Vous trouverez sur ce blog, beaucoup d'articles et de vidéos d'actualité. Les points de vue présentés dans ces articles et vidéos ne sont pas forcément les miens, mais ils peuvent amener une réflexion. Chacun se fera une opinion avec autre chose que le discours formaté des politiques et des médias.Vous y trouverez aussi les réponses aux questions qui me sont posées concernant mes livres.
Les thèmes de mes ouvrages sont le développement personnel et la spiritualité.
Malgré les annonces du Parti socialiste avant les élections de 2012, les membres du gouvernement ne se dépêchent pas de se pencher sur ce chancre qui ronge la République française depuis belle lurette. Le 3 avril dernier en faisant bien moins diligence que pour le mariage pour tous, le gouvernement socialiste poussif présentait toutefois deux projets de lois sur ce problème épineux http://www.gouvernement.fr/gouvernement/deux-projets-de-loi-pour-interdire-le-cumul-de-mandats .
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce sujet récurrent passionne beaucoup moins les élus des assemblées. Ils sont bien entendus les premiers visés occupant dans leur grande majorité des fonctions à divers stades de l’appareil administratif de l’Etat. D’une manière assez ridicule et malgré les promesses électorales, les deux projets de lois proposés prévoient bien le non cumul des fonctions locales et régionales avec un mandat de député ou de sénateur et aussi l’interdiction d’un mandant local avec un mandat européen. Toutefois, la loi ne pourra étrangement s’appliquer qu’en mars 2017… une façon déguisée d’assurer encore pendant tout le mandat présidentiel de François Hollande des bons et gras émoluments à tout l’aréopage des deux partis dominants, socialistes en tête. Les cloches de Pâques ont été généreuses moins pour les Français.
L’un des plus emblématiques et qui accumule depuis des années les différentes fonctions dont il ne peut bien sûr pas assurer honorablement les tâches ne possédant pas le don d’ubiquité n’est autre que Claude Bartolone. Son cas effrayant n’est que l’arbre qui cache la forêt mais tout à chacun pourra s’ébaudir des titres cumulés par ce personnage, l’un des plus importants de l’Etat. Il se trouve à la fois président de l’Assemblée nationale avec les avantages qui vont avec, notamment le logement de fonction, député à l’Assemblée nationale en Seine-Saint-Denis d’ailleurs depuis 1981… un bon cru et conseiller général du canton de Pantin-Est. Il était également il y a peu président du Conseil général de Seine-Saint-Denis ayant tout de même tardivement démissionné de ce poste le 4 septembre 2012. Il cumulait alors pas moins de quatre casquettes, très voyantes. La journée d’un tel homme assurément devait se trouver bien remplie…
Bien remplie mais aussi grassement payée, l’homme cumulant également une retraite du corps préfectoral depuis le mois d’août 2012. Retraite accordée suite à un décret du président de la République, François Hollande en personne, le réintégrant après 25 années dans le corps préfectoral puis après un petit mois pour garder les apparences, être mis à la retraite comme préfet honoraire hors cadre avec le dernier échelon de la hiérarchie : hors classe… L’ensemble représente une coquette somme estimée au double du salaire actuel du président Hollande et nous ne pouvons que nous remémorer les paroles prophétiques de Saint-Just sur le fait que le parti, quel qu’il soit, de gauche ou de droite, ne travaille nullement pour la Nation mais bien pour les affaires personnelles et les intérêts de lobbies ou groupes d’influences qui ne sont que rarement ceux des Français.
Parmi les Cumulards se trouvent pas moins de 60 % des députés alors en place au Palais Bourbon, environ 340 d’entre eux ! L’analyse des différents partis représentés à l’Assemblée démontre qu’en la matière aucune des formations politiques ne peut se prévaloir d’être plus honnête qu’une autre. Les cumuls concernent souvent celui de député-maire ou sénateur-maire c’est le cas du franc maçon François Rebsamen, socialiste, maire de Dijon et Sénateur de la Côte d’Or. Citons Noël Mamère, EELV, à la fois député, maire de Bègles qui eut même une troisième casquette de député européen. Citons Michel Estrosi, UMP, maire de Nice, vice-président de son parti et député des Alpes-Maritimes ou encore François Asensi, ancien membre du PCF, Front de Gauche, maire de Tremblay-en-France et député de la Seine-Saint-Denis etc… Il ne serait pas possible de poursuivre la longue énumération des cumuls de la classe politique tant ils sont nombreux sans parler par ailleurs de leurs occupations professionnelles ou d’affaires.
