mardi 11 octobre 2016

Un bien commun sauvé du béton et créateur d’emplois : les marais salants de Guérande (Basta)

Un bien commun sauvé du béton et créateur d’emplois : les marais salants de Guérande

par
Dans le marais de Guérande, au sud de la Bretagne, on produit du sel depuis un millénaire. Ce sel, que les paludiers récoltent chaque année par milliers de tonnes, est un peu un miraculé. Dans les années 70, une autoroute menace de noyer la zone sous le béton. La lutte collective contre ce qu’on n’appelait pas encore un « grand projet inutile » a permis de sauver ce coin de nature exceptionnel. Aujourd’hui, 300 paludiers y vivent et y travaillent, préservant un milieu naturel et des savoir-faire exceptionnels. Une partie d’entre eux a choisi de mettre en commun la gestion des récoltes. Reportage.
Il est à peine 9 heures, mais le soleil est déjà chaud dans les marais salants de Mesquer, en Loire-Atlantique, ce vendredi de septembre. Eva, paludière depuis 12 ans, arpente sa saline au pas de course. Armée de son las – fine planche rectangulaire fichée sur un manche de cinq mètres de long – elle décolle le gros sel du fond des bassins, et le ramène sur le bord où il sèchera toute la journée. Elle le récoltera avant que pointe le crépuscule. « C’est ma seconde année de récolte ici, lance-t-elle en maniant son las avec agilité. Cette saline, qui était exploitée il y a une cinquantaine d’années, est ensuite restée en friche. On l’a remise en état avec une dizaine d’autres paludiers. »
Réhabiliter une saline exige un savoir-faire d’orfèvre : les bassins – ou œillets – dans lesquels se dépose le sel dessinent un labyrinthe très précis dans lequel l’eau de mer circule au fil de la saison de récolte, de juin à septembre. Séparés par des pontons d’argile, tous montés à la main, ces bassins sont légèrement bombés au milieu, pour accueillir le gros sel une fois l’eau évaporée. La fleur de sel se cueille sur les bords, à la surface de l’eau.

La solidarité comme moyen de survie

Formées par secteurs géographiques, et par affinités, les équipes dites « de chaussage » ont en charge l’entretien des salines, et leur remise en état si nécessaire. Elles sont un rouage essentiel du bon fonctionnement des marais, et assurent aux jeunes qui souhaitent s’installer la possibilité de le faire sur des lieux en friche. Personne n’est payé pour ces travaux de réfection et d’entretien. « C’est de l’entraide pure », dit Tony, paludier depuis 1998. « Quand l’un ou l’une de nous a un souci de santé, on se passe le mot, et on vient faire le boulot de préparation des salines pour la saison. Il est arrivé qu’on se retrouve à 30 sur une saline. Les désaccords que l’on peut avoir les uns avec les autres ne comptent pas dans ces moments là. Il faut faire le boulot ensemble, point. Ce sont des moments très impressionnants. Cette solidarité me plait beaucoup ; elle impressionne souvent les personnes qui nous rendent visite. »
« Ici, le gros du boulot se fait à la main, ajoute Pierre, né dans le marais et paludier depuis 2005. Nous ne sommes pas mécanisés du tout. Nous ne pouvons pas bosser les uns sans les autres. Nous n’avons pas le choix, c’est ça qui fait notre force. » « Sans cette solidarité, nous aurions disparu », disent les cueilleurs de sel, racontant comment le marais a failli être englouti sous le béton dans les années 70, avec un projet d’autoroute censée faciliter l’accès des touristes à la côte. Moins connue que la lutte menée au Larzac à la même époque, la bataille qui a eu lieu dans le pays de Guérande pour sauver les marais a été menée par des collectifs improbables, mais semblables à ceux qui nouent des alliances aujourd’hui dans les luttes contre les grands projets inutiles, à Notre-dame-des-Landes par exemple.
« Il y a eu une alchimie entre les anciens accrochés à leur territoire et des jeunes néo-ruraux, fermement décidés à vivre et travailler dans les marais », raconte Pierre. De nombreux citoyens, venus des villes et campagnes alentours ont participé à la lutte. Des naturalistes ont apporté leur soutien, en insistant sur le caractère remarquable de la biodiversité des marais salants.

20 millions d’euros de chiffre d’affaires, et un bilan carbone très faible

En 1996, vingt ans après son sauvetage, le marais est devenu à la demande du ministère de l’Environnement, un « site classé », c’est-à-dire un lieu dont le caractère exceptionnel justifie une protection de niveau national. Aujourd’hui, 300 paludiers y vivent et y travaillent. Les touristes affluent en nombre, et de partout, pour découvrir cet endroit singulier et le métier de ceux et celles qui récoltent le sel. La coopérative de Guérande, qui réunit 200 paludiers, écoule chaque année 13 000 tonnes de sel et réalise un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. « Tout ça avec de l’argile, des ardoises pour ouvrir et fermer les bassins, du soleil et de l’eau de mer. C’est fabuleux », sourit Pierre. « Et si on ne tient pas compte de la livraison aux clients finaux, le bilan carbone de la production de sel de Guérande est quasi-nul. »
« Cette embellie économique est liée à la gestion commune du territoire », estime Alain Courtel, qui a participé au processus de renaissance des marais [1]. En 1972, alors que le coin périclite doucement, notamment sous la pression du sel blanc industriel, les paludiers de Guérande créent une organisation de producteurs et mettent sur pied le stockage collectif de leur sel. Cela leur permet de lisser leurs revenus entre les bonnes et les mauvaises années, et de négocier les prix à plusieurs. Avec la création de la coopérative, en 1988, une nouvelle étape est franchie : les paludiers commencent à gérer la distribution de leur sel, sans passer par les négociants, qui ont la fâcheuse tendance de tirer les tarifs vers le bas. D’importants investissements sont réalisés pour augmenter les capacités de stockage, conditionner les produits, et assurer leur diffusion.
À partir de 1997, la coopérative commercialise la totalité du sel produit par ses adhérents. L’appellation a acquis ses lettres de noblesse. Le grand public reconnait dans le sel de Guérande un produit sûr et de qualité. « Il y a eu un gros travail sur la qualité du sel et la propreté des marais », précise Pierre. Les bâches pourries ont été mises de côtés, les morceaux de fer rouillés ont disparu, les marais se sont peu à peu débarrassés des décharges sauvages. Au bon entretien des marais s’ajoute une amélioration des techniques de récolte et de stockage. Longtemps moqué parce que trop gris et fait pour les pauvres, le sel de Guérande décroche le label rouge, puis le label Nature et Progrès, qui autorise une diffusion dans les magasins bios. « Une formation a été montée, ajoute Pierre. Elle a permis de renouveler la dynamique, de passer les savoir faire et d’attirer des jeunes non issus du milieu paludier. »

Un exemple de gestion des « communs » ?

