Morales le survol de leur territoire, avant de revenir sur leur décision après avoir découvert que l’information était erronée et de permettre au président bolivien de poursuivre sa route.
  • Avant cela, l’Espagne a même exigé de fouiller l’avion présidentiel en violation de toutes les normes juridiques internationales. « Il s’agit d’un chantage et nous n’allons pas le permettre pour une question de dignité », a répliqué la présidence bolivienne. « Je ne suis pas un criminel », a déclaré Evo Morales.
  • La Bolivie a dénoncé une atteinte à sa souveraineté et à l’immunité de son président. « Il s’agit d’une instruction du gouvernement des Etats-Unis », selon La Paz.
  • L’Amérique latine a unanimement condamné l’attitude de la France, de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal.
  • L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a convoqué en urgence une réunion extraordinaire suite à ce scandale international et a exprimé son « indignation » par la voix de son secrétaire général Ali Rodríguez.
  • Le Venezuela et l’Equateur ont condamné « l’offense » et « l’attentat » contre le Président Evo Morales.
  • Nicolas Maduro du Vénézuela a condamné « une agression grossière, brutale, impropre et non civilisée ».
  • Le Président équatorien Rafael Correa a exprimé son indignation : « Notre Amérique ne peut pas tolérer un tel abus ! ».
  • Le Nicaragua a dénoncé une « action criminelle et barbare ».
  • La Havane a fustigé « un acte inadmissible, infondé et arbitraire que offense toute l’Amérique latine et la Caraïbe ».
  • La Présidente argentine Cristina Fernández a fait part de sa consternation : « Ils sont devenus fous. Un chef d’Etat et son avion disposent d’une immunité totale. Une telle impunité est inacceptable ».
  • Par la voix de son secrétaire général José Miguel Inzulza, l’Organisation des Etats américains (OEA) a condamné la décision des pays européens : « Aucune circonstance ne peut justifier de telles actions au détriment du président bolivien. Les pays impliqués doivent expliquer pourquoi ils ont pris cette décision, car elle a mis en danger la vie du président d’un pays membre de l’OEA ».
  • L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) a dénoncé « une discrimination flagrante et une menace contre l’immunité diplomatique d’un chef d’Etat ».
  • Au lieu d’accorder l’asile politique à la personne qui lui a permis de découvrir qu’elle était victime d’espionnage hostile, l’Europe, en particulier la France, n’hésite pas à créer une grave crise diplomatique dans le but de livrer Edward Snowden aux Etats-Unis.
  • Cette affaire illustre que l’Union européenne est, certes, une puissance économique, mais un nain politique et diplomatique incapable d’adopter une posture indépendante vis-à-vis des Etats-Unis.
Salim Lamrani

Opera Mundi http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/29791/25+verdades+sobre+o+caso+evo+moralesedward+snowden.shtml
Contact : lamranisalim [chez] yahoo.fr
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lundi 1 juillet 2013

Pourquoi Internet nuit gravement à la santé (et jamais la TV) ?(le blog de Seb Musset)

Pourquoi Internet nuit gravement à la santé (et jamais la TV) ?

Donc voilà. La journaliste de la télé m'appelle :
 
"- On m'a dit que vous étiez blogueur actif et on va faire un sujet sur l'addiction au réseaux sociaux. Qu'est-ce que vous auriez à dire ?".
 
Je rétorque que je vois peu de similitudes entre un blog et facebook et que, bon, je réseausociotte modérément (4000 tweets par an, une broutille comparé à Christine Boutin un matin de procession). Son enthousiasme tombe net. Je ne reproche pas aux journalistes TV d'avoir un angle, je leur reproche d'avoir toujours le même dès lors qu'il s'agit des "réseaux sociaux" sur internet. Au choix : danger ou addiction. (En option, la variante économique : "Ces jeunes entrepreneurs américains devenus milliardaires après avoir créé un réseau social").
 