Promise en 2012 par les socialistes, la loi sur le cumul ne sera pas pour demain et le cumul se poursuivra donc encore cinq années assurant de confortables revenus à une oligarchie qui peut bien montrer du doigt certains pays dans le monde mais qui est bel et bien un simulacre de république. Cette république ci, nous n’avons de cesse de le dire, c’est celle des Barras, des Tallien et des corrompus du Directoire. Une république élitiste désormais détachée du peuple travaillant à son propre confort et se lançant dans des réformes inutiles alors que le pays est dans une profonde inquiétude de son avenir. Aucune des vrais questions essentielles ne sont jamais avancées, ni débattues. Aucune mesure ne se trouve à l’horizon pour tenter d’inverser la tendance : à savoir créer de la richesse, créer du travail, des emplois, encourager les initiatives et la création d’entreprises, investir dans la recherche, innover et légiférer sur les vrais problèmes sociaux, descendre enfin au milieu du peuple pour l’épauler et non le stigmatiser dans ses attentes.
Le cumul des mandats reste la preuve la plus éclatante de la partialité, de l’intéressement et au final du verrouillage de toute l’organisation politique du pays. Dans cette république un président est de fait détenteur de la Légion d’Honneur sans avoir jamais rien fait pour la mériter. Dans cette république le peuple n’a aucun moyen de demander de son propre chef un référendum sur les points qui lui paraisse nécessiter une consultation populaire. Dans cette république des hommes cumulent des pouvoirs suffisants pour avoir transformé en quelques décennies une vraie démocratie en une république de voyous, chapardeurs, spoliateurs livrant un spectacle affligeant à l’Europe entière. Après avoir fait trembler le monde par la seule force de ses idées, nous nous posons la question : où sont passés les fils de la Révolution de 1789 ? Source: La voix de la Russie
2 mai 2013 Vive la banqueroute !, par Thomas
Morel, François Ruffin (et al.)
Bernard GENSANE
Elle est bien bonne, celle-là : un livre sur l’économie française écrit par
des non-spécialistes, sous l’égide des éditions Fakir ! Il est vrai que les
spécialistes sérieux, du style Attali, Baverez, Beytout, Dessertine, Minc (Jacques
Marseille est mort) ne se trompent jamais. Pas plus de trois fois par
quinzaine, en tout cas.
Autour de Thomas Morel et François Ruffin (qui, de surcroît, osent nous
gratifier d’un long entretien avec Frédéric Lordon), on trouve deux étudiants en
master, un infirmier au chômage, un apprenti menuisier, une prof d’histoire et
un jeune en service civique. Que du pas beau monde, donc, mais qui nous offre un
livre furieusement iconoclaste et qui donne à réfléchir.
En étudiant quelques épisodes de violente banqueroute vécus par la France (de
Philippe le Bel à De Gaulle), cette fine équipe nous dit tout simplement que,
face à la faillite, immédiate ou à venir, l’État français a toujours fait ce
qu’il voulait, qu’il a changé d’orthodoxie comme d’autres de chaussettes, et que
pour se sortir des mauvaises passes où il s’était lui-même engagé, il a fait
payer les riches, c’est-à-dire ceux qu’il avait enrichis auparavant. L’État
prenait l’argent là où il était vraiment.
En compagnie de Frédéric Lordon, nos auteurs nous font observer que, pour la
période récente, le libéralisme a créé le chômage de masse alors que l’économie
dirigée des Trente Glorieuses avait engendré une croissance annuelle de 5% et
garanti le quasi plein emploi. Ce qui signifie, en d’autres termes, que le fou,
c’est l’Autre, celui qui a le « courage » de plier devant la finance, de
dégraisser à qui mieux-mieux, de tuer des emplois, de faire disparaître des pans
entiers de l’économie, de faire payer la dette aux travailleurs en
déréglementant . Ce n’est pas « l’irréaliste » qui prétend tenir tête au
capitalisme financier.
Il fut un temps où les dirigeants politiques ne passaient pas leur temps à
trembloter en voulant à tout prix rassurer les marchés qui leur faisaient
quotidiennement du chantage à la dette. Une époque que les moins de vingt ans ne
peuvent pas connaître (sérieux !) où le mot réforme signifiait progrès et non
régression sociale. Il fut même un temps (en 1936) où un ministre des Finances
pouvait déclarer – même si cela, pour finir, ne porta pas trop à conséquence –
« Les banques, je les ferme, les banquiers, je les enferme ! ».
Sacré Philippe le Bel ! Sous son règne, la France connaît de sérieux
désordres monétaires (dévaluations, réévaluations), ce qui ne l’empêche pas
d’être à l’apogée de sa puissance médiévale. Le Bel est le contraire d’un
Maastrichtien : son royaume est centralisé, géré d’une main de fer. Il condamne
et brûle les Templiers, qu’il appelle les « banquiers de l’Occident » et prend
l’argent là où il est vraiment, dans les caisses de l’Église, à la grande
douleur du pape qui n’y peut mais. « TINA » (il n’y a pas d’autre solution), il
ne sait pas ce que cela veut dire. Le respect à l’égard des créanciers, il en a
encore moins cure que Mélenchon.
Pour que les Français mangent de la poule au pot tous les dimanches sous
Henri IV, il faut faire le ménage. Ce dont se charge le ministre Sully qui
débusque les fraudes, les contrats pourris, qui divise par quatre les taux
d’intérêt, qui, globalement, réduit les rentes de 40%. Cela ne suffit pas car le
roi doit 3,5 millions de livres au duc de Toscane. Il épouse sa fille, Marie de
Médicis qui apporte en dot l’effacement de la dot. Une idée pour Hollande (qui
n’est pas marié) ?