Les marais salants de Guérande sont souvent cités comme une référence de « communs », ces biens gérés collectivement comme les « incroyables comestibles », les nappes phréatiques, ou encore ... Wikipédia. Étonnés, certains paludiers soulignent que les marais appartiennent à des propriétaires privés, même si une partie des œillets ont été rachetés par un groupement foncier agricole (GFA) dans les années 1970.
« Ce qui est partagé ici, c’est la participation à construire et protéger une ressource : le sel, et son milieu de production : le marais, détaille Hervé le Crosnier, enseignant chercheur à l’université de Caen, et membre de l’association Vecam [2]. On est donc bien dans les communs. Mais on ne le réalise pas forcément d’emblée. Les communs sont souvent là depuis toujours et on en prend conscience quand ils sont menacés. On le constate avec toutes les luttes contre les projets miniers qui menacent la ressource en eau en Amérique latine, ou encore la lutte contre les gaz de schiste en France. Quand on prend ainsi la défense d’une ressource, on redécouvre son importance et sa qualité. On apprend aussi à s’organiser collectivement, à s’exprimer, à se frotter aux autres. C’est un bon outil d’éducation populaire [3]. »

Pluie et beau temps sur les marais salants

Après les risques de bétonnage des années 70, les habitants du marais ont dû affronter le naufrage de l’Erika, en 1999. Un travail de titan est alors accompli par les paludiers pour empêcher le pétrole de rentrer dans les œillets. Mais après l’élan collectif de sauvetage, de vives tensions apparaissent entre paludiers. Certains veulent faire du sel à tout prix, d’autres préfèrent encaisser une année sans production, de peur de voir les marais se polluer. « C’était chaud bouillant, se souvient-on dans le pays. Des équipes gardaient les barrages la nuit pour être sûres que les autres n’ouvrent pas les vannes qui laissent passer l’eau de mer dans les étiers. » Mais la lutte collective se fraie malgré tout un espace et les paludiers réussissent en juin 2007 à obtenir des indemnisations du fonds d’indemnisation des pollutions par hydrocarbures (Fipol), pour la récolte de sel qu’ils n’avaient pas pu produire en 2000. Et en janvier 2008, une nouvelle victoire est décrochée par les paludiers : le syndicat, affilié à la Confédération paysanne, obtient 370 000 euros de dédommagement pour les actions entreprises contre la pollution au moment du naufrage.
Après quelques années difficiles, la production de sel est finalement repartie à la hausse. Le choc de l’Erika a finalement été encaissé. Pour cette saison 2016, le temps était parfait : beaucoup de soleil, et du vent. « C’est idéal pour l’évaporation de l’eau. La récolte a été belle, surtout en fleur », dit Pierre. Les stocks sont assurés pour un moment. « Certains des adhérents de la coop galèrent encore mais nous sommes beaucoup à vivre très correctement », constate Pierre, qui, en lissant son temps de travail sur l’année, pense être aux trente-cinq heures, « voire un peu moins ». La situation est parfois plus délicate pour la centaine de paludiers qui ont choisi de rester indépendants, avec des petites surfaces. Arrivé dans les marais en 1993, Tony fait parfois des chantiers dans le bâtiment, l’hiver, pour boucler son budget. « Ceux qui sont à la coopérative ont aussi plus de temps à cette époque pour entretenir leur saline, constate Tony. Ils ont aussi plus de temps personnel, puisqu’ils n’ont pas besoin de vendre leur production. Perso, je n’ai que rarement des week-ends. Pour la vie de famille, ce n’est pas idéal. »

La coopérative de Guérande peut-elle perdre son âme ?

Installé à son compte depuis 1998, Tony n’a pourtant jamais voulu adhérer à la coopérative. « Je n’ai qu’une trentaine d’œillets, explique-t-il. Et je ne souhaite pas en avoir plus, cela augmenterait ma quantité de travail et le boulot de paludier, c’est très physique ! » La production que l’on peut tirer de 30 œillets est trop faible pour tirer un revenu en vendant son sel à la coopérative. « La coopérative l’achète moins cher, puisqu’elle le commercialise ensuite, c’est normal. » Mais Tony tient à sa liberté, et, surtout, il veut savoir où va son sel. « J’aime être en lien direct avec mes clients, insiste-il. Certains boulangers m’achètent du sel depuis presque 20 ans. Je n’imagine pas perdre cela. Je sais pour qui et pour quoi je récolte du sel. Je ne souhaite pas vendre en grande surface par exemple. Or, la coopérative le fait. »
Cette liberté de choix et cette maîtrise intégrale du produit de son travail manquent à certains paludiers de la coop. « On récolte notre sel, là, en se disant que c’est peut-être pour qu’il parte à l’autre bout du monde. Cela fait un bilan carbone non négligeable. Et qui peut se payer du sel de Guérande dans les pays où on exporte ? Franchement, tout cela me pose question », lâche Eva.
Si elle reste dirigée par un conseil d’administration de paludiers, la coop, en grossissant, échappe un peu à ses fondateurs. C’est en tout cas le sentiment de certains professionnels des marais, qui regrettent le côté très « technico-commercial » de la coopérative. Ils craignent que les membres du conseil d’administration se fassent happer par les sirènes du management, du commerce et du marketing. « Quand la direction aligne des chiffres, et manie des concepts économiques et commerciaux que l’on ne maîtrise pas, que dire ? » , soupirent les paludiers, soumis au mêmes dilemmes que certains de leurs collègues paysans, qui ont vu leurs coopératives leur échapper peu à peu. Mise en place pour sécuriser les revenus des paludiers, et assurer la sauvegarde d’un milieu de travail exceptionnel, la coopérative de Guérande, dont les responsables n’ont pas souhaité répondre aux questions de Basta !, risque-t-elle de se transformer en une grosse machine exclusivement tournée vers la conquête des marchés ?
Texte et photos : Nolwenn Weiler

Notes

[1Voir le témoignage recueilli lors des rencontres de Guérande organisées en 2013 par l’Université internationale terre citoyenne (UITC).
[2L’association Vecam défend la citoyenneté numérique. Elle a participé du retour de la notion de « communs » en France, ces 10 dernières années.
[3Sur la question des communs, lire les ouvrages suivants : En communs, d’Hervé le Crosnier ou Le retour des communs, sous la direction de Benjamin Coriat.

lundi 10 octobre 2016

Le grand retour de l’herboristerie (Reporterre via Les moutons enragés)

Le grand retour de l’herboristerie

8 octobre 2016 / Émilie Massemin (Reporterre)



Conseiller de l’huile de millepertuis contre les brûlures ou de la tisane de bruyère contre les cystites est interdit par la loi française. Pourtant, le savoir-faire des herboristes rencontre une demande grandissante. Depuis quelques années, ils se battent pour une réhabilitation de leur profession et la mise en place de règles, notamment de récolte des plantes sauvages.

