jeudi 25 février 2016

500 millions d’euros pour le remplacement des manuels scolaires (news360)

Vrais chiffres chômage janvier 2016, 18600 chômeurs de moins, mais 16150 radiés de plus ce mois (news360)

Crise du monde agricole : « En 2008, on a sauvé les banques, et si en 2016, on sauvait les agriculteurs ? » (basta)

Crise du monde agricole : « En 2008, on a sauvé les banques, et si en 2016, on sauvait les agriculteurs ? »

par , Sophie Chapelle
Ils élèvent des porcs ou des vaches laitières, mais ne s’en sortent pas. Ils continuent pourtant de suivre à la lettre les prescriptions des coopératives auxquelles ils adhèrent, des banques qui les financent et des lycées agricoles où ils ont étudié. Ces institutions prônent le modèle intensif qui mènent ces agriculteurs à leur perte : les côtes de porcs ou le litre de lait sont achetés au même prix au producteur depuis plus de quinze ans… quand les grandes surfaces ne cessent d’augmenter leurs marges. Alors que le Salon de l’agriculture ouvre ses portes, Basta ! a rencontré ces agriculteurs en plein désarroi. Longtemps dédaigneux vis-à-vis de l’agriculture bio, ils sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser.
Il règne parmi les agriculteurs de l’ouest de la France une forte colère et une infinie tristesse : leur travail ne leur permet plus de vivre. « Qui supporterait de bosser dix ou douze heures par jour, à longueur d’année, sans pouvoir payer une entrée au cinéma à ses enfants ? », interroge Sonia, éleveuse laitière en Normandie, des larmes dans la voix. « On a beau nous dire que c’est la santé qui compte, quand on perd de l’argent à travailler 70 heures par semaine..., la santé, elle, en prend un coup ! ajoute François, à la tête d’une exploitation porcine. En fait, on n’est plus rien du tout. Pour soi, pour ses enfants, pour sa femme. C’est difficile. Vraiment difficile. J’ai dû prendre des somnifères et des anxiolytiques tellement j’étais mal. » Pourtant, quand il a lancé la construction de sa nouvelle porcherie de 160 truies, en 2005, François était sûr de son coup. De même que le groupement de producteurs auquel il appartient et qui lui achète ses cochons une fois qu’ils sont engraissés [1].
Passionné, maniaque, et très attentif, François a ce que l’on appelle « de bons résultats techniques » : chacun de ses cochons produit de belles quantités de viande. Tout le monde – techniciens, banquiers, revues agricoles – le félicitent pour ça. Il a en plus fait le choix de nourrir ses cochons sans OGM et ne leur donne pas d’antibiotiques. Mais voilà, cela ne suffit pas pour gagner de l’argent. « Pour que je puisse simplement payer mes emprunts et assurer le coût de fonctionnement de la ferme, sans même me payer, il faudrait que le cochon soit vendu 1,65 euro le kilo. En ce moment, il se vend environ 1,10 euro ! », souligne-t-il.
Le problème est identique chez Sonia et Yannick Bodin, éleveurs laitiers. « Pour être à l’équilibre, il faut que nous vendions la tonne de lait 388 euros, explique Yannick Bodin, par ailleurs président de la branche normande du syndicat agricole Coordination rurale. Actuellement, la laiterie Lactalis nous l’achète 270 euros ! » Résultat : depuis un an, Yannick et Sonia perdent 5 000 euros par mois.

« Le lait est payé le même prix qu’il y a trente ans »