Mazarin pille l’État. Il posséde 8 700 000 livres, soit 79 tonnes d’argent,
ou 5,4 tonnes d’or. Louis XIV hésite à l’attaquer de front. C’est tout un ordre
qui vacillerait. Le 15 septembre 1661, Colbert s’attaque à tous les rentiers du
Royaume en décidant de racheter leurs créances à un prix dérisoire. Les
bourgeois se révoltent. Les meneurs sont menottés et embastillés. Le roi réduit
les rentes de 70%. Le successeur de Colbert frappe ensuite les riches d’un
« impôt du dixième ».
Le ministre des Finances de Louis XVI est Jacques Necker, un banquier suisse
qui aime l’argent (il possède 7 millions de livres en 1776). Il est également
proche des philosophes. Il se dit pragmatique, « moelleux et flexible » mais se
veut l’apôtre de l’interventionnisme économique de l’État. En 1775, il publie
son Essai sur la législation et le commerce de grains, dans lequel il
dénonce la liberté de ce commerce. Le livre paraît au moment où le ministre
Turgot (qui avait libéralisé le commerce des grains) – et non Necker, à qui les
auteurs attribuent à tort cette responsabilité – doit faire face à la guerre des farines. Les mauvaises récoltes conduisent à des
émeutes et à favoriser les demandes de réglementation des prix des grains. Dans
son Éloge de Colbert, il critique la propriété qui n’est pas un droit naturel
mais une « loi des hommes » fondée sur un « traité de force et de contrainte ».
Au ministère, il fonctionnarise les finances : à la place des officiers
inamovibles et rémunérés sur commission sont installés des employés révocables
et percevant un traitement fixe.
En 1789, la France compte, dit-on, « deux mille riches ». On décide de n’en
taxer qu’un seul, l’Église, dont le patrimoine est évalué à trois milliards de
livres. C’est l’abbé Talleyrand qui va nationaliser les biens du clergé !
N’empêche qu’en 1796, 45 milliards d’assignats, qui ne valent rien, circulent
dans le pays. Entre temps, Robespierre aura chuté, entre autres pour avoir voulu
défendre les rentes viagères.
En 1926, tout baigne, sauf que l’État est à sec et que la Banque de France,
qui n’est pas nationalisée, refuse de prêter le moindre sou. Le franc s’écrase
face à la livre sterling. La dette publique s’élève à 300 milliards de francs.
Le Parlement ne veut pas léser les rentiers, et l’Allemagne, qui devait payer,
ne paye pas. Raymond Poincaré, homme de droite, va réduire de 80% la fortune des
rentiers. Il qualifiera de « stabilisation » cette dépréciation de 80% du franc.
Dont il sera pour l’histoire et à jamais « le Sauveur ». (My foot !).
Entre 1944 et 1948, la classe ouvrière a le vent en poupe. Les employeurs ne
peuvent résister aux demandes hausse des salaires. La dette s’élève à 269% du
PNB. La monnaie est dévaluée cinq fois de 1944 à 1948. Une période de vie chère
et de travail assuré est, dit-on, préférable à une période de vie bon marché et
de chômage. De Gaulle est pour, ainsi que son conseiller, l’orthodoxe du
libéralisme Jacques Rueff qui accepte ce keynésianisme comme un moindre mal. Il
sera, cela dit, l’un des fondateurs de la Société
du Mont-Pèlerin en 1947, financée par de grands patrons suisses.
En 1958, De Gaulle retourne sa veste. Au nom de la « vérité et de la
sévérité » qui, seules peuvent garantir la prospérité. « Tant que je serai là,
la parité du franc ne changera pas », proclame-t-il. Cette politique De
Gaulle-Pinay-Rueff permettra à la France d’appliquer le traité de Rome. Certains
patrons, comme Jacques Riboud, prônent une politique keynésienne de plein emploi
et de croissance rapide. Mais en 1979, Raymond Barre fait du franc fort une
contrainte européenne en créant le Système monétaire européen et en arrimant
notre monnaie au mark. À partir de 1983, la gauche poursuit sur cette lancée. En
dix ans, la barre des trois millions de chômeurs est franchie. La dette publique
double de 1981 à 1995. Au nom de la santé de la monnaie (une devise forte
profite à ceux qui ont de l’argent), des millions d’existences sont sacrifiées.
Les rentiers et les « capitalistes oisifs » ont remporté la guerre des
classes.
En dormant.
Bernard Gensane http://bernard-gensane.over-blog.com
Vive la banqueroute !, par Thomas Morel, François Ruffin (et al.)
Amiens : Fakir Éditions, 2013. http://www.fakirpresse.info/
C’est la crise, mais les salaires des banquiers augmentent…
Il n’y a pas que les grandes banques américaines ou les dirigeants et actionnaires du CAC40 qui « ne connaissent pas lacrise ». « Crise » qui , oh surprise, profite au plus aisés et n’est pas pour tout le monde, ce qui démontre qu’on en est pas dans une d’ailleurs, mais qu’il s’agit bel et bien d’autre chose.
