jeudi 2 octobre 2014

TTIP ou Tentative Terroriste des Investisseurs Privés (Elisabeth Beague/Investig'action)

TTIP ou Tentative Terroriste des Investisseurs Privés Elisabeth Beague

2 octobre 2014

Imaginez, lecteurs, ce qu’il risque de nous arriver. L’Etat est en faillite, il va être vendu, ministère par ministère. Arcelor Mittal aurait bien racheté l’industrie mais, comme il l’a déjà mise à mal durablement, l’industrie n’est plus en Belgique un secteur porteur. Arcelor Mittal préfère donc s’intéresser au ministère des Affaires Sociales, il y a là beaucoup à faire. Monsanto, quant à lui, se porte acquéreur de l’Agriculture et prévoit d’ores et déjà de réaliser de sérieux bénéfices.

A ce jour, nous savons aussi que Continental étudie nos infrastructures et le domaine de la mobilité tandis que Bayer a pris contact avec le ministère de la Santé. Nestlé discute en ce moment avec le groupe Suez les modalités de partage du service énergétique. Davantage intéressé par le captage et la commercialisation de l’eau, Nestlé abandonnerait à Suez les domaines du gaz et de l’électricité.
Voyons dans un premier chapitre quelles sont les intentions du groupe repreneur des Affaires Sociales.
D’après nos informations, l’étude d’Arcelar Mittal avance à grands pas et quelques mesures choc seraient imminentes.
1) La protection sociale sera considérée comme une entrave à la libre concurrence, les mutualités seront donc démantelées et les assurés sociaux seront priés de s’adresser à des caisses privées. Les primes seront calculées en fonction des coûts et des risques, comme c’est déjà le cas pour nos assurances automobiles. Une liste sera dressée des maladies pouvant bénéficier d’une couverture d’assurance, couverture renouvelable chaque année après examen médical du souscripteur pour réévaluer le montant à percevoir, et il conviendra d’exclure de la liste celles des maladies considérées comme étant chroniques et dont les coûts s’étalent sur des années en risquant de croître progressivement. En outre, le souscripteur fournira à la caisse d’assurances une copie de son contrat de travail ainsi qu’un billet de paie pour attester de la régularité de ses revenus et prouver sa capacité à honorer ses mensualités.
2) Les offres d’emploi seront publiées en anglais qui deviendra la langue universelle. Des traductions pourront être obtenues moyennant paiement.
3) Les contrats d’embauche seront établis selon le moins-disant car il est évident que les Belges sont trop riches. Et les riches sont capricieux, leur niveau de vie étant trop élevé, ils ont perdu le goût de se battre. Aux USA – merci aux cow-boys pour le bon exemple qu’ils nous donnent – on apprend à se démerder tout seul, on n’attend pas comme une plante que la pluie tombe pour être arrosé.
4) Les contrats de travail seront conclus pour des périodes maximales de trois ans, renouvelables trois fois. Après quoi, le travailleur sera considéré comme ayant atteint un plafond de rentabilité. Il sera alors contraint d’aller voir ailleurs. Cette mobilité du travail obligera – pour son bien – le travailleur à rester performant tout au long de sa carrière. Pour augmenter sa combativité, on veillera aussi à augmenter le coût de la vie et donc le coût de l’énergie (débat à prévoir avec le ou les investisseur(s) qui se montrera(ont) intéressé(s) à prendre en charge les secteurs du gaz, de l’électricité et de l’eau).
5) Si des contestations apparaissent, elles seront réglées – vite fait, bien fait – par des cours d’arbitrage qui les jugeront injustifiées et stériles (au contraire des avis rendus parfois par les glandeurs de l’OIT). Arcelor Mittal sera sûr de pouvoir ainsi se soustraire aux exigences actuelles en matière de temps de travail, de salaires, de conditions de travail, de sécurité et d’hygiène. Et le travailleur saura qu’il est inutile d’introduire une plainte car celle-ci serait jugée d’emblée comme étant frivole. Il ne restera plus au travailleur que de travailler en fermant sa gueule. Comme il perdra moins de temps en discussions inutiles, il sera plus rentable.
6) Arcelor Mittal se fait fort d’éradiquer le chômage. Pour ceux des demandeurs d’emploi qui n’auraient pas décroché de contrat, un ramassage matinal sera organisé tous les jours pour rassembler les forces inoccupées et répondre aux besoins non couverts par les travailleurs sous contrat. Ces besoins évoluant en fonction des régions et des saisons, le dossier est pour le moment encore à l’étude. Des actionnaires d’Arcelor Mittal s’y emploient activement.
Lecteurs, nous continuerons bien entendu à vous tenir au courant de ce qui se trame dans votre dos. Un ajout pourrait être apporté au dossier Arcelor Mittal si d’autres mesures se précisent.
Entre-temps, un deuxième chapitre sera consacré prochainement à Monsanto.
Source : Investig’Action

Le traité transatlantique (TAFTA) expliqué en quelques minutes (news360x)

La présidente de l’Argentine: ‘Les Etats-Unis ont ourdi un complot pour me renverser, et peut-être, m’assassiner’ (News360x)

La présidente de l’Argentine: ‘Les Etats-Unis ont ourdi un complot pour me renverser, et peut-être, m’assassiner’

octobre 2nd, 2014 | by Mickael - Fondateur de News360x
La présidente de l’Argentine: ‘Les Etats-Unis ont ourdi un complot pour me renverser, et peut-être, m’assassiner’
L’opposition argentine a de graves inquiétudes au sujet de l’état mental de la présidente Cristina Fernández de Kirchner, après que celle-ci a affirmé lors d’une allocution télévisée que les Etats-Unis pourraient conspirer pour la faire renverser et peut-être, même, l’assassiner. Kirchner a déclaré que ses services de sécurité avaient reçu 3 emails de menaces provenant des Etats-Unis.
S’il m’arrive quelque chose, ne cherchez pas au Moyen-Orient, mais regardez au Nord », a déclaré Fernandez, qui a également affirmé que « des banquiers et les hommes d’affaires locaux préparaient un complot contre elle « avec une aide étrangère ».
Précédemment, la veuve de l’ancien président Nestor Kirchner avait affirmé avoir reçu des menaces de mort du groupe terroriste de l’Etat islamique (EI) en raison de son amitié avec le Pape Francis.
L’Argentine est dans une position difficile après que la Cour suprême américaine a confirmé en juin une décision antérieure d’un tribunal de New York selon laquelle l’Argentine doit rembourser des milliards de dollars que le pays doit à ses créanciers. Fin Août 2013, après 11 années de procédures, un juge avait décidé que l’Argentine devait rembourser les 1,3 milliard de dollars qu’elle devait au fonds d’investissement NML Capital Ltd, une filiale d’Elliott Management Corp. , et à Aurelius Capital Management, qui avaient racheté à bas prix la dette du pays au moment où celui-ci avait fait faillite pour la première fois en 2001.
A cette époque, 93% des détenteurs d’obligations souveraines argentines avaient accepté un programme d’échange assorti d’une forte décote des titres. Mais NML Capital faisait partie des investisseurs qui avaient refusé cet accord, ce qui avait motivé la présidente Cristina Fernández à les qualifier de « fonds vautours ».
Désormais, une seconde faillite de l’Argentine semble inévitable.
Je ne suis pas naïve, ce n’est pas une décision isolée d’un juge sénile de New York. En effet, les vautours ressemblent beaucoup aux aigles des empires », a dit Kirchner, faisant ainsi allusion à l’aigle chauve qui est le symbole national des Etats-Unis.
Elisa Carrió, la candidate à la présidentielle pour le parti d’opposition UNEN a déclaré que la présidente Fernández avait « perdu tout contact avec la réalité ». « Comme elle ne parvient pas à gérer la réalité, avec le chômage, l’inflation élevée et la hausse du dollar, elle affirme que ce n’est plus l’EI qui essaye de la tuer, mais les Etats-Unis. Elle invente des conspirations ».
Hillary Clinton s’était visiblement aussi interrogée sur l’état mental de la présidente Kirchner lorsqu’elle occupait le poste de Secrétaire d’Etat américain. Elle avait manifesté sa perplexité par des questions qu’elle avait posées dans des câbles diplomatiques qui avaient fait l’objet d’une fuite et avaient été publiés par la presse en 2010 : « Est-ce qu’elle prend des médicaments? » et « Comment le stress affecte son comportement à l’égard de ses conseillers et/ou sa prise de décision ? ».
Source : Express

« Des millions de nos concitoyens sont exclus de l’accès aux soins » (Basta)


