samedi 21 mai 2016

En plein mouvement social, la Commission européenne demande à la France d’être encore plus néolibérale (basta)

En plein mouvement social, la Commission européenne demande à la France d’être encore plus néolibérale

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Le 18 mai, à la veille d’une nouvelle journée de manifestations contre la loi travail, la Commission européenne publiait ses recommandations aux pays de l’Union européenne en matière d’économie. C’est ce qu’on appelle le “semestre européen”, un dispositif chargé depuis 2011 de surveiller les politiques économiques et budgétaires dans l’UE. Dans les faits, ces recommandations régulières de la Commission aux gouvernements des pays membres ont pour rôle de leur forcer la main pour réformer leur droit du travail. En février dernier, le semestre européen critiquait par exemple un marché du travail français jugé trop « rigide », dans lequel la protection contre les licenciements serait trop élevée [1].
À nouveau, les prescriptions de Bruxelles transmises mercredi ressemblent à s’en méprendre à un argumentaire du plus dogmatique des néolibéraux. « Dans le contexte actuel de chômage élevé, le coût du travail au salaire minimum risque de freiner l’emploi des personnes peu qualifiées, dit la Commission. Qui préconise de « veiller à ce que les réductions du coût du travail soient pérennisées et que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emplois et la compétitivité ». Traduction : que le salaire minium n’augmente surtout pas.
Autre point sur lequel insiste la Commission, et qui est au centre de la loi travail : l’exigence de donner plus de libertés aux entreprises pour déroger aux accords de branches, qui protègent pourtant les salariés d’un rapport de force déséquilibré au sein d’un même secteur, et fixent le cadre – salaires, horaires, protections sociales... – dans lequel ils exercent leur métier. « Les réformes menées récemment n’ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche. Cela concerne tous les aspects des conditions d’emploi, notamment les salaires, le temps de travail et les conditions de travail, et limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins », fait valoir la Commission. « Les dérogations aux accords de branche et aux dispositions juridiques générales sur les conditions d’emploi, par l’intermédiaire d’accords d’entreprise, pourraient être facilitées, en concertation avec les partenaires sociaux ». C’est justement ce que le gouvernement veut faire avec la nouvelle loi travail. Les recommandations de Bruxelles reprennent aussi textuellement l’argument selon lequel c’est la protection des salariés en CDI qui pénaliserait les précaire et les chômeurs… Sans expliquer par quel mécanisme une protection précarise...
Mais ce n’est pas tout. Le semestre européen demande aussi à la France d’ « entreprendre une réforme du système d’assurance-chômage afin d’en rétablir la viabilité budgétaire ». Et veut aussi que Paris réduise l’impôt sur les sociétés tout en augmentant la TVA. Rappelons que l’impôt sur les sociétés est prélevé sur les bénéfices d’une entreprise, tandis que la TVA pèse de la même manière sur tout le monde, que l’on soit salarié au Smic ou PDG millionnaire. Manuel Valls en fera-t-il son nouvel ordre de mission...

Notes

[1Voir ici.

L’histoire de John Law (Pierre Jovanovic) (news360)




Pierre Jovanovic prend l’occasion de l’une de ses « discussions à bâtons rompus » pour MPI-TV pour présenter le dernier ouvrage qu’il publie au Jardin Des Livres, « L’histoire de John Law ».
Il en profite pour répondre à nos questions sur l’actualité économique et l’état de la France.

mardi 17 mai 2016

Voici les 8 grands déclencheurs potentiels d’une nouvelle crise financière (news360)