Toujours est-il qu’en plein marasme économique, les rémunérations des dirigeants des banques françaises sont reparties à la hausse en 2012, alors même que les résultats de leur groupe sont à la baisse. Consternant.
Cette infographie parue dans Les Echos, média libéral s’il en est, est parlante:
Le salaire de Jean-Laurent Bonnafé, le patron de BNP Paribas, a progressé de 42,08% à plus de 2,8 millions d’euros alors que les résultats de son groupe que de 8, 31%, allez comprendre.
Mais le plus fort est Frédéric Oudéa, de la Société Générale, dont le salaire a cru de 30,42% à près de 2,2 millions d’euros – et ce, alors même que le résultat de la banque chutait de 67,5%… Il faut récompenser la compétence, le talent, la responsabilité sont les poncifs habituellement employés pour justifier le pillage des grands groupes par leurs dirigeants. C’est flagrant…
Même chez BPCE (Banques Populaires – Caisse d’Epargne), le Pdg, François Pérol, voit sa rémunération augmenter de + 2,62% alors que le résultat de sa banque a perdu 19%.
Vous l’aurez compris, le salaire des dirigeants des banques françaises est inversement proportionnelle aux résultats de leur entreprise…
Rappelons aussi que les 3000 traders de BNP-Paribas se sont également répartis quelque 550 millions d’euros de bonus. Soit, en moyenne, 170.000 euros par personne.
Les banquier français n’ont donc rien à faire de l’austérité qu’ils réclament à cors et à cris mais pour les autres. L’économie va mal, vous comprenez… C’est la crise…
« Il est indispensable de sauver les banques ». Oui, oui. C’est surtout les banquiersqu’on a sauvés.
Figurez-vous pour finir que El Banco de Santander, premier groupe bancaire par capitalisation de la zone euro, a annoncé lundi la démission de son directeur général Alfredo Saenz, et son remplacement par un certain Javier Marin.
Grand bien lui fasse à Javier puisque Alfredo Saenz qui touchait 8,2 millions d’euros par an va partir avec une indemnité de 88,2 millions d’euros à l’occasion de son départ à la retraite, alors que le groupe connaît des difficultés sérieuses. Info truculente quand on sait que ce bon Alfredo avait été condamné en 2011 à trois mois de prison avec sursis et interdit d’exercer, pour une affaire remontant à 1994, mais qu’il avait été gracié quelques mois plus tard par le gouvernement espagnol.
Champagne. Vive la crise. Sources:Les Echos (Banques françaises) –Libération (Banco de Santander)
Pour Naomi Klein, la “stratégie du choc” s’applique en Grèce
Selon l’auteur Naomi Klein, l’utilisation systémique du choc et de la peur par les élites au pouvoir pour ébranler les communautés vulnérables est très évidente dans la Grèced’aujourd’hui.
De la montée du racisme à la vente du pétrole et des ressources en gaz naturel du pays, beaucoup de ce qui va façonner le futur immédiat de la Grèce sont des conséquences prévisibles de la politique d’austérité, explique Naomi Klein dans un entretien avec EnetEnglish.
Naomi Klein est l’auteur du controversé best-seller du New-York Times « La stratégie du Choc », auquel on a décerné la qualification de « récit majeur de notre temps ». Le livre explique que les intérêts commerciaux et les grandes puissances exploitent le choc, qu’il soit sous la forme d’un désastre naturel, d’un problème économique ou des turbulences politiques, comme une opportunité de restructurer de manière aggressive les économies des pays vulnérables. Elle avance le fait que parce que les politiques ultra-capitalistes sont désagréables à la majorité des citoyens, on ne peut pas les mettre en place sans un choc, allant de l’hypermédiatisation d’un fait divers à la torture policière qui écrase la résistance populaire. Dans une interview accordée à EnetEnglish, Naomi Klein explique comment elle croit que la doctrine du choc s’applique aujourd’hui à la Grèce.
Comment les événements en Grèce se rapprochent de vos arguments dans la stratégie du choc ?
Pour moi, c’est un exemple classique de ce que j’ai écrit. C’est navrant de voir les mêmes astuces et les mêmes tactiques utilisées si brutalement. Et il y a eu une énorme résistance en Grèce. Il est particulièrement affligeant de voir la répression violente des mouvements sociaux qui résistaient à l’austérité. Et cela dure depuis si longtemps maintenant. Les gens sont usés.
J’ai suivi récemment la braderie des ressources naturelles pour l’exploitation minière et le forage. C’est la prochaine frontière de la manière dont cela va se jouer – la ruée vers le pétrole et le gaz dans la mer Egée. Et cela va aussi affecter Chypre. Il s’agit d’un tout autre niveau d’utilisation de l’austérité et de la dette pour forcer les pays à vendre leurs droits d’exploitation minière et de forage pour des prix de vente à bas coût.