BASTA !
Forum pour l’accès aux droits

« Des millions de nos concitoyens sont exclus de l’accès aux soins »

par Aline Archimbaud -
En matière d’accès aux soins, et face aux difficultés qui s’accumulent, des millions de personnes ne font plus valoir leurs droits. « Les coûts de long terme du non recours aux soins sont catastrophiques », estime la sénatrice de Seine-Saint-Denis, Aline Archimbaud, qui en appelle à un choc de solidarité. D’autant que ces difficultés pour être soignés se cumulent souvent avec le mal-logement, l’impossibilité d’accéder aux loisirs ou la précarité de l’emploi. Pour faire émerger des propositions concrètes face à ce mal-être social, l’élue organise un forum pour l’accès aux droits en Seine-Saint-Denis, les 10 et 11 octobre prochains.
La mission parlementaire de l’an dernier sur "l’accès aux soins des plus démunis" l’a confirmé : des millions de nos concitoyens en grande précarité, des salariés pauvres, intérimaires, en contrats courts, en temps partiels subis, des jeunes ou retraités modestes sont dramatiquement exclus de l’accès aux soins.
Ces très grandes inégalités dans l’accès à la santé se cumulent avec d’autres : non accès aux droits au logement, à l’emploi, aux transports, à la formation, à la culture, aux aides sociales, à la protection judiciaire, au sport, à l’énergie, la nature... Les mêmes mécanismes jouent en spirale et les mêmes catégories en subissent les conséquences. Le non recours aux soins a en effet un caractère transversal et cumulatif : ce sont souvent les mêmes populations qui ont des problèmes de logement, renoncent à se soigner, ou sont sans emploi. Le résultat est là : des millions de personnes ne font même plus valoir les droits qui leur sont pourtant conférés par la loi.
40 mesures à portée de main
Alors que les coûts de long terme du non recours sont massivement catastrophiques, certaines institutions, et y compris l’État, spéculent discrètement sur ce renoncement pour réaliser des économies de très court terme. Dans son rapport remis au Premier Ministre en septembre 2013 la sénatrice Aline Archimbaud en appelait comme bien d’autres avant elle à "un choc de solidarité".
Elle proposait 40 mesures, à portée de main :
· Une vague de simplifications radicales s’attaquant enfin à des lourdeurs bureaucratiques kafkaïennes,
· La suppression des obstacles financiers les plus lourds,
· La mise en place de dispositifs de prévention accessibles,
· L’encouragement à l’essaimage de nombreuses pratiques innovantes mais peu
reconnues.
Quelques-uns de ces éléments ont été pris en compte par les pouvoirs publics, mais il reste beaucoup à faire. Il est donc temps de faire entendre plus largement ces interpellations et surtout de les élargir à tous les thèmes et populations concernés par le non recours aux droits. C’est aussi un choix de responsabilité quand on considère que cette situation nourrit les divisions au sein de la société, remet en cause la cohésion sociale, et favorise la montée des extrémismes.
La Seine-Saint-Denis, un exemple et un levier à l’échelle du pays
Voilà pourquoi afin de lancer une dynamique nationale de mobilisation nous proposons la tenue d’un premier forum pour l’accès aux droits en Seine Saint Denis, qui se déroulera les 10 et 11 octobre 2014, à l’université de Paris 8-Saint Denis [1]. Ce département est en effet à la fois un révélateur, un exemple et un levier à l’échelle du pays.
Il s’agit, en deux vagues d’ateliers, par domaines puis par catégories de personnes concernées, de faire émerger des propositions très opérationnelles, de court ou moyen terme. Il s’agit ensuite de porter dans une plénière ces propositions à la connaissance et à la réaction des décideurs locaux (administrations, services publics, institutions, collectivité) qui accepteraient de se soumettre honnêtement à cet exercice démocratique en face à face. Il s’agit enfin de décider des formes souples de coordination permanente et d’action entre tous les acteurs qui voudront s’investir dans la suite de la mobilisation et notamment dans d’autres forums du même type.
Nous appelons les associations, syndicats, les professionnels, universitaires, les experts citoyens et tous ceux qui se sentent concernés à se joindre à nous pour préparer ce forum, à contribuer sur le site que nous mettrons en place, et à lui donner le maximum d’écho.
- Pour connaître le programme complet du forum et pour vous inscrire, rendez-vous sur le site Internet d’Aline Archimbaud.
Photo : CC William Hamon

Notes

[1] Avec la participation de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore) et de la revue Alternatives Economiques.
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Discours du Président Obama à l’Assemblée générale des Nations Unies (Les crises)

