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Avec des réserves de 3396 tonnes, l’Allemagne possède le 2ème stock mondial de métal jaune, loin toutefois derrière les USA qui en détiennent 8134 tonnes aux dernières nouvelles.
Pour des raisons historiques assez fumeuses, La banque fédérale d’Allemagne n’en gère dans sa chambre forte de Francfort que 1 036 tonnes. Et encore ; un rapport récent de la Cour des Comptes Fédérale (Bundesrechnungshof) laisse assez clairement entendre qu’il y aurait intérêt à faire un inventaire précis qui pourrait réserver quelques surprises…
Le solde est donc stocké à l’étranger : 374 tonnes à la banque de France, 450 tonnes à la Banque d’Angleterre et la différence, 1 536 tonnes, à la Réserve Fédérale Américaine. Autrement dit, au 5eme sous-sol du célèbre immeuble de Liberty street à Manhattan, 25 mètres en dessous du niveau de la chaussée et 15 mètres en dessous de celui de la mer.
Faut espérer que les fiches d’inventaire ne sont pas négligemment posées sur les barres de métal précieux : l’ouragan Sandy a par exemple causé quelques soucis à la société Depository Trust & Clearing Corp qui conservait dans son immeuble sécurisé du 55 Water street qui porte bien son nom, les certificats de plus de 3,6 millions de valeurs mobilières estimées à 36,5 trillions de dollars. Pas vraiment une goutte d’eau. Le patron de l’affaire Michael Bodson s’est fendu d’un communiqué pas franchement rassurant : « On travaille d’arrache-pied pour rétablir la situation et pour minimiser les soucis pour nos clients ; nous fournirons des informations plus précises dès que possible… » .
Jens Weidmann le président de la Banque d’Allemagne voudrait bien que Gauweiler la mette en sourdine. Il a en effet déjà fort à faire pour convaincre Mario Draghi patron de la BCE, d’arrêter ses achats massifs d’obligations pourries des états européens périphériques.
De plus, il voit poindre à l’horizon le sauvetage controversé de Chypre dont un rapport du BND - la CIA made in Berlin - qui vient d’être rendu public, affirme qu’il profitera surtout aux oligarques russes qui ont placé dans les banques de l’île ensoleillée, leurs 26 milliards de dollars de fonds mal acquis . 150 % de son PIB ! Celles-ci se sont empressées d’investir ces ressources inattendues dans l’achat d’obligations grecques à haut rendement spéculatif et de financer au delà du raisonnable, le marché immobilier local si prisé des retraités britanniques.
C’est maintenant le député socialiste Carsten Schneider qui en rajoute et se répand dans la presse allemande sur le thème ‘Il n’est pas concevable d’utiliser l’argent du contribuable allemand pour garantir les dépôts illégaux des Russes dans les banques chypriotes…’
Bref, c’est peine perdue que de demander à Gauweiler de la fermer. Et en ces temps de grande incertitude financière, partout les voix se lèvent maintenant pour demander que des représentants de la Banque Fédérale d’Allemagne puisse enfin voir de leurs yeux l’or du pays déposé dans les tréfonds de la Réserve Fédérale US.
Nouvelle tentative en Mai 2011. Déterminés à ne pas se laisser balader par les gardiens, les envoyés de Francfort sont parvenus à faire ouvrir l’un des 9 chambres-fortes et quelques échantillons ont pu être prélevés et pesés.
Pour éteindre la polémique qui enfle outre-Rhin, la Bundesbank s’est engagée à rapatrier et à inspecter avec minutie d’ici 3 ans, 150 tonnes d’or actuellement déposées à l’étranger. Il semble même qu’elle ait enfin obtenu l’accord des américains pour inventorier et peser « dans un proche avenir ». les barres lui appartenant et actuellement entreposées dans l’une des 9 chambres fortes de la FED à New York.
Histoire de détendre l’atmosphère Carl-Ludwig Thiele, l’un des membres du Conseil d’administration de la Banque d’Allemagne de retour de New-York où les gardiens avaient une fois de plus, ouvert furtivement devant lui une fraction de seconde la porte blindée de l’une des chambres fortes de la Réserve Fédérale, a déclaré à ses collègues de Francfort : « ce n’était pas des papiers ; il y avait vraiment de l’or à l’intérieur ».
Car la thèse du complot selon laquelle les autorités américaines aux abois auraient secrètement prêté les réserves d’or allemande à des malfaisants en échange de reconnaissances de dettes de valeur douteuse, prend de la consistance à Berlin et à Francfort. Si elle devait connaître un écho international, les gardiens du temple de New-York devraient s’attendre à une pression accrue de la part des représentants de la soixantaine de pays qui à ce jour, ont confié tout ou partie de leur stock de métal précieux à l’Oncle Sam.
Au fait, quelqu’un sait-il où sont planquées les 2436 tonnes d’or tricolore officiellement détenues par la Banque de France ?
mer, 07/11/2012 - 00:15
Pendant qu’Hollande affirme que la crise de l’Euro est sur la bonne voie, les allemands eux, donnent de la voix pour récupérer leur or.
Avec des réserves de 3396 tonnes, l’Allemagne possède le 2ème stock mondial de métal jaune, loin toutefois derrière les USA qui en détiennent 8134 tonnes aux dernières nouvelles.