Je réponds à la journaliste que, même virtuelles, ces interfaces de communication sont des objets comme les autres. C'est l'usage qui fait le défaut et l’excès qui est néfaste : pour Facebook l'étalage non réfléchi de données personnelles (les siennes et celles des autres), et pour Twitter le papillonnage, au final la déconcentration aussi bien dans le travail (spécialement lorsqu'on écrit. Poke @MoiMême) que dans la vie réelle (La tête baissée sur sa Time-line, on est au mieux à 60% avec son interlocuteur physique. En marchant, la probabilité de se prendre un poteau full face augmente de 82%, ce qui est un vrai danger collatéral du net). Mais là encore, il y autant de pratiques et de conséquences que de caractères, sans compter que la fonction crée l'organe. Il est probable que les nouvelles générations développent bien plus aisément que leurs aînés la faculté du multitâches : facebooker, dire à son ou sa chéri(e) qu'on l'aime tout en évitant les lampadaires.


Viens le test de la journaliste (aka le casting) :
"- Pourriez-vous passer d'internet une semaine ou deux ?"
"- Oui" (t'as vu un peu la tronche du héros moderne).
" - Ah"
Là je sens mon interlocutrice dépitée, genre "Mais bordel, je ne trouve personne accroc aux réseaux sociaux ! Comment vais-je faire mon sujet sur les accrocs aux réseaux sociaux ?". Cherchons un peu de matière, histoire de réseauter et de socialiser avec la télé. Je ne vois que deux aspects des réseaux sociaux susceptible d'entraîner un effet de manque : le rythme d'information (le besoin de savoir tout, tout le temps, en temps réel. Pour se sentir raccroché à la communauté de ceux qui savent) et l'évaluation permanente de sa notoriété, le shoot à l'ego (Pas de mise de départ, ça commence très rapidement avec quelques mentions ou like). On parle ici d'effets pour une minorité, et rien qui ne puisse se régler sans une petite prise de distance, voire une période d’abstinence.
Bref, je suis le mauvais client pour le reportage. Rends-toi compte, je réfléchis sur l'usage du "réseau" tout en en minimisant son importance, voire même en lui trouvant des effets positifs[1]. Pas grave, j'invite donc la journaliste à se libérer de la dépendance de la profession aux sujets négatifs sur le sujet pour s’intéresser à d'autres addictions technologiques beaucoup plus répandues comme euh... la télévision (3h16 par jour et par français en 2011).
Pourquoi donc ne voit-on pas plus de sujets à la télé (même juste un pour commencer) sur ces drogués de Cdanslair, de Game of Thrones, de The Voice, du bulletin météo, de Plus belle la vie, de Confessions intimes ou des débilités d'M6 ou sur ces hypnotisés de l'info en continu et des priorités au direct de la TNT ou encore les cas les plus désespérés s'enquillant sans broncher 3 épisodes des Experts chaque soir depuis 10 ans ?[2] Autant de programmes d'ailleurs passablement commentés en simultané sur Twitter et Facebook, ce qui en facilite l'éloignement ces soirs-là.
Toxico potentiel, je n'en reste pas moins un gars sympa. Et, comme j'ai quand même bien envie de voir ce reportage :
Si vous êtes accroc aux réseaux sociaux, blog ou site SNCF.
Si vous le vivez vraiment mal, en menaçant de dépecer votre entourage au smartphone.
Si, pour combattre cette addiction à la notoriété facile, vous souhaitez la confesser face caméra à la France entière.

Contactez-moi, je transmettrai votre dossier à la télé.

Dis-lui merde au réseau. Ensemble nous guérirons !
[1] Ignorés aussi les côtés positifs d'une présence active sur les réseaux sociaux, ces dizaines de personnes que j'ai rencontrées en vrai via Twitter ou Facebook, ou des opportunités professionnelles que l'on y décroche. J'ai pourtant de beaux exemples.
[2] A mon sens, bien plus inquiétant que de parler avec ses potes en ligne.

Laurence Parisot : A moi les bons plans de l'état providence ! (Slovar)

Laurence Parisot : A moi les bons plans de l'état providence !
Laurence Parisot, la grande pourfendeuse des dépenses publiques vient de rejoindre le Conseil économique social et environnemental où elle touchera 3786,76 euros mensuels issus du budget de l'état. Institution où elle pourra continuer à fustiger le gouvernement et ses dépenses improductives.