Voici les 8 grands déclencheurs potentiels d’une nouvelle crise financière

Il y a un certain nombre de déclencheurs potentiels d’une nouvelle crise.
Le premier déclencheur potentiel peut être le cours des actions.
Le marché boursier américain est en difficulté. Une appréciation du dollar américain affecte les exportations et les recettes en devises.La faiblesse du marché des Émergents affecte les entreprises dans la technologie, l’aérospatial, l’automobile, les produits de consommation et les industries de produits de luxe. Les dévaluations monétaires combinées avec une capacité excédentaire, tirée par la dette alimenté par un sur-investissement en Chine, maintient les pressions déflationnistes en réduisant le pouvoir de fixation des prix. La baisse des prix du pétrole réduisent le bénéfice, les flux de trésorerie et la valeur des actifs des producteurs d’énergie. la technologie et la bio-technologie des actions surgonflées déçoivent.
Gains et pressions sur les liquidités réduisent l’activité de fusions et de rachats d’actions qui ont soutenu la valeur des actions. la faiblesse des actions américaines reflux sur les marchés boursiers mondiaux.
Le second déclencheur potentiel peut être les marchés de la dette. Les Compagnies d’énergie très endettés et les emprunteurs des marchés émergents font face à un risque accru de détresse financier.
Selon la Banque des règlements internationaux, le total des emprunts par l’industrie mondiale du pétrole et du gaz a atteint 2,5 billions $ en 2014, en hausse de 250 pour cent vs1 billion $ US en 2008.
La contrainte initiale sera concentrée dans l’industrie du pétrole et du gaz  de schiste aux États-Unis qui sont fortement endettées avec des emprunts qui représentent plus de trois fois les bénéfices bruts d’exploitation. De nombreuses entreprises ont des flux de trésorerie négatifs même lorsque les prix étaient élevés, et ont besoin de lever constamment du capital pour forer de nouveaux puits pour maintenir la production. Si les entreprises ont des difficultés à respecter les engagements existants, la diminution des fonds disponibles et des coûts plus élevés va créer une spirale négative toxique.
Un certain nombre de grands emprunteurs des marchés émergents, comme le Brésilien Petrobras, Pemex au Mexique et les russes Gazprom et Rosneft, sont également vulnérables. Ces entreprises ont augmenté l’effet de levier au cours des dernières années, en partie en raison de faibles taux d’intérêt pour financer l’expansion opérationnelle importante sur une hypothèse des prix du pétrole plus élevés .
Ces emprunteurs ont, ces dernières années, utilisé les marchés financiers plutôt que des prêts bancaires pour lever des fonds, encaissant sur la demande de rendement des investisseurs affamés. Depuis 2009, Petrobras, Pemex et Gazprom (avec sa banque éponyme) ont émis 140 milliards US $ en dette. Petrobras US seul a emis 170 milliards $ en dette. Les entreprises russes telles que Gazprom, Rosneft et les grandes banques des États-Unis ont vendu 244 milliards $ d’obligations. Le risque de contagion est élevé et les investisseurs obligataires institutionnels et de détail dans le monde entier sont exposés.
Un troisième déclencheur possible est qu’il peut y avoir des problèmes dans le système bancaire alimenté par la baisse des prix des actifs et des prêts non performants. Les banques européennes ont environ € 1,2 billion de prêts en difficulté. Les Prêts à problèmes bancaires chinois et indiens sont également élevés.
Un quatrième déclencheur potentiel peut être des changements dans les conditions de liquidité exacerbent le stress. Depuis 2009, les prix des actifs ont été touchés par la tentative de reflation des banques centrales. Aujourd’hui, autant que US 200-250 milliards $ en nouvelles liquidités peuvent être nécessaire chaque trimestre pour simplement maintenir les prix des actifs. Cependant, le monde est entré dans une période de politique monétaire asynchrone, avec des divergences entre les différentes banques centrales.
La Réserve fédérale américaine n’ajoute plus la liquidité comme elle l’avait fait entre 2009 et 2014. Bien que la Banque du Japon et les banques centrales européennes continuent d’étendre leurs bilans, ça peut ne pas être suffisant pour soutenir les prix des actifs.
La baisse des prix des produits de base permet également de réduire la liquidité mondiale. Depuis le premier choc pétrolier, le recyclage des pétrodollars, les recettes excédentaires provenant des exportateurs de pétrole, ont été une composante essentielle du flux de capitaux mondiaux fournissant le financement, le renforcement des prix des actifs et pour maintenir les taux d’intérêt bas. Une période prolongée de bas prix du pétrole réduira la liquidité en pétrodollars et peut nécessiter la vente de placements étrangers.
La baisse des liquidités mondiales entraînées par la baisse des liquidités en pétrodollar et des réserves de change du marché des émergents affectent les prix des actifs et les taux d’intérêt à l’échelle mondiale.
Un cinquième déclencheur potentiel sera la volatilité des devises et les guerres des monnaies qui ne sont pas, du moins selon les décideurs, en cours. Un dollar plus fort peut affaiblir la croissance des États – Unis. Mais un dollar plus faible signifie un Euro plus fort et un yen fort qui affecte les perspectives de la zone euro et du Japon.
Un sixième déclencheur potentiel peut être la faiblesse de l’activité économique mondiale. Un facteur sera le secteur de l’énergie plus faible. La croyance que les prix du pétrole vont conduire à une augmentation de la croissance peut être déplacée, avec les problèmes des producteurs compensant les avantages pour les consommateurs. Environ 1 billion $ US de nouveaux investissements peuvent être non rentables avec ces prix du pétrole, surtout si ils se poursuivent pendant une période de temps prolongée. Lorsqu’il est combiné avec la réduction des investissements prévus dans d’ autres secteurs en raison de la baisse des prix, l’effet sur les économies seront importantes.
Il y a aussi des problèmes croissants dans les marchés émergents. La croissance ralentit en raison du ralentissement de la demande à l’exportation sur les marchés développés, la dette insoutenable et les faiblesses structurelles non réglées. Pour les pays producteurs de produits de base, la baisse des revenus va affaiblir la performance économique déclenchant une revalorisation. Les problèmes seront répartis sur les marchés émergents.
Le ralentissement de la croissance, une inflation faible et des problèmes financiers vont recentrer l’attention sur le niveau et la viabilité de la dette souveraine. Les problèmes de la dette publique non résolus du Japon et des États-Unis attirent l’examen des investisseurs. En Europe, les problèmes de dette souveraine affecteront les nations fondamentales comme l’Italie et la France.
Un septième déclencheur potentiel peut être une perte de confiance dans les responsables politiques. Par Une évaluation critique des politiques du gouvernement et de la banque centrale . La stabilité financière artificielle conçu par des taux d’intérêt bas et le QE est minée par l’ inquiétude sur les effets à long terme des politiques et l’absence de reprise auto-entretenue.
Le déclencheur final est la contrainte politique. Avec les élites politiques qui ont été capturés par les entreprises, les banques et les riches, les électeurs se tournent vers les extrêmes politiques à la recherche de représentation et de solutions. L’incertitude et l’incohérence en outre de la politique résultante supprime la récupération. La situation géopolitique s’est également fortement dégradée.
En réalité, ce ne sera pas un facteur unique mais une concaténation inattendue des événements, qui se traduiront par une crise financière, une contagion mondiale, et un ralentissement économique.
Zero Hedge – resistanceauthentique

Sur 220 milliards « d’aides » à la Grèce, 210 pour les banques, 10 pour les Grecs ! (news360)

Sur 220 milliards « d’aides » à la Grèce, 210 pour les banques, 10 pour les Grecs !

Ha les vilains Grecs qui ne payent pas leurs impôts, ha les méchants Grecs qui roulent dans de belles berlines (achetées en Allemagne), ha, ces Grecs qu’il faut faire rembourser… Tout cela, je l’ai dit et répété à de très nombreuses reprises ces dernières années, est un mensonge éhonté.
Les plans d’aides n’ont jamais servi à « aider » le peuple grec, ça c’est que l’on raconte aux benêts sans-dents d’ici pour qu’ils ne se rebellent pas et dorment tranquilles devant leur télévision.
Les plans d’aides n’ont servi qu’à une chose : nettoyer les bilans des grandes banques européennes, à commencer par les banques allemandes et françaises, de leurs créances grecques moisies qui ont toutes terminé ou presque dans le bilan de la BCE, la banque centrale européenne.
Sauf, que cette fois, et c’est juste la différence, ce n’est pas Charles Sannat qui le dit c’est une étude… allemande !
Charles SANNAT
C’est un rapport allemand, de l’école European School of Management and Technology de Berlin (ESMT), qui l’affirme : des 220 milliards d’euros du plan d’aide à la Grèce, 210 milliards ont servi à renflouer les banques du pays. Article d’ekathimerini.com, publié le 4 mai 2016 :
« Environ 95 % des 220 milliards d’euros versés à la Grèce depuis le début de la crise financière sous forme de prêts dans le cadre du mécanisme de renflouement ont servi à renflouer les banques européennes. Ce qui signifie qu’environ 210 milliards d’euros ont atterri sur les comptes du secteur bancaire européen tandis que seulement 5 % ont garni les caisses de l’État, d’après une étude de l’European School of Management and Technology (ESMT) de Berlin.
« L’Europe et le FMI ont, durant ces dernières années, sauvé les banques et d’autres créditeurs privés, » conclut le rapport, publié hier dans le journal allemand Handelsblatt. Le directeur de l’ESMT, Jorg Rocholl, a déclaré au journal financier allemand que « les plans de sauvetage ont principalement sauvé les banques européennes ».
L’étude de cette école de commerce a déterminé que 86,9 milliards d’euros ont été utilisés pour rembourser d’anciennes dettes, 52,3 milliards pour le paiement des intérêts et 37,3 milliards pour la recapitalisation des banques grecques.
Les économistes qui ont participé à l’étude ont analysé de façon séparée chaque crédit afin d’établir la destination de l’argent. Ils ont conclu que seulement 9,7 milliards d’euros, soit moins de 5 %, ont contribué au budget grec au profit du peuple.
« Tout le monde le soupçonnait, mais peu de gens le savaient. C’est maintenant confirmé par cette étude : pendant 6 ans, l’Europe a tenté en vain de mettre un terme à la crise grecque via des prêts tout en exigeant des mesures et des réformes toujours plus dures. Les causes de l’échec se trouvaient manifestement moins du côté du gouvernement grec que de la planification des plans de sauvetage, » conclut le quotidien allemand. »