Quand ils vont voir leur banquier, ce dernier leur conseille... de produire plus. « Alors même qu’il n’y a pas de marché, et que personne ne veut du lait. C’est vraiment nous faire courir sur un volume qui nous tuera », tempête l’agriculteur. « Le lait est payé le même prix qu’il y a trente ans, remarque Jules, éleveur laitier proche de la retraite, en haussant les sourcils. On était à 28 centimes d’euros le litre en 1986, 30 centimes en 2000, et, en 2016, nous sommes à 26 centimes. Sachant que nous ne fixons pas le prix, ni ne facturons le lait que nous vendons alors que les laiteries nous enlèvent deux euros tous les mois pour frais de facturation ! »
Des données confirmées par l’Observatoire de la formation des prix et des marges alimentaires qui recense les prix de la filière lait depuis 2000. Ces quinze dernières années, le prix de vente pour les agriculteurs est descendu jusqu’à 20 centimes d’euros et n’a jamais dépassé les 31 centimes d’euros. À l’inverse, le prix moyen du litre de lait UHT demi écrémé acheté en supermarchés (grandes et moyennes surfaces, GMS dans le graphique) est passé de 59 à 75 centimes d’euros.
Comme en témoigne le graphique ci-dessus [2], la marge opérée depuis 2000 a donc bénéficié exclusivement à l’industrie qui transforme le lait (en vert dans le graphique) et aux distributeurs (en rouge). La production laitière demeure l’une des seules professions où les prix de vente de leurs produits ont stagné, voire diminué depuis trente ans. Selon l’Institut de l’élevage, un quart des éleveurs laitiers a dégagé en 2015 un revenu annuel avant impôt inférieur à 10 000 euros [3].
Jules et Christiane ont réussi à sauver leur revenu, 1 200 euros par mois pour deux, parce qu’ils n’ont plus guère de dettes, et plus d’enfants à charge. Mais le coût de reprise de leur exploitation chute au fil du temps. Et ils comptaient sur cette revente pour augmenter un peu leur retraite : 900 euros par mois pour Jules à partir de 2017, après une vie de rude labeur.

Encourager un système à bout de souffle au détriment de la protection sociale

Pour tâcher d’endiguer la fureur et le désespoir des agriculteurs, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé le 17 février dernier une baisse des cotisations sociales ainsi qu’une « année blanche sociale » pour ceux qui ont dégagé de très faibles revenus en 2015. « Quand on ne peut de toute façon pas payer ces charges, c’est une maigre consolation », déplore Yannick Bodin.
« C’est un très mauvais signal pour notre système de protection sociale », réagit Josian Palach, secrétaire national de la Confédération paysanne, en charge de l’élevage. Car, derrière les cotisations sociales, très souvent appelées « charges », il s’agit de financer l’Assurance maladie et les retraites. « Seule l’année blanche à destination des éleveurs les plus en difficulté pourra avoir un sens, ajoute Josian Palach. Il est temps d’admettre que la crise est structurelle et que c’est toute l’organisation de la production qui est à revoir. Il s’agit notamment de réorienter les aides de la politique agricole commune (PAC) vers des systèmes plus autonomes. »
Certaines banques proposent elles aussi des « années blanches », au compte-gouttes. « Les banquiers nous font grâce des remboursements des intérêts et des capitaux pour un ou deux prêts seulement, pendant un an, détaille Yannick Bodin, qui cumule pas loin de 40 prêts bancaires ! Et nous devrons de toute façon les payer ensuite sur neuf ans au lieu de dix. » Selon l’éleveur, « il faudrait légiférer pour pouvoir répartir les marges équitablement. Nous faisons actuellement pression sur les parlementaires pour qu’ils travaillent sur le sujet. Nous pensons que c’est plus efficace que d’aller mettre le feu aux routes ».

180 000 euros de frais bancaires en huit ans

Les banquiers ? « Ils gagnent tout le temps, soupire de son côté François. Et nous, on est asphyxiés en permanence. L’enveloppe de 700 millions annoncée par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, en septembre dernier, va permettre de ré-étaler nos prêts avec des taux à 2 %. Cela va libérer un peu de liquidités, on est donc tenus d’accepter puisque nous n’avons plus rien. Mais les garanties ont été fixées à 7,5 % ; ce qui pour moi revient à allonger 24 000 euros de plus. » Les dettes de François s’élèvent actuellement à 320 000 euros. « Il faut y ajouter les agios, refus de chèques et compagnie : 180 000 euros en huit ans, empochés par la banque ! »
Les manifestations et blocages qui se succèdent depuis un mois se concentrent sur les magasins de la grande distribution et les préfectures. Mais certains iraient volontiers se garer devant leurs agences bancaires. « J’ai siégé au conseil d’administration de l’agence locale du Crédit agricole, se souvient Jules. Dès la première réunion, la direction nous annonce que nous sommes là pour défendre la banque plutôt que les sociétaires qui sont nos collègues ; sachant que ce sont ces derniers qui nous ont élus ! J’ai protesté, assez vivement, mais j’ai été le seul ! J’ai décidé de démissionner, mais personne ne m’a suivi. »

