vendredi 25 octobre 2013

La petite histoire des « cafés suspendus »…(Les moutons enragés)

La petite histoire des « cafés suspendus »…

C’est une petite histoire que j’ai reçu par e-mail, et qui se doit d’être relayée car c’est une idée qui mérite d’être popularisée, et elle peut également donner d’autres idées toutes aussi sympathiques qui mériteraient d’être mises en avant. Allez savoir, peut-être cela apportera-t-il quelque chose de le publier ici, au vu de l’actualité du moment et de l’avenir qui nous est réservé…
coffeeEntré dans un petit café en Belgique avec mon ami nous avons fait notre demande. Tandis que nous étions à l’approche de notre table deux personnes arrivent et s’approchent du comptoir : – « Cinq cafés, s’il vous plaît. Deux pour nous et trois suspendus. » Ils ont payé, ils ont pris leurs deux cafés et sont partis.
J’ai demandé à mon ami : – « Qu’est ce des cafés suspendus ? »
Mon ami m’a répondu : – « attends et tu verras. »
Un peu plus de gens sont entrés. Deux filles ont demandé un café chacune elles ont payés et sont partis. La commande suivante a été de sept cafés et il a été fait par trois avocats – trois pour eux et quatre « suspendus ». Tandis que je me demande toujours qu’elle est la signification des cafés suspendus » ils partent.
Soudain, un homme habillé avec des vêtements usés qui ressemble à un mendiant arrive au comptoir et demande cordialement : – « Avez-vous un café suspendu ? » Et le serveur lui sert un café
La récapitulation: les gens payent à l’ avance un café qui seras servi a qui ne peut pas se payer une boisson chaude! Cette tradition a commencé à Naples, mais elle s’est dispersé pour tout le monde et a quelques endroits il est possible de commander non seulement « des café suspendus » mais aussi un sandwich ou un repas complet… fait en sorte de publier cette belle idée a tout le monde entier ! Sa serait super bien que ceci se fasse ici en France et ailleurs !

La Cigale et la Fourmi (gauche molle revisited) (politeeks)

La Cigale et la Fourmi (gauche molle revisited)



Oct 16, 13 La Cigale et la Fourmi (gauche molle revisited)

 

On va faire un petit rappel sur un sujet qui fait les conversations, les impôts. Par ce que y’a de quoi, y’a de quoi…Vous connaissez tous la fable de La Fontaine , et en particulier celle de la Cigale et de la Fourmi, on peut y voir une allégorie de la rigueur.



Mais aussi un vieux principe, un âne prévenu reste un âne. Des ânes, des fourmis et des cigales.. donc… tous situés dans les étages supérieurs de Bercy.

L’an passé au sujet des impôts, et de la réforme fiscale supposée “juste” de la gauche molle de gouvernement.. certains s’étaient posé des questions. Ce fut le cas le 1er octobre 2012 du journal le Monde. Dans ce journal, ou plutôt sur son site Web, le journaliste expliquait des choses et publiait des courbes sur l’effet des diverses mesures du gouvernement de F.Hollande.

En voici une , elle montre l’effet calculé par des fiscalistes des mesures en questions. Cela provoqua à l’époque quelques questions ou remarques, certaines même saugrenues que je refuse de publier ici tant leurs auteurs devraient se cacher sous les tapis.

D’abord la courbe, ici pour un célibataire :

leMonde_impots2012_1



On voit bien que quelque soit le niveau de revenu, des hausses d’impôts à payer existaient à revenus constants ou presque.

Le journal publiait d’autres courbes, comme celle-ci :

impots_hollande

On voit bien que dans certains cas de revenus sous les 50K annuels, la hausse d’impôt à payer pouvait atteindre +10%. On pouvait faire le calcul sur le site du Monde. Le couple avec un enfant à 30K de revenus annuels, donc 2 fois 15K, ce qui n’est pas énorme, se prenait +12% d’IR.

La pauvre à 10K annuel de revenus imposable soit vraiment pas grand chose, devait selon les mêmes outils s’attendre à +5% d’impôt à payer. Soit quelques dizaines d’Euros, ou quelques centaines. Ce n’est pas une petite somme à ce niveau de revenus.

A l’époque, certains expliquaient de toute bonne foi aussi que non, l’impôt allait baisser pour 4 millions de foyer fiscaux. Il ne s’agit pas ici de faire leur procès.

On trouve désormais des témoignages, de militant(e)s de bonne foi qui sont confrontés à des gens qui sont eux aussi parfois de bonne foi. Ils nous expliquent qu’ils rencontrent des électeurs qui ne payaient pas d’impôts (et ne sont pas retraités) du fait de leurs faibles revenus et qui deviennent imposables. Ils doivent payer 200 ou 300€ d’impôts, et perdent des avantages liés à la non imposition. Ces gens là sont déçus, et expriment alors qu’ils vont en représailles voter FN. le CSP+ enfoncé dans son fauteuil et ses certitudes a du mal à comprendre le concept de représailles électorales, et va se jeter sur son télérama pour comprendre la menace fasciste, laissons le de coté.

Nous sommes ici en plein dans le problème des mesures idiotes de Bercy.

C’est cette cette France dans la mouise qui ne s’en sort pas qui se prend les mesures idiotes de Bercy en plein dans la tronche. Bien sûr, il n’y a pas que ces niveaux de revenus qui sont ciblés. Personnellement je vois dans les trucs 2.0 ceux qui sont dans le haut de la courbe des revenus, ils se plaignent.. les pauvres vont sans doute devoir annuler un WE à Rome , ou ne pas partir pour la 5e fois de l’année dans les iles… Ceux là ont profité plein pot des réductions depuis 2000, personnellement j’avais le calcul pour comparer mes énormes revenus de 2004 ou 2003 dans le barème fiscal de 2013 : en 10 ans, le barème pour ces revenus me plaçant dans les 7% les mieux payés avait perdu 8%.