Oxygène : [SCANDALE] Cancer, tous des cobayes ? (news360)

 

Le premier numéro d’Oxygène est consacré au cancer. Alors que le dépistage et la prévention du cancer seront, à la demande des parlementaires, la grande cause nationale de 2017, le système de santé français renferme un scandale : les essais thérapeutiques! Aux côtés du docteur Leborgne et de Carine Curtet, présidente de l’association Ametist et maman d’un adolescent décédé du cancer, Elise Blaise et le docteur Delépine examineront les dérives parfois mortelles des protocoles médicaux, qui donnent souvent le sentiment que les malades sont des cobayes comme les autres!

mardi 3 mai 2016

« Il va falloir déclarer au fisc la revente d’un Playmobil ! » L’édito de Charles SANNAT (news360)

« Il va falloir déclarer au fisc la revente d’un Playmobil ! » L’édito de Charles SANNAT


Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,
Nos dirigeants, qu’ils soient ministres, députés ou sénateurs, ont tout simplement et depuis fort longtemps perdu ce que l’on appelle pudiquement le “sens des réalités”.
J’attribue cette dérive de nos mamamouchis de tous poils à leurs fréquentations assidues des palais, des dorures, des cantines gratuites, des chauffeurs à profusion, des salaires plantureux (bien que les intéressés s’en défendent, gagner 10 000 euros c’est plantureux dans une France de fauchés).
Bref, ils ont toujours la bonne idée pour nous emmerder ; franchement, le fond de ma pensée, ce n’est même pas qu’ils nous emmerdent, ils nous font chier ! Alors que le Normal 1er benêt-béat pour qui la France-va-mieux nous la joue “ravi de la crèche”, je vous rappelle donc que notre grand chambellan élyséen nous a parlé pendant de longs mois de “choc de simplification”.
Pour nous simplifier la vie, et nous faire chier dès le 1er euro – car rien ne doit échapper à leur rapine officielle et institutionnalisée (si ce n’est une bonne part de leurs émoluments d’élus qui échappent directement ou indirectement à la fiscalité qu’ils sont si prompts à faire appliquer avec toute la rigueur de la loi aux sans-dents que nous sommes) –, nos sénateurs dans leur infinie sagesse ont décidé de passer l’amendement le plus crétin, le plus imbécile, le plus débile, que dis-je, le plus con de l’année !
Si madame Michu revend le camion de pompier Playmobil d’occase sur eBay, il faut le déclarer au fisc !
Voilà leur idée géniale. Il faut de toutes les façons vous taxer jusqu’à ce que nous en crevions tous dans une espèce d’hystérie collective à l’impôt, à la taxe.

Les brocantes ? Taxées !

La location de votre voiture une ou deux fois l’an ? Déclarée au fisc !
La location de votre appart via une plateforme ? Idem.
La vente des jouets du gosse sur Le Bon Coin ? Idem !
Bref, l’idée de cet amendement, c’est que rien de ce qui transite par les plateformes Internet dites “collaboratives” n’échappe aux fins limiers de Bercy !
D’où une idée géniale qui serait d’installer Le Bon Coin à Panama… comme savent si bien le faire nos grands mamamouchis lorsqu’il s’agit de leur propre pognon ! Remarquez, si Cahuzac avait un compte en Suisse, il n’a sans doute pas besoin de revendre ses bricoles sur Internet ou à la brocante de son village.
Au bout du compte, l’administration fiscale pourrait fixer un seuil (en gros 2 000 à 3 000 euros par an) de ce que l’on a le droit de revendre avant de se faire taxer aux BIC…. Oui, les bénéfices industriels et commerciaux à coup de vente de Playmo d’occase. Je vous assure, la classe politique française est l’une des plus fortes au monde pour faire les poches de son peuple, et comme il faut que les profs des écoles votent bien pour Hollande l’année prochaine, et que la démagogie n’étouffe plus personne, ils arrosent toutes leurs “clientèles” traditionnelles avec du pognon qu’ils n’ont absolument pas et qu’il faudra bien venir chercher dans vos poches !
Je n’ai rien contre l’augmentation des profs ou des instits… mais vu que c’est moi qui paye, j’aimerais bien que l’on me demande mon avis quand même…

Que dit-exactement cet amendement ?

“Tout opérateur de plateforme en ligne, qu’il serve ou non d’intermédiaire pour le paiement, devra transmettre annuellement à l’administration fiscale toute une série d’informations sur les activités de chacun de ses utilisateurs « présumés redevables de l’impôt en France :
1° Pour une personne physique, le nom, le prénom et la date de naissance de l’utilisateur ;
2° Pour une personne morale, la dénomination, l’adresse et le numéro Siren de l’utilisateur ;
3° L’adresse électronique de l’utilisateur ;
4° Le statut de particulier ou de professionnel caractérisant l’utilisateur sur la plateforme ;
5° Le montant total des revenus bruts perçus par l’utilisateur au cours de l’année civile au titre de ses activités sur la plateforme en ligne, ou versés par l’intermédiaire de celle-ci ;
6° La catégorie à laquelle se rattachent les revenus bruts perçus ;
7° Toute autre information définie par décret, à titre facultatif ou obligatoire.”

Une super idée pour rendre les choses simples !