Drôle d’endroit pour chercher des plantes médicinales. Les herbes folles bataillent contre les graviers, s’emmêlent aux anciens rails de la petite couronne parisienne. Elles achèvent d’ensauvager les murs couverts de graffitis, d’aspect misérable sous le ciel gris de cette après-midi de juin. Pourtant, le regard de Thierry Thévenin, paysan-herboriste à Mérinchal (Creuse) et porte-parole du Syndicat des simples, fouille attentivement les touffes végétales. « Une mercuriale annuelle, s’exclame-t-il devant une plante d’une taille modeste, aux minuscules pétales verts. Elle est beaucoup utilisée en médecine pour ses vertus purgatives. À l’époque, les gens la consommaient pour leurs problèmes de scrofule. » Un peu plus loin, c’est Christophe de Hody, naturopathe et animateur de sorties sur les plantes sauvages, qui repère une herbe au chantre à la longue tige raide ramifiée et aux petites fleurs jaunes, « très efficace contre les maux de gorge ».
JPEG - 285.6 ko
Jean-Christophe de Hody (à gauche) et Thierry Thévenin.
Mais la vedette de la sortie reste le millepertuis perforé : « Il est souverain pour les plaies, les brûlures et les contusions, explique Thierry Thévenin. L’huile est très facile à préparer : quand les fleurs sont ouvertes, on les cueille, on les met dans un pot à confiture qu’on remplit d’huile d’olive et on met au soleil près de la fenêtre. Quand la préparation est rouge, c’est prêt ! » L’auteur d’un Plaidoyer pour l’herboristerie en profite pour rappeler les différentes façons de se soigner grâce aux plantes — la « galénique traditionnelle » de l’herboriste : « Le plus simple, c’est de mâchonner et de recracher. Sinon, on peut faire sécher les plantes et les consommer en tisane ou en décoction, ou les préparer en sirop ou en teinture mère. »
Ces recettes, on peut les retrouver sur les étagères de l’herboristerie du Palais-Royal, dans le 1er arrondissement de Paris. Marie-Josée y pioche des soins contre le cholestérol. « C’est une démarche globale, j’ai d’ailleurs une alimentation très stricte, confie la retraitée. J’évite ainsi de prendre des médicaments, dont je redoute les effets secondaires. » Marine, enceinte, est venue chercher une huile contre les vergetures. Débutante, elle est conseillée par Mina. « À la toute fin de votre grossesse, la tisane de feuilles de framboisier peut faciliter l’accouchement, indique la vendeuse, forte de ses trente ans d’expérience dans la boutique. Pour l’allaitement, commencez par laisser faire la nature. Mais si ça ne marche pas trop, la tisane spéciale lactation, un mélange autour du fenouil, peut donner un coup de pouce. » La jeune femme, ravie, sort de la boutique son cabas dans la main : « Je reviendrai ! »

« Nous faisons ce métier parce que nous aimons les plantes »

Du sous-bois à la boutique, l’herboristerie demande une grande polyvalence. « L’herboriste va reconnaître, traiter et conseiller les plantes ; il va être à la fois botaniste, cueilleur, producteur, conseiller et vendeur », énumère Patrice de Bonneval, fondateur de l’École lyonnaise des plantes médicinales. Ses remèdes sont destinés à soulager toutes sortes de troubles communs — problèmes digestifs, rhume, ménopause, stress, etc. Impossible néanmoins de réduire ce savoir-faire à une série de connaissances et de gestes techniques. « Nous faisons ce métier parce que nous aimons les plantes, la nature, que nous aimons les gens et que nous souhaitons les soigner », poursuit ce passionné, formé à la faculté de pharmacie de Nantes, conquis par l’herboristerie « après avoir rencontré un petit pépé en Vendée, avec son âne, son chariot rempli de plantes et ses livres. Je me suis dit que c’était trop joli, que j’avais envie de faire ça moi aussi ».
JPEG - 300.3 ko
L’herboristerie du Palais-Royal.
Ce savoir-faire ancestral suscite un intérêt grandissant. Mina l’observe depuis son comptoir de l’herboristerie du Palais-Royal : « Il y a trente ans, nous recevions surtout des personnes d’un certain âge. Mais, depuis quelques années, il y a de plus en plus de clients ; des jeunes qui viennent pour des petits bobos comme de l’acné, des problèmes de mémoire, des troubles du sommeil… et qui ne veulent plus prendre de médicaments. » Pour Michel Pierre, gérant de l’herboristerie depuis quarante-cinq ans, « les gens veulent se soigner avec des remèdes simples, qui rendent possible l’automédication. Ils ont été échaudés par les derniers scandales dans l’industrie pharmaceutique. En parallèle, les préoccupations écologiques augmentent. » La démarche est citoyenne, quasi politique, confirme Thierry Thévenin : « À chaque chaos social, les gens reviennent aux plantes sauvages. »
Plus étonnant, les formations en herboristerie ne désemplissent pas. Ferny Crouvisier, présidente de l’Association pour le renouveau de l’herboristerie, le constate année après année : « Quand j’ai appris le métier il y a vingt ans, nous étions sept dans mon école. C’étaient surtout des femmes âgées de 40 à 50 ans, qui se souvenaient que leurs grands-mères allaient cueillir des plantes pour les tisanes et voulaient retrouver ce savoir-faire pour soigner leur famille. » Depuis, les profils se sont diversifiés : plus jeunes, de plus en plus d’hommes, des projets professionnels liés aux plantes. Et de plus en plus de monde. « À l’École lyonnaise des plantes médicinales, nous comptons actuellement 1.200 élèves, dont 600 font de l’herboristerie pure », calcule Patrice de Bonneval.