Et là, booooom, on constate que les hausses d’impôts qui produisent des résultats détonnants sur le bas du barème fiscal. Nous ne sommes plus dans l’avertissement de 2012.

ON EST LA DEDANS EN PLEIN. Les ânes qui nous gouvernent ne peuvent pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus.

On me décrit des gens qui vont donc voter FN par ce qu’ils sont en colère, je comprend leur colère , je la partage, mais je ne l’exprimerai jamais de cette façon. Ce sont là des gens qui font partie du peuple dans la mouise. Ce sont eux qui comptent chaque euro, pour qui 100 ou 200€ à payer d’impôts supplémentaire ça signifie dire faire un repas par jour pendant 10 jours ou reculer une dépense de santé (moins remboursée au fait depuis 10 ans..)… Et ce sont ces gens qui vont voir rapidement que la “réformes des frais bancaires” de moscovici ne changera dans les faits rien pour eux…

On pourra me dire que l’année prochaine, ou qu’un décote va être effectuée .. en 2014 pour les revenus de 2013, que tout ça c’était le barème Sarkozy-Fillon… Ce sera trop tard, les gens dans la mouise auront été délestés et auront exprimé leur colère dans les urnes. Le bêtise de Bercy va couter très cher à la gauche de gouvernement.Mais est-ce vraiment de la bêtise, de l’ignorance ?



Que faisiez-vous au temps chaud ?


Dit-elle à cette emprunteuse (4).


Nuit et jour à tout venant


Je chantais, ne vous déplaise.


Vous chantiez ? j’en suis fort aise


Et bien ! dansez maintenant.

Il y a 26 ans, Thomas Sankara était assassiné.(Le grand soir)

vendredi 25 octobre 2013


Des circonstances à éclaircir… Une popularité toujours croissante

Il y a 26 ans, Thomas Sankara était assassiné.

Bruno Jaffré

Le violent assassinat de Thomas Sankara est à la mesure de l’acharnement de ses assassins à le salir et à le faire disparaitre de la mémoire de ses compatriotes. De la même façon, les tentatives de faire connaitre les circonstances de son assassinat semblent se heurter à des forces puissantes. Il faut dire que l’hypothèse d’un complot international fait petit à petit son chemin. Quoiqu’il en soit, Thomas Sankara a désormais rejoint le panthéon des figures révolutionnaires. Non seulement il est largement adopté comme un modèle par de larges couches de la jeunesse africaine mais il est aussi une source d’inspiration pour les artistes de nombreuses disciplines : Retour sur son assassinat 26 ans après, et son rayonnement actuel .


Ce jour-là vers 16h30, un commando de militaires du régime de la sécurité présidentielle est arrivé aux abords d’une salle où Thomas Sankara tenait une réunion avec des collaborateurs. Il leur aurait dit : « restez c’est à moi qu’ils en veulent ». Le commando après avoir tué deux hommes est entré dans le bâtiment a tué Sankara, puis tout ceux qui assistaient à la réunion, à l’exception d’un seul qui a fait le mort.

Le dénouement d’une crise interne

Après 4 années de révolution qui avait bouleversé le pays, et dont le bilan, on le sait maintenant est considérable, cet assassinat mettait violemment fin à l’expérience révolutionnaire la plus importante du continent africain. Ce n’est qu’aujourd’hui, après le recul, que l’on en mesure toute l’importance. La jeunesse africaine a fait de Thomas Sankara son héros, à l’image de ce qu’était devenu Che Guevara pour la jeunesse engagée sud-américaine et européenne. Blaise Compaoré et ses amis, qui organisèrent cet assassinat, conscients de la popularité du président assassiné, s’employèrent à salir sa mémoire, à minimiser son bilan.
Les partisans de Thomas Sankara qui ne purent ou ne voulurent s’enfuir, furent poursuivis et souvent torturés. Peu avant ce dénouement tragique, Thomas Sankara affrontait des cadres de la révolution, ayant souvent rejoint ses rangs après la prise du pouvoir. Ils voulaient procéder à de nouvelles purges pour la « clarifier ». En réalité pour mieux profiter des bénéfices du pouvoir, tandis que Sankara, conscient d’une certaine lassitude, voulait au contraire, construire un parti politique qui rassemblerait tous les courants révolutionnaires dans leur diversité, y compris ceux qui avaient été écartés ou qui s’étaient retirés pour divergence, pour aller de l’avant et ouvrir plus tard le jeu politique.
Blaise Compaoré, en qui Thomas Sankara avait une confiance aveugle, s’est appuyé sur les secteurs de l’armée qu’il contrôlait et sur ces révolutionnaires de circonstance. Les plus influents de ceux ont cru que la révolution allait continuer furent assassinés, les autres se sont vite transformés en chantres du libéralisme économique, sans trop d’état d’âme. Ils sont le plus souvent encore au pouvoir.
Le climat lourd qui précéda cette issue violente et inattendue, s’explique par les pseudo-divergences au sein de la direction de la révolution, en réalité dans un discours trouvé récemment qu’il devrait prononcer le soir du 15 octobre, Sankara explique que ses ennemis étaient incapables d’affronter une discussion politique et d’énoncer de réelles divergences, une certaine lassitude d’une partie de la population, les manœuvres de toute sorte, mais aussi l’organisation d’une fronde contre Thomas Sankara lui-même qui veillait personnellement au travail et à l’engagement de chacun quand ce n’est pas à la moralité de tous. De quoi se faire beaucoup d’ennemis.