Lorsque vous ajoutez la crise climatique en plus de tout cela, c’est une culpabilité d’avoir une crise économique utilisée comme levier pour extraire plus de combustibles fossiles, en particulier parce que la Grèce elle-même est très vulnérable au climat. Et je pense que c’est possible, comme la ruée vers le pétrole et le gaz s’intensifie, qu’il y ait plus de résistance parce que c’est une énorme menace pour l’économie de la Grèce. A quel point le changement climatique est-il prégnant dans votre argumentation ?
Je suis en train de travailler sur un livre et un film à propos du changement climatique. C’est la raison pour laquelle j’ai poussé ma réflexion vers cette frange de la doctrine du choc à laquelle on accorde beaucoup moins d’attention. Les gens, et c’est compréhensible, sont beaucoup plus concentrés sur la réduction de leur retraites, les licenciements, qui ont définitivement des conséquence beaucoup plus immédiates. Bien que dans le cas de la mine d’or [de Skouries], il y a une menace immédiate pour la sûreté, le bien-être des gens et pour leur économie, c’est pourquoi les habitants sont très actifs là-bas.
Ce que je trouve coupable et profondément immoral, c’est que la montée du fascisme, dans ce contexte, était entièrement prévisible. Nous savons comment ces choses là arrivent. Et c’est supposé être la leçon que nous tirons de la Seconde Guerre Mondiale : si on impose des sanctions punitives et humiliantes à un pays, cela fait le lit du fascisme C’est ce contre quoi Keynes nous mettait en garde quand il écrivait « les conséquences économiques de la paix, concernant le traité de Versailles. Pour moi, c’est vraiment incroyable que nous laissions ainsi l’histoire se répéter de cette façon.
Les Grecs ont cette peur particulière qui est actuellement exploitée, la peur de devenir un pays en voie de développement, un pays du tiers-monde. Et je pense qu’en Grèce, il y a toujours eu cette sensation d’être attaché à l’Europe par un fil. Et la menace, c’est de voir ce fil se couper. La peur joue à deux niveaux : la première c’est qu’ils ne peuvent pas quitter la zone euro parce que ça reviendrait à renoncer au statut de pays développé. Ensuite à propos des attaques perpétrées à l’encontre des migrants et des politiques anti-immigrés.
Dans la Doctrine du Choc, vous expliquez comment des pays à qui le FMI avait prêté de l’argent s’étaient vu dire qu’ils avaient des économies malades, des économies cancéreuses. Mais avec la Grèce, il est question d’une « contagion ». Qu’impliquent ces changements de métaphores ?
L’image du « cancer » était déjà très violente. Quand vous diagnostiquez qu’un pays a un cancer, vous justifiez tous les traitements qu’on peut lui administrer sous prétexte de lui sauver la vie. C’est l’idée principale dans cette métaphore du cancer. Une fois que vous l’avez diagnostiqué, vous, le médecin, ne pouvez être tenu responsable pour les effets négatifs du traitement.
Parler de contagion signifie bien sur que ça aurait du rester enfermé, et qu’on aurait du se protéger d’une rébellion qui incubait et se répandait à Chypre, au Portugal et en Espagne, particulièrement.
Quand on a cette peur de la contagion, quand les investisseurs ont peur d’une région entière, ça veut dire que cette région a le pouvoir de constituer un bloc qui pourrait agir avec une main forte. C’est ce que j’ai écrit dans le livre à propos de l’Amérique Latine dans les années 1980, avec le « choc de la dette ». La situation était telle qu’il aurait été presque impossible pour des pays pris individuellement de se dresser contre le FMI. Mais si l’Amérique Latine, prise comme un bloc, s’était organisée et s’était dressée contre le pouvoir du FMI, là, elle aurait eu le pouvoir de renverser la balance, de les briser. Et là on aurait pu avoir des négociations. C’est pour ça que je crois que je pense que cela constitue une réponse à l’idée de contagion : vos adversaires ont peur de ça. Que vous vous organisiez en un bloc à même de provoquer des négociations.
Les pays d’Europe du Sud devraient donc se réunir et tenir des négociations avec la Troïka ?
C’est ce que je pense, oui. Cela s’appelle le cartel des débiteurs. Mais ça n’est jamais arrivé. Autant que je sache, ça n’a même jamais été tenté.
L’ancien vice-premier ministre Theodoros Pangelos a déclaré « nous l’avons mangé ensemble » – comme si chaque Grec était complice de la situation de crise. A contrario, Alexis Tsipras, à la tête du principal parti d’opposition Syriza, a pointé du doigt Angela Merkel et ses sbires. Comment la façon dont la crise est née affecte-t-elle la manière dont nous essayons de la résoudre ?
Si on accepte le présupposé que chacun est en partie responsable de la crise, on crée un contexte dans lequel la punition collective est acceptable. C’est tout le danger de cette fausse équivalence.