Les erreurs des agriculteurs

De plus en plus d’éleveurs succombent au rêve industriel. Le nombre de fermes en France équipées de robot de traite a ainsi été multiplié par cinq en cinq ans [4]. « Il faut reconnaître qu’on s’est un peu fait du mal tout seuls, estime Jules. Combien d’entre nous, par exemple, ont investi dans des tracteurs énormes, l’année dernière, au prétexte que les cours du lait étaient plus hauts ? Nous devons aussi nous interroger sur nos organisations professionnelles et nos coopératives : ces structures avec lesquelles nous travaillons tous les jours, et qui nous dictent nos conduites, elles sont dirigées par des conseils d’administration où il y a des agriculteurs ! Soit ils ne font pas leur boulot, soit ils sont d’accord avec la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui ! »
La quasi-totalité des agriculteurs qui siègent dans ces diverses organisations appartiennent à la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), omniprésente dans les campagnes françaises. Mais la cote du syndicat agricole majoritaire s’effrite. « Nous nous sentons tellement loin et différents de Xavier Beulin, le président, business man qui ne met jamais de bottes », souffle un éleveur. « Manifester avec la FNSEA, c’est manifester pour nos fossoyeurs, dit carrément Yannick Bodin. Ils sont ultralibéraux, cogestionnaires et coresponsables de la situation actuelle ! »

Quand le manque d’autonomie en aliments rend dépendant

Acculés par des prêts bancaires déraisonnables, les éleveurs sont aussi coincés par leur obligation d’acheter des aliments. Jules et Christiane, qui produisent du maïs et de l’herbe pour leurs cinquante vaches, achètent trois tonnes de soja par mois, soit un budget de 11 000 euros par an. Pour François, qui achète la totalité de l’alimentation de ses porcs, le budget est largement plus élevé : il en a pour plus de 300 000 euros par an ! Sur les cinquante hectares de terres qu’il possède ou loue, il fait pousser du blé, de l’orge, du colza et de l’avoine. Aucune de ces céréales ne termine jamais dans les mangeoires de ses cochons. « Le bâtiment n’a pas été conçu pour cela, explique-t-il simplement. Ce n’était pas la politique du groupement de producteurs au moment où j’ai investi. » Résultat : l’ardoise s’alourdit au fil du temps et elle s’envole à chaque flambée des prix des céréales, soumis aux caprices des marchés mondiaux.
Certains éleveurs de porcs ont fait des choix différents. En Auvergne, Véronique et Nicolas cultivent un mélange céréalier sur leur ferme et le complètent avec d’autres céréales achetées chez un agriculteur bio du coin, en vue de limiter leurs dépenses en aliments (lire leur portrait réalisé par Basta !). Mais dans la filière porcine, la situation de François reste malheureusement la plus courante. Entre 2009 et 2014, l’aliment représente entre 59 et 66 % du coût de production moyen des porcs en élevage [5].
À l’escalade des prix des céréales s’ajoute, comme le montre le graphique ci-dessous, un prix du porc régulièrement en-dessous du coût de production, notamment en 2011 et 2013. Sur la période 2009-2014, la perte est ainsi évaluée à 1 centime par kilo en moyenne pour les éleveurs de porcs. Concrètement, les éleveurs perdent de l’argent en travaillant...

La responsabilité de l’enseignement agricole et des consommateurs

Pour tâcher de retrouver un peu d’autonomie, et de couvrir leurs besoins essentiels au quotidien, certains producteurs se mettent à la vente directe, « au black ». « C’est aussi l’occasion pour nous de renouer avec les consommateurs, dit l’un de ces éleveurs. Ils voient la vie qu’on a, ils prennent conscience de ce que l’on fait, ils peuvent comparer avec les prix pratiqués par la grande distribution. » « Les consommateurs sont mal habitués, nuance un éleveur laitier. Ils ne veulent que certains morceaux de viande, et toujours les mêmes. Il faudrait que les cochons aient six ou douze jambons, et les vaches, 70 côtes. En plus, la part financière que les gens accordent à leur alimentation ne cesse de baisser, alors que leur budget nouvelles technologies ne cessent d’augmenter. Les consommateurs sont aussi en train de nous tuer. »
L’autre responsable que les exploitants agricoles osent désormais nommer, c’est l’enseignement [6]. Quand il a repris la ferme de ses parents, à 21 ans, Yannick Bodin sortait tout juste du lycée. « Je n’avais rien vu d’autre, témoigne-t-il. Et j’ai suivi le modèle économique qu’on nous vend tous les jours, dans les revues, dans les salons, à l’école : j’ai investi pour m’agrandir. »
Ce discours véhiculé par les lycées agricoles est fortement critiqué par André Pochon, pionnier breton de l’agriculture durable. Pour contrer la « propagande » autour des modèles intensifs, il a participé à la création du Cedapa (Centre d’études pour un développement agricole plus autonome). Objectif : « Renverser la vapeur et montrer qu’un autre modèle agricole est possible. On va mener des études technico-économiques qui vont prouver que l’on peut installer des jeunes sur des petites unités, et que c’est rentable. » (lire notre entretien « Cet autre modèle agricole français qui rend les paysans heureux »).