Pour des raisons historiques assez fumeuses, La banque fédérale d’Allemagne n’en gère dans sa chambre forte de Francfort que 1 036 tonnes. Et encore ; un rapport récent de la Cour des Comptes Fédérale (Bundesrechnungshof) laisse assez clairement entendre qu’il y aurait intérêt à faire un inventaire précis qui pourrait réserver quelques surprises…
Le solde est donc stocké à l’étranger : 374 tonnes à la banque de France, 450 tonnes à la Banque d’Angleterre et la différence, 1 536 tonnes, à la Réserve Fédérale Américaine. Autrement dit, au 5eme sous-sol du célèbre immeuble de Liberty street à Manhattan, 25 mètres en dessous du niveau de la chaussée et 15 mètres en dessous de celui de la mer.
Faut espérer que les fiches d’inventaire ne sont pas négligemment posées sur les barres de métal précieux : l’ouragan Sandy a par exemple causé quelques soucis à la société Depository Trust & Clearing Corp qui conservait dans son immeuble sécurisé du 55 Water street qui porte bien son nom, les certificats de plus de 3,6 millions de valeurs mobilières estimées à 36,5 trillions de dollars. Pas vraiment une goutte d’eau. Le patron de l’affaire Michael Bodson s’est fendu d’un communiqué pas franchement rassurant : « On travaille d’arrache-pied pour rétablir la situation et pour minimiser les soucis pour nos clients ; nous fournirons des informations plus précises dès que possible… » .
Polémique chez les Parlementaires
Pour en revenir à la cagnotte de Frau Merkel, 132,9 milliards d’Euros au cours actuel du métal jaune, c’est un député CSU, l’obstiné Peter Gauweiler qui veut absolument voir de ses yeux l’or allemand stocké à Manhattan. Et la curiosité du parlementaire devient communicative. Heinz-Peter Haustein du parti libéral FDP braille maintenant à qui veut bien l’entendre que « tout notre or doit être rapatrié »…Jens Weidmann le président de la Banque d’Allemagne voudrait bien que Gauweiler la mette en sourdine. Il a en effet déjà fort à faire pour convaincre Mario Draghi patron de la BCE, d’arrêter ses achats massifs d’obligations pourries des états européens périphériques.
De plus, il voit poindre à l’horizon le sauvetage controversé de Chypre dont un rapport du BND - la CIA made in Berlin - qui vient d’être rendu public, affirme qu’il profitera surtout aux oligarques russes qui ont placé dans les banques de l’île ensoleillée, leurs 26 milliards de dollars de fonds mal acquis . 150 % de son PIB ! Celles-ci se sont empressées d’investir ces ressources inattendues dans l’achat d’obligations grecques à haut rendement spéculatif et de financer au delà du raisonnable, le marché immobilier local si prisé des retraités britanniques.
C’est maintenant le député socialiste Carsten Schneider qui en rajoute et se répand dans la presse allemande sur le thème ‘Il n’est pas concevable d’utiliser l’argent du contribuable allemand pour garantir les dépôts illégaux des Russes dans les banques chypriotes…’
Bref, c’est peine perdue que de demander à Gauweiler de la fermer. Et en ces temps de grande incertitude financière, partout les voix se lèvent maintenant pour demander que des représentants de la Banque Fédérale d’Allemagne puisse enfin voir de leurs yeux l’or du pays déposé dans les tréfonds de la Réserve Fédérale US.
Quand les States entretiennent le mystère
Faut dire que les yankee font tout ce qu’ils peuvent pour susciter le doute. On ne compte plus à Berlin, les requêtes formulées en ce sens auprès des autorités américaines depuis 1980. A chaque fois c’est la même rengaine : « aux fins de sécurité il est impossible de procéder à un contrôle visuel ». La pression augmentant, des membres de la Banque Fédérale d’Allemagne ont finalement été autorisés à « voir » le stock en question. Mais ça s’est fait plus vite qu’un satyre entrouvrant son imperméable à la sortie d’une école maternelle et les pauvres malheureux ont à peine eu le temps d’entrevoir la première palette.Nouvelle tentative en Mai 2011. Déterminés à ne pas se laisser balader par les gardiens, les envoyés de Francfort sont parvenus à faire ouvrir l’un des 9 chambres-fortes et quelques échantillons ont pu être prélevés et pesés.
Pour éteindre la polémique qui enfle outre-Rhin, la Bundesbank s’est engagée à rapatrier et à inspecter avec minutie d’ici 3 ans, 150 tonnes d’or actuellement déposées à l’étranger. Il semble même qu’elle ait enfin obtenu l’accord des américains pour inventorier et peser « dans un proche avenir ». les barres lui appartenant et actuellement entreposées dans l’une des 9 chambres fortes de la FED à New York.
Histoire de détendre l’atmosphère Carl-Ludwig Thiele, l’un des membres du Conseil d’administration de la Banque d’Allemagne de retour de New-York où les gardiens avaient une fois de plus, ouvert furtivement devant lui une fraction de seconde la porte blindée de l’une des chambres fortes de la Réserve Fédérale, a déclaré à ses collègues de Francfort : « ce n’était pas des papiers ; il y avait vraiment de l’or à l’intérieur ».
Car la thèse du complot selon laquelle les autorités américaines aux abois auraient secrètement prêté les réserves d’or allemande à des malfaisants en échange de reconnaissances de dettes de valeur douteuse, prend de la consistance à Berlin et à Francfort. Si elle devait connaître un écho international, les gardiens du temple de New-York devraient s’attendre à une pression accrue de la part des représentants de la soixantaine de pays qui à ce jour, ont confié tout ou partie de leur stock de métal précieux à l’Oncle Sam.
Au fait, quelqu’un sait-il où sont planquées les 2436 tonnes d’or tricolore officiellement détenues par la Banque de France ?