On assiste à un effort concerté à créer une équivalence, qui est fausse entre un individu qui a une petite dette de consommateur et une banque qui se mobilise. C’est une comparaison scandaleuse. Mais malheureusement c’est la façon dont sont discutées les politiques économiques dans nos cultures, avec ce genre d’équivalence : entre la dette d’une famille et la dette d’un Etat. «Géreriez-vous votre foyer comme ça ? » C’est une comparaison ridicule parce que gérer un foyer ça n’a rien à voir avec gérer un Etat. « Nous l’avons tous mangé ensemble », ça veut dire que maintenant on doit tous se serrer la ceinture. Mais bien sûr, nous savons que tout le monde ne se mettra pas à la diète imposée…
L’information est une forme de résistance au choc. L’état de choc, qui est si facile à exploiter est un état de confusion. C’est un manque d’explication sur ce qui se passe, la panique qui s’installe, les choses changent très très vite. Et dans ces moments précisément, nous avons besoin des médias plus que jamais. C’est la manière collective de nous redonner du sens. De nous raconter nous-mêmes, de rester orientés sur notre histoire – si, bien sûr, nous avons de bons médias.
Ce n’est pas parce que quelque chose de mal arrive que ça signifie qu’on a affaire à un choc. Un choc arrive quand on perd le fil. Quand on n’arrive plus à comprendre où on se situe dans l’espace-temps. Quand on ne sait plus quelle est notre histoire. Et ça nous rend beaucoup plus vulnérable vis à vis de quelqu’un qui arrive et qui nous dit « voilà ce qui se passe. »
Cette situation ne peut pas arriver sans la complicité des médias. Des médias ayant la volonté de travailler avec les élites et de diffuser la peur. C’est la peur qui alimente ce système, la peur de s’effondrer, la peur de sortir de l’Europe, la peur de devenir un pays en voie de développement. Les politiciens n’ont pas la capacité de répandre cette peur tous seuls. Ils ont besoin de commentateurs. Ils ont besoin que cette peur soit la star des talk-shows.
Les journalistes doivent savoir que rien de tout cela ne peut arriver sans eux. Nous ne somme pas que des observateurs. Dans ces moments où tout prête à la peur et à la désorientation, à la perte de sens, nous sommes acteurs et nous avons le choix. Allons-nous aider les gens à ne pas perdre l’équilibre ou allons-nous être les outils des élites ?
Que ce soit la peur des immigrés ou de n’importe quelle supposée calamité à venir qui empêche les gens de voir la calamité qui est, les désastres sont déjà là. Il y a une dépression. Mais en disant constamment aux gens que le pire reste à venir, on les aveugle sur la situation, ils ne voient plus les attaques scandaleuses et masochistes qui sont infligées aujourd’hui au pays.
La situation aujourd’hui trouve sa source dans la crise financière de 2008. Et tous les journalistes qui n’ont pas posé cette question, la question des origines, au début, on nourrit tout ce battage médiatique qui allait durer éternellement et qui n’allait jamais aborder cette question.
Nous en sommes là. Nous créons le contexte pour qu’un crash économique s’installe et nous devenons les outils des élites quant à la manière de répondre à ce crash.
L’entreprise néerlandaise (Plant-E) développe un procédé qui permet de produire de l’électricité par l’interaction entre les racines des plantes et les bactéries du sol.
Un nouveau type de piles à combustible microbiennes a été mise au point par l‘équipe scientifique de Marjolein Helder. Elle produit de l’électricité grâce à l’interaction entre les racines des plantes et les bactéries.
La pile tire avantage des 70% de matière organique produite par photosynthèse que la plante ne peut pas utiliser et qu’elle excrète par les racines. Des électrons sont alors libérés, électrons qu’il est possible de capter grâce à une électrode.
“Les panneaux solaires produisent plus d‘énergie au mètre carré, mais nous espérons réduire les coûts de notre technologie à l’avenir. Et notre système peut être utilisé pour différentes applications”, explique Marjolein helder, PDG de Plant-e, la société qui détient le brevet et commercialise la technologie.
Les piles à combustible microbiennes peuvent être utilisées à diverses échelles. Ce modèle expérimental de 15m2 peut produire suffisamment d‘énergie pour alimenter un petit PC portable. Le consortium travaille sur un système à large échelle qui pourrait être déployé dans des zones rizicoles par exemple.
“Plusieurs applications peuvent être tirées de notre système. Notre technologie produit de l‘électricité mais elle peut aussi être utilisée comme isolation pour le toi ou pour collecter l’eau. A plus large échelle, il est possible de produire du riz et de l‘électricité en même temps, c’est une manière de combiner les productions d’aliments et d‘énergie”, poursuit Marjolein Helder.
Un prototype produisant cette énergie verte a été installée sur le toit d’un bâtiment de l’université de Wagenigen. Des essais dans des champs-pilotes seront menés l’année prochaine.
Le président Evo Morales a annoncé l’expulsion de Bolivie de l’USAID, l’agence américaine pour le développement international, en l’accusant de conspiration et d’ingérence dans la politique du pays.