Depuis mardi, le Conseil Economique, Social et Environnemental compte un nouveau membre. Il s'agit de Laurence Parisot qui comme l'écrivent Les Echos : « (...) profite d’être encore en poste pour intégrer le Conseil (...) pour un mandat de cinq ans (...) » Elle y retrouvera plusieurs membres du Medef qui siègent déjà dans le groupe des entreprises dont Benoît Roger-Vasselin, l'actuel Président de la Commission Relations du Travail, Emploi et Formation de l'organisation patronale.
 
Mais au fait, direz-vous c'est quoi, et à quoi ça sert le Conseil Economique, Social et Environnemental ?
 
C'est une institution consultative : « Représentant les principales activités du pays, le Conseil favorise leur collaboration et assure leur participation à la politique économique, sociale et environnementale de la Nation. Il examine les évolutions en matière économique, sociale ou environnementale et suggère les adaptations qui lui paraissent nécessaires
 
Oui mais encore ?

Le CESE est composé de 233 membres nommés pour un mandat de cinq ans selon deux modes de désignation. La plupart sont nommés par les organisations qu’ils représentent. Les salariés sont ainsi représentés par 69 membres, choisis par les syndicats eux-mêmes, tandis que le patronat choisit 27 représentants, les artisans 10, etc. Il compte aussi des membres représentant les professions libérales, les agriculteurs, le monde associatif... précise Slate

Autre particularité de l'institution : Etre un point de chute amical pour des amis politiques. Si la nomination de Georgette Lemaire, alors dans la misère, par François Mitterrand avait fait les choux gras de la presse de l'époque, Nicolas Sarkozy fait partie de ceux qui s'en sont le mieux servi.
 
Rue89 nous donnait une liste des titulaires de cette « charité » d'un nouveau genre : « (...) deux ont été de proches conseillers de Nicolas Sarkozy (Pierre Charon et Raymond Soubie), dix-neuf ont été candidats (et souvent élus) à des mandats sur des listes de l’UMP ou de partis associés, deux sont impliqués dans de savants jeux de chaises musicales : la conseillère générale des Hauts-de-Seine Danièle Duchaussois a libéré « son » canton pour assurer la réelection d’Isabelle Balkany, le maire de Meudon, Hervé Marseille a démissionné de l’Epad au profit de Jean Sarkozy »

En ce qui concerne ces impétrants, on parle, dans ce cas, de nommés : « au titre des personnalités qualifiées choisies, en raison de leur expérience dans le domaine économique ».
 
Et que font les membres du Conseil Economique, Social et Environnemental ?

Public Sénat n'est pas tendre : « (...) Produire des rapports et des avis qui, la plupart du temps, passent complètement inaperçus (...) La 3ème chambre constitutionnelle, située place d’Iena, n’est souvent qu’un Palais désert (...) »
 
Et combien ça coûte ?

« Le budget du Conseil économique, social et environnemental est voté chaque année par le Parlement, dans le cadre de la loi de finances, au titre de la mission “Conseil et contrôle de l’État”. En 2011, il représente 37,42 millions d’euros » peut on lire sur le site du Conseil Economique, Social et Environnemental. Quant à la rémunération des membres, elle est assez correcte en ces temps de disette budgétaire, puisqu'elle s'élève à ... 3 786,76€ mensuels.
 
On pourra s'étonner que notre amie Laurence qui déclarait, il y a encore peu : « Nous avons besoin de faire des économies. La France est addicte à la dépense publique et il faut qu'on sorte de cette logique-là » ne fustige pas le coût exhorbitif d'une institution dont l'utilité reste à prouver.
 
Tout comme on pourra également s'étonner que madame Parisot, afin de montrer l'exemple, n'ait pas décidé de siéger bénévolement. Car, avec sa rémunération issue de l'IFOP et ses jetons de présence d'administratrice de société du CAC 40, la logique aurait voulu qu'elle ne touche pas son indemnité de membre afin de ne pas augmenter le déficit de l'état.

Oui, mais l'état providence que Laurence Parisot et le Medef rêvent de démanteler à parfois de bon côtés. Il suffit simplement de connaître ses bons plans ...

 
Crédit et copyright photo

Jacques Sapir : Dépense publique insoluble avec la logique de l'euro (jaiundoute)



Affaire Snowden : quand le sage montre du doigt la violation des libertés fondamentales