« En 2008, on a sauvé les banques. En 2016, on sauve les agriculteurs ? »

Être au pied du mur provoque parfois des changements radicaux. Longtemps sujet de mépris, voire de franche rigolade dans les campagnes, le bio est maintenant considéré comme une alternative plausible. Dans le secteur laitier, celles et ceux qui se sont convertis en 2009, dans la foulée de la précédente crise du lait, n’ont pas de difficultés aujourd’hui. « Ils sont contents, c’est sûr », témoigne une de leur voisine, elle-même en plein marasme financier.
« C’est l’agriculture de demain », dit même Jules, qui a arrosé ses terres de pesticides pendant trente ans. « Il n’y a pas d’autre moyen pour préserver la ressource en eau », avance-t-il. « Si on me supprime toutes mes dettes, je suis prêt à repartir complètement différemment, en menant plus souvent mes vaches à l’herbe, en faisant moins d’investissement. Voire en faisant du bio », annonce un autre éleveur laitier qui a longtemps tenu les écolos en piètre estime. « En 2008, on a sauvé les banques, conclut Yannick Bodin. On pourrait décider qu’en 2016, on sauve les agriculteurs. »
Nolwenn Weiler et Sophie Chapelle
Photo : la ferme bio du Loriot, en Auvergne / © Tiffany Blandin

Notes

[1] Le groupement de producteurs auquel appartenait François en 2005, Cap 50, a été racheté par la coopérative des agriculteurs de Mayenne (CAM) au printemps 2015. La CAM est elle-même membre de la coopérative agroalimentaire Terrena, qui appartient au groupe coopératif InVivo.
[2] GMS signifie grandes et moyennes surfaces, PGC signifie produits de grande consommation. Source : Rapport 2015
[3] Elsa Casalegno, Karl Laske, Les cartels du lait : comment ils remodèlent l’agriculture et précipitent la crise, ed. Don Quichotte, 2016.
[4] Selon l’Institut de l’élevage, 4 387 exploitations étaient équipées d’un robot de traite fin 2014, sur les 60&nsp;000 comptabilisées en France. Source : Les cartels du lait, ibid.
[5] Source : Rapport 2015 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, page 100.
[6] En France, l’enseignement agricole dépend du ministère de l’Agriculture, qui dispose d’une direction générale de l’enseignement et de la recherche. L’enseignement agricole est donné dans les lycées d’enseignement général, technologique et professionnel agricole, ainsi que dans les centres de formation d’apprentis (CFA), établissements publics, ou dans des établissements privés.

La mobilisation en ligne contre le projet de démantèlement du droit du travail cartonne (basta)

La mobilisation en ligne contre le projet de démantèlement du droit du travail cartonne

par
Un demi million de signatures ont déjà été recueillies par la pétition en ligne Loi Travail : non merci !. Une vidéo collective dénonçant ce projet de loi a également été lancée le 24 février par un groupe de youtubers, vidéastes et blogueurs [1]. Intitulée #OnVautMieuxQueÇa, elle a déjà été vue par près de 400 000 internautes en moins de 24h. Ces succès via les réseaux sociaux est la preuve de l’intérêt manifeste que suscite le projet de réforme du droit du travail initiée par la ministre Myriam El Khomri, pour laquelle le gouvernement envisage un passage en force à l’Assemblée nationale grâce à l’article 49.3. « Ces décisions vont changer nos droits et nos vies pour longtemps. Est-ce qu’on se laisse faire ou est-ce qu’on décide qu’on vaut mieux que ça ? Les politiques ne nous donnent jamais la parole, aujourd’hui il est temps de la reprendre. »
L’objectif de cette initiative ? Témoigner de son expérience au travail, raconter les moments où chacun a « culpabilisé de partir du taf à l’heure ou simplement d’être malade », ou s’est « retrouvé tout seul pour faire le boulot de trois personnes », illustrent les initiateurs de cette vidéo. Tous les témoignages audio, écrits ou vidéo peuvent être envoyés via facebook, twitter ou mail avec le hashtag #OnVautMieuxQueça.