J’avais lu beaucoup de critiques dénonçant un discours délirant – c’est en effet largement mérité…
Merci aux traducteurs œuvrant pour la communauté
A vous de comparer avec le discours de Lavrov et de vous faire votre opinion.
24 septembre 2014
Salle des séances de l’Assemblée générale des Nations unies – New York
PRÉSIDENT OBAMA : M. Le Président, M. le Secrétaire général, MM. les délégués, Mesdames et Messieurs. Nous nous retrouvons à la croisée des chemins entre guerre et paix, entre désordre et intégration, entre peur et espoir.
Tout autour du globe, il y a des signes de progrès. L’ombre de la Guerre mondiale qui existait au moment de la fondation de cette institution a été levée et les perspectives de guerre entre les puissances majeures réduites. Le nombre d’états membres a plus que triplé et plus de gens vivent sous des gouvernements qu’ils ont élus. Des centaines de millions d’êtres humains ont été libérés de la prison de la pauvreté, la proportion de ceux vivant dans l’extrême pauvreté ayant été divisée par deux. L’économie mondiale continue de se renforcer après la pire crise financière que nous ayons jamais connue.
Aujourd’hui, que vous viviez dans le centre de Manhattan ou dans le village de ma grand-mère à plus de 300 kilomètres de Nairobi, vous pouvez tenir dans votre main plus d’informations que n’en possèdent les plus grandes bibliothèques du Monde. Ensemble, nous avons appris à guérir la maladie et à exploiter la puissance du vent et du soleil. L’existence même de cette institution est un accomplissement unique — les peuples du monde s’engageant à résoudre pacifiquement leurs différends et leurs problèmes ensemble. Je dis souvent aux jeunes aux États-Unis que malgré les gros titres, ceci est le meilleur moment de tout l’Histoire humaine pour vivre, car vous avez plus de chances que jamais auparavant d’être alphabétisé, d’être en bonne santé, d’être libre de poursuivre vos rêves.
Et pourtant il y a un malaise omniprésent dans notre monde — un sentiment que les forces mêmes qui nous ont réunis ont créé de nouveaux dangers et ont rendu difficile pour n’importe quelle nation de s’isoler des forces mondiales. Alors que nous nous réunissons ici, une épidémie d’Ebola submerge les systèmes de santé publique en Afrique occidentale et menace de se répandre rapidement à travers les frontières. L’agression russe en Europe rappelle les jours où de grandes nations en ont piétiné de petites dans une quête d’ambition territoriale. La brutalité des terroristes en Syrie et en Irak nous oblige à examiner le cœur des ténèbres.
Chacun de ces problèmes exige une attention urgente. Mais ce sont aussi les symptômes d’un problème plus large — l’échec de notre système international à suivre le rythme d’un monde interconnecté. Nous, collectivement, n’avons pas investi en juste proportion dans le système de santé publique des pays en voie de développement. Trop souvent, nous avons échoué à faire respecter des normes internationales quand il était inopportun de le faire. Et nous n’avons pas lutté assez puissamment contre l’intolérance, le sectarisme et le désespoir qui alimentent l’extrémisme violent dans de trop nombreuses parties du monde.
MM. les délégués, nous venons ensemble en tant que nations unies avec un choix à faire. Nous pouvons renouveler le système international qui a permis tant de progrès, ou nous pouvons nous laisser emporter par un courant sous-jacent d’instabilité. Nous pouvons réaffirmer notre responsabilité collective à nous confronter aux problèmes mondiaux, ou nous pouvons être submergés par de plus en plus de crises d’instabilité. Et pour l’Amérique, le choix est clair : nous choisissons l’espoir plutôt que la crainte. Nous voyons l’avenir non pas comme quelque chose qui nous échappe, mais comme quelque chose que nous pouvons façonner pour le meilleur grâce à un effort concerté et collectif. Nous rejetons le fatalisme ou le cynisme lorsqu’il s’agit des affaires humaines. Nous choisissons de travailler pour un monde comme il devrait être, comme nos enfants méritent qu’il soit.
Il y a beaucoup de choses qui doivent être faites pour répondre aux épreuves de ce moment. Mais aujourd’hui je voudrais me concentrer sur deux questions-clés à la base de tant de nos défis — est-ce que les pays ici aujourd’hui vont être capables de renouveler la mission fondatrice de l’ONU ; et est-ce que nous rassemblerons pour rejeter ensemble le cancer de l’extrémisme violent.
Premièrement, nous tous — grandes et petites nations — devons faire face à nos responsabilités d’observer et de faire respecter les normes internationales. Nous sommes ici parce que d’autres ont réalisé que nous gagnons plus par la coopération que par la conquête. Il y a 100 ans, une guerre mondiale a eu raison de la vie de millions d’hommes, montrant qu’avec la puissance terrible de l’armement moderne, la cause de l’empire aboutit au cimetière. Il aura fallu une autre guerre mondiale pour faire reculer les forces du fascisme, les notions de suprématie raciale, et former les Nations Unies pour s’assurer que plus jamais aucune nation ne pourrait subjuguer ses voisins et réclamer leur territoire.
Récemment, les actions de la Russie en Ukraine ont défié cet ordre de l’après-guerre. Voici les faits. Après que le peuple d’Ukraine se soit mobilisé par des manifestations populaires et un appel aux réformes, leur président corrompu s’est enfui. Contre la volonté du gouvernement de Kiev, la Crimée fut annexée. La Russie a déversé un flot d’armes sur l’est de l’Ukraine, alimentant des séparatistes violents et un conflit qui a fait des milliers de victimes. Quand un avion civil a été abattu depuis les régions contrôlées par ces intermédiaires, ils ont refusé l’accès au site de l’écrasement pendant des jours. Quand l’Ukraine a commencé à réaffirmer le contrôle sur son territoire, la Russie a abandonné le simple soutien des séparatistes et a déplacé ses troupes au-delà de la frontière.
C’est une vision du monde où la force dicte le droit – un monde dans lequel les frontières d’une nation peuvent être redessinées par une autre, et où des gens civilisés ne sont pas autorisés à récupérer les restes de leurs proches parce que la vérité pourrait être révélée. L’Amérique soutient une autre vision. Nous croyons que le droit fait la force – que les nations les plus importantes ne devraient pas pouvoir tyranniser les plus petites, et que les gens devraient pouvoir choisir leur propre destin.
Et ce sont de simples vérités, mais elles doivent être défendues. L’Amérique et nos alliés soutiendront le peuple de l’Ukraine dans le développement de leur démocratie et de leur économie. Nous allons renforcer nos alliés de l’OTAN et tenir notre engagement de défense collective. Nous ferons payer à la Russie le prix de son agression et nous opposerons aux mensonges la vérité. Et nous appelons les autres à nous rejoindre du bon côté de l’Histoire – car bien qu’on puisse obtenir des gains modestes au bout du canon d’un fusil, ceux-ci seront finalement anéantis si assez de voix soutiennent le droit des nations et des peuples à décider par eux-mêmes.
Par ailleurs, une autre voie est disponible — la voie de la diplomatie et de la paix, et les idéaux que cette institution est conçue pour promouvoir. Le récent accord de cessez-le-feu en Ukraine offre une ouverture pour atteindre ces objectifs. Si la Russie s’engage dans cette voie — une voie qui au long de la période d’après-Guerre Froide amena la prospérité au peuple russe — alors nous lèverons nos sanctions et ferons bon accueil à la Russie pour relever les défis communs. Après tout, c’est ce que les États-Unis et la Russie ont réussi à faire durant les années précédentes — de la réduction des stocks d’armements nucléaires afin de remplir nos obligations selon le traité de non-prolifération nucléaire, à la coopération pour retirer et détruire les armes chimiques déclarées par la Syrie. Et c’est le genre de coopération que nous sommes préparés à mener à nouveau — si la Russie change de cap.
Ceci soulève une question centrale de notre ère de mondialisation : allons-nous résoudre nos problèmes ensemble, dans un esprit d’intérêt et de respect mutuels, ou allons-nous nous enfoncer dans les rivalités destructrices du passé ? Lorsque les nations trouvent un terrain d’entente, pas simplement basé sur la puissance, mais sur les principes, nous pouvons faire d’énormes progrès. Et je me tiens aujourd’hui devant vous déterminé à investir la puissance américaine dans un travail avec tous les pays pour résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés au XXIe siècle.
Au moment où nous parlons, l’Amérique déploie ses médecins et ses scientifiques — soutenus par nos militaires — pour aider à contenir l’épidémie d’Ebola et rechercher de nouveaux traitements. Mais nous avons besoin d’un effort plus large afin d’arrêter une maladie qui pourrait tuer des centaines de milliers de gens, infligeant d’horribles souffrances, déstabilisant les économies, et passant rapidement les frontières. Il est facile de considérer ceci comme un problème lointain — jusqu’à ce qu’il ne le soit plus. Et c’est pourquoi nous continuerons à mobiliser d’autres pays pour se joindre à nous en prenant des engagements concrets, des engagements significatifs pour combattre l’épidémie et améliorer notre système de sécurité sanitaire mondial sur le long terme.
L’Amérique recherche une solution diplomatique à la question nucléaire iranienne, dans le cadre de notre engagement à arrêter la propagation des armes nucléaires et à rechercher la paix et la sécurité d’un monde sans elles. Et cela ne peut avoir lieu que si l’Iran saisit cette occasion historique. Mon message aux dirigeants et au peuple de l’Iran a été simple et cohérent : ne laissez pas passer cette occasion. Nous pouvons parvenir à une solution qui répond à vos besoins en énergie tout en assurant au monde que votre programme est pacifique.
L’Amérique est et continuera d’être une puissance pacifique, promouvant la paix, la stabilité et le libre exercice du commerce parmi les nations. Mais nous insisterons pour que tous les pays respectent les règles de circulation et résolvent leurs différends territoriaux pacifiquement, conformément au droit international. C’est ainsi que la région Asie-Pacifique s’est développée. Et c’est la seule façon de protéger ces progrès à l’avenir.