« Le problème est d’ordre plus économique que sanitaire »

Pourtant… la profession d’herboriste n’existe plus, en tout cas dans les textes. Ida Bost a réalisé une thèse d’ethnologie sur les herboristes en France de 1803 à nos jours. « L’herboristerie a été reconnue comme métier entre 1803 et 1941, rappelle la chercheuse. Au XIXe siècle, c’était un métier de personnes modestes, en particulier de femmes ; puis, les herboristes se sont structurés en syndicats qui contrôlaient des écoles. Ils ont fourni un travail énorme pour changer l’image de ce métier, lui donner une apparence plus scientifique. » Las, les coups de boutoir de l’Association générale des pharmaciens de France, qui souhaitait obtenir le monopole de la vente de plantes médicinales, ont fini par atteindre leur but : la loi du 11 septembre 1941 relative à l’exercice de la pharmacie a supprimé le diplôme d’herboriste. Une spécificité française, puisque la profession est reconnue au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne, en Suisse et en Italie.
Alors que les livres se multiplient sur les vertus thérapeutiques de tel ou tel végétal, les vendeurs de plantes et de tisane n’ont plus le droit de présenter leurs produits comme des remèdes. Depuis 2008, ils ne disposent plus que de 148 végétaux inscrits sur décret, alors que « le botaniste français Paul Victor Fournier (1877-1964) a recensé quelque 1.500 plantes médicinales », s’agace Thierry Thévenin. Jean-François Astier, fondateur de Natura Mundi et de l’École française d’herboristerie, regrette que la directive européenne de 2002 sur les compléments alimentaires, qui élargit l’autorisation de commercialisation à 600 plantes environ, « ne s’applique qu’aux produits dosés — gélules, gouttes, comprimés ». Résultat, « nous avons le droit de vendre des gélules et des extraits concentrés de bruyère, mais pas de tisane de bruyère pour soigner les cystites », déplore Michel Pierre.
JPEG - 172.4 ko
L’herboristerie du Père Blaize, à Marseille, vers 1920.
Ce dernier a déjà fait l’objet de poursuites judiciaires à trois reprises pour « exercice illégal de la pharmacie » — alors qu’il est pharmacien de formation. « Mais vous n’êtes pas sans savoir qu’on n’est pharmacien que si l’on a payé sa cotisation à l’Ordre des pharmaciens », ironise-t-il. Pour Guillaume Cousyn, chargé des autorisations sur les compléments alimentaires à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCR), « le problème est d’ordre plus économique que sanitaire. Si une plante est admise en complément alimentaire, c’est qu’elle ne présente pas de risque (sauf contre-indications : femmes enceintes, enfants...). Il n’y a aucune raison d’interdire ces plantes en l’état. La situation est bloquée par l’Ordre des pharmaciens, qui bénéficie d’un monopole aberrant et idiot ». Contacté l’été dernier par Reporterre, l’Ordre des pharmaciens n’a pas donné suite à nos questions.

Consolider le soutien politique

En 2011, Jean-Luc Fichet, alors sénateur (socialiste) du Finistère, propose de recréer une profession et un diplôme d’herboriste. Mais sa proposition de loi est restée lettre morte. Depuis, les herboristes s’organisent pour relancer le processus. « Il y a des questions auxquelles il faut apporter des réponses : qu’est-ce qu’un herboriste ? Qu’est-ce qu’on attend d’une certification et comment la mettre en place ? Comment intégrer toute la filière, recherche et enseignement compris ? » admet Jean-François Astier. Pour y réfléchir, les professionnels de la filière se réunissent en congrès annuel depuis quatre ans. Le dernier, qui s’est déroulé les 23 et 24 avril 2016 à Paris, a rassemblé 600 inscrits — trois fois plus qu’à la première édition.
En septembre 2014 est créée la Fédération française des écoles d’herboristerie. Elle regroupe les six écoles reconnues par la communauté : l’École lyonnaise des plantes médicinales, l’Association pour le renouveau de l’herboristerie, l’École bretonne d’herboristerie, l’École des plantes de Paris, l’École française d’herboristerie et l’Institut méditerranéen de documentation, d’enseignement et de recherche sur les plantes médicinales. À la Fédération de définir un tronc commun d’enseignements, de connaissances et de savoir-faire, qui dessinerait les contours d’un futur diplôme accessible en deux ou trois ans. « Nous essayons de proposer les mêmes disciplines pour tous : botanique de terrain, anatomie-physiologie, pharmacognosie [l’étude des principes actifs des plantes], herboristerie pratique avec apprentissage des galéniques traditionnels… » énumère Ferny Crouvisier.
JPEG - 46.3 ko
Le millepertuis perforé, « souverain pour les plaies, les brûlures et les contusions ».
Le syndicat Synaplante, lancé fin 2015 et présidé par Michel Pierre, doit également accompagner le processus. Reste le soutien politique à consolider : en avril dernier, à Plounéour-Ménez (Finistère), le sénateur (EELV) du Morbihan Joël Labbé et celui (PS) du Finistère Jean-Luc Bleunven ont indiqué envisager la demande d’un rapport parlementaire sur le métier d’herboriste, qui permettrait de déposer ensuite une proposition de loi.

« S’assure de la qualité des professionnels »

L’enjeu est de taille, afin notamment d’éviter certaines dérives, analyse Ida Bost : « Le milieu de l’herboristerie n’est pas encore très homogène. Derrière cette certification, il y a l’idée que la profession se dote de certaines règles, qu’elle s’assure de la qualité de ses professionnels. »
Pour Ferny Crouvisier, il s’agit d’une étape nécessaire pour assurer la durabilité de la filière. « Il faut veiller à ce que les plantes ne soient pas cueillies et utilisées à tout va. Avant, les gens cueillaient autour de chez eux et veillaient à en laisser pour l’année suivante. Maintenant, on voit des équipes de cueilleurs qui parcourent la France avec des camions frigorifiques ! Quand je vois la quantité de plantes nécessaires pour faire de l’huile essentielle, et qu’on en met dans la lessive… » Aujourd’hui, la tentation est trop grande d’acheter les mélanges de plantes interdits sur Internet, sans possibilité de tracer leur provenance.
JPEG - 38.2 ko
L’herbe au chantre (« Sisymbrium officinale »), « très efficace contre les maux de gorge ».
Synaplante travaille également sur un code de déontologie, lequel rappelle entre autres que l’herboristerie se place en complémentarité et pas en opposition avec la médecine allopathique. « Dans ma pratique de comptoir, il m’arrive très souvent de renvoyer les gens vers le médecin ou le pharmacien pour connaître le diagnostic, et de travailler en complémentarité avec le traitement », explique Jean-François Astier. « Je n’ai jamais entendu aucun herboriste dire qu’il fallait arrêter les médicaments, souligne Ida Bost. Même s’ils en disent du mal, ils disent qu’ils sont nécessaires pour soigner les pathologies les plus graves. »

dimanche 9 octobre 2016

Quand l’ordre mondial fait sa crise (Une notedesprit via Les brindherbes engagés)