Un leader d’envergure internationale qui dérangeait

Depuis, petit à petit, cependant se sont dessinés les contours d’un complot international. La simple analyse politique de la situation internationale et le rôle de plus en plus important qu’y tenait Thomas Sankara l’impose comme une hypothèse plus que probable. Bien qu’étant un petit pays, Thomas Sankara devenait de plus en plus populaire au sein de la jeunesse du continent, jusqu’à inquiéter les dirigeants des pays voisins qu’il n’hésitait pas à interpeller publiquement. C’est ainsi qu’ils avaient commencé à refuser de le recevoir dans la capitales pour éviter des manifestations de soutien à ce jeune leader de plus en plus incontournable tout autant qu’incontrôlable. Mieux, Thomas Sankara avait même exfiltré des dirigeants d’institutions inter africaines, jusqu’ici intouchables pour les juger à Ouagadougou devant les Tribunaux populaires de la révolution. Sa lutte implacable contre la corruption, l’élan qu’il avait su insuffler à son peuple, qu’il avait réussi rapidement à convaincre de son engagement sincère à construire le pays, de son intégrité, et qui s’était mis massivement au travail constituaient autant d’exemple qu’il pouvait en être autrement que ces régimes corrompus dans les pays voisins.

Un complot international se dessine petit à petit

Les premières enquêtes journalistiques évoquaient déjà la thèse du complot. Le journaliste Sennen Andriamirado, aujourd’hui décédé, très au fait de cette révolution et ami personnel de Thomas Sankara en a développé la thèse dans ses premiers articles suivant l’assassinat avant de se contredire dans l’ouvrage qu’il fait paraitre un an plus tard. Plus, dès 1993, des travaux universitaires de chercheurs anglophones avaient fait état de la présence de libériens au Burkina Faso à l’époque. Ils émettaient l’hypothèse de leur participation à l’assassinat de Thomas Sankara, ce que vont confirmer d’autres travaux en anglais par la suite. En l’an 2000, François Xavier Verschave, alors président de l’association SURVIE [1] dans son volumineux ouvrage Noir Silence ( Les Arènes), écrit page 346 à propos de « paradoxales » relations franco-libyennes : « L’Élimination du président burkinabè Thomas Sankara est sans doute le sacrifice fondateur … Foccart et l’entourage de Kadhafi convinrent en 1987 de remplacer un leader trop intègre et indépendant, au point d’en être agaçant, par un Blaise Compaoré infiniment mieux disposé à partager leurs dessins. L’ivoirien Houphouet Boigny fut associé au complot. »
Depuis, différents témoignages sont venus confirmer l’hypothèse d’un complot international et notamment un documentaire italien de Silvestro Montanaro diffusé sur la RAI3 en juillet 2009 [2]. Plusieurs anciens compagnons de Charles Taylor, affirment avoir été présents sur les lieux, mais évoquent aussi la participation de la Côte d’Ivoire, de la Libye, de la France et de la CIA américaine.

Les campagnes pour la vérité et la justice se heurtent à la mauvaise volonté du comité des droits de l’homme de l’ONU, et au blocage de la justice burkinabé

C’est ainsi qu’en France, relayant une campagne de signatures [3] demandant l’ouverture d’une enquête indépendante, les députés des Verts et du Front de gauche ont tour à tour demandé l’ouverture d’une enquête parlementaire sur l’assassinat de Thomas Sankara en 2011 et en 2012 [4].
Ces demandes n’ont toujours pas été mises à l’ordre du jour de l’assemblée nationale. Une autre campagne, à l’initiative du CIJS (Campagne international Justice pour Sankara) avait réussi à faire mettre cette affaire à l’ordre du jour du comité des droits de l’homme de l’ONU. Celui-ci après avoir en 2006 en partie donné raison à la famille s’est en quelque sorte déjugée en 2008, en s’estimant satisfait des actions de l’État burkinabè. Pourtant celui-ci s’était contenté de corriger le certificat de décès de Thomas Sankara qui comportait jusqu’alors la mention décédé « de mort naturelle » et de proposer de l’argent à la famille qu’elle refusé évidemment réaffirmant son exigence de justice et de vérité.
Aucune enquête n’avait été diligentée sur l’assassinat de Thomas Sankara. Différentes procédures judiciaires ont par ailleurs été engagées au Burkina. Aucune n’a abouti jusqu’ici. Toutes se sont heurtées à toute sorte de diversions, montrant sur cette affaire le manque d’indépendance de la justice de ce pays. L’actuel président, Blaise Compaoré, ainsi que son Chef d’État major particulier, Gilbert Diendéré, décoré de la légion d’honneur en mai 2008, sont fortement soupçonnés d’être directement impliqués dans l’assassinat.
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Affiches à Berlin

Un leader commémoré chaque année dans de nombreux pays

Si l’exigence de justice sur l’assassinat de Thomas Sankara est loin d’être satisfaite, sa renommée croissante en Afrique mais aussi en Europe et en Amérique du Sud, ont fini par anéantir toutes les tentatives pour salir sa mémoire, comme son bilan. De nombreuses ouvrages socio-politiques sont déjà parus en français, dont plusieurs écrits par des burkinabè, et en Italien tandis que plusieurs sont en préparation en anglais.
Chaque 15 octobre, de nombreuses commémorations sont organisées à travers le monde pour honorer sa mémoire et son action. Une trentaine d’associations altermondialistes organisent chaque année autour du 15 octobre une semaine contre la dette illégitime et les institutions internationales, Thomas Sankara constituant pour la plupart d’entre elles, le précurseur de leur combat [5].