Journée d’actions le 31 mars

Une plateforme devrait prochainement être lancée regroupant ces différents témoignages afin de « diffuser cette parole pour la mettre en valeur ». « On va leur montrer nos vies, nos rêves, ce qu’ils en ont fait, et ce qu’on ne veut plus qu’ils en fassent », résument-ils. Un programme qui préfigure peut-être une mobilisation massive dans la rue. La CGT envisage d’ailleurs une journée de grèves et d’actions le jeudi 31 mars, à laquelle pourraient se joindre les deux autres confédérations opposées au projet, FO et l’Union syndicale Solidaires. Un appel à la grève générale le 9 mars est également en train de gagner les réseaux sociaux.
Basta ! s’attellera dans les prochaines semaines à décortiquer ce projet de loi sur la réforme du travail comme nous l’avons fait lors des négociations sur la « modernisation du dialogue social » ou de l’accord national interprofessionnel. Nous continuerons à rendre compte du quotidien de travailleurs, comme celui des inspecteurs du travail à l’heure de l’austérité, d’éboueurs pris en étau entre les restrictions budgétaires des collectivités territoriales et la volonté des entreprises de faire des bénéfices, de femmes de ménage soumises à un important risque chimique, mais aussi du travail des enfants de moins en moins encadré en France malgré des risques d’accidents plus élevés. L’occasion de découvrir notre dossier « Transformer le travail ».

mercredi 24 février 2016

Qui mentira le mieux ? (excellente vidéo) (fawkes)

François Ruffin : « un salarié aussi désinvolte qu’Arnaud Lagardère aurait été licencié depuis longtemps » (Agence info libre)

François Ruffin : « un salarié aussi désinvolte qu’Arnaud Lagardère aurait été licencié depuis longtemps »

Mots-clés :
François Ruffin, réalisateur du documentaire « Merci patron ! » était l’invité d’Europe 1 ce jour où il en a profité pour régler quelques comptes contre le patron d’Europe 1, Arnaud Lagardère.
Jean-Michel Aphatie 2’18: « j’ai vu votre documentaire, je l’ai trouvé bien fait ».
Jean-Michel Aphatie 3’04: « Libération dit : au fond, ce que vous avez filmé ne montre pas grand chose, c’est une able bien faite mais on reste un peu sceptique sur le message qui est le votre ».

François Ruffin : "mon documentaire est un… par Europe1fr
Merci Patron ! – Sortie 24 février 2016, réalisation : François Ruffin
Synopsis :
Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison. C’est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d’un inspecteur des impôts belge, d’une bonne soeur rouge, de la déléguée CGT, et d’ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l’assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, Bernard Arnault. Mais ces David frondeurs pourront-ils l’emporter contre un Goliath milliardaire ? Du suspense, de l’émotion, et de la franche rigolade. Nos pieds nickelés picards réussiront-ils à duper le premier groupe de luxe au monde, et l’homme le plus riche de France ?

ONPC : Jean-Luc Mélenchon défie les chiens de garde à propos de la Syrie (sott)

ONPC : Jean-Luc Mélenchon défie les chiens de garde à propos de la Syrie

Invité de l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché" (ONPC) sur France 2 samedi soir, Jean-Luc Mélenchon a distribué des bons points à la Russie pour son rôle en Syrie.



Capture d'écran ONPC
- "Poutine, est-ce que vous êtes pour ce qu'il est en train de faire en Syrie ?
- Oui, je pense qu'il va régler le problème."

La réponse de Jean-Luc Mélenchon à la question de Léa Salamé sur le plateau de l'émission "On n'est pas couché" (ONPC), ce samedi 20 février, a le mérite d'être claire. Pour celui qui vient de proposer sa candidature pour l'élection présidentielle de 2017, et qui souhaite que "Daech soit vaincu, écrabouillé, et que les Kurdes gagnent", il ne fait aucun doute que c'est Vladimir Poutine qui parviendra à "éliminer Daech". Et quand Yann Moix lui fait remarquer que pour l'heure, le président de la Russie semble cibler en priorité les rebelles hostiles à Bachar el-Assad plutôt que Daech, Jean-Luc Mélenchon balaye d'un revers de main : "Ce n'est pas vrai"

Rappelant que "la première victime d'une guerre, c'est la vérité", le leader du parti de gauche souligne : "Ce sont les Russes qui ont coupé les communications qui sortaient le pétrole de Daech pour faire de la contrebande par la Turquie. (...) C'est ça qui a été bombardé, donc je félicite les Russes d'être parvenus à couper cette liaison." Quant aux accusations de frappes russe contre des rebelles anti-Assad, il estime : "Les rebelles civilisés sont une ultra-minorité" en Syrie.