« Nous avons décidé d’expulser l’USAID de Bolivie. L’USAID s’en va de Bolivie », a lancé M. Morales dans un discours enflammé prononcé devant des milliers de personnes.
Il s’adressait à la foule pendant un rassemblement pour la Fête du Travail sur la place d’Armes de La Paz, devant les bâtiments des pouvoirs exécutif et législatif boliviens.
L’USAID, présente en Bolivie depuis 1964, se trouve dans ce pays « pour des objectifs politiques et non pour des objectifs sociaux », a affirmé M. Morales. L’USAID et d’autres institutions liées à l’ambassade des Etats-Unis à La Paz « conspirent contre le peuple, et particulièrement contre le gouvernement national », a accusé M. Morales, qui dirige la Bolivie depuis 2006.
En 2008, pour des motifs similaires, la Bolivie avait expulsé l’ambassadeur des Etats-Unis et l’agence anti-drogue américaine DEA. « Plus jamais l’USAID, qui manipule, qui utilise nos frères dirigeants, qui utilise des camarades de la base en leur donnant des aumônes ! », a déclaré le président bolivien, une des figures de la gauche radicale latino-américaine.
Tirant son origine du Plan Marshall d’aide à l’Europe après la Seconde Guerre mondiale, l’USAID fut créé le 3 novembre 1961 par le président des États-Unis John Fitzgerald Kennedy. Cette organisation a pour mission « d’aider à réduire la pauvreté, promouvoir la démocratie et la croissance économique, soulager les victimes des catastrophes naturelles et prévenir les conflits ».
L’USAID a fait notamment l’objet de sanction du Government Accountability Office, bureau d’audit du gouvernement fédéral américain, concernant des scandales de fraudes.
De la bibliothèque de
Georges W. Bush au procès de Bradley Manning
Entretien avec Julian Assange
(Counterpunch)
Medea Benjamin
J’ai eu une opportunité pour interviewer le fondateur de WikiLeaks, Julian
Assange, à l’ambassade équatorienne à Londres où l’asile politique lui a été
accordé depuis juin 2012. La Suède veut interroger Assange sur des allégations
sexuelles, bien qu’il n’ait pas été inculpé. Assange croit que s’il est envoyé
en Suède, il sera emprisonné et ensuite envoyé aux Etats-Unis, où une enquête
est déjà en cours pour espionnage pour avoir publié des centaines de milliers de
câbles diplomatiques classifiés et de mémos militaires sur le site web
WikiLeaks. - MB
La nouvelle bibliothèque présidentielle de Georges W. Bush à la
Southern Methodist University au Texas a ouvert en grande pompe, en présence du
président Obama et des anciens présidents Carter, Bush père et Clinton. Georges
Bush a déclaré que la bibliothèque est « un endroit pour exposer des faits ».
Quels faits voudriez-vous voir exposés dans cette bibliothèque ?
Un bon début serait d’exposer le nombre de morts causées par l’invasion de
l’Irak et de l’Afghanistan. A WikiLeaks nous avons documenté cela en 2004-2009,
les Etats-Unis ont des dossiers d’environ 100 000 morts Irakiens dues à la
violence qui s’est déchainée suite à cette invasion, environ 80% étaient des
civils. Ce sont les morts enregistrées mais il y en a eu beaucoup plus. Et en
Afghanistan, les Etats-Unis ont enregistré environ 20 000 morts entre 2004 et
2010. Voilà de bons faits à exposer dans la bibliothèque présidentielle.
Et peut-être que la bibliothèque pourrait documenter la façon dont les gens
dans le monde ont protesté contre l’invasion de l’Irak, y compris la
mobilisation historique de millions de personnes à travers le monde le 15
février 2003. De nombreuses personnes ont travaillé dur lors des années Bush pour
protester contre la guerre mais l’administration Bush a refusé de les écouter.
C’est très démoralisant pour les personnes de penser que leurs efforts ont été
vains.
Ils ne devraient pas être démoralisés. Je crois que l’opposition à la guerre
en Irak a été très importante et qu’elle a effectivement changé le comportement
des forces US lors de l’invasion initiale en Irak. Comparez-la à la Guerre du
Golfe en 1991 lorsqu’un nombre massif d’Irakiens, à la fois des soldats et des
civils, a été tué. Lors de l’invasion de 2003, il y avait beaucoup plus
d’inquiétudes à propos des victimes. Les protestations ont secoué leur cage.
Nous avons sorti un memo qui montrait que si un projet d’opération militaire
pouvait tuer plus de 30 personnes, il devait être approuvé par toute la chaîne
de commandement. Alors si les protestations n’ont pas arrêté la guerre, elles
ont eu un impact sur la façon que la guerre fut initialement conduite et c’est
important. Pendant que Georges Bush est célébré à Dallas, Bradley Manning se
languit en prison. Son procès commencera le 2 juin. Bradley a d’ores et déjà
plaidé coupable en février sur dix charges, incluant d’avoir posséder des
informations classifiées et de les avoir transférées à une personne non
autorisée. Ces seuls arguments peuvent lui valoir vingt ans de prison. En plus
de cela, le gouvernement a ajouté les accusations d’espionnage qui pourraient le
mettre en prison à vie. A votre avis, à quoi ressemblera ce
procès ?