L’idée c’est que tout soit déclaré au fisc. Dans leur immense intelligence, nos sénateurs, qui n’ont juste aucune idée du fonctionnement d’Internet dont ils ne se sont jamais servis, sont en train de nous pondre une usine à gaz dont seule la France a le secret.
Oui, il va falloir tout déclarer. Par exemple sur Le Bon Coin, on met une annonce, mais Le Bon Coin ne sait en aucun cas si la vente a été faite et à quel prix. Alors que déclarer au fisc ? le prix de vente ? Et que va faire le fisc de cette donnée ?
Venir vous contrôler et faire l’inventaire du nombre de Playmo dans la cave pour être sûr que vous n’en avez pas revendu un ou deux, payés en espèces, ce qui confinerait au terrorisme fiscal ? Que dis-je, à la plus haute des trahisons patriotiques alors qu’au même moment, Thévenoud siège toujours à l’Assemblée nationale ?
Au-delà, pour les autres plateformes et alors que la crise économique est une réalité pour les Français, pouvoir arrondir ses fins de mois c’est important.
J’irai même plus loin : nos dirigeants doivent impérativement laisser libre court à une certaine quantité d’économie informelle. C’est indispensable car l’État ne peut pas tout, loin de là, et dans les années qui viennent compte tenu de notre endettement, l’État pourra et peut déjà de moins en moins.

Dans ce pays, tout est interdit !

Nous avons donc un problème de croissance ! La réponse unanime des crétins qui nous dirigent, et qu’ils soient de droite ou de gauche, est de nous expliquer qu’il faut “plus de flexibilité”.
Il ne viendrait à l’idée d’aucun des ânes qu’il nous faut surtout plus de liberté.
Installer un abris jardin ? Autorisation et taxation dès le 1er m² !
Ouvrir un restaurant ? Appliquer les normes ERP (établissement recevant du public), autant vous dire qu’il vous faut 500 000 euros sinon vous n’avez aucune chance de passer les commissions de sécurité.
Construire un logement ? Tous les appartements de tous les étages doivent être accessibles à tous les handicapés… certes ! Sauf que les coûts sont prohibitifs et que l’on ne construit plus assez, tellement les normes d’accessibilité et environnementales sont devenues étouffantes.
Bref, si vous voulez faire quoi que ce soit, y compris passer de la musique à une fête de famille, c’est interdit car là aussi il faudra remplir le formulaire de la SACEM et payer les taxes correspondantes…
Alors oui, effectivement, il n’y a plus de croissance, mais c’est normal et sans espoir car la croissance ne provient que de l’initiative personnelle, et l’initiative est la fille d’une idée qui s’appelle “liberté”.
Dans notre pays, nous nous faisons confisquer progressivement toutes nos libertés par une caste de grands fous furieux. C’est aussi pour cela que des milliers de concitoyens fuient ce pays.
La France est devenue un pays étouffant, sans liberté, en état d’urgence, au fonctionnement communiste, au politiquement correct ahurissant, entraînant tout son peuple dans une immense dépression collective… sauf pour son président, pour qui la vie, à titre personnel, n’a jamais été aussi belle !
En attendant, mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !
Charles SANNAT

vendredi 29 avril 2016

La (véritable) histoire de l’Eurozone (Le grand soir)