VIDEO. Mélenchon "félicite" Poutine pour ce que fait la Russie en Syrie C'est le moment choisi par Yann Moix pour tenter une éclaircissement géopolitique de la complexe crise syrienne et du rôle de Moscou dans le conflit. Le polémiste explique comment la Russie, alliée de l'Iran - et soutien historique de Bachar el-Assad -, tente d'imposer un jeu à deux en Syrie, Assad contre Daech, en éliminant la rébellion locale. "Vous êtes d'accord avec ça ?", interroge le chroniqueur de Laurent Ruquier. "Non", répond fermement Jean-Luc Mélenchon, accusant "la propagande" de désinformer l'opinion publique, dans une guerre qui est aussi celle de l'information, comme le rappelle Marianne.


"Tout est de la propagande, tous les bombardements massacrent tout le monde. Je ne suis pas pour les bombardements. Cette pauvre population est prise dans une guerre qui ne la concerne même pas, qui est une guerre d'oléoducs et de gazoducs", conclut l'invité politique de Laurent Ruquier. Remonté, Jean-Luc Mélenchon s'insurge encore de voir Al-Qaïda, "notre ennemi en Afghanistan", devenir "notre allié en Syrie. Tout ça est absurde, il faut rétablir l'ordre, et l'ordre passe par le fait que l'on élimine Daech de là". Et ce, donc, grâce à Vladimir Poutine.

« Vous avez aimé la loi sur les faillites bancaires ? Vous allez adorer celle sur la faillite des États !! » L’édito de Charles SANNAT (news360)

« Vous avez aimé la loi sur les faillites bancaires ? Vous allez adorer celle sur la faillite des États !! » L’édito de Charles SANNAT


Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,
C’est un article d’il y a une semaine de notre ami Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph de Londres – que je considère, et vous le savez, comme l’un des meilleurs pour ne pas dire le meilleur journaliste européen à l’heure actuelle – que je voulais évoquer aujourd’hui.
Une fois n’est pas coutume, il nous lève donc un lièvre et de taille concernant la dernière idée lumineuse germanique, à savoir la mise en place d’une législation sur les faillites des États qui serait écrite sur le modèle de celle de la faillite des banques.

Petite explication technique sur les “bail-in”!

Ne fuyez pas !! Restez avec moi, vous allez voir comme à chaque fois c’est beaucoup plus simple en vrai, une fois décryptées toutes ces méchantes terminologies.

Un “bail-in” c’est intraduisible en français !

Disons que le “bail-in est une pratique financière qui impose à certains créanciers d’une banque en difficulté (y compris parfois de simples clients épargnants) une diminution du montant des créances qu’ils possèdent sur l’établissement de crédit ou une conversion de celles-ci en actions de capital. Le bail-in permet ainsi aux banques de se recapitaliser en cas de crise”.
À ne pas confondre avec le bail-out, qui désigne le renflouement d’une banque par un État (comme lors de la crise de 2008).
Afin de ne pas mettre les États en faillite en cas de faillite de banque, l’idée des dirigeants européens est justement de faire des bail-in et pas des bail-out !
J’espère que maintenant c’est un peu plus clair.
La loi, de 159 pages très exactement, sur les “bail-in” bancaires (dont j’ai consacré une lettre entière de STRATÉGIES à son explication) a donc pour objectif de répartir les pertes d’une banque en faillite et décrit avec précision justement ces modalités, stipulant que les épargnants entre autres seront mis à contribution.
Cette loi sur les réductions de créances bancaires change effectivement la donne en ce qui concerne la sécurité de vos dépôts en cas de faillite de votre banque. Vous trouveriez sans doute les choses pas drôles, vous regretteriez de ne pas avoir débancarisé, de ne pas avoir d’or et d’avoir si longuement hésité pour votre maison à la campagne…

C’est quoi un bail-in pour les obligations d’État ?