L’émergence politique difficile du « sankarisme » politique

Au Burkina Faso, la jeunesse engagée très mobilisée, en quête de repère et de personnage symbolique, s’empare de sa pensée pour lutter contre le pouvoir en grande difficulté. De nombreux partis se réclamant du sankarisme revendiquent son héritage. Mais leur division empêche que le sankarisme politique puisse véritablement s’épanouir pleinement. La clarification se fait cependant petit à petit. En réalité l’un d’entre eux émergent réellement l’UNIR PS (Union pour la Renaissance / parti sankariste), avec 4 députés, et dans une moindre mesure le Front des forces sociales, en perte de vitesse cependant, les autres ne rassemblant que quelques individus, et n’existant que par quelques communiqués diffusés de temps en temps par la presse. Par contre de nombreuses associations de jeunes voient le jour à travers l’Afrique. La dernière en date le balai citoyen, créé il y a quelques mois, se revendique directement de son héritage. A l’initiative de deux musiciens très populaires au Burkina, Sams’K Le Jah et Smockey, elle fait preuve d’un dynamisme à toute épreuve, s’imposant comme le principal organisateur des cérémonies du 15 octobre à Ouagadougou aux côtés des partis sankaristes plus discrets.

Une source d’inspiration pour de nombreux artistes dans des disciplines très diverses

De nombreux artistes musiciens, dont certains très connus comme Tiken Jah Fakoly, ou Didier Awadi parlent de Thomas Sankara, durant leur spectacles quand ils n’ont pas composé des chansons qui lui sont consacrés. Des graphistes s’emparent de son image et la reproduisent à l’infi et dsans tous les styles. Mais au-delà des chorégraphes tels Serge Aymé Coulibaly ou Auguste Ouedraogo ont créé des spectacles pour lui rendre hommage. La littérature n’est pas en reste avec auteurs, tels Jean Billeter, Koulsy Lamko ou Jacques Jouet, pour n’en citer que quelques uns qui lui ont consacré des œuvres.
De nombreux documentaires, dont certains sont plusieurs fois passés à la télévision, et traduits dans différentes langues ont été produits. Citons « Thomas Sankara » de Balufu Bakupa-Kanyinda, le précurseur qui n’a pu mener son projet à bien, mais aussi « l’homme intègre » de Robin Shuffield, « Fratricide au Burkina, Thomas Sankara et la Françafrique » de Thuy Tien Ho, ou encore le tout récent « capitaine Thomas Sankara » de Christophe Cupelin qui a entamé une prometteuse tournée des festivals.
Et au milieu de ces productions professionnelles, impossible de ne pas citer le film « Sur les traces de Thomas Sankara », en deux parties de près de 2 heures, très complet, lui aussi traduit en plusieurs langues, réalisé sans soutien par l’association Baraka et qui a été projeté aussi dans de nombreux pays et Sankara dans mes rimes du jeune et très prometteur réalisateur burkinabé Jean Baoui Ziba Camille qui rapporte les paroles des artistes africains d’aujourd’hui sur Thomas Sankara.
La période qui vient verra sans doute se multiplier les premières productions de fiction portés à l’écran à l’image du tout nouveau « Twaaga », Cédric Ido qui entame aussi une tournée des festivals de court métrage. Outre l’aspect politique, l’histoire de Thomas Sankara, et cette histoire d’amitié trahie porte en elle en effet tous les ingrédients d’une grande tragédie romanesque.
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Affiche Tunisienne
Thomas Sankara est donc devenu tout à la fois, une référence d’intégrité, de probité, d’engagement, et de stratégie pour les révolutionnaires, une source d’inspiration pour les artistes de différentes disciplines, le précurseur des combats écologistes et d’un modèle de développement autocentré pour les citoyens à la recherche d’alternative au modèle libéral, une figure de référence pour les altermondialistes qui luttent pour le non paiement des dettes illégitimes, ou plus, un exemple pour les jeunes en quête de repère, de modèle, de figure à laquelle s’identifier et d’exemple à suivre.
Bruno Jaffré, le 14 octobre 2013.


Vidéo Thomas Sankara - Discours Sur La Dette [Sommet OUA, Addis Abeba] Partie 1/2 (AMTv - AFRIQUE) : http://youtu.be/FhkqN6KTtJI
Discours Sur La Dette [Sommet OUA, Addis Abeba] Partie 2/2 (AMTv - AFRIQUE) : http://youtu.be/jvYM6cGuBo8

LES HERBES DE PROVENCE VIENNENT... DE POLOGNE ! (Consoglobe et Terre sacrée)

Les Herbes de Provence viennent... de Pologne !

Note préliminaire de TS :
Les plus de 200 variétés d'épices -en provenance du monde entier- conditionnées et distribuées par la marque Ducros, ne seraient pas irradiées
Qu'on se le dise !
C'est du moins ce que prétend la Direction de Ducros dans une lettre recommandée, adressée le 23 octobre à notre Association, nous sommant d'enlever sous huitaine toute trace internet d'un article, publié par nos soins il y a six mois et causant apparemment préjudice à la marque.
Cet article concernait la pratique courante de l'irradiation alimentaire chez le géant contorsionniste ;o)
En fait, qu'en est-il ?
Les épices en question ne seraient donc pas irradiées en France, non pas en France ! Soit ! Mais qui va aller vérifier maintenant si, par exemple, les herbes provençales made in Pologne ne subissent pas sur place un bombardement intensif de rayons X, gamma ou autres, avant d'être expédiées vers nos estomacs candides, via le site provençal de Ducros, le roi de l'embrouille, dont le siège social est à Carpentras, dans le Vaucluse, en Provence donc... ? ;o)
Franchement, qui sont les toqués ?
Eh ben maintenant, Père Ducros, la balle est dans ton camp, Ducros sors tes crocs : prouve aux consomm'acteurs français, qui ne sont tout de même pas des boeufs, prouve-nous publiquement que chacune de tes 200 variétés d'épices n'est pas irradiée dans son pays de culture, AVANT expédition en Provence, AVANT conditionnement par toi...
Le mieux serait carrément d'écrire EN GROS sur chacune de tes fioles :
"Epice non irradiée au cobalt 60"
On reprendrait alors peut-être confiance ;o)