QUAND L’ORDRE MONDIAL FAIT SA CRISE

Charles Gave: 70% des banques européennes en état de quasi faillite

Le 13 Oct 2014 
Le lundi 13 octobre 2014, La santé des banques européennes préoccupait Charles Gave, dans les Experts présentés par Nicolas Doze, sur BFM Business.

samedi 8 octobre 2016

Dans les maisons de retraite, manque de moyens et conditions de travail dégradées rendent la situation « explosive » (Basta)

Dans les maisons de retraite, manque de moyens et conditions de travail dégradées rendent la situation « explosive »

par


« On marche sur la tête ! », alerte une aide-soignante. Tandis que les baby-boomers quittent le monde du travail et que la population vieillit, les réductions budgétaires dans les maisons de retraite déstabilisent le travail des personnels. Les repas, les soins, l’hygiène, de même que les activités proposées aux personnes âgées subissent de plein fouet ces politiques d’austérité – quand il s’agit du public – ou de « préservation des marges » – lorsqu’il s’agit du privé. Pour quelles conséquences ? Une pression devenue insupportable pour les soignants, et des conditions d’accueil à la limite – voire au delà – de la maltraitance pour les résidents. Témoignages sur une situation explosive.
Les grèves de personnels de maisons de retraite se sont multipliées depuis le printemps, en Ile-de-France, à Niort, à Bordeaux, ou encore en Indre-et-Loire, dans des établissements privés comme publics. Les grévistes dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, le manque de personnel, le non remplacement des salariés malades, le recours systématique aux vacataires et CDD… et l’effet désastreux de ces politiques sur les conditions de vie des résidents. Du fait du vieillissement de la population, ceux-ci sont de plus en plus nombreux : environ 700 000 personnes vivent en maison de retraite [1].
Pour en prendre soin, 360 000 professionnels s’activent à leurs côtés : infirmiers, aides médico-psychologiques, aides-soignants, agents de service hospitalier, cuisiniers, ou encore animateurs [2]. Les résidents intègrent une maison de retraite à plus de 80 ans en moyenne, et sont de plus en plus dépendants. « La forte dépendance des résidents contribue à faire réaliser aux professionnels des prises en charge plus lourdes, demandant donc un temps accru, qui ne sont pas compensées par un accroissement des moyens humains », pointe une toute récente étude du ministère de la Santé [3].

Une douche par semaine... voire toutes les deux semaines

« Aujourd’hui, avec les réductions de personnel, nous ne pouvons plus donner qu’une vraie douche par semaine aux résidents. Et encore, parfois c’est une douche toutes les deux semaines », témoigne Anne, aide-soignante dans un établissement public d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) dans une commune rurale près de Tours. Elle et ses collègues sont en grève depuis mai dernier pour demander davantage d’effectifs et de meilleures conditions de travail. Depuis cinq mois, tous les jours, elles se déclarent grévistes. Elles sont néanmoins assignées à travailler quand même pour dispenser les soins. Leur mouvement vient d’être reconduit jusqu’au 18 octobre.
« Nous ne demandons pas d’augmentation de salaire. Nous voulons simplement des conditions de travail dignes. Lors des négociations, on nous dit que pour donner de l’oxygène au personnel, il suffit de ne donner aux résidents qu’une douche tous les 10 à 12 jours, et de l’expliquer aux familles. Mais nous ne pouvons pas accepter cela. Je ne peux pas défendre ça devant les familles ! Chez nous, tous les départs en retraite depuis 2014 ont été couverts par des contractuels, avec des temps partiels imposés, et des horaires qui changent tout le temps. Dans ces conditions, c’est impossible pour les filles de chercher du travail ailleurs pour compléter un temps partiel. Elles sont vraiment exploitées. »

Une employée renvoyée... après neuf ans de CDD

Anne est devenue aide-soignante après une reconversion, à 40 ans passés. « C’est toujours ce que j’avais voulu faire, et j’aime mon métier. » Il est pourtant difficile, mentalement et physiquement. « Dans notre établissement, les résidents entrent souvent à plus de 85 ans. Ils arrivent de plus en plus dépendants. Nous avons trois ou quatre centenaires. Et la moyenne d’âge du personnel est de 48 ans. Pour un travail aussi physique, ce n’est pas toujours facile. » Alors, quand les salariés malades ou en disponibilité ne sont pas remplacés pour faire des économies, continuer en se taisant devient impossible.
« Une nouvelle direction est arrivée en 2015. Elle a renvoyé les remplaçantes qui étaient en CDD. Puis les a reprises, mais uniquement sur des contrats au mois. Quand nous nous sommes mises en grève, cela faisait un an que nous subissions cela. Nous avions une collègue qui était en CDD depuis neuf ans, comme agente de service hospitalier. La direction l’a jetée, sachant qu’elle était sur le point de finir une validation des acquis de l’expérience pour acquérir le grade « d’aide-soignante », souligne Anne. C’est ce jour-là que les salariés se sont mis en grève. Il y avait alors six personnels de soins au lieu des neuf normalement nécessaires, « pour 83 résidents à lever, faire manger, laver… ». Soit une aide-soignante pour 14 personnes de plus de 85 ans.

Des élus qui « ne se sentent pas concernés »

C’est la première fois de sa vie qu’Anne fait grève. Ce qu’elle ressent, après cinq mois de cette lutte peu visible puisque le travail est fait chaque jour sur réquisition, c’est un grand mépris de la part des pouvoirs publics. Pour elles, aides-soignantes et agents de service, et pour les résidents. « Nous avons rencontré toutes les instances, l’Agence régionale de santé, le Conseil départemental, la maire de la commune qui est aussi présidente du conseil d’administration de l’établissement. Nous leur avons dit à tous la même chose : “les conditions de travail se sont fortement dégradées, cela ne peut plus durer”. »
Ces démarches n’ont rien donné de concret pour l’instant. « Nous avions déjà alerté en décembre les élus municipaux de la situation, sans réponse. Personne n’a réagi. Aucun membre du conseil municipal n’est venu nous voir. Nous avons l’impression que nos dirigeants ne se sentent pas concernés par ce qui se passe dans les maisons de retraites », conclut l’aide-soignante.