C’est la même chose que pour une banque qui ferait faillite mais pour un État qui ferait faillite. L’idée c’est de faire une loi qui, là encore, décrit les modalités avec précision des pertes qui seront imposées aux créanciers de cet État en faillite, tout en sachant qu’un créancier de l’État peut être un fournisseur par exemple qui n’a pas encore été payé, ou un fonctionnaire à qui l’État doit un salaire, un retraité à qui l’État doit une pension, ou un épargnant qui a placé son argent en… obligations d’État à travers par exemple, au hasard, un contrat d’assurance vie!
En vertu de ce nouveau régime, les détenteurs d’obligations pourraient subir des pertes en cas de nouvelle crise sur la dette souveraine d’un pays avant que ce pays ne puisse avoir recours au mécanisme de sauvetage de la zone euro, le MES, dont tout le monde a oublié l’existence !

L’idée est logique puisque le MES est voué à l’échec !

Il va falloir faire appel à votre mémoire, car le MES c’était quand tout le monde avait peur que l’euro explose. Nous étions en 2011 et l’or était à 2 000 dollars l’once. Sarkozy était président et sauvait l’Europe ainsi que le monde à chaque sommet de la dernière chance.
L’idée “brillante” (c’est ironique) du MES consistait à dire que des pays européens surendettés s’endettaient encore plus pour mettre de l’argent qu’il n’avait pas dans un fonds commun appelé MES pour aller sauver des pays carrément en faillite…
J’ai toujours, depuis 5 ans, donné toujours la même et unique définition du MES, à savoir, donc, un machin évidemment voué à un échec retentissant. Pas parce que le MES serait contre mon idéologie mais tout simplement parce qu’il fonctionne exactement comme je l’ai dit un peu plus haut.
Comme nos mamamouchis sont au courant de ce que je viens de vous expliquer, surtout les mamamouchis allemands, ils veulent, avant de devoir renflouer les États, qu’il y ait une forme de renégociation de la dette plus ou moins obligatoire et ce sera plus que moins ; et avant que le MES intervienne, il faudra que les détenteurs d’obligations acceptent une perte substantielle.
C’est parfaitement logique puisque c’est la seule façon, de toute manière, in fine de s’en sortir avec ce monceau de dettes…
Pour être plus clair, la seule façon de s’en sortir sera de ne pas rembourser… La faillite donc se profile et à travers cette proposition et volonté allemande, c’est un signal d’alarme majeur qui vient de retentir !

Une telle loi sur les «bail-in» pour les obligations d’État risque de faire exploser l’euro !

Et non, encore une fois, moi je ne dis plus rien !! C’est notre Ambrose Evans-Pritchard qui cite plusieurs sources très haut placées dans plusieurs gouvernements européens qui nous le dit. Et vous savez quoi ? Je suis parfaitement d’accord. Explications :
Un nouveau mécanisme dit de “bail-in” souverain vient appliquer une décote aux détenteurs d’obligations en cas de faillite, cela revient à dire :
1/ le MES est inopérant et ne sert à rien.
2/ La croyance qui consiste à dire que la BCE interviendra en dernier ressort est fausse.
Conclusion : si vous prêtez à un pays qui fait faillite, vous l’aurez dans le baba… C’est logique, sauf que si l’euro n’a pas éclaté en 2011, c’est uniquement parce que Mario Draghi avait dit au pire moment “ne vous inquiétez pas, je ferai tout ce qu’il faut pour sauver l’euro qui est irréversible et croyez-moi, ce sera assez”…
Sauf qu’il semblerait que l’on s’oriente vers l’intégration de la réalité des choses, à savoir que nous avons un immense problème de dettes et qu’il y a peu de façons de s’en sortir avec les dettes.
1/ Augmenter la richesse (la croissance).
2/ Augmenter les impôts et réduire les dépenses (récession et déflation comme en Grèce).
3/ Ne pas rembourser et faire défaut.
En l’absence de croissance, et parce que la politique d’austérité est déflationniste et conduit au défaut, il n’y a en réalité que deux solutions : l’utilisation de la planche à billets par la Banque centrale ou le défaut partiel avec réduction de la dette.
Ce que dit l’Allemagne, c’est que la planche à billets ne sera pas utilisée et qu’il faudra que chacun prenne ses pertes.
Lorsque cette annonce a été faite,les taux d’emprunt des pays du Sud ont flambé, comme le montre ce graphique pour les taux portugais à plus de 4%!
taux portugal
Cela veut dire que si la BCE ne garantit plus l’absence de risque de faillite alors le risque de faillite revient et si le risque de faillite revient, il y a tout plein de pays qui vont voir les taux flamber et si les taux flambent, soit ces pays font faillite soit l’euro explose et chacun retrouve ses monnaies nationales.
L’Europe et l’euro sont déjà morts, la seule question est de savoir qui fera le faire-part de décès et quand ! À la fin des fins, les épargnants seront ruinés, sauf ceux qui auront su sortir des banques et des produits financiers à temps.
En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

mardi 23 février 2016

La fracassante démission d’un haut cadre du ministère de la Santé (Agence info libre)