Le besoin viscéral de faire du profit chez certains les amène à s'attaquer aux plus hautes institutions ! La contrefaçon et l'imitation sont partout, et pas uniquement dans l'industrie du luxe. Les produits qui incarnent un véritable savoir-faire se retrouvent à côté de pâles copies peu qualitatives et à moindre coût...
Alerte aux fausses herbes de Provence ! Emblèmes du terroir provençal, elles sont largement concurrencées par d'autres herbes, de qualité parfois médiocre, mais qui se font bien sûr passer pour ce fameux mélange typique de cette douce région du Sud de la France. Eh oui, la dénomination Herbes de Provence n'implique aucune obligation au fabricant : c'est une simple appellation générique, non protégée.
Apprenez à les distinguer !

Les véritables Herbes de Provence
C'est sans doute le mélange de plantes aromatiques le plus connu et le plus utilisé dans nos cuisines. Les Herbes de Provence désignent une association bien précise de thym, romarin, sarriette, origan et basilic.
Un sachet doit contenir le savant mélange suivant :

•26% d'origan
•26% de sarriette
•26% de romarin
•19% de thym
•et 3% de basilic
Tout mélange qui comporte la mention Herbes de Provence ne provient pas toujours de la région ; la plupart du temps, il provient de l'étranger ! Ainsi donc, il est conseillé de repérer sur l'emballage les mentions «produit en Provence» ou «Origine Provence Garantie».


Les herbes de Provence Label Rouge
Depuis 2003, les Herbes de Provence véritables peuvent bénéficier d'un Label Rouge. Celui-ci garantit une grande qualité de produit.
Celui-ci impose :
•Une traçabilité complète de tout le processus
•Une teneur en huiles essentielles, une couleur, une granulométrie et une composition constantes
•Une parfaite qualité macrobiologique
La composition est effectuée avec un dosage très précis et des contrôles sont réalisés à chaque étape de production.
Si la qualité des plantes aromatiques de Provence est telle, c'est qu'elles sont produites dans des conditions climatiques optimales, sur des terrains adaptés. L'air chaud et sec garantit aux herbes une haute teneur en huiles essentielles. Les méthodes de production et de triage restent inchangées, ce qui leur confère un savoir-faire ancien et reconnu ; de nombreuses étapes sont encore réalisées à la main.
Ainsi, le choix des variétés, l'irrigation des cultures, la période de récolte, les conditions de stockage et de séchage, etc. sont autant de critères qui entrent en compte pour obtenir ces mélanges aromatiques de grande qualité.
« C'est très délicat, tout se joue parfois à quelques heures. Si la récolte est sortie du champ avant d'être sèche, elle risque de moisir, et si elle l'est trop, tout s'effritera sur place. C'est comme pour l'irrigation. Il faut de l'eau, mais il faut aussi savoir arrêter au moins une quinzaine de jours avant la récolte, pour obtenir la concentration la plus élevée possible d'huiles essentielles dans la plante. C'est ce qui fait la force de son parfum », explique un producteur des précieuses herbes.


Herbes de Provence : attention, imitation
Le marché des Herbes de Provence est immense : il représente 500 tonnes de plantes aromatiques produites par an ! Sur cette quantité, seuls 10% sont effectivement d'origine française.
Une large majorité des fausses Herbes de Provence est importée du Maroc, d'Espagne, d'Albanie et surtout de Pologne.

Les Herbes de Provence polonaises
En achetant un paquet d'Herbes de Provence, vous avez 9 chances sur 10 pour qu'il s'agisse d'herbes produites partout, sauf en Provence justement ! Même le leader sur le marché des herbes et des épices, Ducros, ne cherche pas trop à se décarcasser : il utilise une grande partie d'herbes importées.
La majorité de ces importations vient de l'Est. En outre, la culture du thym polonais est considérable. A tel point que la Pologne fournit la moitié des importations de thym en France depuis 10 ans, les surfaces d'exploitation étant immenses et la main d'oeuvre d'un coût plus modeste.


Face à la recrudescence d'Herbes de Provence qui n'ont rien de provençal, la filière s'est organisée.
Les producteurs se sont donc regroupés en 3 coopératives, dont la plus importante, la Copamiva de Trets, afin de mieux exploiter leur production. Ils sont une centaine à travailler dans le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, le Var, les Alpes de Haute-Provence, les Hautes-Alpes et la Drôme provençale, sur une surface d'environ 400 hectares. 50% de la production sont exportés, principalement à destination de l'Europe du Nord.

Reconnaître les véritables Herbes de Provence
Les Herbes de Provence véritables ont un goût unique, une couleur franche reconnaissable et une odeur puissante. Astuce à connaître pour distinguer les vraies des imitations : dans les véritables Herbes de Provence, vous ne devez trouver ni tige, ni poussière. Seules les feuilles qui concentrent toutes les huiles essentielles au fort pouvoir aromatique sont gardées.
Lors de vos achats, vérifiez que le paquet mentionne bien sur son étiquette :
•la dénomination “Herbes de Provence” ;
•la composition ;
•la provenance du produit ;
•les caractéristiques certifiées : arôme et saveur garantis, plantes sélectionnées et contrôlées.

Un article de consoglobe.com, relayé par SOS-planete

Budget : cadeaux fiscaux au Medef (l'Humanité)



Politique - le 23 Octobre 2013
Pourquoi et comment le projet de loi de finances doit-il changer de cap ?