Équation intenable

Pourtant, la pression que subissent les personnels a des conséquences directes sur les résidents. « Certains soignants ont aussi un diplôme d’aide médico-psychologique. Ils sont là pour aider les gens les plus en difficulté. Normalement, du temps est dégagé pour cela. Mais ce temps, nous ne l’avons plus ! », décrit Anne. « Il y a des personnes atteintes d’Alzheimer, très angoissées. Ces postes nous permettaient de calmer ces angoisses. Nous avions mis en place de la relaxation, des discussions, des massages, pour traiter les personnes dépendantes comme des êtres humains et pas seulement comme des résidents qui mangent et qu’il faut laver. Nous faisions de la gym douce et des ateliers l’après-midi. Nous ne pouvons plus. Aujourd’hui, il y a même des salariés de l’équipe de nuit qui doivent coucher des résidents à minuit parce que nous n’avons pas assez de personnels pour le faire le soir. Des infirmiers sont obligés de venir aider à laver la vaisselle et à préparer les petits-déjeuners ! Le résident n’est plus pris en compte. On fait des économies sur de l’humain. On marche sur la tête ! »
L’équation devient d’autant plus intenable que les institutions leur en réclament toujours plus, avec toujours moins. « Avec la prévention antiterroriste, des caméras ont été installées à l’entrée de l’établissement. On nous demande qu’une personne surveille en permanence les écrans. Or, le week-end, il n’y a personne à l’accueil. C’est une aide-soignante qui doit le faire, rapporte Sandrine Ossart, aide-soignante dans une petite maison de retraite privée à Nantes. C’est impossible ! Nous ne sommes pas assez nombreuses pour avoir quelqu’un devant les écrans toute la journée. »

« Les pouvoirs publics n’appliquent rien de ce qu’ils préconisent »

Pourtant, les plans « dépendance », « canicule » ou « Alzheimer » se sont succédé. « En, 2012, avec le plan Alzheimer, des moyens avaient été débloqués. Mais depuis quatre ans, c’est une catastrophe ! Dans mon établissement, nous avons un pôle de soins dit "adaptés" pour les personnes les plus dépendantes. L’Agence régionale de santé dit qu’il faut deux personnes pour y travailler. Mais elle ne nous donne les moyens que pour une seule. Les pouvoirs publics n’appliquent rien de ce qu’ils préconisent, » poursuit-elle.
Résultat : sans les moyens nécessaires, la masse de travail augmente pour les personnels, et les conditions se dégradent. « Dans mon établissement, chaque aide-soignante doit faire la toilette de 12 résidents chaque jour », déplore Sandrine Ossart. Or, laver des personnes dépendantes qui, pour beaucoup, ne peuvent pas se lever de leur lit, prend du temps et beaucoup d’énergie. Ailleurs, l’« objectif » managérial à remplir peut monter jusqu’à 15 toilettes par jour pour une seule salariée. Il faut donc se dépêcher toujours plus pour les réaliser.
Ce constat vécu au quotidien par les personnels soignants est confirmé par la récente étude du ministère de la Santé sur les conditions de travail en maison de retraite. « La principale conséquence des évolutions du public [c’est-à-dire des résidents, ndlr] et des modes d’organisation durant la période récente est l’intensification des cadences qui apparaît, sans augmentation importante des moyens, comme la seule possibilité pour effectuer l’ensemble des tâches imparties aux soignants », expliquent les auteurs.

« Nos groupes maintiennent leurs marges opérationnelles »

Face à ces difficultés, que font les autorités ? Qu’il s’agisse de maisons de retraite publiques ou privées, ce sont en partie les pouvoirs publics qui les financent, à travers une convention tripartite entre l’établissement, le conseil départemental et l’agence régionale de santé (ARS) – c’est à dire l’État. Dans ces conventions, les effectifs sont définis et budgétisés. Mais sur le terrain, les embauches ne suivent pas toujours, les remplacements non plus.
« Nous n’avons pas accès à ces conventions. Nous ne savons pas ce que les tutelles, ARS et conseils départementaux, donnent à nos établissements, précisent Guillaume Gobet et Albert Papadacci, cuisiniers en maison de retraite privée et responsables syndicaux dans deux des plus importants groupes privés à but lucratif du secteur. Ce que nous savons, c’est que le bénéfice est le nerf de la guerre. Nos groupes maintiennent leurs marges opérationnelles en jouant sur les CDD. Les directions réduisent aussi de plus en plus les coûts sur l’entretien, le matériel – comme les gants – et la cuisine. On fait baisser les coûts en cantine, avec une dégradation des produits et des rations. Face à cette situation, nous n’avons pas de soutien des tutelles. Car moins elles donnent, mieux elles se portent. »

« De l’argent, si on veut il y en a »

Une place en maison de retraite coûte cher. Au moins 1 800 euros dans l’établissement public où travaille Anne, 3 à 4 000 euros dans le privé. Anne, elle, gagne 1 600 euros nets par mois, en travaillant en horaires décalés, et un week-end sur deux. Dans la maison de retraite de Sandrine Ossart, à Nantes, aucune catégorie de personnel, sauf ceux qui sont au Smic, n’a été augmentée depuis six ans. « Les aides-soignantes finissent par être payées au même niveau que les agents de service. Dans ces conditions, notre diplôme ne vaut plus rien. Nous ne trouvons plus d’aides-soignants à embaucher dans nos maisons. Et ce sont des personnels sans diplôme qui arrivent. Tant que les familles ne se plaindront pas pour demander des conditions de prise en charge dignes et les conditions de travail qui vont avec, rien ne changera. »
Avec un nombre de personnes de plus de 85 ans qui devrait quadrupler en France d’ici 2050, passant de 1,4 à 4,8 millions, et donc un besoin en personnels de maisons de retraite qui va s’accentuer d’année en année, il serait pourtant urgent que la situation évolue [4]. « Les autorités tentent de mettre le dossier de la dépendance dans un tiroir. Mais un jour, il va exploser », alertent Albert Papadacci et Guillaume Gobet. « On nous fait des grands plans “Alzheimer“, des plans “canicule“, mais il n’y a pas les moyens pour les mettre en œuvre, pointe Anne. C’est de la maltraitance institutionnelle. De l’argent, si on veut, il y en a. C’est une question de volonté. »
Rachel Knaebel


Notes

[1Fin 2011, 693 000 personnes vivaient dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées, selon une étude de 2014 de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé. Cela représentait 5,5 % de plus qu’à la fin 2007.
[2En équivalents temps plein. Source : « Des conditions de travail en EHPAD vécues comme difficiles par des personnels très engagés », Les Dossiers de la Drees, n°5, septembre 2016.
[3« Des conditions de travail en Ehpad vécues comme difficiles par des personnels très engagés », Les Dossiers de la Drees, n°5, septembre 2016.
[4Source.