L’Amérique s’est engagée à un ordre du jour de développement visant à supprimer la pauvreté extrême avant 2030. Nous ferons ce que nous avons à faire pour aider les populations à se nourrir elles-mêmes, faire fonctionner leurs économies et prendre soin de leurs malades. Si le monde agit de concert, nous pouvons nous assurer que tous nos enfants jouiront de vies riches en possibilités et dignité.
L’Amérique poursuit des réductions ambitieuses de nos émissions de carbone et nous avons augmenté nos investissements dans les énergies propres. Nous y prendrons notre part et aiderons les pays en voie de développement à prendre la leur. Mais la science nous dit que nous ne pouvons réussir dans le combat contre le changement climatique que si nous sommes rejoints dans cet effort par chacune des autres nations, par chaque puissance majeure. C’est ainsi que nous pouvons protéger cette planète pour nos enfants et nos petits-enfants.
Autrement dit, enjeu après enjeu, nous ne pouvons pas nous appuyer sur un règlement écrit pour un autre siècle. Si nous regardons au-delà de nos frontières — si nous pensons globalement et si nous agissons de façon coopérative — nous pouvons modeler le cours de ce siècle, comme nos prédécesseurs ont modelé la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. Mais alors que nous regardons l’avenir, une question nous fait courir le risque d’un cycle de conflit qui pourrait faire dérailler tant de progrès accompli, c’est le cancer de l’extrémisme violent qui a ravagé tant de parties du monde musulman.
Bien sûr, le terrorisme n’est pas nouveau. S’exprimant devant cette assemblée, le Président Kennedy l’a souligné : « la terreur n’est pas une arme nouvelle ». « Tout au long de l’Histoire, elle a été utilisée par ceux qui ne pouvaient pas s’imposer, par la persuasion ou par l’exemplarité ». Au XXe siècle, la terreur a été utilisée par toutes sortes de groupes qui n’ont pu accéder au pouvoir par le soutien du public. Mais dans ce siècle, nous faisons face à une espèce de terroristes plus létale et idéologique qui a perverti une des plus grandes religions du monde. Avec l’accès à la technologie qui permet à des petits groupes de faire de grands dégâts, ces terroristes ont épousé une vision cauchemardesque qui divise le monde entre partisans et infidèles — tuant autant de civils innocents que possible, employant les méthodes les plus brutales pour intimider les personnes dans leurs communautés.
J’ai clairement fait savoir que l’Amérique ne fondera pas l’ensemble de notre politique étrangère sur la réaction au terrorisme. Au lieu de cela, nous avons mené une campagne ciblée contre Al-Qaïda et ses forces associées — en supprimant leurs dirigeants, leur refusant les refuges dont ils dépendent. Dans le même temps, nous avons inlassablement affirmé que les États-Unis ne sont pas et ne seront jamais en guerre avec l’islam. L’Islam enseigne la paix. Les musulmans du monde entier aspirent à vivre dans la dignité et la justice. Et quand il s’agit de l’Amérique et de l’islam, il n’y a pas eux et nous, il n’y a que nous : parce que des millions de musulmans américains font partie du tissu social de notre pays.
Donc, nous rejetons toute suggestion d’un choc des civilisations. La croyance en une guerre de religion permanente est le refuge erroné des extrémistes qui ne peuvent pas construire ou créer quoi que ce soit et ne colportent que le fanatisme et la haine. Et il n’est pas exagéré de dire que l’avenir de l’humanité dépend de notre union contre ceux qui voudraient nous diviser le long de lignes erronées de tribu ou de secte, de race ou de religion.
Mais ce n’est pas qu’une simple affaire de sémantique. Collectivement, nous devons prendre des mesures concrètes pour faire face au danger que représentent les fanatiques aux motivations religieuses, et les réseaux qui alimentent leur recrutement. De plus, cette campagne contre l’extrémisme dépasse un strict enjeu de sécurité. Alors que nous avons atteint méthodiquement le cœur d’Al-Qaïda et soutenu une transition vers un gouvernement souverain en Afghanistan, l’idéologie extrémiste s’est déplacée vers d’autres lieux, particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où un quart de la jeunesse est au chômage, où l’eau et la nourriture pourraient se raréfier, où la corruption est omniprésente et où les conflits tribaux sont devenus de plus en plus difficiles à contenir.
En tant que communauté internationale, nous devons répondre à ce défi, en nous concentrant sur quatre points. Premièrement, le groupe terroriste connu sous le nom d’EIIL doit être affaibli puis détruit.
Ce groupe a terrorisé tous ceux qu’ils ont rencontrés en Irak et en Syrie. Mères, sœurs, filles ont subi le viol comme arme de guerre. Des enfants innocents ont été abattus. Des cadavres ont été entassés dans des fosses communes. Des minorités religieuses ont subi une famine meurtrière. Dans un des crimes les plus horribles à imaginer, des êtres humains innocents ont été décapités et des vidéos de ces atrocités ont été diffusées pour choquer la conscience du monde.
Aucun Dieu n’absout cette terreur. Aucune revendication ne justifie ces actions. Il ne peut y avoir aucun échange raisonnable, aucune négociation avec cette expression du mal. Le seul langage compris par des tueurs comme ceux-ci est le langage de la force. Aussi, les États-Unis d’Amérique travailleront avec une large coalition pour démanteler ce réseau de mort.
Dans cet effort, nous n’agissons pas seuls — nous n’avons pas non plus l’intention d’envoyer des troupes américaines occuper des terres étrangères. Nous soutiendrons plutôt les Irakiens et les Syriens qui combattent pour reconquérir leurs villages. Nous utiliserons notre puissance militaire dans une campagne de frappes aériennes pour faire reculer EIIL. Nous entraînerons et équiperons les forces combattant contre ces terroristes sur le terrain. Nous nous emploierons à couper leurs financements et à faire cesser l’afflux de combattants depuis et vers la région. Et déjà plus de 40 nations ont proposé de se joindre à cette coalition.
Aujourd’hui, je demande au monde de se joindre à cet effort. Ceux qui ont rejoint l’EIIL doivent quitter le champ de bataille tant qu’ils le peuvent. Ceux qui continuent à combattre pour une cause haineuse se trouveront de plus en plus isolés. Car nous ne nous soumettrons pas aux menaces et nous démontrerons que l’avenir appartient à ceux qui construisent — et non à ceux qui détruisent. Voici donc un défi immédiat, le premier défi que nous devons relever.
Deuxièmement : il est temps pour le monde — tout particulièrement les communautés musulmanes — de rejeter explicitement, énergiquement et complètement l’idéologie des organisations comme Al-Qaïda et l’EIIL.
C’est une des tâches de toutes les grandes religions de faire coexister une foi fervente avec un monde multiculturel moderne. Aucun enfant ne naît plein de haine et aucun enfant — nulle part — ne devrait être élevé dans la haine d’autres gens. Il ne devrait plus y avoir de tolérance envers de soi-disant religieux qui appellent les gens à s’attaquer à des innocents parce qu’ils sont juifs, ou chrétiens, ou musulmans. Il est temps pour un nouveau pacte entre les peuples civilisés de ce monde pour éradiquer la guerre à sa source la plus fondamentale, qui est la corruption des jeunes esprits par une idéologie violente.
Cela signifie tarir le financement qui alimente cette haine. Il est temps de mettre fin à l’hypocrisie de ceux qui accumulent des richesses via l’économie mondiale et siphonnent ensuite des fonds vers ceux qui enseignent aux enfants à la démolir.
Cela signifie contester l’espace que les terroristes occupent, y compris Internet et les médias sociaux. Leur propagande a contraint des jeunes à voyager à l’étranger pour se battre avec leurs guerres et des étudiants — des jeunes pleins de potentiel — à se tourner vers des attentats-suicide. Nous devons offrir une vision alternative.
Cela signifie réconcilier les peuples de croyances différentes. Toutes les religions ont été attaquées par des extrémistes de l’intérieur à un moment donné et tous les gens de foi ont pour responsabilité de faire ressortir les valeurs au cœur de toutes les grandes religions : agissez envers votre voisin comme vous le feriez envers vous-même.
L’idéologie de l’EIIL, Al-Qaïda ou Boko Haram dépérira et mourra si elle est constamment exposée, confrontée et réfutée en pleine lumière. Voyez le nouveau Forum pour la Promotion de la Paix dans les Sociétés musulmanes — le cheikh bin Bayyah a décrit son but : « Nous devons déclarer la guerre à la guerre, afin que la paix s’ajoute à la paix ». Voyez les jeunes musulmans britanniques qui ont répondu à la propagande terroriste par la campagne “#NotInMyName” ( « Pas en mon nom »), déclarant que « l’EIIL se cache derrière un faux Islam ». Voyez les dirigeants chrétiens et musulmans qui se sont rassemblés en République centrafricaine pour rejeter la violence ; écoutez l’imam qui dit « la politique essaie de diviser le religieux dans notre pays, mais la religion ne devrait pas être une cause de haine, de guerre ou de conflits ».
Plus tard aujourd’hui, le Conseil de Sécurité adoptera une résolution qui souligne la responsabilité des États s’agissant de contrer l’extrémisme violent. Mais les résolutions doivent être suivies d’engagements tangibles, afin que nous soyons tenus pour responsables lorsque nous ne les respectons pas. L’année prochaine, nous devrions tous être prêts à annoncer les mesures concrètes que nous aurons entreprises afin de contrer les idéologies extrémistes dans nos propres pays — en chassant l’intolérance des écoles, en stoppant la radicalisation avant qu’elle ne se répande, et en promouvant des institutions et des programmes qui tissent de nouveaux liens pour une compréhension mutuelle.
Troisièmement, nous devons nous attaquer au cycle de conflit — en particulier de conflit sectaire — qui crée les conditions qui nourrissent le terrorisme.
Les guerres de religion n’ont rien de nouveau. La Chrétienté a enduré des siècles de cruel conflit sectaire. Aujourd’hui, c’est la violence parmi les communautés musulmanes qui est devenue la source de tant de misère humaine. Il est temps de reconnaître la destruction apportée par les guerres par procuration et les campagnes de terreur entre sunnites et chiites à travers tout le Moyen-Orient. Et il est temps pour les dirigeants politiques, civiques et militaires de rejeter les luttes sectaires. Soyons bien clairs : c’est un combat sans vainqueur. Une guerre civile brutale en Syrie a déjà tué près de 200 000 personnes, déplacé des millions d’autres. L’Irak est à nouveau dangereusement près de replonger dans l’abîme. Le conflit a créé un terreau fertile pour le recrutement de terroristes qui exporteront inévitablement cette violence.