La fracassante démission d’un haut cadre du ministère de la Santé

Source : Le parisien
démission

« Permettez-moi, Monsieur le directeur général, l’ultime honneur de ne pas vous saluer » ! Ce propos peu commun conclut une lettre de démission pour le moins explosive, datée de vendredi et signée « Thomas Dietrich, ex-responsable du secrétariat général de la Conférence nationale de santé, de mars 2015 à février 2016 ».

Adressée au Directeur général de la Santé, Benoît Vallet, son supérieur hiérarchique, cette courte missive s’accompagne surtout d’une « contribution » destinée à l’Inspection générale des affaires sociales, dans laquelle ce diplômé de Sciences Po et romancier* n’y va pas de main morte. Ce document de 28 pages que nous avons pu consulter est un véritable brûlot contre le ministère de la Santé. Ce dernier ne porterait en fait que très peu d’intérêt à ce que pense le public sur des grands sujets de santé comme la vaccination, la fin de vie ou encore l’e-santé. Selon Thomas Dietrich, « la démocratie dans le domaine de la santé n’est qu’une vaste mascarade montée par les politiques».

Des pressions sur des sujets sensibles

Il sait de quoi il parle puisque durant un an, il a dirigé le secrétariat général de la Conférence nationale de santé (CNS). Créé par une loi de 2004, cet organisme (à ne pas confondre avec la Grande conférence de santé qui s’est tenue jeudi dernier), est constitué de 120 membres, représentants l’ensemble du paysage de la santé : usagers, professionnels du soin, élus, chercheurs, assureurs, laboratoires… Sa mission est simple : rendre des avis indépendants pour éclairer, notamment les parlementaires et le ministère.
Cette instance est assujettie à la Direction générale de la Santé, elle-même dépendant de la ministre, Marisol Touraine. Or, selon Dietrich, le ministère ne supporterait pas certaines prises de positions. Son avis sur la « Loi fin de vie », qui n’allait pas assez loin, fut le début de l’entrée en disgrâce de la CNS. Le coup de grâce vint lorsque sa présidente, Bernadette Devictor, afficha sa volonté de piloter un débat national sur la vaccination.
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Politique et éco n° 79 : tourisme un fléau méconnu en France (Tvlibertés)

Point de vue
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Olivier Pichon reçoit Philippe Simonnot .Ne m’appelez plus France, (Orban) livre paru dans les années 90 et devenu prophétique à l’heure de
l’appauvrissement des campagnes françaises.

1. La racine du mal.
– Quel est le droit des Français sur leur propre territoire en France ?
– Un espace vaste et peu peuplé qui attire les touristes …et les migrants !
– 50 millions de touristes en 1990, 85 millions aujourd’hui et 110 millions en 2030.
– La France rurale piégée par la PAC. A l’origine un pacte franco-allemand qui a permis la rentabilité de l’agriculture Allemande.
– Une politique quantitative qui écrase la qualité France, le pays « offert » par les bas prix du foncier.


2. Quand les affaires étrangères veulent redorer leur blason par le tourisme.
-Fabius ministre du tourisme ?
– Pourquoi la terre échappa longtemps au cycle marchand.
– La « Touristisation » un fléau mais aussi un leurre, le touriste ne paye pas tout ce qu’il consomme.
– Une question qui n’est jamais posée, celle des coûts, le capital France irrémédiablement entamé.
– Les exemples : Notre dame, Versailles, lascaux.


3. Privatisation des bénéfices socialisation des pertes.
– Le syndrome vénitien, les monstres qui accablent la Sérénissime.
– Question de droit : la lagune appartient à l’Etat italien.
– Le modèle suisse de la propriété foncière, inaccessible aux étrangers.
– Fragilité du tourisme, le coût des attentats de Janvier et de novembre : 0,1 % du PIB : 2milliards d’euros.
– La Tunisie et l’Egypte figures de notre avenir touristique ?
– Conclusion : quand l’Allemagne est forte la France se défait.