La (véritable) histoire de l’Eurozone

L’Euro zone a développé un arsenal légal et institutionnel qui ne permet à aucun gouvernement, quel que soit le mandat qu’il a reçu de son peuple, d’appliquer des politiques économique et sociales qui ne cadreraient pas avec le dogme néolibéral de dérégulation totale. En d’autres termes, l’intégration à la monnaie unique d’un état ou d’un peuple équivaut à l’annulation du droit même d’un peuple à choisir la teneur de sa politique économique en ne laissant comme seule solution que l’austérité, la flexibilité des relations de travail, et les privatisations.
Le gouvernement grec s’est montré profondément embarrassé par les révélations de Wikileaks concernant les conversations Thomsen-Velculescu et l’éventualité que soit provoquée en Grèce une asphyxie financière. Selon les révélations en question, les employés du FMI discutaient d’un éventuel retard de la première évaluation, pour faire pression, en liaison avec le référendum en Grande Bretagne, à la fois sur la Grèce, afin qu’elle applique des mesures d’austérité plus sévères, et sur les créanciers européens afin qu’ils acceptent une forme de restructuration de la dette.
Indépendamment des intentions politiques de ces révélations, et de l’issue finale des négociations entre la Grèce et les créanciers pour le bouclage de la première évaluation, le gouvernement s’est montré « embarrassé » par le fait que deux employés du Front Monétaire International puissent discuter sur l’éventualité de provoquer une asphyxie financière artificielle dans un pays indépendant, pour lui faire accepter des mesures de politique économique plus dures, dans le cadre d’un programme d’ajustement des finances publiques.
Ce n’est pourtant pas la première fois qu’est adoptée cette tactique qui consiste à provoquer une asphyxie financière dans un pays indépendant pour lui faire accepter un mémorandum ou des mesures sévères de politique budgétaire. Le gouvernement actuel, en particulier, aurait dû bien avoir en mémoire le fait que pour l’Union Européenne et les institutions de l’Eurozone la menace d’un étranglement est devenue « la meilleure des pratiques » dans leurs négociations avec les états membres qui se trouvent sous pression financière.
Qu’ont dit de façon répétée et, qui plus est, lors de déclarations publiques et de décisions officielles, des institutions telles que la BCE, l’Euro groupe, et le Conseil Européen ?
Qu’ont dit Messieurs Trichet, Draghi, Moscovici aux pays soumis à des mémorandums, comme la Grèce, Chypre, l’Espagne et l’Irlande, mais aussi en s’adressant à des pays qui sont dans les « normes » de l’Eurozone, tels que l’Italie et la France ?
Si vous n’appliquez pas le dogme de l’austérité, des réformes néolibérales antisociales et de l’entière soumission de la démocratie aux forces du marché, attendez-vous à une asphyxie financière, à une faillite, et même à une sortie chaotique de l’Euro.
Tel est le cadre de la gouvernance de la monnaie commune et de l’Union économique et Monétaire (UEM), tel qu’il s’est construit aujourd’hui après les changements institutionnels qui ont eu lieu à partir de la crise grecque et de la crise de la dette dans l’Eurozone. Totale soumission des états membres au dogme du néolibéralisme, cadre budgétaire asphyxiant et destruction de la moindre notion de démocratie et de souveraineté au nom de la « compétitivité », des « marchés libres » et de la « stabilité de l’Euro.
Reprenons le fil au début...
L’accord de Maastricht en 1992 fonde l’Union Européenne et met en place les premières bases en vue de la création d’une monnaie unique, l’Euro, mais aussi dans la perspective d’une coordination des politiques économiques et budgétaires des états membres (UEM).
Plus précisément, les pays de l’Eurozone partagent la même monnaie, l’Euro et par extension la même politique monétaire, la même politique de taux d’intérêts et de taux de changes. L’institution qui s’est chargée de ce pouvoir est la BCE, qui jouit de privilèges d’immunité inconcevables, étant donné qu’elle dispose d’un pouvoir immense, autonome par rapport aux institutions politiques de l’UE, tant en ce qui concerne la conception et la réalisation de la politique monétaire que pour la surveillance du système financier ?
En ce qui concerne notamment la surveillance du système financier, la BCE a assumé, par le biais de l’Union bancaire, des fonctions et des pouvoirs en plus de ceux que lui attribuaient les traités fondateurs de l’UE. Désormais, la BCE contrôle directement les plus grandes banques européennes, la qualité de leurs capitaux, leur politique de crédit, et même la nomination de dirigeants dans leurs conseils d’administration, et par ailleurs, sa participation aux procédures de restructuration (y compris la procédure de bail-in, ou renflouement par ponction sur les comptes de déposants) en cas de risque de faillite d’un établissement bancaire est énorme.
Par ailleurs, en dehors de la politique monétaire, les états-membres de l’UME ont l’obligation de suivre également des règles précises, étouffantes, en ce qui concerne la conception et la réalisation de leur politique budgétaire.
La base sur laquelle repose l’intervention de l’UEM dans le domaine des finances publiques est le Traité de stabilité et de développement, c’est-à-dire l’obligation juridiquement contraignante des états membres de présenter des déficits bas (3 % du PIB) et une dette publique modérée (60 % du PIB). Sur cette base s’est édifié un fatras étouffant de Règles et de Directives, qui s’est encore enrichi dans la période 2011-2013, grâce au train de mesures qui portent le nom de « 6-pack » et « 2-pack » ; elles systématisent et durcissent le système établi d’intervention dans les politiques budgétaires nationales et de contrôle des budgets nationaux par la Commission et le conseil ECOFIN.
Plus précisément, à travers la procédure du semestre européen, les budgets des états membres sont contrôlés sous l’angle de leur conformité avec les règles de Maastricht par la Commission, dont les pouvoirs de contrôle et de sanction par des amendes ont désormais la prééminence. Ainsi, si un budget national sort des strictes limites de l’austérité, il est renvoyé au gouvernement, et le parlement national est obligé d’appliquer les changements proposés par la commission sous forme de recommandations.
Les états-membres doivent également présenter à la commission pour homologation, en plus des budgets nationaux, deux autres documents politiques, un Programme de stabilité, pour lequel a prévalu en Grèce l’expression Programme à moyen terme, et un Programme de réforme. Le Programme de stabilité englobe les hypothèses macroéconomiques de base et les politiques économiques et budgétaires de l’état-membre à moyen terme, de sorte que les indicateurs du déficit et de la dette soient compatibles avec l’Accord de stabilité et de développement. Le Programme de réforme condense les réformes reprises par l’état en question en vue de leur application ; elles doivent entrer dans le cadre des orientations politiques générales de l’UE, telles qu’elles sont définies par les sommets du Conseil européen. Dans le cas, à présent, où un état-membre laisse paraître des « insuffisances réformatrices » ou a besoin « d’aide » pour la programmation et la réalisation des réformes, il peut alors s’adresser -probablement sans être volontaire-à la Task force permanente qui s’est formée à la suite de « l’immense succès » remporté par la Task force grecque, Task force permanente qui portera désormais le nom de Service de soutien aux réformes structurelles. (Structural Reform Support Service).
Qu’arrive-t-il cependant lorsqu’un état-membre sort des limites de 3 % pour le déficit et de 60 % pour la dette ? Dans ce cas s’enclenche la procédure de déficit excessif, et l’état en cause est placé en situation de « mini-mémorandum », qui portera le nom de programme économique de collaboration. Dans ce mini mémorandum seront inventoriées les politiques économiques et budgétaires que le pays devra accepter pour corriger le dépassement du déficit et de la dette, le calendrier de leur réduction et les réformes structurelles qui renforceront l’effort budgétaire (systèmes de retraites, administration publique, santé publique, fiscalité etc.). L’élément nouveau dans cette procédure, c’est l’obligation de mesures budgétaires qui devront avoir un résultat tel que la dette publique sera réduite de 5 % par an, tant qu’elle dépasse la limite des 60 %.
Le contrôle des déséquilibres macroéconomiques des états-membres constitue un autre volet du semestre européen. Dans cette procédure, la Commission surveille les économies nationales des états-membres en fonction de certains critères qu’elle a institués en variables macroéconomiques, comme le chômage, la dette privée, les crédits des banques dans l’économie privée, les prix de l’immobilier, le coût du travail, les exportations etc. et il publie des recommandations de politique économique au cas où une économie présente des déséquilibres excessifs. Ce qui mérite d’être noté, dans le cas du dit mécanisme de surveillance des déséquilibres macroéconomiques, c’est l’apparition d’un mécanisme de contrôle de la zone Euro qui tente d’imposer un modèle précis de développement et de gestion économique, bien qu’il ne convienne pas à tous les états-membres. Le modèle ultra exportateur de développement économique suivi par l’Allemagne, est inscrit dans le mécanisme de vigilance de l’UEM, tant en ce qui concerne les agrégats macroéconomiques observés, dont un grand nombre ne peuvent être contrôlés facilement par un gouvernement, que pour les différences d’évaluation des états membres lorsqu’ils présentent de gros excédents de changes courants, au lieu de déficits, comme c’est le cas pour l’Allemagne.