La bonne nouvelle, c’est que nous avons également des signes que la marée pourrait s’inverser. Nous avons un nouveau gouvernement de coalition à Bagdad : un nouveau Premier ministre dont l’arrivée est saluée par ses voisins ; des factions libanaises qui rejettent ceux qui essaient de provoquer la guerre. Et ces progrès doivent être suivis d’une trêve plus vaste. Il n’y a nulle part où cela soit aussi nécessaire qu’en Syrie.
Ensemble avec nos partenaires, l’Amérique entraîne et équipe l’opposition syrienne pour être un contrepoids aux terroristes de l’EIIL et à la brutalité du régime Assad. Mais la seule solution durable à la guerre civile en Syrie est politique – une transition politique incluant toutes les parties et qui réponde aux aspirations légitimes de tous les citoyens syriens, quelle que soit leur appartenance ethnique, quelles que soient leurs croyances.
Les cyniques pourront arguer qu’un tel résultat n’arrivera jamais. Mais il n’y a pas d’autre chemin pour que cette folie cesse – que ce soit dans un an ou dans dix. Et cela conduit au fait que le temps est venu pour une négociation plus large dans la région, au cours de laquelle les principales puissances traiteront de leurs différends directement, honnêtement et de façon pacifique, l’une en face de l’autre autour d’une même table plutôt qu’au travers de groupes armés alliés. Je peux vous promettre que l’Amérique restera engagée dans la région et que nous sommes prêts à nous engager dans cet effort.
Mon quatrième et dernier point est simple : les pays du monde arabo-musulman doivent se concentrer sur le potentiel extraordinaire de leur population, spécialement les jeunes.
Et ici j’aimerais parler directement aux jeunes du monde musulman. Vous êtes les héritiers d’une grande tradition qui soutient l’éducation, pas l’ignorance, l’innovation, pas la destruction, l’existence digne, pas le meurtre. Ceux qui vous détournent de ce chemin trahissent cette tradition, au lieu de la défendre.
Vous avez démontré que lorsque les jeunes ont les outils pour réussir — de bonnes écoles, une éducation en mathématiques et en sciences, une économie qui favorise la créativité et l’esprit d’entreprise — alors les sociétés seront florissantes. Aussi l’Amérique sera-t-elle partenaire de ceux qui promeuvent cette vision.
Là où les femmes participent pleinement à la politique et à l’économie du pays, les sociétés sont les plus à même de réussir. Et c’est pourquoi nous soutenons la participation des femmes aux parlements et aux processus de paix, aux écoles et à l’économie.
Lorsque la jeunesse vit dans des endroits où la seule alternative est entre la dictature d’un État et l’attrait de mouvances extrémistes, alors aucune stratégie ne peut réussir contre le terrorisme. Mais là où une véritable société civile a la possibilité de fleurir – où l’on peut exprimer son point de vue et se mobiliser de manière paisible pour une vie meilleure – alors on accroît nettement le champ des alternatives à la terreur.
Et un tel changement positif ne se fait pas nécessairement aux dépens de la tradition et de la foi. On le voit en Irak, où un jeune homme a lancé une bibliothèque pour ses pairs. « Nous relions l’héritage de l’Irak à leurs cœurs », a-t-il dit, et « leur donnons une raison de rester ». Nous le voyons en Tunisie, où les partis laïques et islamistes ont travaillé ensemble dans le cadre d’un processus politique destiné à produire une nouvelle constitution. Nous le voyons au Sénégal, où une société civile prospère à côté d’un gouvernement démocratique fort. Nous le voyons en Malaisie, où l’entrepreneuriat vibrant est en train de propulser une ancienne colonie dans les rangs des économies les plus avancées. Et nous le voyons en Indonésie où ce qui a commencé par une violente transition a évolué en une véritable démocratie.
En dernier lieu, rejeter le sectarisme et l’extrémisme est une tâche générationnelle – et qui incombe aux populations du Moyen-Orient elles-mêmes. Aucun pouvoir extérieur ne peut parvenir à les faire changer. Mais l’Amérique sera un partenaire constructif et respectueux. Nous ne tolérerons jamais qu’il existe des lieux de refuge pour les terroristes ni n’agirons comme une armée d’occupation. Nous prendrons des mesures pour contrer les menaces envers notre sécurité et nos alliés, en mettant en place un dispositif de coopération antiterroriste. Nous augmenterons nos soutiens à ceux qui s’opposent aux idéologies extrémistes et qui cherchent à résoudre les conflits sectaires. Nous augmenterons aussi nos programmes de soutien aux entrepreneurs et à la société civile, l’éducation et la jeunesse – puisqu’en dernière analyse il s’agit là des meilleurs antidotes contre la violence.
Nous reconnaissons également qu’une gouvernance sera nécessaire pour traiter le conflit entre Palestiniens et Israéliens. Aussi morne que le paysage apparaisse, l’Amérique n’abandonnera pas la recherche de la paix. Comprenez : la situation en Irak et en Syrie et en Libye devrait guérir chacun de l’illusion que le conflit israélo-arabe est la principale source de problèmes de la région. Depuis trop longtemps, cette excuse a été utilisée pour distraire les peuples de leurs problèmes internes. La violence qui engloutit la région aujourd’hui a fait abandonner par trop d’Israéliens le dur travail vers la paix. Et c’est quelque chose à quoi il vaut vraiment la peine de réfléchir au sein d’Israël.
Car que cela soit clair : le statu quo en Cisjordanie et à Gaza n’est pas tenable. Nous ne pouvons nous permettre de nous détourner de cet effort – pas lorsque des missiles sont tirés sur des Israéliens innocents ou quand les vies de si nombreux enfants palestiniens nous sont retirées à Gaza. Aussi longtemps que je serai Président, nous défendrons le principe qu’Israéliens, Palestiniens, toute la région et le monde seront plus justes et plus sûrs avec deux États vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité.
C’est ce à quoi l’Amérique est prête : agir immédiatement contre les menaces tout en visant un monde dans lequel la nécessité de telles actions se fera moins ressentir. Les États-Unis ne reculeront jamais dans la défense de leurs intérêts, mais ils ne reculeront pas non plus par rapport à la promesse de l’ONU et de la Déclaration universelle des Droits de l’homme – cette notion que la paix n’est pas simplement l’absence de guerre, mais la présence d’une vie meilleure.
Je suis conscient que les critiques de l’Amérique s’empresseront de souligner que nous aussi avons parfois échoué à incarner cet idéal ; que l’Amérique a beaucoup de problèmes au sein de ses propres frontières. Tout cela est vrai. Cet été, marqué par l’instabilité au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, je sais que le monde a aussi remarqué la petite ville de Ferguson, Missouri – où un jeune homme a été tué et où une communauté a été divisée. Donc oui, nous avons nos propres tensions ethniques et raciales. Et comme tout pays, nous luttons continuellement pour concilier les énormes changements introduits par la mondialisation et une plus grande diversité avec les traditions qui nous sont chères.
Mais nous souhaitons que le monde nous observe – car ce que vous voyez en l’Amérique, c’est un pays qui a travaillé petit à petit à traiter ses problèmes, à rendre son union plus parfaite, à combler les clivages qui existaient à la fondation de cette nation. L’Amérique est différente de ce qu’elle était il y a 100 ans, ou 50 ans, ou même une décennie. Parce que nous combattons pour nos idéaux et que nous sommes prêts à nous critiquer nous-mêmes quand nous échouons. Parce que nous traitons nos différences dans l’espace ouvert de la démocratie – dans le respect de la règle du droit ; en faisant une place pour les personnes de toutes les races et toutes les religions ; et avec une croyance inflexible dans la capacité des individus hommes et femmes à changer leurs communautés et leurs conditions et leurs pays pour le meilleur.
Après bientôt six années comme Président, je crois que cette promesse peut éclairer le monde. Parce que j’ai vu des changements positifs sur la durée – pour la paix et la liberté, les perspectives d’avenir et la fin du sectarisme – dans les yeux des jeunes que j’ai rencontrés à travers le monde.
Ils me rappellent que, qui que vous soyez, d’où que vous veniez, quelle que soit votre silhouette, ou le Dieu que vous priez, ou encore qui vous aimez, il y a quelque chose de fondamental que nous pouvons partager. Eleanor Roosevelt (une grande figure pour les Nations Unies et le rôle de l’Amérique à l’ONU) se demandait : « Où commencent les Droits de l’homme ? Près de chez vous, répondit-elle, des endroits si proches et si petits qu’ils ne peuvent être vus sur aucune carte du monde. Et pourtant, ils représentent le monde à l’échelle d’un individu : le quartier où il vit habituellement ; l’école ou l’université qu’il fréquente ; l’usine, la ferme ou le bureau où il travaille ».
À travers le monde, la jeunesse a soif d’un monde meilleur. À travers le monde, par endroits, la haine, le fanatisme, et le sectarisme triomphent. Et ces jeunes apprennent à se respecter mutuellement, en dépit de leurs différences.
Le monde entier nous regarde maintenant, ici, attend de nous la même dignité, la même décence et le même courage que celui dont ils font preuve dans leur vie quotidienne. À cette croisée des chemins, je peux vous promettre que les États-Unis d’Amérique ne seront pas distraits ni dissuadés de faire ce qu’il y a à faire. Nous sommes les héritiers d’une fière tradition de liberté et sommes prêts à faire tout ce qui conviendra pour assurer cet héritage pour les générations futures. Je vous demande de nous rejoindre dans cette mission commune, pour les enfants d’aujourd’hui et ceux de demain.
Merci beaucoup (Applaudissements)
Source : Maison-Blanche, 24/09/2014
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Sortie du nucléaire : des multinationales réclament des centaines de millions d’euros à l’Allemagne (Basta)