Budget : cadeaux fiscaux au Medef                   



Par Jean-Marc Durand, Membre du Conseil National du PCF, section économique. Le cumul des mesures fiscales de 2012 et 2013 représente environ 55 milliards de hausses d’impôts. Ces hausses ont porté sur les entreprises et les ménages. Mais elles auront pesé beaucoup plus sur ces derniers et particulièrement sur les ménages aux revenus modestes et moyens. Les 10 % de foyers fiscaux supplémentaires devenus imposables à l’impôt sur le revenu en 2013 relèvent, en effet, des couches les plus basses.
Et comme les autres, ils ont supporté la hausse des prélèvements sociaux ainsi que les conséquences de la casse des missions et des services publics provoquée par la course à la réduction de la dépense publique.
Que prévoit le projet de loi de finances pour 2014 ? Derrière le débat sur le trop d’impôts porté par le Medef et la valse-hésitation du gouvernement sur certaines mesures, la même logique prévaut.
Seule note positive pour les ménages, le dégel du barème d’impôt sur le revenu sera vite oublié face à :
– la hausse de la TVA, majoration du taux normal de 19,6 % à 20 % et du taux intermédiaire de 7 % à 10 % alors que le taux réduit sera finalement maintenu à 5,5 % et que, dès juillet, le taux de TVA sur les services à la personne est passé de 7 % à 19,6 % ;
– la poursuite de l’abaissement du plafond du quotient familial ;
– la hausse de 0,15 % des cotisations de retraite.
S’ajoutera à ces mesures la création d’une contribution climat énergie. Devant rapporter 4 milliards d’euros en 2016, cette taxe est, malgré les artifices de langage, un nouvel impôt dont l’efficience environnementale et sociale et l’efficacité économique sont très loin d’être avérées.
Quant aux entreprises, non seulement elles ne débourseront pas un centime d’impôt de plus en 2014 mais elles bénéficieront d’une réduction d’impôt de 10 milliards d’euros par le biais du Cice (crédit impôt compétitivité-emploi). À cela s’ajoutent les 200 milliards d’aides publiques dont elles sont destinataires dont 30 milliards d’exonération de cotisations sociales. La France est le royaume de l’assistanat pour entreprises. Divers dispositifs mis bout à bout (Cice, crédit impôt recherche) tendent même à transformer notre pays en véritable paradis fiscal pour entreprises. Rappelons que les recettes fiscales de la France sont de 287 milliards d’euros.
Par ailleurs, la dépense publique sera encore réduite de 15 milliards d’euros dont 9 milliards de dépenses de l’État et des collectivités territoriales (baisse du concours de l’État de 1,5 milliard d’euros, dont 880 millions pour les communes) et 6 milliards de dépenses sociales. Des économies qui vont devenir un véritable cauchemar pour les budgets publics et sociaux avec des choix cruciaux s’agissant du devenir de certaines missions publiques.
Cette situation ne peut plus durer. Elle porte en germe un désastre économique et social. Ce n’est pas la légère embellie de croissance qui contredit cette prévision. Déjà l’Insee annonce que ce n’est qu’un léger répit avant la rechute. L’épisode du shutdown aux États-Unis risque en cela d’être un signe avant-coureur.
Un autre cap doit être donné. Notamment par une réforme fiscale se fixant l’objectif de combattre les inégalités en pénalisant la croissance financière des capitaux, les délocalisations et en encourageant les comportements favorables à la croissance de l’emploi et des richesses réelles. Redistribuer les richesses et impulser un nouveau mode de leur production, tel est le sens d’une réforme de l’impôt (1), levier d’une relance ayant en son cœur la refonte du système bancaire et de la politique du crédit.
(1) Pour le détail des mesures, se reporter 
au programme du PCF et du Front de gauche.

« Syrie : en route pour un nouvel ordre mondial » (publié sur Comité Valmy)

« Syrie : en route pour un nouvel ordre mondial »
par Michel Raimbaud, ancien Ambassadeur

jeudi 24 octobre 2013, par Comité Valmy
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3973

« Syrie : en route pour un nouvel ordre mondial »