Documentaire Vaxxed: des millions d'Américains ouvrent les yeux (Initiative citoyenne)

LE DOCUMENTAIRE « VAXXED » :

Des millions d’Américains ouvrent les yeux !
Documentaire Vaxxed: des millions d'Américains ouvrent les yeux

       Présentation du film à Roseville par Laura Hayes, 1er août 2016

Merci à vous tous d’être venus si nombreux ! Je voudrais d’emblée vous avertir que je ne vais pas mâcher mes mots ce soir. Il est possible que si davantage de personnes averties n’avaient pas mâché leurs mots au cours des années qui ont précédé, la santé de mes enfants n’aurait pas été endommagée par les vaccins. Un de mes enfants est maintenant handicapé à vie.

Je vous remercie tout spécialement d’être venus ce soir parce que ce seront des gens comme vous et moi…des Américains informés, concernés par les valeurs d’éthique et de principes qui vont dévoiler au monde l’horrible vérité qui concerne les vaccinations. Celles-ci bouleversent, cassent des vies et parfois les détruisent. Ce sont les vaccinations qui détruisent la santé de nos enfants, les tuent prématurément chaque jour, sans compter les dommages qui sont perpétrés sur des gens de tous âges.

C’est à nous maintenant de travailler sans répit pour mettre fin à cette tyrannie médicale qui ne cesse de croître, à cet abominable Holocauste des vaccinations, à ce mal qui nous menace.

Pour les personnes qui penseront que le mot « holocauste » est un mot beaucoup trop fort, je puis les assurer que ce n’est nullement le cas. La définition du mot« Holocauste » a trait à la «une destruction ou à un massacre à grande échelle », c’est en fait ce qui se passe avec les vaccinations que ce soit à court, moyen, long terme, ou par rapport aux générations futures comme vous l’apprendrez si vous approfondissez la question. « Healthy people 2020 » est un programme de mauvaise augure qui est déjà en cours. Son but est la vaccination de toute la population mondiale, du berceau à la tombe avec une liste de vaccins qui ne cesse de croître. Il existe de très graves risques que cet objectif puisse être atteint. Nous ne pouvons et ne devons pas laisser faire !

Je présume que dans l’assemblée de ce soir il y a plusieurs niveaux de compréhension par rapport aux mensonges qui nous sont servis, comme aussi à la corruption qui sous-tend tout le programme de vaccinations, de la fabrication à l’obligation… mensonges et corruption qui existent depuis plusieurs décades. Comme je l’ai  moi-même fait, je sais qu’il y a dans cette salle des personnes qui ont dédié leur vie à cette cause, après avoir vu leur enfant souffrir de graves dommages cérébraux, de troubles permanents des systèmes nerveux et immunitaire, les rendant dépendants à vie, parce qu’incapables de réaliser leur plein potentiel, incapables de vivre une vie normale, indépendante…au cours de toute leur vie, certains ne pourront peut-être même jamais se servir des toilettes, contraints dramatiquement à porter des couches. Ce sont là des enfants qui souffrent énormément, qui par-dessus le marché sont vulnérables à toutes sortes d’abus. TOUT CELA ARRIVE parce que l’on a menti à leurs parents… ces parents qui ont alors donné leur accord pour que l’on administre à leurs enfants les vaccins de routine…des vaccins qui, leur a-t-on dit, étaient parfaitement sûrs, presqu’à 100% efficaces et essentiels à leur santé comme à leur longévité.

Nombreux sont ceux parmi nous qui ont été trompés et qui sont tombés dans le piège de la plus grande tromperie de tous les temps. On leur avait fait croire que les vaccins étaient sans danger, efficaces nécessaires et qu’ils avaient sauvé des millions de vies.

Quand nous avons commencé à mettre les pièces du puzzle en place, ce qui ne fut pas trop difficile étant donné le nombre de personnes qui avaient vécu les mêmes drames, nous avons réalisé l’horrible vérité qu’aucun parent n’accepte facilement d’entendre… à savoir que c’était effectivement nous qui, sans le savoir, avions autorisé que l’on endommage la santé de nos enfants, voire, qu’ils finissent par en mourir vaccin après vaccin, parfois après un seul vaccin. Cette série commençait à la naissance (parfois même dans l’utérus même) pour se poursuivre à intervalles réguliers à travers l’enfance, l’adolescence, et que l’on recommande maintenant chaque année de la vie… comme par exemple avec le vaccin annuel, contre la grippe, rappel après rappel, et nouveau vaccin après nouveau vaccin. 
Documentaire Vaxxed: des millions d'Américains ouvrent les yeux
Quand nous avons raconté aux médecins ce dont nous avions été les témoins, et ce que nous supposions être la cause des problèmes de santé de nos enfants sur les plans du développement, comportemental, de l’expression verbale, de l’apprentissage, ces médecins nous ont dit : «  Non, ce ne sont pas les vaccins qui sont en cause ». Selon les « experts médicaux », ce ne sont JAMAIS les vaccins. Les médecins nous répètent toujours la même chose : l’association temporelle entre les vaccinations et les problèmes de santé ne relèvent que de simples coïncidences.

Vous devez savoir ce que je pense de cette ignorance, de cette arrogance, de ce terrible non-sens et de cette stupidité manifeste : les vaccins sont… la première cause de coïncidences au monde !