Ce sera un procès-spectacle où le gouvernement tentera de prouver qu’en
fuitant les documents, Bradley "a aidé et encouragé l’ennemi" ou "a communiqué
avec l’ennemi". Le gouvernement y enverra un membre de l’équipe de la Navy Seal
qui a tué Ben Laden pour dire qu’il a trouvé certaines des informations fuitées
dans la maison de Ben Laden.
Mais il est ridicule d’utiliser cela comme preuve que Bradley Manning « a
aidé l’ennemi ». Ben Laden a pu obtenir le matériel du New York Times ! Ben
Laden a eu aussi un livre de Bob Woodward et a eu sans aucun des copies
d’articles du New York Times.
Le gouvernement ne prétend même pas que Bradley ait passé l’information
directement à “l’ennemi” ou qu’il ait eu une quelconque intention de le faire.
Mais ils affirment de façon absurde qu’informer simplement le public sur des
activités classifiées du gouvernement fait de quelqu’un un traître parce que
cela « informe indirectement l’ennemi ».
Avec ce raisonnement, puisque Ben Laden a recommandé aux Américains de lire
le livre "La guerre d’Obama" (Obama’s War) de Bob Woodward, Woodward devrait-il
être accusé d’avoir communiqué avec l’ennemi ? Le New York Times
devrait-il être accusé d’avoir aidé l’ennemi si Ben Laden a possédé une copie du
journal qui a publié du matériel de WikiLeaks ? Que peuvent faire les supporters de Bradley Manning pour
l’aider ?
Ils devraient faire pression sur les medias pour dénoncer les accusations
d’espionnage. Le Los Angeles Times a publié un bon éditorial mais les
autres journaux n’ont pas fait grand chose. Une colonne du Wall Street
Journal par Gordon Crovitz a stipulé que Bradley devrait être jugé pour
espionnage et que je devrais être également accusé de cela parce que je suis
« un ennemi d’Etat autoproclamé ».
Si Manning est accusé d’espionnage, cela criminalisera toute activité
d’information sur la sécurité nationale. Toute fuite d’information classifiée à
n’importe quel média pourrait être interprétée comme un acte de trahison. Les
gens doivent convaincre les médias que c’est clairement dans leur propre intérêt
de prendre une position de principe. De quelles autres manières les gens peuvent-ils aider Bradley
Manning ?
Les gens devraient faire pression sur Amnesty International et Human Rights
Watch. Ces groupes ont brièvement protesté contre les horribles conditions dans
lesquelles Bradley était détenu quand il était à Quantico mais pas le fait qu’il
soit accusé de crimes qui pourraient l’envoyer en prison pour le reste de sa
vie.
Il est honteux qu’Amnesty International et Human Rights Watch - Amnesty
International a son siège social à Londres et Human Rights Watch à New York –
aient refusé de qualifier Bradley Manning de prisonnier politique ou de
prisonnier de conscience.
Qualifier quelqu’un de prisonnier politique signifie que l’affaire est de
nature politique. Il se peut que le prisonnier ait commis un acte politique ou
était politiquement motivé ou que l’enquête de police ou le procès étaient
politisés.
Chacune de ces qualifications suffit, selon la propre définition d’Amnesty,
pour désigner quelqu’un de prisonnier politique. Mais le cas de Bradley Manning
remplit tous ces critères. Malgré cela, Amnesty International a déclaré qu’elle
ne prendra de décision qu’après le verdict. Ca servira à quoi ? Quels sont les arguments d’Amnesty pour attendre ?
Leur excuse est qu’ils ne savent pas ce qui pourrait sortir du procès et ils
veulent être sûrs que Bradley a libéré les informations de « manière
responsable ».
Je trouve leur position grotesque. Bradley Manning est le plus célèbre
prisonnier politique des Etats-Unis. Il a été détenu sans procès pendant environ
1000 jours. Même le gouvernement US ne nie pas le caractère politique des actes
dont il est accusé.
Human Rights Watch ne fait pas non plus référence à Bradley Manning comme un
prisonnier politique. Ces organisations devraient être poussées par le public à
changer leur position. Et elles devraient être boycottées si elles persistent à
ne pas agir dans leur propre arrière-cour.
Une autre façon pour les personnes de soutenir Bradley Manning est d’assister
à son procès à Fort Mead, dans le Maryland, qui commence le 2 juin et de
participer au rassemblement le 1er juin. Ils peuvent en apprendre plus en
contactant le Bradley Manning Support Network. Merci de votre temps, Julian.
Medea Benjamin est le co-fondateur de www.codepink.org de www.globalexchange.org et l’auteur de Drone Warfare :
Killing by Remote Control.
Elle interviewé Assange le 18 avril 2013. Pour plus d’information sur
l’affaire Assange, voir http://justice4assange.com/extraditing-assange.html. Traduction : Romane.