Nous vivons actuellement un moment historique majeur, d’une importance sans doute comparable à la chute de l’Union Soviétique. Entraînant la dissolution du bloc communiste et ayant pour effet immédiat d’instaurer l’hégémonie sans partage de l’Amérique et de ses alliés occidentaux, la disparition de l’URSS allait amener plus de vingt ans de malheur et d’extrême injustice pour le reste de la planète.
L’évènement qui a dominé le récent Sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, fruit d’une gestation de deux ans dans le sillage de la crise syrienne, referme cette parenthèse dramatique. Confirmant la renaissance de la Russie et l’émergence du bloc des BRICS à direction russo-chinoise, il symbolise la recomposition de la vie internationale sur de nouvelles bases : le « moment unipolaire américain », qui consacrait le triomphe des « grandes démocraties » et de leur « économie de marché », est terminé. C’est le glas qui sonne pour la plus grande escroquerie politique de l’ère contemporaine : la « communauté internationale » franco-anglo-américaine est agonisante.
Le double accord conclu entre la Russie et l’Amérique au sujet de la Syrie est l’acte fondateur de cette mutation. Le Mur de Berlin apparaissait comme le symbole du triomphe du « monde libre » et de « la fin de l’Histoire ». En cet automne 2013, c’est le mur de l’arrogance qui a été brisé, le ci-devant « Axe du Bien » apparaissant dans toute sa splendeur, sur fond de soleil couchant. Loin d’être finie, l’Histoire continue.
C’est une belle leçon de diplomatie qu’a prodiguée la Russie (soutenue sans défaillance par la Chine, par ses autres partenaires « BRICS » comme le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, mais aussi par une bonne partie du monde) en réussissant à faire prévaloir la légalité internationale et les grands principes onusiens contre les partisans de l’ingérence à tout va. Ne nous y trompons pas : pendant quelques jours, le monde a bel et bien frôlé la catastrophe et la guerre mondiale. Que Russes et Américains se soient mis d’accord sur le principe d’une solution politique et diplomatique ne peut que réjouir les gens de bonne volonté qui prônent et espèrent depuis de longs mois l’amorce d’un processus de négociation en Syrie. En espérant que la dynamique de paix sera contagieuse…
Il convient bien entendu de saluer la « Syrie réelle », c’est-à-dire tous ceux qui ont misé une fois pour toutes sur le dialogue pour mettre un terme à la guerre universelle à laquelle est confronté leur pays. C’est en effet grâce à leur détermination et leur lucidité que la mère de notre civilisation a pu résister – résiste toujours - aux terribles épreuves infligées par ses « faux frères » d’Orient et ses « faux amis » d’Occident : plus de 100 000 morts, huit millions de réfugiés et déplacés, soit un Syrien sur trois, plus de la moitié du pays en ruines, y compris la ville martyre d’Alep, capitale économique livrée au pillage, les infrastructures dévastées, écoles et hôpitaux inclus, des zones entières à la merci de combattants d’un autre âge. Sans oublier des millions et des millions de vies brisées…La communauté internationale, l’universelle, celle qui représente la majeure partie de la planète, ne sera-t-elle pas fondée à demander des comptes à ceux qui entretiennent, en notre nom par-dessus le marché, cette entreprise de massacre et de destruction, comme jadis en Irak et naguère en Libye ?
Certes, voir la grise mine de quelques « amis » bien connus du peuple syrien devant une perspective de solution pacifique a de quoi nous réjouir, mais nous ne pouvons dissimuler notre tristesse et notre colère de voir la France brader ses intérêts nationaux, ruiner son crédit moral en affirmant une préférence marquée pour le mauvais côté de l’Histoire. A l’heure où les uns et les autres se félicitent de voir la raison l’emporter et redisent leur engagement en faveur d’une issue politique négociée en Syrie, la France ne manifeste pas un enthousiasme délirant – c’est un euphémisme – pour l’option de la paix et du droit, dont la diplomatie russe s’est faite le symbole.
On aurait plutôt, jusqu’ici, l’impression qu’elle choisit de se retrancher dans le camp de la guerre en compagnie des financeurs du djihad. Pourquoi a-t-elle tant tenu à court-circuiter le Conseil de Sécurité dont elle est l’un des membres permanents et pourquoi, se plaçant dans une logique d’ingérence, a-t-elle mis tant de constance à bafouer les principes du droit onusien dont elle se réclamait. Quel dommage et quel ravage !
Le gouvernement français fait grand cas des votes du Congrès américain et bon marché de l’opinion majoritaire des Français. Il a grand tort. Sa politique est aussi injuste qu’immorale et la part de culpabilité qui est la sienne dans l’atroce tragédie syrienne n’a d’égale que son écrasante responsabilité dans notre enfermement et notre terrible humiliation. Pesant mes mots (comme un ministre bien connu qui pourtant rate toutes les occasions de se taire), je souhaite plein succès à ce Genève II que les vrais amis de la Syrie appellent de leurs voeux : il est grand temps que la voix de la diplomatie se substitue au fracas des armes, que la stabilité et la paix reviennent en Syrie.
Et puis, faut-il rappeler l’évidence ? C’est aux Syriens et à eux seuls qu’il appartient de décider de leur destin en toute souveraineté et en toute indépendance. Les dirigeants étrangers, de Paris ou de Washington, de Riyad ou d’Ankara, n’ont aucune légitimité pour le faire à leur place, et il leur faut un fabuleux toupet pour établir des « feuilles de route » concernant l’avenir ou la reconstruction d’un pays qu’ils auront tout fait pour anéantir.
Michel Raimbaud, ex-Ambassadeur (à la retraite)
Membre de la Coordination pour la souveraineté de la Syrie et contre l’ingérence
Mis en ligne le 9 octobre 2013

Les grecs 40% plus pauvres qu'en 2008 (jaiundoute)



jeudi 24 octobre 2013

Nicolas Doze - Le PS propose la justice sociale, cela se traduit par le vol en bande organisée



Philippe Béchade : les mauvais chiffres de l'emploi américain (jaiundoute)



Une banque villageoise, solidaire et qui prête à taux zéro : rien d’impossible (basta)