Ce soir, nous allons voir un documentaire qui a modifié ce secteur dans notre pays et ailleurs. Ce film n’est cependant pas le premier qui apporte les preuves des mensonges et de la corruption qui sous-tendent le programme de vaccination du pays. Il est une des preuves parmi bien d’autres dont j’ai eu connaissance au cours des 20 dernières années. Ces preuves ont été complètement ignorées, calomniées et rejetées par les médecins, le législateur, les agences gouvernementales, le personnel du district scolaire et nos médias franchement corrompus.

En Californie, ce sont nos législateurs achetés qui ont voté la loi SB277, le gouverneur Jerry Brown qui a signé la loi SB277 pour un programme vaccinal inefficace, dangereux, testé frauduleusement et contrôlé par des truands corrompus. Tout cela vous pourrez le découvrir dans le documentaire de ce soir. Ce programme vaccinal est maintenant rendu obligatoire pour les enfants de Californie, les nourrissons, les enfants qui fréquentent les crèches avec une seule exception médicale particulièrement difficile à obtenir.

Les enfants de Californie ne peuvent plus fréquenter aucune école publique,  privée ou garderie s’ils ne se sont pas soumis à la loi qui exige qu’ils reçoivent les innombrables vaccinations prévues par l’état de Californie…alors que chacun de ces vaccins comporte des risques très réels de maladies chroniques à vie, de handicaps permanents et de DECES.

Comme vous l’apprendrez ce soir, le CDC (Centres de Contrôle et de Prévention des Maladies) sait depuis environ 15 ans, et de nombreuses personnes ici présentes savent depuis plus longtemps encore que LES VACCINS PEUVENT CAUSER L’AUTISME, y compris le vaccin ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole).

Réfléchissons à tout cela une minute. Le chiffre actuel des cas d’autisme est d’un cas sur 45 enfants ! Dans certains états, les chiffres sont encore plus alarmants ! 1 sur 45…. Cela fait plus de 2% des enfants de notre pays ! Cela représente grosso modo 7.500 enfants par mois ou 90.000 enfants par an qui ont reçu un diagnostic de trouble de santé à vie !

Alors que l’on nous incite à PANIQUER à propos de quelques cas de ROUGEOLE… une maladie bénigne de l’enfance qui se caractérise par  des éruptions et de la fièvre pour quelques jours, et qui peut être traitée avec une supplémentation de  vitamine A. Cette maladie bénigne possède en outre des avantages pour la vie entière si elle est contractée durant l’enfance !

Il y a des choses qui sentent mauvais ici en Amérique… et la puanteur émane des compagnies pharmaceutiques qui fabriquent les vaccins, de la FDA (qui autorise les vaccins), du CDC (qui recommande les vaccins), de nos élus (qui représentent les donateurs de l’industrie et non leurs électeurs), des « professionnels de la médecine », un terme qui me parait relever de l’oxymore. Ces gens ignorants et arrogants, plongés parfois dans une inexcusable corruption ont oublié leur serment d’Hippocrate «  D’abord ne pas nuire ». Ils ont refusé d’écouter les parents des enfants dont la santé a été endommagée par les vaccins ; ils se sont détournés avec un cœur endurci des patients qu’ils ont eux-mêmes rendus malades avec la vaccination. Ils sont en fait devenus des robots pourvoyeurs de vaccins, sans souvent prêter attention au mal qu’ils infligent.

Portons maintenant notre attention au documentaire VAXXED qui reprend les déclarations d’un scientifique du CDC, chercheur en vaccinologie, un homme que l’on considère aujourd’hui comme le « lanceur d’alerte du CDC », le Dr William Thompson.  Ses aveux ont trait à  la fraude flagrante et à une obstruction massive de la justice, en d’autres mots, à un comportement criminel perfide au sujet tant du vaccin ROR que du mercure utilisé dans d’autres vaccins. Le Dr William Thompson n’est pas le seul lanceur d’alertes qui s’est exprimé au sujet du vaccin ROR. Il y a deux autres anciens virologues de Merck qui ont une affaire en suspens au sujet de la fraude de Merck concernant l’efficacité d’une partie du vaccin ROR.

S’il y a un message que je souhaite que vous emportiez avec vous ce soir, c’est que les vaccins ne sont ni sûrs, ni efficaces, comme on vous l’a seriné. Quand vous en apprendrez davantage sur la santé et l’immunologie, vous apprendrez aussi que les vaccins ne sont pas nécessaires, qu’ils ne représentent qu’une agression perfide du système immunitaire… comme de l’entièreté du corps.

Je vous en prie, veuillez-vous joindre à la lutte qui est engagée pour supprimer toute obligation vaccinale. Il s’agit du droit le plus élémentaire et le plus fondamental de l’être humain de pouvoir décider de ce qui peut ou non rentrer dans son propre corps ou dans celui de son enfant. Il n’est nullement acceptable que l’on doive se procurer des exemptions aux vaccinations. Nous n’avons nullement à prier, plaider, supplier ou payer pour refuser les vaccinations ou tout autre traitement médical. C’est pourtant ce qui nous arrive aujourd’hui du fait que l’on a mis abusivement fin à nos droits parentaux, à notre self-détermination, comme à nos libertés fondamentales.

Un simple « Non Merci » devrait TOUJOURS suffire quand on n’accepte pas tel traitement médical, y compris les vaccinations pour soi-même ou pour ses enfants. Il est inimaginable d’avoir affaire à UNE MEDECINE OBLIGATOIRE dans une société qui se veut libre !

Merci encore d’être venus ce soir !  Laura Hayes
Documentaire Vaxxed: des millions d'Américains ouvrent les yeux
NB: Il y a quelques jours, le pharmacien et lanceur d'alerte Serge Rader nous informait via les réseaux sociaux de la censure en marche contre ce documentaire en Italie, il écrivait: 

#Démocratie bafouée en Italie.

La Ministre de la Santé Beatrice Lorenzin vient de refuser la diffusion au Sénat du film "#VAXXED, de la dissimulation à la catastrophe" prévue le 4 octobre.

Ce film américain promu par Robert De Niro et produit par Polly Tommey, Del Bigtree et Francesca Alesse sous la direction du Dr William Wakefield, le 1er a avoir montré la relation entre #vaccin #ROR et #autisme, montre comment l'étude du CDC américain de 2004 de cette relation a été étouffée. Révélations du Dr William Thompson chercheur du CDC, ayant travaillé avec les Drs Coleen Boyle et Frank De Stefano toujours en place.

Les troubles du spectre autistique aux USA avoisinent 1 cas sur quarante cinq enfants.  1/45 

Serge Rader, pharmacien lanceur d'alerte.