Au cas où un état-membre « désobéit » ou apparaît simplement dans l’incapacité de corriger sa situation budgétaire en fonction de ce qui a été convenu, la Commission a la possibilité d’imposer au membre en question des amendes qui varient de 0,2 % jusqu’à 0,5 % du PIB. Ces sanctions sont infligées presqu’automatiquement, étant donné que le conseil ECOFIN n’a pas la possibilité de les entériner avant qu’elles ne soient imposées, sauf à les annuler s’il existe une majorité adéquate, sans que l’état-membre concerné n’ait de droit de vote !!! Une autre catégorie de sanctions que peut infliger la Commission à un état-membre « désobéissant » consiste à le priver de certains fonds du CRSN (Cadre de référence stratégique national, qui centralise des subventions européennes Ndt) et du budget communautaire, en application de la clause de conditionnalité macroéconomique qui a été introduite dans les règles du CRSN en 2014.
Les menaces de chantage à l’asphyxie financière.
Parallèlement à tout ce cadre institutionnel destiné à imposer l’austérité s’est constitué un arsenal d’ingérences politiques para institutionnelles de l’Union Européenne qui combine les hyper pouvoirs antidémocratiques et opaques de la Banque Centrale Européenne, de l’Eurogroupe, et des mécanismes de gestion des crises, comme le MES (Mécanisme Européen de Stabilité).
Ce programme parallèle destiné à imposer une souveraineté économique a déjà révélé toute son inhumanité dans les pays qui ont été soumis à des mémorandums, et tout particulièrement en Grèce. Ce cadre se caractérise par une pression politique, économique, et financière exercée sans limites ni règles sur un gouvernement et un état-membre pour lui faire appliquer les « politiques justes », c’est-à-dire les politiques d’austérité, et les réformes de type néolibéral, en échange du financement de la dette publique lorsqu’elle devient non viable pour un pays.
Le jeu est plus ou moins connu : L’Euro groupe, un « forum de discussion » sans légitimité institutionnelle, exige d’un pays en crise des mesures précises de politique économique pour donner au MES son accord en vue du financement d’un programme d’ajustement macroéconomique.
Ce processus, nous l’avons vu mis en œuvre récemment dans le cas de la Grèce, qui avait demandé une aide économique à l’Euro groupe et au MES parce que sa dette publique avait été jugée non viable à long terme. Les réglementations qui encadrent les procédures de soumission d’un pays à un programme d’ajustement budgétaire prévoient que la commission et la BCE négocieront, en liaison avec le FMI, et tant que cela sera jugé indispensable, un Mémorandum de collaboration qui sera signé par le MES et l’état-membre, dans lequel seront inventoriées en détail les politiques économiques, budgétaires, et réformatrices que l’état concerné est invité à adopter.
Mais dans le cas où un gouvernement ne se plie pas totalement aux politiques imposées par les « institutions », alors commencent les menaces et le chantage. Au début, on repousse à plus tard les procédures d’évaluation normale, et on retarde de cette façon le versement au pays emprunteur des sommes incluses dans l’accord. Par la suite, la BCE reprend l’initiative, et crée avec la complicité des marchés internationaux les conditions d’une asphyxie financière au moyen de la menace de l’effondrement du système bancaire national en n’acceptant pas les obligations d’état en garantie et en restreignant la fourniture de liquidités d’urgence (ELA)
Le rapport des cinq présidents : achever la construction néolibérale de l’UEM
L’édification de l’UEM ne s’arrête pas là. Les efforts des dirigeants européens pour l’assemblage du cadre institutionnel de l’UEM se poursuivent à travers les procédures prévues dans le rapport des cinq Présidents.
Le 22 juin 2015 la Commission a présenté un rapport des cinq présidents concernant les perspectives d’achèvement de l’Euro zone. Plus précisément, les présidents de la Commission, de Conseil, de la BCE, de l’Euro groupe et du Parlement (pour les rapports précédents, le parlement était absent), proposent le renforcement des procédures d’édification de l’Euro zone en s’appuyant sur quatre piliers.
a) une véritable union économique, qui aura pour objectif la convergence des économies européennes, au moyen de réformes structurelles dans les domaines de l’économie, du marché du travail, de l’administration publique et du marché des produits et des services. Différentes procédures et mécanismes sont proposés pour imposer ces réformes, et les soumettre à la surveillance du « gendarme » européen par le recours aux « meilleures pratiques » des autorités nationales en matière de compétitivité et de traitement des déséquilibres macroéconomiques
b) une union financière, qui englobera l’union bancaire et l’union des marchés financiers, avec l’objectif d’un seul et unique marché monétaire et financier européen. Les nouveaux éléments que proposent les cinq Présidents sont : l’achèvement des étapes de l’union bancaire, l’union des marchés de capitaux (instauration d’un marché unique du capital pour financer les entreprises sur le modèle des USA), et l’adoption d’une garantie de dépôt européenne.
c) une union budgétaire, avec d’un côté la garantie d’une dette publique viable et de l’autre, l’adoption et la mise en service d’une austérité perpétuelle, au moyen de « stabilisateurs automatiques » qui diminueront les dépenses et augmenteront les impôts automatiquement, sans décisions politiques, chaque fois que la stabilité budgétaire sera menacée.
d) une union politique qui, d’après les auteurs du rapport, signifiera une représentation unique de l’Euro zone, un poste permanent de Président de l’Eurogroupe, et des « auditions » plus fréquentes des planificateurs de la politique économique européenne (Conseil, Commission, ministres des états-membres, troïka) par le parlement européen.
La première étape de ces changements s’est concrétisée le 21 octobre 2015, lorsque la commission a présenté les propositions législatives suivante, sans exiger toutefois l’accord du parlement :
- durcissement du cadre du semestre européen sur l’application des « meilleures pratiques » et sur la liaison entre les démarches réformatrices d’un état-membre et son financement par les fonds communautaires.
– instauration de conseils nationaux de compétitivité qui contrôleront la compétitivité sur tous les plans (prix, salaires, cadre de régulation) et qui « conseilleront » le gouvernement pour les réformes structurelles, et les partenaires sociaux pour la fixation des salaires)
- instauration d’un conseil budgétaire européen indépendant, qui évaluera la stabilité budgétaire de l’Euro zone dans sa globalité et celle des états-membres, et qui fonctionnera comme parapluie institutionnel des conseils budgétaires nationaux correspondants.
- la garantie paneuropéenne des dépôts bancaires au moyen de contributions des banques ; mais, comme cela arrive désormais sous bien des aspects pour l’union bancaire, cette garantie ne sera déclenchée que sous de strictes conditions politiques, qui, augmenteront de fait le risque et l’instabilité, au lieu de les réduire
En guise de conclusion...
L’Eurozone n’est pas une simple union monétaire qui a été imaginée par des experts et réalisée par des hommes politiques. L’Euro zone constitue un outil économique, institutionnel, et politique très précieux en vue de l’accélération de la transformation néolibérale des économies européennes qui ont choisi d’entrer dans l’Euro. En d’autres termes, il s’est créé une union d’états qui, au nom de la « stabilité des prix » et de la « prospérité », impose par la contrainte, tant politique qu’économique, la restructuration des relations de travail, dans l’intérêt du capital, la pérennisation et l’inscription dans la loi de la politique des déficits réduits (austérité), les privatisations, et dernièrement ressort des restrictions à l’ordre constitutionnel même des pays et à la démocratie.
L’Euro zone a développé un arsenal légal et institutionnel qui ne permet à aucun gouvernement, quel que soit le mandat qu’il a reçu de son peuple, d’appliquer des politiques économique et sociales qui ne cadreraient pas avec le dogme néolibéral de dérégulation totale. En d’autres termes, l’intégration à la monnaie unique d’un état ou d’un peuple équivaut à l’annulation du droit même d’un peuple à choisir la teneur de sa politique économique en ne laissant comme seule solution que l’austérité, la flexibilité des relations de travail, et les privatisations.
Par conséquent, il est paradoxal pour Syriza et le gouvernement grec de manifester de l’embarras en face de la position du FMI, alors que dans le même temps l’Union Européenne et ses institutions ont démontré qu’ils étaient les meilleurs élèves des politiques économiques du FMI, les meilleurs élèves pour les tactiques de sanctions et de chantage en direction des peuples et des pays indépendants.
19/04/2016
Par Nikos Chountis
député européen, membre de Laïki Enotita (Unité Populaire)
Source : Iskra.gr http://iskra.gr/index.php
Traduction Jean Marie Reveillon
»» https://unitepopulaire-fr.org/2016/04/23/la-veritable-histoire-de-leurozone/
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5 minutes pour décrypter le Brexit (news360)