BASTA !
Epargne citoyenne

Une banque villageoise, solidaire et qui prête à taux zéro : rien d’impossible

par Emmanuel Daniel -
C’est une autre manière de reprendre le contrôle de son épargne. Les habitants de la vallée d’Aspe, près de la frontière espagnole, ont décidé de se mobiliser pour relocaliser l’économie et créer des emplois. Leur association Aspe solidaire collecte l’épargne des habitants afin de financer des activités dans la vallée. Et d’enrayer la désertification. L’économie par les citoyens et au service des citoyens.
Cela s’est produit sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, mais ce n’est pas un miracle. Une centaine d’habitants de la vallée d’Aspe ont décidé de re-dynamiser l’économie de leur territoire en voie de désertification. Ils ont monté l’association Aspe Solidaire. Objectif : collecter l’épargne des habitants et proposer des prêts à taux zéro à des porteurs de projets désireux de s’installer dans la vallée, où vivent 2 700 personnes. Cette initiative « permet aux gens qui veulent faire quelque chose pour le territoire, sans avoir envie d’être élus, de s’impliquer », explique Anne, l’actuelle présidente de l’association. Car la vallée est quelque peu sinistrée.
Avec un revenu net par foyer inférieur de 6 000 € à la moyenne nationale et une population vieillissante, la vallée d’Aspe peine à retenir les enfants du pays. La population des 13 villages béarnais qui constituent la communauté de communes a chuté de 65% depuis le début du siècle dernier ! Si l’exode rural s’est depuis ralenti, la tendance est toujours à la baisse. Quand Anne, historienne, a organisé une réunion d’information sur la mise en place d’un dispositif d’épargne citoyenne et solidaire, les riverains ont accouru. « C’était un soir de janvier 2011, il faisait froid, il neigeait, mais il y a avait quand même une centaine de personnes. Cela montre que l’idée correspondait à une attente », souligne cette conseillère municipale d’Accous, l’un des villages de la vallée, qui précise que l’association ne bénéficie d’aucune subvention.
Relocaliser l’économie
Pendant la soirée, elle leur parle de l’exemple du Comité local d’épargne pour les jeunes (Clej) qui soutient des projets de jeunes basques grâce à l’épargne solidaire. L’assemblée est emballée et un rendez-vous est fixé la semaine suivante pour créer l’association. Les membres se donnent un an pour recueillir les prêts des volontaires. Emma, caissière dans une grande surface des environs, et trésorière de l’association, n’a pas été difficile à convaincre : « Niveau emploi, il n’y pas grand chose par ici. Alors j’ai été emballée par l’idée d’aider à créer de l’activité dans la vallée. »
Plus d’une centaine d’habitants, soit 4% des habitants de la vallée, prêtent chacun 180 € à l’association (15€ par mois). « Les gens avaient envie de faire quelque chose pour dynamiser l’économie locale. Pour ma part, je voulais agir à ma façon, avec mes compétences limitées, pour faire avancer les choses, permettre à des gens de développer une activité, de vivre et d’habiter dans la vallée », témoigne Francis, retraité de l’Éducation nationale.
Bien que la démarche soit avant tout économique, certains membres de l’association mettent en avant des considérations écologiques : « Il s’agit de relocaliser l’économie en raccourcissant les circuits de production et de consommation », argumente l’ancien enseignant. « Cela n’a pas de sens de faire une heure de voiture, de dépenser du gasoil et de polluer pour des activités dont la présence se justifie dans la vallée », ajoute Monica, une ancienne bergère.
20 000 € sont récoltés en 2011, qui vont bénéficier à cinq projets : une entreprise de céramique, une autre de ferronnerie-mécanique, deux structures d’aide au développement commercial et un centre de soins esthétiques voient le jour. Un peintre au RSA a également fait appel à l’association en urgence pour pouvoir acheter des cadres afin de proposer ses œuvres à la vente lors d’une exposition. Ici, on ne stigmatise pas, on aide.
Soutien financier et moral
Parmi ces porteurs de projets, certains n’auraient pas pu démarrer leur activité sans l’association. « Les banques ne prêtent qu’aux riches, pas à ceux qui n’ont pas un radis, c’est bien connu, sourit Francis. L’argent prêté sert d’apport personnel à ceux qui n’en ont pas. » Un argument non négligeable pour convaincre les institutions financières de la viabilité d’un projet. « Avoir l’aval des gens de la vallée donne de la crédibilité auprès des banques », confirme Aurélie qui, grâce au soutien de l’association, a réussi à convaincre son conseiller de lui prêter de l’argent. Un peu plus d’un an après le lancement, la fréquentation de son salon esthétique est supérieure à ses prévisions.
Pour autant, l’association ne répond pas favorablement à toutes les sollicitations. « Même si ce ne sont pas de grosses sommes, nous sommes attentifs aux projets soutenus par respect pour les gens qui ont placé leur espoir dans l’association », justifie Francis. Ainsi, chaque demande de prêt est étudiée par l’hétérodoxe conseil d’administration (voir la photo) et un comité technique composé de chefs d’entreprises ou de banquiers, pour la plupart à la retraite. Ceux-ci évaluent la solidité du projet et accompagnent les entrepreneurs dans leurs démarches, de l’étude de marché à la définition de leurs besoins de trésorerie. Plus qu’une somme d’argent, Aspe solidaire apporte un soutien technique et moral à ceux qui la sollicitent.
Quand l’économie développe le lien social
Les membres de l’association insistent sur l’aspect solidaire de leur démarche. Les membres ne peuvent espérer un quelconque retour sur investissement lorsqu’ils prêtent de l’argent. Car, quand les sommes engagées sont remboursées 3 à 4 ans plus tard, l’inflation est passée par là. « Nous ne sommes pas dans une logique capitaliste », résume Anne. En outre, les prêteurs n’ont aucune garantie de revoir leurs deniers. « Si quelqu’un ne rembourse pas son prêt, on ne se retourne pas contre lui. On se contente de répartir la perte sur tout le monde, c’est le côté militant des prêteurs. Des liens forts de responsabilité et de confiance se crée entre tous les membres », estime Francis. Et le prêt sonnant et trébuchant n’est pas l’unique levier. « Tout le monde aide à son niveau, soit en prêtant, soit en allant acheter chez une des personnes aidées par l’association. Cela crée un réseau de solidarités ». Un point de vue partagé par Myriam, membre du Conseil d’administration : « Par l’économie, on développe le lien social », juge-t-elle.

Le succès de la première levée de fonds en 2011 a été tel que les membres d’Aspe solidaire ont décidé d’organiser une deuxième collecte d’épargne en 2013 pour répondre aux sollicitations de nouveaux porteurs de projets. Alors même que les premiers prêts n’ont pas été remboursés, 73 personnes se sont déjà engagées et les inscriptions courent jusqu’à la fin de l’année. Le caractère concret de l’action et sa capacité à mobiliser au delà des clivages partisans fait reconnaître à Monica, élue d’un village de la vallée, qu’elle se sent « parfois plus utile ici qu’au conseil municipal ». Une expérience à multiplier (A relire : quand les pauvres inventent une banque véritablement populaire) ?
Emmanuel Daniel
Photo de une : CC Jean-Michel Baud
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