BASTA !
Energie

Sortie du nucléaire : des multinationales réclament des centaines de millions d’euros à l’Allemagne

par Rachel Knaebel -
Un État peut-il décider de stopper ses centrales nucléaires les plus anciennes sans devoir payer des millions d’euros de dédommagement aux groupes qui les exploitent ? La question se pose une nouvelle fois de l’autre côté du Rhin. Le géant énergétique allemand Eon vient de déposer une plainte auprès d’un tribunal allemand contre le moratoire sur le nucléaire décidé au printemps 2011 par le gouvernement, juste après la catastrophe de Fukushima.
L’Allemagne choisit alors de mettre immédiatement à l’arrêt ses sept réacteurs nucléaires les plus anciens. Trois mois plus tard, le pays adopte une loi qui entérine l’arrêt définitif des ces centrales et la sortie totale de l’énergie nucléaire d’ici 2022. C’est la mise au repos forcé de deux de ses réacteurs sur cette période de trois mois que le groupe Eon conteste aujourd’hui. Il réclame aux autorités allemandes, donc aux caisses publiques, 380 millions d’euros de compensation !
La plainte d’Eon fait suite à une première action en justice, il y a quelques mois et pour les mêmes raisons, de l’autre géant énergétique allemand, RWE. Lui réclame 230 millions d’euros de dédommagements à l’État fédéral. L’entreprise a des chances d’obtenir gain de cause puisque la cour administrative fédérale d’Allemagne lui a déjà donné raison sur le principe.
Le groupe énergétique suédois Vattenfall a de son côté contesté dès 2012 la loi même de sortie du nucléaire. Il réclame plus de 3 milliards de dollars de compensation à l’État allemand devant une juridiction arbitrale internationale de règlement des conflits entre investisseurs et États, basé à Washington [1], ces mêmes tribunaux privés dont le rôle pourrait être renforcé par la conclusion de traités de libre-échange entre l’Europe et l’Amérique du Nord (lire notre enquête). Alors qu’en France le débat sur la transition énergétique commence au Parlement, les multinationales de l’énergie veulent faire payer au prix fort la sortie du nucléaire en Allemagne.
Rachel Knaebel

Notes

[1] Un mécanisme d’Investor-state dispute settlement (ISDS), en l’occurrence le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).
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Coupures d’eau : comment les multinationales ignorent délibérément la loi (Basta)

BASTA !
Droits fondamentaux

Coupures d’eau : comment les multinationales ignorent délibérément la loi

par Olivier Petitjean -
Près de deux millions de personnes en France ne disposent pas d’un accès suffisant à l’eau, du fait de leur situation précaire… ou des pratiques illégales de leur fournisseur. Bien que les coupures d’eau soient interdites depuis un an, les compagnies en charge de ce service – Veolia et Suez en tête – ne semblent pas pressées de respecter une loi qui va à l’encontre d’habitudes commerciales bien établies. La société civile se mobilise pour les obliger à respecter les nouvelles dispositions légales, au besoin en saisissant la justice, et à renforcer la reconnaissance officielle du droit à l’eau en France. Un droit dont sont encore privés des dizaines de milliers de sans domiciles.
En France, il est désormais formellement interdit, depuis le vote en avril 2013 de la loi Brottes (du nom du député socialiste de l’Isère, François Brottes), de procéder à des coupures d’eau chez des particuliers pour factures impayées, quelle que soit la période de l’année. Problème : ces nouvelles dispositions légales, qui viennent consacrer la notion de « droit à l’eau », restent largement ignorées sur le terrain. Après avoir recueilli depuis cet été des dizaines de témoignages de personnes victimes de coupures d’eau de la part de leurs fournisseurs – au premier rang desquels les grands groupes privés Veolia, Suez et Saur –, la Coordination Eau Ile-de-France et la fondation France Libertés ont porté l’affaire en justice. Elles ont obtenu, le 25 septembre, une première victoire juridique contre la Lyonnaise des eaux. La filiale de Suez environnement a été condamnée à verser plusieurs milliers d’euros à une mère de famille dont l’eau était coupée depuis 50 jours.
Le 28 juillet 2010, à l’instigation de la Bolivie, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies reconnaissait officiellement le « droit à l’eau » parmi les droits humains fondamentaux. Selon les derniers chiffres de l’Onu [1], 750 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable. La proportion est encore bien supérieure en ce qui concerne l’accès à l’assainissement. Mais l’enjeu ne concerne pas seulement les zones rurales africaines ou les bidonvilles asiatiques. En France, selon le rapport 2014 de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement, 140 000 personnes sans domicile fixe n’ont pas accès à l’eau potable. Et pas moins de deux millions de personnes ne bénéficient pas d’un accès suffisant à l’eau et à l’assainissement, ou voient cet accès menacé du fait de conditions de logement précaires, de revenus insuffisants… ou tout simplement du fait d’un litige avec leur fournisseur.

Au moins 100 000 coupures d’eau par an en France

Le cas très médiatisé il y a quelques mois d’un employé de Veolia Avignon licencié pour avoir refusé de procéder à des coupures d’eau pour impayés (lire notre article), est venu rappeler l’ampleur du problème : 500 coupures d’eau par an à Avignon (sur 45 000 usagers) ! 750 coupures et 2 000 « lentillages » à Lyon en 2012 sur 260 000 abonnements selon la CFDT [2]. Un « lentillage » consiste à introduire une pastille dans l’arrivée d’eau pour en limiter fortement le débit. Seul un un mince filet d’eau coule alors du robinet. Cette solution alternative à la coupure radicale, beaucoup plus coûteuse pour les prestataires, n’est expérimentée que dans deux villes gérées par Veolia, Lyon et Marseille. Sa légalité est elle aussi contestée par les associations. En reportant ces chiffres de coupures d’eau à l’échelle nationale, cela représente plusieurs dizaines de milliers de cas potentiels. Environ 1% des usagers seraient ainsi concernés chaque année.
La Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E), qui représente le secteur privé, et dont les membres desservent 72% de la population française, admettait 100 000 cas de coupures d’eau en 2010. Comme il s’agit d’un besoin vital pour la consommation directe comme pour un grand nombre d’usages tout aussi nécessaires (cuisine, hygiène, chauffage...), couper l’eau peut générer des situations dramatiques. De nombreux autres pays européens interdisent d’ailleurs déjà ces coupures pour impayés, ou les limitent strictement. En France, du fait notamment de la prédominance de la gestion privée de l’eau, les pouvoirs publics semblaient jusqu’à présent se désintéresser de cet enjeu.

Couper l’eau : une pratique pourtant illégale

Le décret d’application de la loi est paru le 27 février 2014 [3]. Il interdit clairement les coupures d’eau, quelle que soit la période de l’année. Mais au quotidien, il n’en est rien. Suite à la publication d’un article du juriste Henri Smets, l’un des principaux inspirateurs de la notion de « droit à l’eau », la Coordination Eau Ile-de-France a reçu de nombreux appels à l’aide de familles privées d’accès à l’eau. Elle a lancé avec France Libertés un appel à témoignages, qui leur a permis de documenter plus d’une centaine de cas, de Perpignan à la région lilloise, en passant par l’Île-de-France.
Les deux associations accompagnent les familles concernées. Dans la plupart des cas, « quelques coups de téléphone suffisent pour faire rétablir l’eau, surtout lorsque l’on commence à parler l’alerter la presse », explique Stefania Molinari, qui suit le dossier pour la coordination. Dans le cas de la Lyonnaise des eaux, ces pressions n’ont pas suffi. Elles se sont donc portées parties civiles aux côtés de la victime en déposant un référé en urgence. Le tribunal de Soissons vient de leur donner raison sur quasiment tous les points. « Nous espérons que cette décision de justice aura valeur préventive et poussera tous les fournisseurs d’eau à se mettre en conformité avec la loi », espère Emmanuel Poilane, directeur de France Libertés. Dans le cas contraire, les deux associations pourraient initier une « action de groupe » avec plusieurs dizaines de victimes, dont les implications financières pourraient être autrement plus importantes pour les entreprises.

Lobbying des multinationales pour changer la loi

Coupures sans préavis, non-respect des procédures, opacité administrative, refus du dialogue, pénalités qui s’accumulent, absence de prise en compte des situations exceptionnelles… Les témoignages recueillis illustrent une réalité bien différentes de l’image de « mauvais payeur » ou de « fraudeur » que voudraient renvoyer les entreprises de l’eau. « Ces témoignages montrent que les coupures d’eau peuvent arriver à n’importe qui, souligne Stefania Molinari. Cela peut vous arriver en raison de difficultés financières passagères, parce que vous étiez à l’hôpital, à cause d’une erreur administrative, ou tout simplement parce que vous êtes en litige avec votre fournisseur. » Le cas porté devant la justice illustre les procédés parfois cavaliers des opérateurs et le drame humain que constitue une telle privation. La victime, une mère de deux enfants, s’était mise d’accord avec un prestataire de la Lyonnaise pour un paiement échelonné de sa dette. Elle en a scrupuleusement respecté les termes… jusqu’à ce que la Lyonnaise décide que cela ne suffisait pas. Sans eau courante pendant 50 jours, elle devait parcourir 18 kilomètres pour chercher de l’or bleu chez un membre de sa famille.