 

Le 23 juin, le Royaume-Uni décidera de son maintien (ou non) dans l’Union Européenne.  Mais que signifierait une sortie de l’Union Européenne ? C’est ce que l’on va essayer de voir aujourd’hui !

Eva Joly : « Il est urgent de créer un statut pour protéger les lanceurs d’alerte » (basta)

Eva Joly : « Il est urgent de créer un statut pour protéger les lanceurs d’alerte »

PAR  
Le procès du lanceur d’alerte Antoine Deltour et du journaliste de Cash Investigation Edouard Perrin, à l’origine des révélations sur le scandale fiscal « LuxLeaks », vient de s’ouvrir. L’intervention de lanceurs d’alerte s’avère souvent décisive pour rendre publics, au nom de l’intérêt général, des documents censés rester secrets. Mais ils le payent parfois très cher : perte de leur travail, convocation devant les tribunaux... Comment les protéger et les soutenir ? Entretien avec l’euro-députée Eva Joly, vice-présidente de la commission parlementaire en charge de faire la lumière sur les rouages de l’évasion fiscale.
Basta ! : Le procès du lanceur d’alerte Antoine Deltour et du journaliste Edouard Perrin s’est ouvert mardi dernier (lire notre article). Vous vous êtes insurgée contre ce procès. Pourquoi ?
Eva Joly : C’est un procès choquant par son injustice profonde. Voir Antoine Deltour [1] dans le box des accusés, c’est le monde à l’envers. On devrait plutôt lui tresser des couronnes de laurier et punir ceux qui ont mis en place ce système : les multinationales qui n’ont pas payé leurs impôts en France, en Italie et ailleurs, avec la complicité d’une partie du pouvoir luxembourgeois. Ce procès montre bien le monde malade dans lequel nous vivons. L’intérêt particulier prime sur l’intérêt général.
Le rôle des lanceurs d’alerte est très important pour la démocratie ! De plus en plus important, au fur et à mesure que s’épaissit le secret des affaires. Sans eux, on ne peut pas lutter efficacement contre la fraude et la corruption. Sans eux, on ne peut pas identifier les entreprises et les personnes coupables de délits d’évasion fiscale. Celle-ci dessert les intérêts financiers européens mais également les contribuables [l’évasion et la fraude fiscale sont évaluées à 1000 milliards d’euros par an dans l’Union européenne, ndlr]. Ce sont toujours les mêmes qui en profitent : les puissants, les criminels qui blanchissent leur argent, certains partis politiques.
Vous défendez la création d’un statut européen pour les lanceurs d’alerte. À quoi ressemblerait-il ?
Les Verts vont, dans les prochains jours, publier leur projet de directive européenne de protection des lanceurs d’alerte. Il faut selon nous protéger l’anonymat via une institution interposée. Et si l’identité du lanceur d’alerte est découverte, et qu’il se retrouve au cœur d’une procédure judiciaire, il faut pouvoir financer sa défense. Se défendre face à des multinationales peut coûter des dizaines de milliers d’euros. C’est une arme puissante pour faire taire les citoyens. En plus de ces fonds pour faire face aux frais de justice, il faudrait pouvoir rémunérer les personnes lanceuses d’alerte pendant quelques temps. Parce que bien souvent, les lanceurs d’alerte sont bannis de leur profession.
J’en ai fait l’expérience pendant « l’affaire Elf ». Des ingénieurs qui avaient refusé d’augmenter les factures de quelques millions de francs étaient écartés par leur entreprise [2]. Actuellement, la sécurité matérielle des lanceurs d’alerte est réellement mise en danger. Enfin, il faudrait créer une infraction spécifique pour ceux qui s’attaquent aux lanceurs d’alerte. Irène Frachon, le médecin qui a dénoncé le scandale du Médiator, rappelle dans une tribune publiée ce lundi 25 avril par le journal Le Monde que le laboratoire Servier menaçait systématiquement les médecins qui disaient que le Médiator provoquait des cardiopathies. Ces attitudes ne sont pas tolérables en démocratie.
La Commission européenne n’a pourtant pas mis à l’ordre du jour la protection des lanceurs d’alerte. Et les parlementaires européens non plus. La directive sur le secret des affaires, qui vient d’être votée (lire ici), risque plutôt de compliquer encore un peu plus la vie des lanceurs d’alerte...
La Commission européenne, à qui j’ai posé la question, m’a clairement répondu que la protection des lanceurs d’alerte n’était pas une priorité. Pire, avec le texte sur lesecret des affaires, leur situation sera encore plus difficile. Je pense que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker, n’aime pas les lanceurs d’alerte. Et Antoine Deltour, en particulier, lui a créé beaucoup de problèmes. Le scandale qu’il a dénoncé a été mis en place alors que M. Junker était Premier ministre du Luxembourg. D’ailleurs, la révélation des tax rulings dans la semaine de sa nomination a failli lui coûter son poste. Je décris tout cela précisément dans mon dernier ouvrage, Le loup dans la bergerie [3].
Les défenseurs de la directive sur le secret des affaires avancent que des exceptions sont prévues pour les lanceurs d’alerte. Mais ces exceptions ne sont pas suffisantes. Elles font peser sur les lanceurs d’alerte la charge de la preuve : c’est à eux de prouver qu’ils sont de bonne foi. Si on avait une législation moderne efficace, ce poids ne reposerait pas sur les lanceurs d’alerte.
Les multinationales ont-elles la main sur les politiques menées en Europe sur ces sujets – évasion fiscale, secret des affaires, protection ou non des lanceurs d’alerte ?
La genèse de la directive sur le secret des affaires est particulièrement obscure. Nous pensons qu’elle a été commanditée par les lobbyistes, qui ont malheureusement plus de pouvoir que nous, les parlementaires. Les lobbyistes sont partout à Paris, Berlin, Bruxelles, Rome. Nos institutions nationales et européennes sont devenues leur terrain de jeu. Les ministres nationaux, quand ils viennent à Bruxelles, se comportent trop souvent en VRP de leurs grandes multinationales. Par exemple, en matière de régulation bancaire, la France bloque depuis des années toutes avancée permettant de réduire le risque systémique lié à la taille et à l’irresponsabilité des méga-banques, BNP Paribas et Société Générale en tête. Après le « dieselgate » tous les ministres, y compris Ségolène Royal, ont joué de toutes les contorsions possibles pour avoir un discours de dénonciation, tout en protégeant leurs constructeurs nationaux.
La santé publique et la stabilité financière passent après les intérêts de ces entreprises. Les lanceurs d’alertes, que ce soit Irène Frachon, Stéphanie Gibaud [4], Hervé Falciani [5] ou Antoine Deltour, ont chacun à leur manière levé le voile sur une bataille larvée pour la démocratie, où les multinationales et les méga-banques tentent par tous les moyens d’influencer nos lois, jusqu’à parfois les écrire directement par le biais de parlementaires, de ministres ou de fonctionnaires trop zélés. En faisant la lumière sur ce qui se passe, les lanceurs d’alertes rééquilibrent les forces et permettent aux citoyens de s’organiser et de peser sur la puissance publique, nationale ou européenne, pour que celle-ci cesse de pencher dans le sens de quelques intérêts particuliers, et défende à nouveau le bien commun.
Suite aux accusations de fraude fiscale liées à l’affaire des Panama Papers, vous venez de lancer une pétition dans laquelle vous exigez la fin du secret fiscal et des sanctions contre les banques. Vous prenez ainsi le relai des lanceurs d’alerte...
Nous avons une énorme responsabilité en tant que membre du Parlement européen. L’opinion publique doit aussi faire pression pour maintenir ces questions dans l’actualité, pour exiger toujours plus de transparence. L’avenir de nos démocraties, si nous ne laissons pas toute leur place aux contre-pouvoirs, dont les lanceurs d’alerte font partie intégrante, est tout à fait inquiétant. Les Panama Papers ont révélé la façon dont certaines élites utilisent le secret pour cacher leurs activités financières. Ce secret permet à de riches individus de ne pas payer leur part normale d’impôts, mais il permet également à la grande criminalité de se financer – de l’esclavage humain à la vente d’armes illégales, en passant par le financement du terrorisme.
Cette question des paradis fiscaux est éminemment politique. En France, il y a un vrai problème avec le « verrou » de Bercy, le ministère des finances, qui est le seul à pouvoir déposer plainte en matière fiscale. Et il ne le fait jamais ! Mais le temps du secret – celui du verrou de Bercy, des régulations européennes frileuses et de l’impunité des banques et des intermédiaires – doit prendre fin. Plus de 520 000 personnes ont signé une pétition pour que les gouvernements européens poursuivent en justice les banques et les intermédiaires, qui laissent leurs clients cacher leurs actifs dans des paradis fiscaux, sans informer les administrations fiscales des agissements suspects de citoyens européens.
J’aimerais qu’il y ait des équipes compétentes pour nous aider à établir clairement le rôle des banques dans l’évasion fiscale. Il est urgent d’étoffer la brigade qui gère la grande délinquance économique et financière. C’est ce que j’ai aidé à faire en Islande après l’effondrement du système bancaire en 2008. Il faudrait une équipe pluridisciplinaire d’au moins 50 personnes, avec des gendarmes, des policiers et des juges d’instruction. Et il ne devrait pas y avoir de problèmes d’argent pour cela, car chaque enquêteur rapporte dix fois ce qu’il coûte !
Propos recueillis par Nolwenn Weiler
Photo : Procès d’Antoine Deltour et Édouard Perrin, Luxembourg, avril 2016 © Mélanie Poulain