Contactée par Basta !, Suez environnement assure que les coupures d’eau sont très encadrées. L’entreprise reconnaît cependant des erreurs d’appréciation en ce qui concerne le cas visé par la justice. Une enquête interne serait en cours pour identifier les causes de ces manquements. En revanche, l’entreprise conteste l’interprétation du droit avancée par les associations, en soulignant que certains alinéas du Code de l’action sociale et des familles semblent encore envisager la possibilité d’une coupure d’eau pour impayé. Selon des documents internes obtenus par la Coordination Eau Ile-de-France, les dirigeants de Veolia évoquent également une situation d’« incertitude juridique » [4] (Veolia n’a pas souhaité répondre à nos questions sur ce sujet).
Pour la Coordination Eau Ile-de-France, ces contradictions ne sont pas suffisantes pour ne pas respecter la loi. Si les entreprises de l’eau s’y refusent, c’est bien parce que cette interdiction sape les fondements mêmes de leur modèle de gestion. Elles feraient d’ailleurs pression pour que les législateurs reviennent sur l’amendement interdisant les coupures d’eau, voté semble-t-il sans qu’elles n’aient eu le temps de réagir. Dans les documents que la coordination Eau Ile-de-France s’est procurée, la DRH de Veolia Eau France évoque même une « opération de lobbying » en cours.

Quasiment pas de coupures d’eau dans les régies publiques

Du point de vue des entreprises, l’impossibilité de recourir aux coupures revient à les priver de tout moyen de contrôle sur les usagers. Elles font valoir que des procédures sont déjà en place pour accompagner les familles en réelle difficulté et que l’interdiction pure et simple des coupures ne peut que favoriser ceux qui auraient, en réalité, les moyens de régler leurs dettes. « La coupure d’eau est notre seule arme contre les mauvais payeurs », affirmait ainsi un dirigeant de Veolia lors d’un comité d’établissement du groupe. L’interdiction des coupures ne revient aucunement à effacer les dettes dues par les usagers, répliquent les associations. Cette dette est toujours due, et pose la question de la négociation entre l’usager et le distributeur. « Dans plusieurs litiges, la coupure d’eau est un moyen de pression pour ne pas négocier, pour que les usagers acceptent les conditions que leur imposent les sociétés », constate Jean-Claude Oliva, directeur de la Coordination Eau Ile-de-France.
Les multinationales françaises de l’eau, Veolia et Suez environnement, n’ont pourtant jamais laissé passer une occasion de clamer leur adhésion au principe du « droit à l’eau ». La mise en avant de la notion de « droit à l’eau » reste cependant étroitement corrélée à la lutte contre la privatisation de ce qui est considéré comme un bien commun. C’est le cas avec la première « initiative citoyenne européenne » Right2Water (lire notre article.) Et cela se vérifie avec les dizaines cas de coupures d’eau répertoriés par la Coordination Eau et France Libertés : cette pratique ultime demeure très largement le fait des entreprises privées.
Quelques cas ont bien été recensés à la société publique locale du Ponant, qui dessert Brest et ses environs, ou à la régie Noréade qui couvre plusieurs dizaines de petites communes du Nord, aux environs de Maubeuge. Mais aucun cas n’a été signalé dans les grandes régies publiques que sont Paris [5], Nantes, Strasbourg ou Grenoble.« 90% des cas concernent Veolia. Cette entreprise semble avoir fait de la coupure d’eau une véritable stratégie commerciale », accuse Emmanuel Poilane. Aux impayés s’ajoutent rapidement des pénalités de retard, des frais de gestion pour la coupure, puis pour le rétablissement de l’eau, de sorte que les dettes des usagers peuvent rapidement exploser, pour le plus grand bénéfice financier des prestataires.

Quel accès à l’eau pour les sans abris ?

« Dans le contexte actuel, il est important de rassurer nos concitoyens sur l’application de la loi face au pouvoir économique. Dans la plupart des cas, il s’agit de personnes isolées qui ont besoin de notre soutien, en tant qu’associations, pour faire valoir leurs droits face aux multinationales », estime Emmanuel Poilane. Parallèlement à la bataille qu’elles ont engagées autour de l’application de la loi, France Libertés et la Coordination Eau Ile-de-France, aux côtés d’autres organisations de la société civile et avec le soutien de députés comme Jean Glavany (PS, Hautes-Pyrénées) militent pour l’adoption d’une nouvelle loi. Objectif : reconnaître explicitement le droit à l’eau et préciser les obligations des pouvoirs publics dans ce domaine. La proposition a été déposée au Parlement le 18 septembre dernier [6].
Autre enjeu : celui de l’accès des sans domicile fixe à des équipements adaptés, dans un contexte social difficile. Par souci d’économie ou dans l’intention délibérée de chasser les sans domicile fixe de leurs centres urbains, des municipalités ont tendance à supprimer les toilettes et les douches publiques. Affections cutanées, hépatite A, saturnisme… les difficultés d’accès à l’eau des plus exclus peuvent avoir des conséquences sanitaires très sérieuses. La situation à Marseille, en particulier, a plusieurs fois défrayé la chronique. « Dans cette ville, il n’y a ni toilettes publiques, ni bains douches, et les fontaines, quand elles ne sont pas cassées, se comptent sur les doigts de la main et plutôt dans les quartiers privilégiés que dans les quartiers pauvres », écrivaient dans Le Monde deux responsables de Médecins du monde, à propos de la ville qui a accueilli le forum mondial de l’eau en 2012... La ville de Paris fait encore une fois exception, du fait de sa politique volontariste de promotion du droit à l’eau : la capitale dispose de 240 fontaines publiques, 400 sanitaires gratuits et 18 bains douches municipaux.
La proposition de loi déposée en septembre vise à garantir l’installation de fontaines, toilettes et douches accessibles gratuitement dans les communes dépassant un certain seuil de population. Elle propose également l’instauration d’une « aide préventive » pour les populations précaires ayant des difficultés à payer leur eau, laquelle serait financée par une taxe sur l’eau en bouteille. A suivre.
Olivier Petitjean
Photo : CC Erio (une) / CC Petras Gagilas

Notes

[1] Voir ici.
[2] Source.
[3] Voici le texte de l’article L115-3 du Code de l’action sociale et des familles après modification par la loi Brottes : « Du 1er novembre de chaque année au 15 mars de l’année suivante, les fournisseurs d’électricité, de chaleur, de gaz ne peuvent procéder, dans une résidence principale, à l’interruption, y compris par résiliation de contrat, pour non-paiement des factures, de la fourniture d’électricité, de chaleur ou de gaz aux personnes ou familles. Ces dispositions s’appliquent aux distributeurs d’eau pour la distribution d’eau tout au long de l’année. »
[4] Selon les termes d’une DRH de Veolia Eau lors d’un Comité d’établissement de l’entreprise, dont la Coordination Eau-Ile-de-France s’est procurée le procès-verbal.
[5] Où, il est vrai, la plupart des factures sont acquittées au niveau des immeubles, par les syndics, ce qui réduit les risques de coupures d’eau directe.
[6] Son texte est disponible ici.
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« Je ne suis pas vaccinée et je vais bien, merci » (Les moutons enragés)

« Je ne suis pas vaccinée et je vais bien, merci »


Certains parents refusent de faire vacciner leurs enfants, tombant de ce fait sous le coup de la loi. Le mouvement a trouvé une caisse de résonance sur internet. Francetv info est allé à la rencontre d’une de ces familles.

« Je ne suis pas vaccinée, mais je suis en parfaite santé, et très rarement malade », sourit Ophélie, 14 ans, surprise de l’intérêt qu’elle suscite. Cette jeune sportive, championne départementale de tennis, ne se sent pas différente des autres élèves de troisième. « Mes copines ne me parlent pas de vaccination. On n’aborde jamais le sujet », explique timidement l’adolescente. Pourtant, au collège Marcel-Gambier de Lisieux (Calvados), la plupart des élèves sont au courant de son histoire, car il y a dix ans, « l’affaire Bessin » a fait grand bruit.

Le refus de vaccination assimilé à de la maltraitance

A la naissance de sa fille, en 2000, Jacques Bessin, 43 ans, adepte du bio, pense que la vaccination est dangereuse, et refuse d’y soumettre Ophélie tant que les services de santé ne lui auront pas donné la garantie de l’innocuité des produits injectés. Impossible : les vaccins, comme les médicaments, peuvent déclencher des effets secondaires indésirables, et le risque zéro n’existe pas. A l’âge de 11 mois, Ophélie tombe malade. Une anorexie du nourrisson, qui la conduit pendant près de quatre mois à l’hôpital.
« Au lieu d’attendre qu’elle soit remise sur pied, la seule chose à laquelle pensait le pédiatre, c’était vacciner notre fille. Du grand n’importe quoi ! », se souvient Jacques Bessin, avec amertume. En France, les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP) sont obligatoires. Mais le père tient bon. Il a la loi de son côté, provisoirement. Rien n’oblige en effet à vacciner un enfant avant 18 mois. C’est lorsqu’Ophélie sort de l’hôpital que les évènements se précipitent. La justice, prévenue par le pédiatre, ordonne le placement de la fillette pour refus de vaccination et maltraitance.

Quatre ans de procédure

Jacques Bessin panique. Il décide de cacher sa femme et sa fille chez un oncle, dans le centre de la France, jusqu’à ce que les soupçons de maltraitance soient levés, quelques jours plus tard. Mais les parents restent soumis à l’obligation vaccinale. Le Code de la santé publique prévoit 6 mois de prison et 3 750 euros d’amende à l’encontre de ceux qui s’y refusent.
La machine juridique est lancée. Jacques Bessin est bien décidé à se battre pour que sa fille ne soit pas vaccinée. Dès 2002, il peut se référer à la loi Kouchner, qui autorise le refus d’un acte médical. Il médiatise l’affaire et s’entoure d’experts, d’avocats, de médecins et d’associations. En 2005, après quatre ans de procédure, la juge des enfants de Caen décide d’un non-lieu et classe l’affaire. Ophélie ne sera jamais vaccinée. Valentin, son petit frère, non plus.
Jacques Bessin se rappelle cette période avec fierté, même s’il a beaucoup perdu. « J’ai dû fermer mon commerce, déménager, et reprendre un poste à l’éducation nationale. Maintenant, je suis mis au placard à un poste d’accueil. » Le plus difficile ? « Les soupçons de maltraitance. Je ne donnais même plus le bain à ma fille de peur que l’on m’accuse d’autre chose. » Pendant ces quatre ans, il se renseigne, s’appuie sur des documentaires comme « Silence on vaccine« , et sur des ouvrages antivaccination écrits par des médecins. Peu à peu, il acquiert une réelle expertise et construit son argumentation. De ce fait, il refuse d’être taxé « d’antivaccin », et se voit comme un « citoyen éclairé ».

« Les familles falsifient les carnets de santé »

Une attitude qui ne surprend pas le docteur Bourez, médecin dans l’Eure et membre du Syndicat des médecins généralistes : « Je suis très souvent confronté à ces patients-experts, informés par internet. Le problème, c’est qu’ils mettent sur un pied d’égalité différentes sources d’informations, dont certaines ne sont absolument pas scientifiques ou reconnues. »
Depuis la fin du procès, Jacques Bessin milite pour la levée de l’obligation vaccinale. Devenu président de l’Union nationale des associations citoyennes de santé, il se bat auprès de familles qui, comme lui, refusent de faire vacciner leurs enfants. Selon lui, elles seraient « plus de 100 000″ à être dans l’illégalité, et « beaucoup trichent en falsifiant le carnet de santé », car pour toute entrée en collectivité, la vaccination DTP est obligatoire. Au ministère de la Santé, on minimise ce chiffre : d’après le dernier point de situation de l’Institut de veille sanitaire (InVS), au 30 juin 2014, 91,7% des enfants ont effectué l’ensemble du schéma vaccinal, c’est-à-dire ont reçu toutes les doses de vaccins DTP obligatoires.
Jacques Bessin milite également pour que la responsabilité des laboratoires pharmaceutiques soit engagée lorsque de graves effets secondaires à la vaccination se déclarent. Il a par ailleurs lancé depuis peu une collecte de vaccins « prescrits de force par les médecins » mais inutilisés. « Pour dire au gouvernement : arrêtez de nous obliger à nous faire vacciner, on ne le fera pas et on vous le prouve », explique-t-il, amusé devant les dizaines de doses envoyées anonymement. « A quarante euros le vaccin, il y en a pour plusieurs milliers d’euros, » souligne-t-il.

Entre 2008 et 2012, la vente de vaccins a chuté de 12%

S’il est difficilement quantifiable, le « mouvement antivaccin » est une réalité et gagne du terrain, notamment sur internet, où les antivaccins donnent de la voix et s’organisent sur des dizaines de forums, sur des sites « éco-bio » et via des associations comme la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations. En France, selon les chiffres d’IMS Health, une entreprise qui fournit des études aux acteurs de la santé, la période 2008-2012 a vu les ventes d’unités de vaccin chuter de 12% toutes catégories confondues, y compris pédiatriques, et jusqu’à 40% pour la rougeole. Et la défiance des Français à l’égard des vaccins ne cesserait de progresser. D’après un sondage BVA pour l’assurance-maladie, une personne sur cinq considère que le vaccin contre la grippe est plus dangereux que le mal lui-même.
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L'ex-avocate de Mohamed Merah : « C'était un agent des services français, ils l'ont éliminé »


L'ex-avocate de Mohamed Merah : « C'était un agent des services français, ils l'ont éliminé »

Maitre Isabelle Coutant-Peyre, avocate du père de Mohamed Merah, dans une déclaration à la chaine 5 française, mise en ligne cette semaine sur le site internet et la page facebook, a confirmé que Mohamed Merah, était un agent des services français , et il a été abattu pour protéger les intérêts français. Selon elle, il a même été sollicité de changer de nom et de quitter le pays avant d'être éliminé. 


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Deux ans plus tard, quelques médias étrangers reviennent sur l'affaire Merah, qui selon eux, était une tentative d'enfumage supplémentaire pour faire coller aux français la notion de terrorisme islamiste sur le sol français pour les convaincre d'accepter la politique du pouvoir français à intervenir au-delà de la France. Eh bien, on a organisé l'affaire Merah. Certains médias se sont même amusés à propager la version officielle de l'affaire Merah , mais d'autres journalistes ont eu la difficulté de gober une affaire pareille.

Les non-dits sur l'affaire de Merah!

-Pourquoi le portrait-robot des tueurs ne correspond-t-il pas à celui de Merah ?
-Des témoins ont décrit un type aux yeux bleus et à la peau blanche, or Merah est de type arabe. Comment Merah, qui était coincé dans un appartement pendant deux jours, ait pu sortir pour téléphoner depuis une cabine à France 24.
-Pourquoi a-t-on retrouvé la carte de visite d'un flic,un gilet pare balles de la police et un flinguedans le box de Merah?
-Comment Meraha pu partir en Syrie, en Turquie, en Israël en 2010, en Egypte, au Pakistan en août 2011 et en Afghanistan, alors qu'il était inscrit au fichier des personnes recherchées et interdit de vol ?
-Pourquoi avait-il plusieurs passeports alors qu'il était fiché depuis 2011?
-Comment Merah, âgé de 23 ans, a-t-il pu toucher le RSA(le revenu de solidarité active) soit 460 euros par mois, alors qu'on ne peut toucher qu'à l'âge de 25 ans, comme l'a affirmé Guéant?
-Pourquoi n'a-t-il pas été autopsié, et pourquoi l'enterrement a-t-il eu lieu hors de la présence de la famille?
- L'avocate du père de Merah a déclaré qu'elle avait les preuves que Merah avait été liquidé par le RAID. Elle a dit avoir des vidéos qu'on n'a jamais vues, mais on n'en saura pas plus parce qu'elle a été dessaisie du dossier par son client.
-Le monde avait écrit dans l'époque sur l'affaire de Merah : ''Comme avec l'affaire du petit Gregory et tant d'autres, nous sommes face à un véritable enfumage''.
-Dernier élément ou ''erreur '' au sujet de l'affaire: parmi les trois islamistes qui ont atterri à Marseille il y a quelques jours et ont pu rentrer chez eux tranquillement suite à une nouvelle erreur des services de sécurité français, il y avait le mari de la sœur de Merah, sœur de Merah que les médias français affirment se trouver en Syrie.

Rappelons que Mohamed Merah a été tué le 22 mars par une unité d'intervention de la police française après avoir abattu entre le 11 et le 19 mars sept personnes dont trois enfants.

Une nouvelle définition du terrorisme selon Cameron

"Déclaration de David Cameron, le premier ministre britannique, devant les Nations Unies, le 26 septembre 2014

David Cameron cherche un prétexte pour... par ReOpen911