Notes

[1Âgé de 30 ans, le français Antoine Deltour est accusé d’avoir copié des centaines d’accords fiscaux signés entre des multinationales et le fisc luxembourgeois, lorsqu’il était auditeur pour le cabinet d’expertise comptable et de conseil PricewaterhouseCoopers, pour les transmettre au journaliste de l’émission « Cash Investigation » Edouard Perrin, lui aussi inculpé. Un autre employé de PricewaterhouseCoopers, Raphaël Halet, figure également sur le banc des accusés. Lire notre article.
[2L’« affaire Elf » est l’un des plus gros scandale politico-financier du 20ème siècle, qui a éclaté dans le milieu des années 1990. C’est Eva Joly, alors juge d’instruction, qui avait mené l’enquête.
[3Le loup dans la Bergerie, co-écrit avec Guillemette Faure, et publié aux éditions Les Arènes, est sorti mercredi 27 avril. Il entend expliquer « comment on a pu placer à la tête de l’Union européenne Jean-Claude Juncker, l’homme qui incarne le cynisme des paradis fiscaux ».
[4Responsable du marketing chez UBS France de 1999 à 2008, Stéphanie Gibaud a révélé des faits qui vont conduire à la mise en examen d’UBS pour blanchiment et fraude fiscale.
[5Ex-informaticien de la banque suisse HSBC, Hervé Falciani a rendu public le fait que des milliers d’évadés fiscaux avaient ouvert des comptes non déclarés auprès de la banque genevoise HSBC.

jeudi 28 avril 2016

« Quel monde demain ? » par Paul Jorion (news360)


Cassandre des temps modernes, dès 2004, il prédit la crise des subprimes, mais aucune oreille n’y prêta attention. L’inexorable et imperturbable couperet tomba sur la finance de Wall Street en ce sombre été 2008. Paul Jorion devint alors “l’homme-qui-avait-prédit-la-crise”. Chevalier blanc d’un système économique soutenable, il lève le voile de l’apocalypse financière. Il est aussi blogger et youtuber !

Passant des salles de cours de Levi-Strauss aux salles de marchés, il tire de ces expériences antinomiques une vision d’ensemble des rouages de la finance. Rejetant tout autant le modèle communiste que capitaliste, Paul Jorion tente d’esquisser une 3ème voie menant à un Eden responsable.